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Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: [Numb3rs] - L'ombre d'un remords - ???/??? - G Sam 5 Sep - 17:33
Petite note avant de commencer: Voilà cette histoire a été écrite par Cissy et moi même, tout comme va l'être mort sous protection. Voilà.
Préambule:
Les personnages de la série ne m’appartiennent pas. Ils sontla propriété exclusive de : Cheryl Heuton & Nicolas Falacci. Jene tire aucun bénéfice de leur mise en situation dans cette fiction. Personnages : Charlie - Alan - L'équipe - Don
Genre : Angst
Résumé : Don est tué dans un incendie. Comment son entourage va-t-il réagir à cette tragédie? Episode écrit parallèlement à "Mort sous protection" qui part du même événement dans un développement différent.
Dernière édition par juliabaku le Dim 29 Mai - 11:53, édité 3 fois
juliabaku Tu deviens le rêve…….
Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: l'ombre d'un remord chapitre 1 Sam 5 Sep - 17:40
CHAPITRE I
Bureau de Charlie, Caslci
- Dépêche toi Charlie ! Ou ton père va encore te gronder parce que tu es en retard, hurla Amita dans le bureau de son fiancé, tandis que ce dernier semblait se battre à coups de stylo contre les différentes copies qui envahissaient son bureau.
- Oui, j'arrive...Il ne faut pas que je sois en retard. Surtout pas aujourd'hui, répondit le mathématicien, en délaissant son stylo, et en rangeant vite fait les copies dans son sac.Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Maman...Et Papa ne serait pas content que je loupe un tel événement.
Bien qu'il ne soit pas sportif, le mathématicien sauta au dessus de son bureau pour rejoindre au plus vite sa fiancée, mais, il tomba rapidement sur le derrière du fait qu'il n'était pas aussi doué que les agent du F.B.I en ce qui concernait les cascades. Amita s'inquiéta d'abord, mais éclata après d’un petit rire, à la vue de la grimace que fit Charlie quand il se réceptionna sur le derrière.
- C'est bon arrête de rigoler et aide moi à me relever, demanda le mathématicien, en se frottant l'endroit douloureux.
Amita essaya alors de se contrôler et aida Charlie. Ensemble ils coururent vers la voiture afin d'aller chez son père. Dans le couloir, les deux génies rencontrèrent Larry qui semblait être aussi pressé qu'eux.
- Larry, te voilà, commença alors Charlie.
- Je ne suis pas en retard ? Je ne voudrais manquer pour rien au monde cette petite fête,
A trois ils allèrent au parking. répondit Larry avec un sourire au lèvres. (A suivre)
Dernière édition par juliabaku le Dim 6 Sep - 19:13, édité 2 fois
juliabaku Tu deviens le rêve…….
Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: l'ombre d'un remord chapitre 2 Sam 5 Sep - 17:43
CHAPITRE II
Maison des Eppes
Chez les Eppes, justement, l'ambiance était à la fête. Alan avait téléphoné à Don pour lui rappeler qu'il fallait qu'il passe au moins pour prendre un verre à l'occasion de l'anniversaire de sa mère. Celui-ci avait alors promis de faire son possible pour être là avec toute son équipe et qu’il espérait bien pouvoir faire plus que prendre un verre. En plus d'eux, Robin allait elle aussi venir. Alan se souvenait que sa femme lui avait fait promettre de faire toujours la fête le jour de son anniversaire. De ne pas verser de grosses et lourdes larmes à chaque fois qu'il se souvenait d'elle. Mais qu'au contraire des rires et des sourires remplissent la maison ce jour là. Bien que la promesse fut étonnante, Alan voulait la respecter. C'était un moyen pour lui de faire vivre le souvenir de sa femme autrement que par des larmes, ou par des photos froides. Il regarda sa montre. Charlie n'allait pas tarder à arriver avec Amita et Larry, pour l'aider dans ses préparatifs. Il ne pouvait pas compter sur Don cette fois ci. Il était sur une enquête, Alan ne voulait pas le déranger, et avec Amita et Charlie, normalement tout devrait bien se passer.
- Il va falloir préparer un bon gâteau. Je demanderai à Charlie de s’en charger.
Alors qu'il finissait sa phrase, il entendit le bruit du moteur d’un véhicule qui arrivait. Jetant un petit coup d'oeil, il vit la voiture de Charlie.
- Tiens, quand on parle du loup.
Charlie sortit de sa voiture avec Amita suivie de Larry et ils se dirigèrent vers la porte d'entrée, afin d'aller aider le chef de famille.
- Papa! On est rentré !!! hurla alors Charlie en posant son sac dans l'entrée.
- Bien, donc tu vas pouvoir m'aider à faire la cuisine alors. Amita Larry, je vous remercie de nous aider dans les préparatifs.
- Oh, ce n'est rien. Et puis comme ça je peux rester avec Charlie, répondit Amita
- C'est un plaisir, continua Larry.
Chacun prit part à l’occupation. Charlie et Larry en cuisine, Alan et Amita dans le salon pour installer les dernières décorations. Tout en faisant la cuisine, Charlie repensait à diverses choses. L'image de sa mère souriant, préparant les petits plats de son enfance, dans cette même cuisine. Il se souvenait qu'à une époque alors que Don n'était pas encore à Los Angeles, il venait lui donner un coup de main en cuisine. C'était un moment agréable à passer. Son père les observait à chaque fois, ne se lassant pas de les voir ensemble. C'était aussi l'occasion pour Charlie de sortir de ses équations et de s'intéresser à autre chose. Sa mère semblait être fière de son fil. Mais elle était triste aussi parfois que son aîné ne soit pas là. Tout de suite après ce retour dans le monde des souvenirs agréables, un autre souvenir le submergea. Il se souvenait que, quelques heures auparavant, Don et lui avaient eu une nouvelle fois une dispute. Il fit alors sa tête des mauvais jours.
(A suivre.)
Dernière édition par juliabaku le Dim 6 Sep - 19:12, édité 1 fois
Sujet: L'ombre d'un remords - chapitre 3 Dim 6 Sep - 19:11
CHAPITRE III
Une zone industrielle de Los Angeles, un entrepôt
Don progressait à tâtons dans l’épaisse fumée qui avait envahi l’entrepôt : on n’y voyait pas à cinquante centimètres et la chaleur augmentait de seconde en seconde. Il suffoquait, cherchant désespérément la sortie, se demandant si son équipe était bien en sécurité.
Ils étaient arrivés quelques minutes plus tôt : le groupuscule terroriste qu’ils poursuivaient devait, d’après les calculs de Charlie, intervenir dans cet entrepôt dans le courant de la journée. Ils s’étaient équipés et étaient entrés pour s’installer et prendre les criminels par surprise. Mais la surprise, mauvaise, avait été pour eux : les terroristes étaient déjà sur place et c’étaient eux qui s’étaient trouvés piégés. Une série de détonations avaient retenti et l’entrepôt s’était embrasé.
« Dehors ! Vite ! avait hurlé Don.
Et il avait vu les membres de son équipe passer devant lui au triple galop. Au moment où il s’apprêtait à les suivre, il avait aperçu deux membres du SWAT arriver en titubant et s’était précipité vers eux.
- Oh les gars, ça va aller ?
- Mike et Sammy sont restés derrière, haleta un des hommes.
- Je vais les chercher, sortez d’ici.
Il avait rebroussé chemin et n’avait pas tardé à tomber sur les deux hommes. L’un d’eux, au sol, avait la jambe coincée sous une poutre et son coéquipier s’acharnait en vain à le dégager. Il vint lui prêter main forte, et, à eux deux, il ne leur fallut que peu de temps pour dégager l’homme.
- Ca va ? Tu peux marcher ?
- Oui, pas de problème, à condition qu’on m’aide un peu.
- Savez-vous s’il y en a d’autres derrière vous ?
- Je n’ai pas vu Hank, répondit l’un des agents.
- D’accord. Emmenez-le dehors.
- Ne restez pas là, ça va devenir dangereux.
- Je vous suis, je vais juste voir si je vois votre collègue.
- Je vous accompagne, décida l’agent indemne.
- Non, votre équipier n’y arrivera pas seul. Filez ! On se retrouve dehors.
Sans plus discuter, soutenant son partenaire, l’agent était sorti et Don s’était retrouvé seul. Il commençait à faire très chaud, mais il n’était pas décidé à abandonner un collègue derrière lui s’il pouvait faire autrement. D’ailleurs, l’incendie semblait circonscrit au fond de l’entrepôt.
Il avança en lançant des appels et soudain il entendit une voix qui appelait au secours. Alors qu’il se dirigeait vers elle, une série d’explosions retentit : des barils venaient de s’enflammer et le brasier redoubla d’intensité. Il comprit qu’il risquait de se faire piéger et qu’il devait aller se mettre à l’abri. A ce moment là, un appel à l’aide lui parvint à nouveau et, oubliant sa propre sécurité, il plongea dans la fumée. Il était incapable de laisser quelqu’un derrière lui : c’était lui le chef de cette opération, c’était lui qui était responsable des vies des hommes qui l’accompagnaient, il devait tout faire pour les ramener indemnes.
Il avait sous-estimé la vitesse de progression de l’incendie et bientôt, il se trouva encerclé par les flammes, incapable de savoir même où se trouvaient les issues. Il avançait à l’aveuglette, commençant à avoir du mal à respirer quand l’appel lui parvint, étouffé et cependant tout proche.
- Ohé ! Il y a quelqu’un ? cria-t-il entre deux quintes de toux.
- Par ici !
La voix était faible mais lui parvenait nettement. Il fit quelques pas sur sa gauche et aperçut un corps à terre.
- Vous êtes blessé ?
- C’est ma jambe : je crois qu’elle est cassée, je ne peux pas bouger.
- Je vais vous aider. Courage, on va s’en sortir.
Il ne croyait qu’à demi à ce qu’il disait : autour d’eux c’était l’enfer.
Toussant, crachant, suffoquant, David, Liz, Nikki et Colby s’étaient retrouvés à l’extérieur. Les pompiers commençaient à attaquer le brasier.
- Tout va bien ? questionna David.
- Je suis OK, répondit Colby.
- Moi aussi, ajouta Liz.
Nikki ne dit rien, mais hocha la tête pour faire comprendre à ses compagnons qu’elle aussi allait bien. Puis David et Colby se précipitèrent vers deux agents du SWAT qui sortaient de l’entrepôt, l’un soutenant son compagnon.
- Ca va les gars ?
- Oui, toussa le plus valide.
- Vous étiez les derniers là-dedans j’espère ? demanda Nikki.
- Non, Sammy et Mike y sont encore, et votre chef aussi.
- Notre chef ?
Il y avait une note d’affolement dans la voix de Liz tandis qu’elle regardait autour d’elle. En effet, Don n’était nulle part. Elle se souvenait l’avoir vu au moment où il avait ordonné de se replier. Bien évidemment, il avait attendu que tous soient passés devant lui avant de quitter les lieux à son tour, jamais il n’aurait pu s’enfuir le premier, mais elle était persuadée qu’il était sur leurs talons.
- Oui, reprit l’agent. Lorsque je lui ai parlé de Sammy et Mike, il est allé les aider.
Les agents regardèrent, soucieux, le brasier qui redoublait d’intensité.
- J’y vais ! décida Colby.
- Je t’accompagne, rétorqua David.
A ce moment-là, d’autres détonations retentirent et les flammes s’intensifièrent encore.
- Reculez ! ordonna le responsable des pompiers. Ne restez pas là.
- Mais nous avons encore des hommes dans l’entrepôt, protesta Colby.
- Laissez-nous faire, c’est notre job !
Il envoya quatre de ses hommes en reconnaissance. Dévorés d’inquiétude, les quatre agents, qui avaient fini par obtempérer aux ordres, scrutaient attentivement les volutes de fumées qui s’élevait en tourbillon du bâtiment, espérant en voir jaillir Don.
Une nouvelle série d’explosions, encore plus violentes, se fit entendre et tout le reste du bâtiment s’embrasa dans un crépitement d’étincelles. La chaleur devint intolérable et les pompiers, à leur tour, durent reculer. Le lieutenant appelait désespérément les quatre hommes partis à la recherche des agents restés à l’intérieur.
Soudain, on vit surgir six silhouettes : les quatre pompiers soutenant deux agents du SWAT à demi-inconscients, intoxiqués par la fumée. Tout le monde se précipita à leur secours. Colby attrapa l’un des pompiers par le bras en lui demandant :
- Et l’agent Eppes ? Est-ce que vous l’avez vu ? Il n’est pas avec vous ?
Epuisé par la lutte qu’il venait de mener, l’homme se contenta de hocher négativement la tête.
David, pendant ce temps, s’adressait à l’un des hommes du SWAT qui paraissait moins mal en point que son coéquipier.
- Vous savez où est l’agent Eppes ?
- Il est parti chercher Hank, dit tristement l’agent. J’ai bien peur que…
En entendant ces mots, Colby et Liz se précipitèrent vers le bâtiment et il fallut toute l’énergie de plusieurs pompiers pour les empêcher d’y entrer. David vint prêter main forte à ces derniers, tentant de raisonner ses partenaires.
- Ca ne sert à rien ! Vous ne ferez pas deux mètres ! Si Don n’est pas sorti…
Il ne finit pas sa phrase mais chacun put voir combien il était bouleversé par cette idée. De toute façon, il n’était plus temps d’intervenir. Dans un grondement apocalyptique, l’incendie dévorait désormais tout l’entrepôt et les pompiers se contentaient de le contenir, sans espérer l’éteindre. Leur expérience du feu leur indiquait que le brasier brûlerait jusqu’à ce qu’il se consume lui-même faute de carburant. La seule chose à faire, c’était de veiller à ce que les flammes n’atteignent pas d’autres bâtiments. Ceux-ci étaient heureusement fort éloignés, mais il suffisait d’une flammèche portée par le vent pour propager le désastre, et c’était là que leur vigilance devait s’exercer.
Espérant, malgré tout, que Don était sorti par une autre issue, ses quatre adjoints firent le tour de tous les groupes massés autour de l’entrepôt. L’agent Hank Estood, que Don était parti rechercher, s’avéra être sorti par une fenêtre : il souffrait de quelques brûlures et coupures, mais rien de grave. Il n’avait pas vu Don. Le cœur déchiré, ses amis durent se résigner à l’impensable : quelque part au milieu de cet enfer dantesque, l’agent Don Eppes venait de périr.
Sujet: L'ombre d'un remords - chapitre 5 Mar 8 Sep - 22:57
CHAPITRE V
Maison des Eppes - Amita, vous me donnez les bretzels, s’il vous plaît ?
- Voilà Alan. Il vous faut autre chose ?
- Non, je pense que ça va aller.
Alan regardait, d’un air satisfait, la table qu’il venait de dresser. Bien que Margaret ne fût plus là depuis cinq ans bientôt, sa présence était palpable à travers tous les préparatifs qui s’achevaient. Amita, Larry et Charlie étaient déjà changés, sur leur trente et un, et Don avait réitéré sa promesse de venir les rejoindre avec Robin, Colby, Liz, Nikki et David dès que possible. Pour une fois, son enquête attendrait quelques heures. Ce serait l’occasion d’avoir une grande tablée en l’honneur de la femme qu’ils avaient tant aimée tous les trois et qui le leur avait bien rendu.
- Où est Charlie ?
- Au garage.
- Ah ! Il boude encore ?
Elle eut un sourire résigné et il comprit que son cadet remâchait encore sa rancune contre son frère aîné auquel une violente dispute l’avait opposé le matin même.
Don enquêtait sur un groupuscule extrémiste de défenseurs de la Terre, qui, pour faire passer son message, incendiait des cibles qu’il désignait comme portant atteinte à l’environnement : concessionnaires de grosses voitures, industries chimiques, chantiers de constructions sur des sites naturels réputés pour leur beauté, etc… En trois mois, le groupe avait fait des dizaines de milliers de dollars de dégâts et trois personnes avaient perdu la vie. Don était persuadé que le meneur se cachait quelque part à l’université et Charlie s’opposait à cette vision des choses. Ils s’étaient querellés à ce sujet, chacun reprochant à l’autre son manque d’objectivité. Puis Don s’était rendu dans un entrepôt que Charlie lui avait signalé comme cible potentielle et le débat en était resté là.
« Pour le moment » songeait Alan avec un peu d’inquiétude.
Il aurait bien aimé que ses fils se montrent un peu moins entêtés. D’un autre côté, auraient-ils été aussi efficaces s’ils avaient été plus souples ? De toute façon, il les aimait comme ils étaient. Enfin, le résultat des courses, c’était que Don était parti fâché et que, depuis qu’il était rentré de l’université, Charlie boudait dans le garage, comme un petit garçon. Il n’admettait pas que son frère puisse remettre en cause ses théories, sa mauvaise foi lui interdisant de comprendre que son frère avait exactement la même réaction en sens inverse. Bah, les choses allaient s’arranger, comme d’habitude.
- Charlie ! Dépêche-toi, ton frère va arriver…
- J’arrive.
Le mathématicien avait toujours sa tête des mauvais jours.
- Arrête un peu de faire cette tête Charlie. Tu ne vas pas nous gâcher la soirée ! le morigéna son père.
- Je peux partir, si tu veux, répondit Charlie, agressif.
- Charlie ! le gronda doucement Amita en passant son bras sous le sien.
- Excuse-moi papa. Tu as raison. Je ne devrais pas accorder autant d’importance à ces choses-là.
- Tu l’as dit ! déclara sentencieusement Larry.
- Flûte, j’ai oublié de sauvegarder… Je reviens !
Il disparut de nouveau dans le garage, tandis qu’Alan, Larry et Amita riaient de son étourderie. A ce moment-là, ils virent arriver le tout terrain de Don. Par la fenêtre, Alan aperçut les quatre portes qui s’ouvraient presque simultanément : très bien, pour une fois son fils et son équipe était à l’heure. Un record !
Il repartit dans la cuisine pour aller chercher les petits fours qu’il y gardait au chaud en attendant l’arrivée du dernier groupe. Il entendit la porte s’ouvrir et pénétra dans le salon, un large sourire de bienvenue sur les lèvres.
- Et bien vous êtes juste à l’heure ! s’écria-t-il.
Son sourire se figea aussitôt qu’il entra dans la pièce. Le plat lui échappa des mains, sans même qu’il s’en rende compte, tandis qu’il regardait tour à tour les visages décomposés de David, Liz, Colby et Nikki. Larry et Amita semblaient s’être statufiés.
- Non, oh non ! gémit-il. Je vous en prie.
- Alan… commença David, la voix rauque d’émotion.
- Non, David, non, s’il vous plaît.
Il savait. Il savait ce qu’on allait lui dire et il ne voulait pas l’entendre. Pas aujourd’hui non ! Pas le jour de l’anniversaire de Margaret. Ni aucun autre jour d’ailleurs.
- Alors Don, vous les avez eu ? interrogea Charlie qui arrivait du garage.
Il s’arrêta net, conscient de la tension extrême qui régnait dans la pièce. Son regard passa de l’incompréhension au doute, puis à l’horreur tandis qu’il allait des quatre agents massés devant la porte, à Amita dont déjà les yeux s’étaient remplis de larmes, puis à Larry décomposé, et enfin à son père, livide, debout au milieu des petits fours qui gisaient sur le sol, les mains tremblantes, un désespoir infini dans les yeux.
- Don… balbutia-t-il soudain. Où est Don ? Où est mon frère ?
Colby le regarda et il lut la réponse dans ses yeux. Il eut l’impression qu’on lui assenait un coup de massue en pleine poitrine et, le souffle coupé, il recula de quelques pas.
- Non ! Non ! dit-il à son tour.
David, lui, s’était approché d’Alan. Il savait que le vieil homme avait déjà compris le malheur qui venait de s’abattre sur lui, mais il savait aussi qu’il était nécessaire qu’il entende les mots et il aurait donné n’importe quoi pour que ce ne soit pas à lui de les prononcer ces mots cruels qui allaient le détruire.
- Alan, je suis désolé mais Don, votre fils…
- Je vous en prie David !
Alan avait étendu la main devant lui, comme pour se protéger mais il était conscient que rien ne le protègerait de ce qui arrivait.
- Alan, votre fils est mort.
- NOON !!!
Un cri inhumain sortit de la bouche de Charlie : il regarda le groupe massé dans le salon avec des yeux fous. Non ! Ce n’était pas possible ! pas son grand frère ! ce n’était pas vrai !
- Non, non, non ! répétait-il inlassablement tandis qu’Amita, étouffant ses sanglots, tentait de l’apaiser. Il la repoussa violemment et courut s’enfermer dans le garage. Comme elle faisait mine de le suivre, Alan l’arrêta
- Laissez-le Amita. Laissez-le seul.
Elle regarda le père de son ami et, pour la première fois, elle le trouva vieux. Il venait, en quelques minutes, de vieillir de vingt ans : ses épaules s’étaient affaissées, ses rides semblaient accentuées par le pli désespéré de sa bouche, ses lèvres et ses mains tremblaient malgré lui et les larmes qui coulaient sur ses joues, sans même qu’il semble les remarquer, accentuait l’impression d’extrême vulnérabilité qui émanait de lui à cet instant. Larry, bouleversé, s’approcha de lui et lui posa une main compatissante sur l’épaule. Mais il resta silencieux : d’ailleurs qu’aurait-il bien pu dire ? Quels mots peuvent soulager un chagrin pareil ? Comment trouver des phrases susceptibles de mettre un peu de baume au cœur, d’adoucir l’indicible, de minimiser la tragédie ?
Liz s’approcha, une tasse de café bien chaud à la main qu’elle tendit à Alan. Il s’en empara, sans même avoir conscience de ce qu’il faisait. Puis il la posa sur la table, se laissa tomber sur une chaise, et, avec dans la voix une douleur infinie, il dit simplement.
- Comment ?
Alors, à quatre voix, chacun relayant l’autre lorsque les mots s’étouffaient dans sa gorge, s’efforçant de maîtriser leur émotion et de retenir leurs larmes, les quatre agents racontèrent au malheureux père crucifié, les derniers instants de son fils adoré.
(à suivre)
juliabaku Tu deviens le rêve…….
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Sujet: numb3rs rating G: l'ombre d'un remords chapitre VI Mer 9 Sep - 20:02
CHAPITRE VI
Bureaux du F.B.I.
Visiblement, plus rien ne tournait rond dans ce monde. David avait l'air épuisé. Mais il savait qu'il devait maintenant remplacer son chef en tant que plus ancien de l'équipe. Il avait laissé Liz et Robin chez les Eppes afin de les réconforter. Lui, il devait trouver les coupables, et les mettre en prison avant qu'ils ne fassent plus de victime. Pendant l'ascension de l'engin, David repassait dans sa tête sa première enquête avec Don. Il avait été choisi par le département pour intégrer ce groupe. Au départ, Don ne semblait pas être particulièrement ravi de cette nouvelle, mais il avait fait avec. Pour finir, grâce à lui, David avait eu la vie sauve quand Aldane l'avait pris en otage. Il se souvenait aussi de la fois, ou il avait su désarmer une bombe, empêchant tous les trains et les quartiers aux alentours d'exploser. Ce fut la première fois où Don et lui furent sûrs de pouvoir avoir confiance l'un en l'autre. Depuis leur relation n'avait fait que s'améliorer. D'ailleurs maintenant il était très proche de la famille Eppes. Il partageait même des moments d'amitié avec Alan, ou même Charlie. Il se devait pour la famille de Don de retrouver les criminels, et de leur faire payer leur crime. Cachant sa peine, sa tristesse et sa colère, il arriva alors aux bureaux du F.B.I..
*****
Il pouvait voir, plus loin, son collègue Colby, la tête dans les mains. Lui aussi semblait être au bout du rouleau. David arriva près de lui et mit sa main sur son épaule. Avec une voix douce, et calme il lui demanda:
- Est-ce que ça va aller ?
Colby releva la tête. Ses yeux rouges montraient bien son état à ce moment précis.
- David, comment ça a pu arriver ? Lui qui m'a fait confiance...Lui qui se sacrifiait pour n’importe qui... Comment il a pu mourir comme ça ?
David s'assit à côté de lui. Il repensait à la fois où il s’était plaint à Don du comportement de Colby. Pour finir les deux hommes avaient réussi à bien s'entendre. Ils étaient même devenu très complices.
- Colby, si tu as envie, tu peux aller te reposer...
- Non, je vais t'aider à retrouver ces tueurs, et je vais leur faire regretter de s'en être pris à notre patron.
David semblait être ravi, de la lueur qui brillait dans les yeux de Colby, montrant la volonté qu'il avait de retrouver les coupables. Mais en même temps, il se méfiait de ce trop grand élan de motivation. Si cela allait trop loin, est-ce que son collègue saurait s’arrêter à temps ?
*****
Un peu plus loin, dans un coin, seule... Nikki, dos contre un mur. Elle laissait les larmes couler sur sa joue. Comment cet homme qui semblait être si puissant pouvait disparaître comme ça, dans les flammes ? Elle regarda en face d'elle : derrière la vitre se trouvait un grand immeuble. Elle se souvenait de sa première enquête avec Don : elle s'était fait sévèrement réprimander pour avoir pris trop de risques dans sa mission. Mais malgré tout, dans les autres enquêtes il l'avait souvent remerciée. Cet homme qui ressemblait à un roc, avait été vaincu par les flammes provoquées par ces assassins. Pour elle, cette mort ne lui convenait pas. Il n'aurait jamais voulu une telle mort, et il n'aurait jamais voulu que sa famille soit presque détruite par l'idée qu'il soit mort. Mais la réalité était dure et il fallait l'accepter. Il fallait se relever et remonter la pente. Il fallait vivre sans Don Eppes. Elle essuya ses larmes, et, comme elle l'aurait fait face à n'importe quel agent, elle ressortit, l'air de rien, pour aller soutenir ses collègues.
Dernière édition par juliabaku le Mer 9 Sep - 20:05, édité 1 fois
juliabaku Tu deviens le rêve…….
Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: numb3rs rating G: l'ombre d'un remords chapitre VII Mer 9 Sep - 20:04
CHAPITRE VII
Bureaux du F.B.I.
Près de leur bureau, Colby, Nikki et David se concertaient. Il devait arrêter les pyromanes au plus vite. Et Don avait fait le plus gros du travail. Mais outre que leur collègue était mort, un nouvel obstacle se dressait devant eux.
- Si on doit refaire de nouveaux calculs, il nous faudrait un mathématicien, commença Colby avec autant de motivation.
- Je ne penses pas que Charlie soit capable de reprendre aussi vit une enquête.
David hocha positivement de la tête. Il ne voulait pas faire subir une épreuve supplémentaire à Charlie. La mort de son frère devait déjà être un drame pour lui. Il devait donc se passer de ce soutient si précieux.
- On pourrait demander à Larry et Amita de nous aider discrètement. Ils ont beaucoup travaillé avec Charlie. Ils doivent savoir comment fonctionnent ses équations ? proposa Nikki d’une voix légèrement tremblante.
- Je crois que l'on n'a pas trop le choix. Nous leur demanderons donc quand l'un d'entre nous ira les voir. Nous leur demanderons aussi de faire tourniquet pour qu'ils puissent rester là pour Charlie et Alan, conclut David en regardant ses collègues.
Ils hochèrent de la tête. Ils avaient trouvé le moyen de trouver leurs criminels. Maintenant ils devaient tout mettre en place pour pouvoir les capturer.
Sujet: L'ombre d'un remords - Chapitre 8 Jeu 10 Sep - 22:07
CHAPITRE VIII
Bureaux du F.B.I.
A ce moment là, un agent vint prévenir David que le directeur le demandait dans son bureau. Les trois agents échangèrent un regard inquiet. Ils se doutaient de ce que voulait leur chef.
- Peut-être qu’il veut simplement avoir un compte-rendu des faits, supputa Nikki.
- J’espère, dit David.
- David, pria Colby, David, fais ce que tu veux, dis ce que tu veux, mais ne le laisse pas nous retirer l’enquête.
- Je ferai de mon mieux Colby, mais s’il est décidé à nous relever…
- Mais ce n’est pas possible David. C’est à nous de coincer ces salopards ! A nous et à personne d’autre ! On le doit ! Pour Don, et Alan, et Charlie !
- Je sais dit David, je vous promets de faire de mon mieux.
- Il faut faire plus que ton mieux mon vieux, tu dois nous garder cette enquête.
- Je sais Colby, je sais.
Sur ses mots, David tourna les talons et se dirigea vers les ascenseurs, suivi par le regard inquiet de ses deux collègues.
Arrivé à la porte du bureau du directeur régional, il s’arrêta un instant. Il savait qu’il allait devoir mener une dure bataille. Mais l’équipe de Don, son équipe, comptait sur lui et il n’avait pas l’intention de la décevoir. Il ne décevrait pas Don. Il respira un bon coup et frappa deux coups secs à la porte.
- Entrez !
Il pénétra dans le grand bureau et son regard s’assombrit encore : à côté du directeur, se tenait le sous-directeur ; la bataille allait être encore plus rude qu’il ne le craignait.
- Ah ! Agent Sinclair : asseyez-vous je vous prie.
- Merci monsieur le directeur, monsieur le sous-directeur, ajouta-t-il en ayant un bref mouvement de tête vers le second homme. Celui-ci se contenta de répondre à son geste par un hochement de tête similaire. Visiblement, pour le moment, il n’était là qu’en observateur, c’était son supérieur qui mènerait la conversation.
- Tout d’abord, je voulais vous présenter toutes mes condoléances pour la disparition de votre chef. Je sais combien l’agent Eppes était apprécié de tous. C’est une grande perte pour le bureau.
- Merci monsieur. Il avait la gorge serrée et les mots avaient du mal à franchir la barrière de ses lèvres. C’est vrai que l’agent Eppes… Don… était un excellent agent, et le meilleur des chefs.
- Et comment réagissent les membres de l’équipe ?
- Je crois que ça va monsieur. Ce n’est malheureusement pas la première fois que nous perdons l’un des nôtres.
- Non, bien sûr. Mais vos liens avec l’agent Eppes étaient tout de même très forts non ? Beaucoup plus qu’ils ne le sont généralement entre un chef de groupe et ses subordonnés.
Il lui sembla déceler comme une critique dans cette constatation et il monta aussitôt au créneau.
- Comme je vous le disais, monsieur, l’agent Eppes était un excellent chef.
Chaque fois qu’il parlait de Don en prononçant les mots : « l’agent Eppes », il avait l’impression de parler de quelqu’un d’autre. Mais il savait qu’il devait, s’il voulait convaincre ses interlocuteurs, se cantonner à un exposé très professionnel. C’est pourquoi il s’efforçait d’employer ce ton neutre et de gommer de sa voix toute l’intensité des émotions qui le traversaient chaque fois qu’il mentionnait Don sous cette terminologie froide.
- C’est vrai que nous étions proches mais pour autant, il savait faire preuve d’autorité. Jamais l’un de nous n’aurait remis en question l’une de ses décisions. Notre amitié ne nous empêchait pas de savoir qui était le patron.
- Vous venez de lâcher le mot, agent Sinclair : votre amitié. Vous reconnaissez donc que vous et vos collègues aviez de l’amitié pour l’agent Eppes.
- Effectivement monsieur, et je suis fier de le dire. Et je pense que les agents Granger, Warner et Bétancourt ressentent la même fierté.
- Mais c’est justement ce qui nous pose problème agent Sinclair, et vous le comprenez j’en suis sûr. Je sais que vous connaissez parfaitement le manuel. Vous êtes bien conscient que, dans ces circonstances particulières, votre groupe n’est pas le mieux placé pour enquêter sur la mort de l’agent Eppes.
- Pardonnez-moi de vous contredire monsieur, mais je pense au contraire que nous sommes les mieux placés pour cela.
- Expliquez-moi donc pourquoi, agent Sinclair. Je serai curieux de l’entendre.
Le ton du directeur restait courtois, mais David comprit qu’il jouait là son va-tout. On ne lui laisserait pas une seconde chance de défendre son point de vue.
- Tout d’abord, commença-t-il, nous connaissons exactement l’historique de cette affaire. Cela fait maintenant dix jours que nous travaillons sans relâche sur ce dossier et mettre une autre équipe au courant nous fera perdre beaucoup de temps. Or, avec la mort d’un agent fédéral, rien ne dit que le groupe ne va pas disparaître dans la nature et rester en sommeil un certain temps avant de reprendre ses exactions ailleurs. Le temps nous est donc compté pour l’arrêter. Nous avons déjà certaines pistes, une liste de noms à vérifier et comme nous connaissons à fond le dossier, nous sommes les mieux à même de déceler si l’un des suspects se coupe lors de l’interrogatoire. Et puis, quoi que vous en pensiez, notre désir d’obtenir justice pour l’agent Eppes sera plus un atout qu’un handicap. Aucune équipe ne pourrait être plus motivée que nous le serons. Et notre volonté de punir les responsables nous conduira à être plus circonspects, plus vigilants, à suivre scrupuleusement les règles pour éviter qu’un vice de procédure ou une bavure quelconque viennent entacher l’enquête et permettent aux coupables d’échapper à la justice.
- Vous n’avez pas tort, opina le directeur. Mais pensez-vous vraiment pouvoir contrôler un tempérament comme celui de l’agent Granger par exemple ?
- Colby sait très bien ce qu’il en coûterait s’il dérapait. Je ne crois pas qu’il prendra ce risque.
- Mais vous n’en êtes pas certain.
- On ne peut jamais être certain de rien monsieur. Ce matin j’étais certain que l’agent Eppes ne tarderait pas à clôre notre affaire et ce soir l’agent Eppes est mort. Alors si vous attendez de moi que je vous assure qu’aucun de mes agents ne dérapera, je ne peux pas le faire. Mais je peux vous promettre que je ferai tout pour l’empêcher et que, si vous nous laissez sur cette affaire, nous obtiendrons des résultats.
*****
Le directeur paraissait dubitatif et David enchaîna :
- Je crois que nous avons le droit de tenter notre chance monsieur. En mémoire de l’agent Eppes. Et pour sa famille aussi. Qui expliquera à son père et à son frère que ceux en qui ils ont le plus confiance ont été dessaisis de ce dossier ?
- Justement, rebondit le directeur. Qu’en est-il du professeur Eppes ? Comment réagit-il au décès de son frère ? Va-t-il collaborer avec vous sur l’enquête ? Et, dans ce cas, pensez-vous vraiment pouvoir le canaliser alors que son propre frère n’y parvenait pas, si j’en juge par l’épisode du retrait de son accréditation ?
David s’attendait à cette remarque. Depuis le début il savait qu’on en viendrait là : la place de Charlie dans cette traque sans merci.
- Je n’ai pas de nouvelles du professeur Eppes pour le moment monsieur. Lorsque nous l’avons quitté, il venait d’apprendre la mort de son frère dans les circonstances horribles que vous connaissez et il était anéanti, de même que son père. Pour le moment, je n’envisage pas qu’il soit assez fort pour venir nous aider sur cette enquête. Le problème de le gérer ne se pose donc pas.
- Mais si vous n’avez pas recours à lui, comment comptez-vous faire pour mener à bien ce dossier ? Je sais que ce sont ses indications qui vous ont menés à l’entrepôt. Il est donc essentiel pour vous permettre de renouer la piste non ?
- Pas forcément monsieur. L’agent Eppes pensait qu’il fallait fouiller du côté de l’université.
- Quoi ? Sur le lieu où travaille son propre frère ?
- Oui monsieur.
- Et sur quoi basait-il sa réflexion ?
- Je crois que c’était surtout de l’intuition monsieur.
- L’intuition…
C’était le sous-directeur qui, pour la première fois, ouvrait la bouche. Et le ton sur lequel il avait jeté ces deux mots, disait bien mieux qu’un long discours ce qu’il pensait de ce critère comme base d’une enquête.
- Ne sous-estimez pas l’intuition Paul, lui rétorqua aussitôt le directeur. Croyez-moi, les meilleurs agents ont souvent bouclé leurs enquêtes en partant d’une intuition. Moi-même…
Il s’interrompit : l’heure n’était pas au souvenir de ses heures de gloire. David se souvint alors que le directeur passait en effet pour avoir été un agent de terrain redoutable et très admiré de ses hommes, contrairement au sous-directeur qui avait surtout assis sa réputation sur ses capacités de bureaucrate tatillon.
- Donc, reprit le directeur, l’agent Eppes comptait diriger sa recherche vers l’université.
- En effet monsieur.
- Et le professeur Eppes l’aidait dans cette recherche ?
David fut embarrassé, mais il comprit qu’il était nécessaire qu’il dise la vérité. Le mensonge ne pouvait que le desservir et le desservir voulait dire être dessaisi de l’enquête, ce qu’il ne voulait à aucun prix.
- Non monsieur, le professeur Eppes pensait que son frère faisait erreur. Il ne nous aidait pas sur ce versant du dossier.
- Et alors, comment pensez-vous faire sans ses conseils ?
- Puisque de toute façon nous ne sommes pas du tout sûrs que le professeur Eppes sera en mesure de nous apporter son concours, ça ne change rien à la situation dans laquelle nous étions. Nous pouvons mener un certain nombre d’investigations pour lesquelles un consultant ne nous est pas indispensable.
- Je vous le concède.
- Et puis, à défaut du professeur Eppes, nous pourrons toujours, en cas de nécessité, faire appel aux professeurs Ramanujan et Fleinhardt, ses collaborateurs habituels. Ils sont habitués à travailler avec nous.
- Oui, je sais. C’est à eux que vous avez fait appel lorsque le professeur Eppes a perdu son accréditation si je ne m’abuse ?
- En effet monsieur. Et ils se sont montrés très efficaces.
- Oui, enfin… avec l’aide en sous-main, totalement illégale d’ailleurs, du professeur Eppes, n’est-il pas vrai ?
David resta un instant interdit : il aurait dû se douter que le directeur serait au courant des petites entorses au règlement dont s’était rendue coupable l’équipe à cette époque. S’il avait fermé les yeux, c’est sans doute parce que chaque affaire en question avait été résolue avec succès. Ca permettait de faire monter en flèche les statistiques de réussite de l’agence et donc la bonne opinion que ses supérieurs avaient de lui : le directeur ne cachait pas son ambition de finir à Washington, et pourquoi pas ? d’être un jour à la tête du bureau.
- Jamais le professeur Eppes n’a alors été mis au courant d’éléments auxquels le retrait de son accréditation lui interdisait d’avoir accès.
- Ca n’a plus d’importance agent Sinclair. Le seul qui aurait pu avoir à répondre de cet état de fait n’est malheureusement plus en état de le faire aujourd’hui de toute façon. Et nous sommes tous conscients de l’aide indéniable que le professeur Eppes a apporté au bureau depuis qu’il collaborait avec son frère. Donc revenons à notre sujet de préoccupation : les professeurs Ramanujan et Fleinhardt sont-ils aptes, sans le soutien de leur collègue, à vous apporter toute l’aide dont vous auriez besoin ?
- Je le crois oui. Ce sont d’excellents scientifiques.
- Bon.
Le directeur échangea un regard avec son subordonné, toujours silencieux.
- Agent Sinclair, est-ce que vous voulez bien nous laisser quelques instants s’il vous plaît ?
- Oui monsieur. Je dois rester ici ?
- Oui, dans l’antichambre. Nous ne serons pas longs.
*****
David sortit, la crainte au cœur : s’ils le faisaient sortir, c’est qu’ils doutaient de leur décision. Etait-ce bon ou mauvais signe ? Evidemment, c’était mieux que de lui refuser tout de go l’autorisation de continuer l’enquête ; d’un autre côté, il aurait été encore mieux qu’ils lui accordent cette autorisation directement, plutôt que de le contraindre à cette attente qui lui paraissait interminable. Il tournait et retournait dans sa tête chacun des mots qu’il avait prononcés, chacune des paroles du directeur. Qu’aurait-il pu dire de plus ou de moins pour faire pencher la balance dans le bon sens ? Il ne pouvait imaginer qu’on les relève de l’enquête : comment pourrait-il annoncer la nouvelle à Colby, Liz et Nikki ? Comment pourrait-il jamais se représenter devant Alan et Charlie et leur annoncer que l’enquête sur la mort de Don était confiée à des étrangers ?
Il commençait à se dire qu’il avait échoué quand la porte s’ouvrit. Le directeur l’invita à entrer à nouveau et il obtempéra, la crainte au cœur :
- Bien agent Sinclair, je serai bref. Il nous est très difficile de vous permettre de mener l’enquête sur la mort de l’agent Eppes.
David se décomposa : il avait échoué ! C’était comme s’il avait trahi Don ! Mais le directeur n’avait pas terminé.
- Cependant, compte tenu justement de ces circonstances particulières, nous pensons que nous devons vous laisser une chance. Comme vous l’avez dit, vous maîtrisez tous parfaitement les arcanes de cette affaire et la passer à une autre équipe pourrait engendrer une perte de temps irréparable. Pas plus que vous nous ne voulons risquer de voir les responsables de la mort de l’agent Eppes échapper à la justice.
Comme David ouvrait la bouche pour le remercier, il leva la main d’un air impérieux pour lui imposer le silence.
- Mais vous devez être conscient que vous serez sous étroite surveillance. Au premier dérapage, au plus petit accroc, à la plus petite irrégularité, nous vous retirons l’enquête.
- Il n’y en aura pas monsieur.
- Vous devrez rendre compte matin et soir de l’avancée de l’enquête au sous-directeur Stoddart qui, lui-même, me tiendra informé. C’est bien clair ?
- Oui monsieur.
- Alors très bien. Allez-y agent Sinclair et arrêtez le responsable de cette tragédie.
- Comptez sur moi monsieur, et merci.
- Ne me remerciez pas agent Sinclair. Vous avez su plaider votre cause avec brio. Et puis… Il hésita une seconde, nous devions bien ça à l’agent Eppes. »
David quitta le bureau, non pas la joie au cœur : pouvait-il se sentir joyeux après la perte qu’ils venaient de subir ? mais fier d’avoir réussi à convaincre ses chefs. Il avait hâte de porter la bonne nouvelle au reste de l’équipe. C’était eux, et rien qu’eux, qui étaient chargés d’arrêter les criminels qui avaient causé la mort de Don. Et aucune équipe ne pourrait jamais être plus motivée que la leur. Ils ne laisseraient aucune chance aux assassins : comme l’avait dit le directeur, ils devaient bien ça à Don.
(à suivre)
juliabaku Tu deviens le rêve…….
Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: numb3rs rating G: l'ombre d'un remords chapitre IX Sam 12 Sep - 17:16
CHAPITRE IX
Maison des Eppes
Chez les Eppes, l'ambiance était aux larmes, à la tristesse et à la culpabilité. Alan était assis dans un de ses fauteuils, la tête entre ses mains, essayant encore de se dire que ce n'était qu'un cauchemar, un long cauchemar. C'est ce que voulait aussi sûrement Robin. Quand elle avait été prévenue des récents événements, elle avait demandé à aller réconforter le père de l'homme qu'elle aimait. Elle était restée à ses côtés, comprenant que c'était sa place à ce moment là. Liz était elle aussi prés d’Alan, sachant qu'Amita et Larry essayaient de raisonner Charlie. Ce dernier s'était enfermé dans la garage, refusant l'entrée à tout le monde. Et cela faisait maintenant plus d'une heure qu'Amita, en pleurs, et Larry, inquiet, tentaient de le raisonner pour le faire sortir. Liz se souvenait de ces années où Don était son instructeur. Certes à cette époque il n'avait pas beaucoup parlé de Charlie. Mais maintenant elle le connaissait un peu mieux. Don lui avait appris quelques moyens pour faire sortir les gens quand ils étaient à Quantico. Elle se souvenait que, grâce à cela, elle avait même réussi à redonner goût à la vie à une victime d'abus sexuel, l’empêchant de se suicider. Elle regarda alors Robin, comme pour lui demander la permission d'aller voir Charlie. Robin comprit rapidement et hocha de la tête une réponse positive. Liz partit donc en direction du garage, laissant Robin et Alan seuls.
- J'aurais dû passer plus de temps avec lui...Pourquoi ? Pourquoi Don ? répétait Alan.
- Je ne sais pas. Mais sachez qu'il voulait sauver une vie.
- C'est bien lui... dit Alan, la voix remplie d'émotion. Mon petit Donnie est mort...Il ne repassera pas cette porte. Je ne l'entendrai plus se disputer avec son frère.
Robin mit sa main sur celle d'Alan, comme pour la réchauffer. Soudain, comme si la raison lui revenait, Alan la regarda.
- Charlie ? Où est Charlie ?
*****
A la porte du garage, Amita était toujours en pleurs, implorant Charlie de sortir de son antre.
- Charlie... sanglota-t-elle, Je t'en prie...Réponds moi. Parle moi. Je m'inquiète, Charlie.
Toujours apeurée par l'absence de réponse de la part de son fiancé, Amita pleura d'avantage. Comprenant la gravité de la situation, Liz prit Amita dans ses bras, et l'enlaça.
- Ecoutez moi, sortez. Je vais essayer de faire sortir Charlie d'accord ? Vous allez vous occuper de vous et d'Alan, ordonna Liz en regardant les deux amis de Charlie. - Non! Je veux rester! Je veux voir Charlie, le serrer dans mes bras...Le réconforter...le... insista Amita avant d'être coupée par l'intervention de Larry.
- Amita, allons-y. Je suis sûr que l'Agent Warner arrivera à faire sortir Charlie. Ne t'inquiéte pas.
Larry prit sa collègue par les épaules et retourna avec elle vers le salon. Seule, face à une porte en bois vernis, l'agent frappa trois petits coups, et mit son oreille prés de la porte.
- Charlie...Je sais combien ça doit être difficile pour toi. Mais écoute moi. Ton père, Amita et Larry ont besoin de toi. Et t'enfermer ne servira à rien.
Elle s'arrêta de parler, afin de voir si le mathématicien allait donner une réponse, ou faire une demande. N'ayant comme réponse qu'un silence, elle continua alors à occuper l'espace sonore. - Tu sais...Je crois que Don n'aurait pas voulu que tu t'enfermes ici. Je crois qu'il aurait voulu que tu te battes, et que tu sois capable de surmonter cette épreuve. Tu aimerais qu'il te voit comme ça, sans que tu t'occupes de ton père ?
Le ton de la voix de Liz s'était légèrement haussé. Puis elle laissa de nouveau la parole à son interlocuteur. Mais elle n’eut comme réponse que de légers sanglots, ainsi que le son de la craie sur le tableau.
- Charlie !!! Ton frère aurait voulu que tu sois auprès des gens qui t'aiment pour supporter cette épreuve, et non seul dans un garage. Amita s'inquiète pour toi, tout comme Larry, et moi aussi.
Le son de la craie se fit plus fort, et les sanglots s'amplifièrent. Liz se demandait ce qu'elle pouvait dire d'autre pour faire sortir maintenant cet homme qui refusait de sortir, plongé dans ses équations. C'est alors qu'Alan arriva accompagné de Robin. Il poussa gentiment la jeune fille, et frappa plus fort sur la porte.
- Charlie !!! Réponds moi et ouvre cette porte !!!
Le mathématicien ne répondit que par des gémissements dus aux pleurs qui l’étouffaient alors qu’il s’apercevait que, cette fois ci, ses équations ne résoudraient pas son problème.
- Ouvre cette porte Charlie ! répéta Alan. J'ai besoin de toi... Nous avons besoin de toi. Je ne veux pas que tu souffres tout seul, pas comme lors de la mort de ta mère. Je veux essayer de te comprendre, te tenir dans mes bras. Charlie, ouvre-moi.
Alan, Robin et Liz purent entendre alors quelque chose tomber à terre, puis le bruit de la clé tournat dans la serrure. Enfin, lentement, la porte s'ouvrit laissant place au visage de Charlie, en pleurs, désespéré de la situation, mais ne voulant pas reproduire l'erreur du passé, celle qu'il avait faite lors de la mort de sa mère. Aussitôt la porte ouverte, il se jeta dans les bras de son père pour pleurer toutes les larmes de son corps, laisser s’exprimer toute l'émotion qu'il avait gardée en lui. Alan referma ses bras pour garder bien au chaud, contre lui, son petit, son fils, ce qui lui restait de sa famille. Ce qu’il ne voulait surtout pas perdre. Tout doucement il murmura à Charlie:
Sujet: L'ombre d'un remords - chapitre 10 Dim 13 Sep - 20:37
CHAPITRE X
Maison des Eppes
Charlie avait fini par s’endormir, à bout de forces, à bout de larmes. Il dormait d’un sommeil agité sur le canapé du salon. Alan avait jeté une couverture sur lui et s’était installé dans le fauteuil, près de lui. Il ne pouvait pas se décider à laisser son garçon seul. Il était inquiet pour lui. A sa souffrance d’avoir perdu un fils, s’ajoutait la douleur de voir souffrir l’autre sans rien pouvoir faire pour lui venir en aide. Cette bataille là, il devrait la mener seul et Alan n’était pas sûr que Charlie en aurait la force.
Il avait toujours été conscient de la place que Don tenait dans la vie de son petit frère, mais il n’en prenait la vraie mesure que dans le drame qu’ils vivaient à l’heure présente. Et il avait effroyablement peur que Charlie ne parvienne pas à accepter l’inéluctable et qu’il ne soit pas capable de remonter la pente. C’est pourquoi, quand il s’était aperçu qu’il dormait enfin, après des heures de larmes ininterrompues et de révolte inutile contre le sort, il s’était bien gardé de le réveiller, se contentant de le recouvrir. Puis il s’était assis près de lui et avait, lui aussi, finit par s’endormir, anéanti.
*****
Charlie s’agitait dans son sommeil, peuplé de cauchemars. Au plus profond de son inconscient, lui parvenait encore cette impression diffuse d’horreur et de douleur. Il était arrivé quelque chose d’abominable, quelque chose qui l’avait bouleversé. Il ne voulait pas se réveiller. Il savait qu’avec le réveil, le monstre qui l’attendait, tapi quelque part, allait s’emparer de lui à nouveau et ne le lâcherait plus. Mais, malgré lui, malgré son désir de rester plongé dans ce monde intermédiaire où il se sentait en sécurité, il savait que la conscience lui revenait. La conscience… et avec elle, aussitôt, le chagrin !
- Don !
Il hurla et se redressa brusquement. Dans son fauteuil, Alan se dressa aussi. Charlie était assis, les yeux grands ouverts, fixés sur le vide et, un moment, son père eut atrocement peur pour son état mental. Et puis son fils tourna vers lui un regard désespéré, les larmes roulant à nouveau sur ses joues.
- Don… Ce n’était pas un cauchemar papa, n’est-ce pas ? C’était réel, bien réel ?
Il prit son garçon dans ses bras, le serrant tendrement contre lui, mêlant ses larmes aux siennes.
- Hélas oui chéri, c’était affreusement réel. Ton frère n’est plus là, il nous a quittés.
- Mais pourquoi ? Pourquoi papa ?
- Je ne sais pas Charlie.
- Je m’en veux tellement, tellement ! Si tu savais !
- Tu n’y es pour rien Charlie ! Pour rien !
- Mais il est parti en colère… Cette dispute…
Alan comprit alors ce qui, en plus du chagrin intolérable de la mort de son frère adoré, crucifiait Charlie, et il le serra un peu plus fort contre lui, sans mot dire. Comment consoler cette affliction ? Quels mots pouvait-il trouver, lui qui était tout aussi anéanti que lui ? Comment lui dire l’injustice qu’il ressentait au plus profond de lui ? Ce n’était pas à Don de partir. Si un membre de la famille devait quitter ce monde, alors ç’aurait dû être son tour à lui, Alan. Pas à son garçon, pas à son petit. Un sanglot lui échappa et Charlie se serra un peu plus fort contre lui. Et pendant ce temps, implacable, son esprit lui repassait, image après image, comme s’il visionnait un film, son dernier entretien avec son frère.
Sujet: L'ombre d'un remords - chapitre 11 Dim 13 Sep - 20:41
CHAPITRE XI
Maison des Eppes, le matin précédent
- Alors Charlie, ça avance ?
- Oui… Ecoute, je pense que je vais pouvoir te situer leur prochaine cible d’ici peu de temps.
- Super frangin. Il faut vraiment arrêter ces malades avant qu’ils ne fassent plus de dégâts et plus de victimes.
- J’ai du mal à comprendre comment on peut ainsi, au nom des principes les plus nobles qui soient, basculer dans la violence et dans le crime.
- Que veux-tu que je te dise ? Les grands esprits ne sont sans doute pas toujours des esprits sains ! A ce propos, tu as mené la recherche que je t’ai demandée ?
- Quelle recherche ?
- Sur l’université, les meneurs susceptibles de…
- Non, je n’ai pas eu le temps.
- Charlie, c’est important.
- Mais tout est important avec toi.
Il avait élevé le ton, pour contrer la petite voix qui lui murmurait que, sur ce coup-là, il n’avait pas tout à fait raison.
- Et puis, de toute façon, je suis persuadé que c’est inutile.
C’était alors Don qui avait élevé la voix, agacé par cet aveuglement dont semblait atteint son frère dès lors qu’on impliquait du personnel universitaire. En effet, d’après les pistes qui se dessinaient, le F.B.I. commençait sérieusement à soupçonner que le noyau dur du groupe qu’il poursuivait, et notamment le meneur, était à chercher parmi les membres de l’université des sciences.
Evidemment, Charlie ne pouvait admettre que certains de ces étudiants auxquels il consacrait tant de temps, certains de ces jeunes gens pleins de promesses et à qui l’avenir souriait, puissent ainsi hypothéquer toutes leurs chances au nom d’une idéologie qu’ils dévoyaient par la violence. Il pouvait encore moins admettre qu’un de ses collègues puisse cautionner cette dérive ; de là son opposition aux recherches que Don lui demandait avec insistance depuis bientôt trois jours.
- Je ne te demande pas si tu penses que c’est utile ou non Charlie. Tu travailles pour nous, alors tu fais ce qu’on te demande, un point c’est tout !
Ce n’était pas franchement la méthode qu’il fallait employer avec le mathématicien et Alan, qui assistait, muet, à la conversation de ses deux fils ferma le journal qu’il essayait de lire, pressentant la dispute qui n’allait pas tarder. On ne pouvait pas dire que Don brillait par sa diplomatie. S’il voulait braquer Charlie, il avait choisi l’argument idéal.
- Donc, c’est tout ce que je suis pour toi ? Une sorte d’ordinateur sur pattes ? Tu appuies sur un bouton et hop ! je te sors une réponse. Défense de penser et surtout, défense d’avoir une opinion, spécialement si elle est contraire à celle de monsieur !
- Arrête ça tout de suite Charlie ! Tu sais très bien que ce n’est pas ça !
- Ah non ? Et c’est quoi alors ? Vas-y, dis-le moi !
Ils étaient dressés, l’un en face de l’autre, aussi énervés l’un que l’autre, incapables de s’écouter et de se comprendre, chacun enfermé dans son monde. Alan comprit qu’il était temps qu’il s’interpose.
- Bon ça suffit les garçons ! Comme d’habitude vous n’êtes pas d’accord. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, ça ne vaut pas la peine de…
- Ecoute papa, non, cette fois-ci ça commence à bien faire. Dès que j’émets l’hypothèse que des personnes de l’université puissent être mêlées, de près ou de loin, à un acte illégal, monsieur monte sur ses grands chevaux ! Comme si lui et ses semblables étaient incapables de la moindre malversation !
- Je n’ai jamais dit ça ! s’insurgea Charlie. Le problème ce n’est pas de croire que nous soyons incapables de faire du mal, c’est de se rendre compte que, dès lors que quelque chose va de travers, le F.B.I. s’empresse toujours de soupçonner les érudits. Et ça ne date pas d’hier !
- N’importe quoi Charlie !
- Ah non ? Demande donc à papa ce qu’il en pense.
Ainsi pris directement à partie, Alan se sentait dans ses petits souliers. Pourtant, quand Don se tourna vers lui, quêtant son avis, il ne put s’empêcher de murmurer :
- Il n’a pas tout à fait tort Donnie.
Sur quoi son fils déclara :
- Ca, j’aurais dû me douter que tu serais de son côté ! Comme toujours !
- Bon, ça suffit maintenant ! s’exclama Alan, se fâchant à son tour. Vous n’êtes plus des gamins bon sang ! Vous devriez être capables d’avoir des points de vue divergents sans que ça dégénère à chaque fois.
- Mais c’est lui ! objecta Don en désignant son frère d’un geste excédé. Il est plus têtu qu’une bourrique ! Je pourrais lui apporter mille preuves, il pourrait voir l’un de ses collègues allumer un incendie qu’il me dirait encore que j’ai tort.
- Alors là, dans le genre mauvaise foi, on ne fait pas mieux ! s’emporta Charlie. Moi je suis entêté parce que je refuse de prendre pour argent comptant tes théories, mais toi, tu es un modèle de tolérance puisque tu ne veux pas écouter mon point de vue, c’est ça ?
- Charlie, sois un peu logique. Après tout, si j’ai tort, la meilleure façon de me le démontrer, c’est bien de faire cette étude non ?
- Bravo Don ! Tu fais des progrès dans la manipulation.
Parce que l’argument de son frère était pertinent, Charlie, obstiné dans son point de vue, usait du persiflage pour le contrer, plutôt que de sa logique habituelle.
- C’est bon ! Tu comptes me faire cette recherche ou pas ?
- Non !
- D’accord, et bien je me passerai de toi !
- C’est ça, passe-toi de moi si tu en es capable !
- Ca veut dire quoi ça ? Que je suis trop idiot pour résoudre une enquête sans l’aide de monsieur ?
- Je n’ai pas dit ça.
- Mais tu l’as pensé !
- Parce que maintenant, tu lis dans les pensées ? De mieux en mieux ! J’ignorais que tu étais médium. J’en ai de la chance ! J’ai un frère omniscient et médium !
- Ca suffit Charlie.
- Pour ça je suis d’accord Don. Ca suffit ! Je pense que je n’aurais jamais dû m’engager dans cette affaire.
- Autrement dit, tu me laisses tomber ?
- C’est ça, je te laisse tomber, exactement !
- Je croyais que tu aurais à cœur de mener à bien cette enquête. Je pensais que ça en valait la peine.
- Oh, mais l’enquête en vaut peut-être la peine ! Ce que je me demande, c’est si ceux pour qui je travaille en valent la peine, eux !
- Charlie !
Le ton courroucé de son père lui avait soudain fait prendre conscience des mots qu’il venait de prononcer. Il s’était tourné vers Don, éperdu : celui-ci avait nettement pâli et la tension de ses maxillaires prouvait combien la petite pique de son frère l’avait atteint.
- Don…, tenta de dire Charlie. Je ne voulais pas dire…
- Je sais très bien ce que tu voulais dire Charlie, tu as été assez clair ! Bon ben salut. Et merci pour tout !
*****
Il était parti en claquant la porte, ulcéré par cette dispute, exaspéré par l’attitude de son jeune frère, blessé par sa dernière remarque. Celui-ci, sa colère déjà retombée, avait regretté cette querelle stupide. Il aurait tout donné pour reprendre cette dernière phrase qu’il lui avait jetée. Après tout, Don n’avait pas tout à fait tort. Etant donné la particularité du groupe qu’il traquait, son haut niveau de technicité, sa culture visible, il était logique qu’on soupçonne un universitaire. Mais il ne pouvait pas croire que l’un de ses collègues puisse être impliqué dans une telle horreur. Bien sûr certains étaient plutôt exaltés, mais de là à… Soudain, il s’aperçut qu’il était en train de réfléchir à cette possibilité qu’il trouvait si absurde quelques minutes plus tôt. Et encore une fois, il dut admettre que Don avait raison en lui disant que la meilleure solution pour infirmer son hypothèse était de la mettre à l’épreuve.
- D’accord, murmura-t-il, tu as gagné frangin. Dès que j’ai fini ça, je me mets à plancher sur tes éléments. Mais je sais d’ores et déjà que tu auras tort.
Deux heures plus tard, il téléphonait au F.B.I. pour leur donner les coordonnées d’un entrepôt dont il pensait qu’il serait la cible des terroristes dans les heures à venir. Il espérait pouvoir parler à Don et lui dire que, finalement, il allait se mettre à étudier son hypothèse, tout en lui signifiant qu’il restait persuadé de son erreur. Mais David lui fit savoir que Don était en réunion avec le directeur et qu’il ne pouvait pas le déranger pour le moment. Il se contenta donc de lui communiquer ses conclusions au sujet de l’entrepôt puis il raccrocha. Il pourrait toujours parler à Don le soir.
Il pourrait toujours parler à Don le soir…
*****
Cette phrase lui revint en écho alors qu’il reprenait pied dans l’atroce réalité qui était désormais la sienne. Non, il ne pourrait plus jamais parler à Don, ni ce soir-là, ni jamais. Son frère avait disparu dans cet entrepôt, il ne restait rien de lui et la dernière chose qu’il lui avait dite, c’était qu’il ne valait pas la peine qu’il s’investisse pour lui. La dernière pensée de son frère, en mourant, avait été que son cadet le méprisait et ne le jugeait pas digne d’intérêt. Comment pourrait-il vivre avec ça sur le cœur ?
(à suivre)
juliabaku Tu deviens le rêve…….
Zodiaque: Signe Chinois: Messages: 1271 Date d'inscription: 12/07/2009 Age: 21 Localisation: Entourée de manga, série TV et d'immenses peluches. Mon Fandom du moment:: HirokiXNowaki
Sujet: Numb3rs rating G: L'ombre d'un remords chapitre XII Mer 16 Sep - 19:35
CHAPITRE XII
Bureaux du F.B.I.
David arrivait avec le dossier de Don. Visiblement, il avait trouvé plusieurs groupes qui pourraient correspondre au style de suspects qui étaient susceptibles d’être à l'origine de ces incendies. Il fallait, pour lui, établir une hiérarchie dans cette liste, et revoir toute les preuves pour pouvoir y mettre un peu plus d'ordre. Il hésitait à demander à Amita et Larry qui étaient déjà en train de travailler sur les compositions des flammes et des décombres des différents débris des bâtiments. Il ne pouvait pas leur demander plus. Mais il devait en savoir plus. Il avait demandé alors à Colby et Liz d'aller voir les différents groupes pour leur poser des questions. Quant à lui, il irait demander aux experts de faire des analyses pour savoir qui seraient les premiers à être interrogés.
Ce qui faisait beaucoup de boulot.
- Colby !!! hurla alors David entre les différents bureaux.
L'homme se hissa légèrement pour répondre à son collègue.
- Oui ? - Tu vas aller me voir tous les gens de cette liste avec Liz.
Colby prit la liste et ouvrit grand ses yeux quand il vit le nombre important de groupes à aller interroger. - Tu rigoles là ? insista Colby. Tu ne peux pas laisser Nikki et Liz aller là bas ?
David lança un regard noir à Colby. Il se disait qu'il valait mieux mettre Colby dans une situation où il n'allait pas se mettre en colère, où il devrait être calme. Il savait que son collègue serait peut être trop imprudent, ou trop énervé pour faire bien son travail. Certes, il aurait préféré le mettre sur la touche. Mais comment faire quand on a vu son collègue mourir, quand on n’a rien pu faire pour aider celui qui était en danger ? Il ne pouvait pas lui demander l'impossible. Mais il pouvait le contrôler et le mettre face à la réalité de l'enquête. Si Colby voyait tant de groupes, il pourrait peut être se rendre compte comment l'affaire devait être prise : dans le calme, et en gardant la tête froide. Voyant que David était sérieux, Colby saisit la liste et, légèrement en colère, il s'en alla prendre Liz pour aller interroger tout ces suspects. Mais il se disait qu'il y avait d'autres choses à faire, et qu'il fallait trouver des pistes le plus rapidement possible avant d'avoir d'autres victimes. David le savait. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il aurait voulu avoir Don avec lui. Lui, il aurait su comment faire pour régler la situation. Il aurait été épaulé par Charlie et ses mathématiques.
Sujet: L'ombre d'un remords - chapitre 13 Ven 18 Sep - 23:21
CHAPITRE XIII
Maison des Eppes
- Charlie, Charlie où es-tu ?
Inquiet, Alan appelait son fils à travers toutes les pièces de la maison. Il l’avait laissé avachi sur le canapé, en proie à des idées sombres. Lui, voulait se secouer. Il savait que Don n’aurait pas voulu que sa famille se laisse aller ainsi au désespoir. Et, quelle que soit la difficulté que cela représentait, il avait bien l’intention de continuer, pour Don, pour lui être fidèle. Il avait alors proposé à son cadet de lui préparer un léger repas. Charlie s’était contenté de hausser les épaules sans répondre, les yeux dans le vague, comme incapable de comprendre ce que lui disait son père.
- Bon, avait tranché celui-ci. Je vais faire des œufs au bacon. Ca nous fera du bien. Et puis, une tasse de café bien serré.
Charlie n’avait rien répondu et Alan avait pris son silence pour une réponse affirmative. De toute façon il devait faire quelque chose, il devait absolument secouer cette chape de chagrin dans laquelle il s’engluait, sous peine de ne plus jamais pouvoir se relever.
Larry était parti au F.B.I., après avoir reçu un appel de Colby, laissant Amita auprès des deux hommes. Mais Alan lui avait demandé d’aller prêter main forte au physicien. Il se doutait que la raison de cet appel était d’aider les policiers à remonter la piste des assassins de son garçon et il tenait à ce que le maximum de potentiel soit mobilisé pour cette tâche : pas question qu’ils s’en sortent ! Ils devaient payer pour ce qu’ils avaient fait. Et puisqu’il paraissait totalement impossible que Charlie puisse se reprendre à temps pour être d’une aide quelconque sur ce dossier, ils ne seraient pas trop de deux pour suppléer à son absence.
Après s’être faite un peu prier, inquiète de laisser les deux hommes seuls, Amita avait fini par se rendre aux arguments d’Alan. Elle avait compris que c’était le meilleur moyen de l’aider à reprendre le dessus : lui laisser espérer que le crime ne resterait pas impuni et que son fils chéri serait vengé.
Avant de partir, elle s’était inquiétée de Charlie, et Alan, de sa voix voilée par le chagrin, lui avait répondu :
- Ne vous inquiétez pas pour lui Amita. Je vais m’en occuper. J’ai l’habitude.
Et puis, plus bas, tandis qu’une tristesse indicible transparaissait dans son ton las, il ajouta :
- Et puis, je n’ai plus que lui maintenant. Juste lui, alors croyez moi si je vous dis que je vais veiller sur lui.
- Merci Alan, avait-elle répondu en déposant un baiser sur sa joue.
Puis elle continua :
- Mais vous n’avez pas que Charlie Alan. Vous m’avez moi, et Larry, et Robin, Liz, David, Colby et Nikki aussi. Nous vous aimons tous, et vous pouvez comptez sur nous, toujours.
Il s’était contenté de lui rendre son baiser et de la serrer brièvement contre lui, trop ému pour pouvoir lui répondre. Et puis, pouvait-il, sans la blesser, lui dire qu’aussi nombreux soient-ils à se relayer auprès de lui, rien jamais ne pourrait remplacer son garçon, rien ni personne ?
*****
Lorsqu’il était sorti de la cuisine, portant un plateau sur lequel il avait déposé deux assiettes d’œufs au bacon et deux grandes tasses de café, Alan s’était aperçu que Charlie n’était plus sur le canapé. Il avait posé le plateau sur la table et avait commencé à l’appeler.
Le mathématicien ne répondait pas et son père sentit soudain l’inquiétude lui dévorer le cœur : où était son fils ? Que s’était-il passé ? Pourvu qu’il n’ait pas fait une sottise dans le court laps de temps où il l’avait laissé seul ! Et déjà, tandis qu’il parcourait, une à une, les pièces de la maison, il se reprochait de n’avoir pas mieux veillé sur lui. Pourquoi l’avait-il laissé seul dans l’état de confusion où il se trouvait visiblement ?
Charlie n’était pas au garage, pas plus que dans la salle de bain ou le solarium. La cuisine ? Il en venait, donc ce n’était pas ça non plus. Sa chambre était désespérément vide. Alan, à tout hasard, poussa la porte de la sienne : aucune trace de son cadet. Et puis soudain, il prit conscience qu’il y avait une pièce qu’il n’avait pas encore visitée. Mais l’idée même d’entrer dans cette pièce le tétanisait. Pourtant, il devait en avoir le cœur net, il devait retrouver Charlie.
Il s’approcha, le souffle oppressé, de la chambre de Don. Comment supporter de voir l’environnement où, quelques jours auparavant, son fils se tenait, riant aux éclats d’il ne savait trop quelle réflexion de son jeune frère ? Comment endurer de revoir ces objets qu’il avait touchés, collectionnés, amassés, durant toute sa jeunesse, ce lit qu’ils avaient choisi ensemble avec Margaret à l’aube des quatorze ans de leur garçon ? Ce papier qu’ils avaient posé tous les deux, Don et lui, peu de temps après la mort de leur mère ? Tout dans cette pièce rappelait atrocement l’absence de son occupant habituel.
Mais c’était bien là que se tenait Charlie. Il était assis sur le lit de son frère, et, dans ses mains, Alan s’aperçut qu’il tournait et retournait dans ses mains un objet qu’il reconnut aussitôt. C’était une médaille que Don avait ramenée de Quantico, à la fin de sa formation et dont il était fier. Elle représentait l’emblème du F.B.I., l’insigne crée en 1940 par le département de la justice. Sur le fond bleu, couleur de la justice, se détachait l’écusson rouge et blanc : le rouge pour le courage, la force et la bravoure, le blanc pour la paix, la vérité et la lumière. Et Alan, en un éclair, pensa que ces couleurs représentaient tout ce qui faisait son fils : la justice qu’il avait servie, parfois en flirtant avec les règles, le courage, la force, la bravoure qui caractérisaient chacun de ses actes et l’avaient conduit à sa perte, la recherche de la paix et de la vérité qui dirigeaient chacune de ses actions. Si on avait dû trouver un symbole pour Don, il n’y en aurait pas eu de meilleur.
Charlie faisait tourner et retourner la médaille dans ses mains, comme si une pensée l’obsédait à contempler cet emblème de tout ce qui faisait son frère.
- Charlie ?
Alan s’approcha de lui, précautionneusement, comme s’il craignait de l’effrayer, de l’arracher à sa contemplation presque fascinée.
- Charlie, à quoi penses-tu fiston ?
Charlie leva les yeux vers lui. Et, pour la première fois depuis vingt-quatre heures, Alan n’y lut pas un morne désespoir, une absence de pensée angoissante. Non, Charlie semblait être redevenu lui-même. Simplement, il y avait dans ses yeux un indicible chagrin, mais aussi une lueur que son père mit un peu de temps à identifier : la volonté implacable de mener à bien la quête qu’il était sur le point d’entreprendre.
- Leur devise, c’est tellement lui.
- Quoi ?
- Je lisais la devise du F.B.I. : « Fidélité, courage et intégrité ». Elle aurait pu être écrite pour Don.
- C’est vrai, elle aurait pu être écrite pour lui.
Tout comme l’emblème aurait pu être dessiné pour lui. Et, à nouveau, Alan comprit combien son fils était à sa place au F.B.I. et combien ses craintes, lorsqu’il leur avait annoncé son intention d’y entrer, étaient sans fondement. C’était bien sa voie qu’il avait suivie. C’était pour ça qu’il était né, c’était pour ça qu’il était mort.
- Je n’ai pas le droit de le décevoir.
- Tu ne l’as jamais déçu Charlie. Ton frère était très fier de toi, et il aimait travailler avec toi.
Il lui sembla que Charlie n’avait pas entendu ce qu’il disait. Il reportait son attention sur les trois mots gravés sous l’écusson.
- Fidélité, courage et intégrité, répéta Charlie. Je dois rester fidèle, courageux et intègre, pour être digne de mon frère.
- Charlie…
Alan commençait à s’inquiéter de cette espèce d’exaltation qui semblait s’être emparée du mathématicien. Mais celui-ci planta son regard dans le sien, un regard presque serein dans lequel il put lire la décision irrévocable prise par son fils.
- Je dois aller au F.B.I. papa.
- Quoi ? Mais Charlie, tu crois que tu en es capable ?
- Oui. Je le dois à Don. Et je me le dois aussi. Et aussi à toi papa. Je dois aider à retrouver les coupables de cette tragédie.
- Charlie… Que comptes-tu faire lorsque tu les auras retrouvés ?
Il ne lui vint même pas à l’esprit d’assortir sa demande d’un conditionnel tant, en cet instant, la certitude qui émanait de son fils rendait inimaginable l’option que les criminels puissent n’être jamais identifiés.
A la question directe de son père, Charlie ne répondit pas tout de suite. Il semblait réfléchir profondément.
- Je ferai mon devoir papa, finit-il par articuler.
- C’est-à-dire ?
- Je préviendrai le F.B.I. Ils ne s’en sortiront pas. Je refuse que les meurtriers de mon frère s’en sortent.
- On les arrêtera Charlie, tu verras.
- Mais je veux participer papa. Je le dois.
Alan regarda son fils bien en face. Il savait que, s’il le lui demandait, Charlie resterait près de lui. Mais il savait aussi qu’il n’en avait pas le droit. Pour surmonter son chagrin, pour vaincre sa culpabilité, le mathématicien avait besoin de participer à la traque des criminels, et il n’avait pas le droit de le priver de cette consolation.
- D’accord fiston. Vas-y.
- Mais toi ? s’inquiéta tout à coup Charlie, se rendant compte que son père allait rester seul avec son chagrin.
- Ne t’inquiète pas pour moi. Fais ce que tu dois faire, ça ira. D’ailleurs, moi aussi je veux que ces assassins paient !
Un regarde de connivence, une étreinte rapide et les deux hommes se séparèrent. Charlie s’engouffra dans la salle de bain pour se redonner un aspect correct et ne tarda pas à ressortir. Alan entendit la porte se refermer sur lui. Il se laissa alors tomber sur le lit et son regard fit le tour de la chambre.
- Oh Donnie ! Donnie ! mon petit ! Que vais-je devenir sans toi ? Tu me manques déjà tellement !
Les larmes lui vinrent aux yeux, et seul, pour la première fois depuis plus de vingt-quatre heures, il leur laissa enfin libre cours.
(à suivre)
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry) La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas (C. Chabrol)
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Sujet: Numb3rs rating G: l'ombre d'un remord Chapitre XIV Dim 20 Sep - 17:43
CHAPITRE XIV
Maison des Eppes
Alors qu'il était seul dans la maison. Alan repensait à tout ce qui s'était passé récemment. Il était triste, si triste d'avoir perdu son aîné dans cette affaire. Malgré tout, il était aussi heureux que son cadet ait réussi à surmonter la situation malgré les difficultés. Mais maintenant il était seul, dans ce salon où ils étaient tous les trois là, assis à s'amuser les uns des autres quelques jours auparavant. Les larmes coulèrent sur les joues. Il pensait à tous ses souvenirs. Tout doucement, quelqu'un frappa à la porte. Le père de famille se sentait vieux, et avec des douleurs aux articulations il se dirigea vers la porte . Il l’ouvrit, en pensant qu'il pouvait s'agir de Charlie qui revenait, ne supportant pas la situation. Peut être était-ce Amita qui venait justement le prévenir que son fils n'allait pas bien, ou alors Larry, ou Colby venant s'assurer que lui-même allait bien. Mais la surprise fut totale, quand il vit Robin le visage triste, les yeux rouges, les membres tremblants.
- Monsieur Eppes..., commença-t-elle d’une voix brisée, je...je voulais savoir si vous alliez bien et si...
Mais elle ne put finir sa phrase et elle s'effondra en larmes. Comme s’il s'agissait de sa propre fille, Alan prit dans ses bras la jeune femme, et lui caressa les cheveux en murmurant:
- Je suis là...Je suis là. Pleurez cela vous fera du bien.
Se sentant rassurée dans les bras du père de son bien-aimé, Robin laissa couler les larmes qu'elle tentait de retenir. Le salon avait de nouveau un peu plus de vie. Il était toujours triste, mais au moins, l'un et l'autre se soutenaient. Alan apporta deux tasses de café.
- Merci, dit Robin.
Elle but alors tranquillement son café. La main était tremblante. Les larmes continuèrent à couler sur ses joues. La voyant dans un tel état Alan mit sa main sur la sienne, essayant de la réconforter.
- Allez y. Parlez. Racontez.
Se mordant légèrement la lèvre inférieure, elle hésita légèrement avant de commencer à raconter ses pensées, son coeur, son âme.
- Depuis...Depuis qu'on s'est remis ensemble, je croyais que tout allait être si bien. Que tout allait continuer. Notre histoire avait mal commencé. Elle avait repris...Et je croyais que tout serait bien. Que l'on vivrait de superbes moments. Que l'on se marierait...Que l'on aurait des enfants...
A cette dernière phrase, les larmes coulèrent encore plus accompagnées de gémissements. Alan prit alors Robin dans ses bras. Lui aussi aurait rêvé de voir son aîné avec des petits enfants, courant dans le jardin, l'appelant Papi. Il aurait aimé voir Don avec ses enfants, voir Charlie légèrement jaloux, et son frère l'incitant à devenir lui même père et à fonder une famille.
- J'aurais moi aussi aimé voir des petits enfants, voir que vous formiez une famille, commença Alan.
Etonné par ce qu'il venait de dire, il continua.
- J'aurais voulu profiter de plus de temps avec lui. Pouvoir partager le temps qui nous restait. Partager nos idées, et le conseiller en tant que père et chef de la famille. Je me sens coupable de ne pas avoir pris assez de temps avec lui, d'avoir préféré aider Charlie plutôt que lui.
Comprenant Alan, cette fois, Robin mit sa main la sienne.
- Vous savez... Don m'avait dit qu'il était très fier d'avoir un père comme vous.
Alan regarda alors Robin, avec une petite lueur dans les yeux. Il venait d'avoir de nouveau de l'espoir. De l'espoir d'avoir un jour la possibilité de remonter la pente. Le père et la fiancée se tinrent alors compagnie. Pour essayer de soulager mutuellement leur douleur.