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 Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13

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Aynath
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MessageSujet: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 21:51

Disclamer : les personnages appartiennent à la BBC, à leur créateur et, je n'y gagne rien en les utilisant pour cette fics. L'histoire sort totalement de ma tête et,... j'ai tendance à faire de longs chapitres...

Résumé : Angst / Romance ( Ce n'est pas une deadfic ! je suis une fan du happy end )

DRAME' Sorcier ! Hors de ma vue sorcier ! Hors de ma vue menteur que tu sois ! Je ne veux plus jamais te voir ! Où je te mettrais moi-même au bucher ! ' Criait le jeune roi. Et devant cette haine, Merlin se laissa couler au fond du lac d'Avalon.

Note : Nouvelle version ré-écrite lentement et surement, donc pour celle qui l'ont déjà lu, j'espère qu'elle vous plaira toujours autant :) ! Bonne lecture !

Le choix d'une vie : Chapitre 1 / La lettre

Dehors, le temps était tout aussi désemparé que ce que vivait actuellement Merlin. Le soleil boudait la présence des nuages et un léger brouillard se propagea subitement autour du royaume. Oui, le temps partageait la peine de Merlin. Dans sa chambre, le jeune sorcier laissait couler ses larmes qui se précipitaient à même le sol. Dos à la porte, tête baissée et ses mains contre celle-ci, ses perles coulèrent sans s'arrêter, comme si lentement, Merlin se vidait de sa vie. Toutes ses larmes pour les paroles d'un homme, toutes ses larmes pour le regard noir de son souverain. La respiration entrecoupée, il se laissa choir à terre en tremblant aux rythmes de ses sanglots. La tête au-dessus de ses genoux et, ses mains plaquées contre ses oreilles, il ne voulait plus entendre le jeune roi. Les mots semblaient traverser tous les murs qui le séparaient de lui. Des mots violents qui résonnaient inlassablement dans sa tête :

'' Sorcier ! Hors de ma vue sorcier ! Hors de ma vue menteur que tu sois ! Je ne veux plus jamais te voir ! Où je te mettrais moi-même au bucher ! ''

Affolé et désorienté, Merlin les entendait à répétition et, chaque fois qu'il les écoutait, une lame invisible semblait le transpercer douloureusement. Telles des blessures de guerre, son âme les ancra définitivement au fond de son être. Son corps entier semblait se disloquer à chacun de ses coups. Merlin, pour la première fois de sa vie, ressentit une peur, pas de cette émotion qui paralyse. C'était de celle qui foudroie sur place, celle qui tiraille de l'intérieur mais, surtout de celle qui blesse comme jamais aucune autre personne n'aurait eu l'audace de vous faire subir, hormis les traîtres.


-X-
Quelques minutes plus tôt, Arthur venait d'être attaqué par Morgana. Merlin, trop loin de lui, avait entendu son cri qui eut l'effet de le faire frissonner d'effroi. Il avait ressenti la douleur qui le marqua au fer sur son torse. Arrivé sur les lieux, dont l'atmosphère de la pièce semblait être parfumée d'une odeur métallique et, insupportable, le jeune druide distingua le corps du roi allongé. La sorcière était repartie heureuse sans laisser de trace. Seul un ricanement à faire revenir les morts se répercutait contre les murs du château. Soudain, un poignard apparut par enchantement pour se loger sur son bras gauche. Si Merlin n'avait pas eu le réflexe de l'esquiver, il l'aurait reçu en plein cœur puis, il se retint de gémir sous cette douleur en l'enlevant du bout de ses doigts tremblants qui échappa un filet rouge vif.

Il s'approcha du corps inerte en respirant difficilement. Il dut fermer ses yeux un instant pour ne pas céder à sa colère… colère contre Morgana qui avait osé toucher à son roi. Merlin s'agenouilla auprès d'Arthur et, avec adresse, il le prit entre ses bras. D'une pâleur à l'effrayer encore plus, il se pencha légèrement puis, en sentant son souffle léger contre sa joue, il incanta un sort. De ses lèvres, des mots trop anciens pour être compris résonna dans la pièce, telle une mélodie douce et harmonieuse. De ses mains, sa magie s'extirpa pour soigner une grande partie des blessures du jeune roi.

Le jeune sorcier priait en silence parce qu'Arthur ne devait pas mourir ce jour, son heure n'était pas encore arrivée. La tête, encore inclinée au-dessus du visage de son roi, quelques-unes de ses larmes qui tombèrent sur le front de ce dernier. Avec tout son dévouement, il lui murmura ce qu'il ressentait à ce moment même :

— Tu ne dois pas mourir Arthur. Tu as tant à faire encore, tu es encore trop jeune pour partir.

Il s'arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle et, à travers ses larmes, telles des prières, il continua :

— Tu n'as pas encore vu le monde au-delà de ton royaume, tu n'as pas encore trouvé celle qui te correspond… tu n'as pas le droit d'abandonner ton royaume…

Merlin serra fortement sa mâchoire, tout en retenant ses pleurs et, en le contemplant de ses yeux humides, il grinça entre ses dents :

— Tu ne peux pas me laisser seul…

Sa voix tremblante était empreinte de colère, de celle qu'il s'infligeait parce qu'il venait de faillir à son devoir. Mais, surtout, elle était aussi empreinte de tristesse parce qu'il venait de perdre son roi. Une nouvelle perle dévala de sa joue pour tomber sur celle d'Arthur. Les yeux fermés, il ne pouvait pas admettre qu'il avait échoué. Et, quand enfin, le jeune mage vit les paupières de son vis à vis s'ouvrir doucement devant son visage, Merlin lui offrit un sourire de soulagement.


-X-
Merlin fixait Arthur de ses yeux encore humides lorsque, brutalement, ce dernier lui répondit par un regard durci. Son cœur se mit sauvagement à battre d'une crainte que le jeune sorcier n'aurait jamais imaginé voir un jour dans ce regard bleu. Le jeune Pendragon se releva tant bien que mal et, chancelant, il se dégagea prestement de ses bras pour lui faire face. Merlin, figé, accueillit la noirceur de ses yeux comme un coup de poignard. Lentement, la colère d'Arthur l'enfonçait sur son corps. À chaque millimètre que cette arme invisible le traversait, cette lame atteignait son organe vital…

Les yeux du roi, habituellement bleus, autrefois plein de compassion pour lui, ne trahissaient jamais le fond de l'âme. Et, ce fut devant ce terrible regard, mêlé d'éclairs aux profondeurs noires de ses iris, que Merlin mourut. Ce dernier entendait à peine les paroles d'Arthur qu'il lui vomissait dessus, paroles auxquelles étaient ancré la rage et la haine.

— Comment as-tu pu oser me faire ça ! Comment as-tu pu me mentir jusque-là ? !

Or, sa tête enregistrait tous ces mots, lentement…

— Sorcier ! ajouta-t-il froidement en le désignant de son index.

En agitant ses bras devant lui, le roi fit les cents pas sans cacher son énervement. Merlin, soudainement vide de son état d'esprit, le regardait d'un air livide. Les traits du visage royal, complètement tendu d'une grimace colérique, le rendirent méconnaissable.

— Hors de ma vue sorcier ! Hors de ma vue menteur que tu sois ! Je ne veux plus jamais te voir ! Ou je te mettrais moi-même au bucher ! finit-il par hurler en lui indiquant d'un geste de la main la direction à prendre.

Merlin sortit sans un regard supplémentaire en se maintenant le bras blessé par la lame de Morgana. Il finit par la soigner mais, comme une tache indélébile, une marque resta tatouée sur sa peau laiteuse.


-X-
Maintenant que devait-il faire ? Il n'y avait plus rien à exposer, le roi venait déjà de lui donner sa sentence et, même sans la prononcer, Merlin l'avait lu dans ses yeux sombres. A ce souvenir, un frisson l'électrisa des pieds à la tête. Sa gorge se comprima tant qu'aucun gémissement ne put en franchir et, son cœur palpitait avec tant de frénésie qu'il eut du mal à se reprendre. Merlin pouvait comprendre la rancœur du roi mais, jamais, ô grand jamais, il n'aurait pensé être subitement rejeté par celui qu'il avait tant défendu et, surtout par celui qu'il avait eu foi. Lamentablement, Merlin se releva de la porte et prit son sac à dos presque vide. D'un mouvement de ses mains, il laissa tout de même une trace de lui sur un bout de parchemin.

Le poids de son sac lui parut dérisoire, devait-il le prendre ? Merlin jeta un dernier coup d'œil doré à la chambre et, en soupirant, il ferma la porte derrière lui. De ses pas lents, il fut seulement porté par le rythme de son cœur qui battait doucement, comme s'il ne tardait pas à s'arrêter. Ce fut l'âme déchirée qu'il quitta le laboratoire sans regarder Gaius qui tentait de lui parler. Tout était flou, plus rien n'avait d'importance pour lui… mais, était-il encore dans ce corps ? Tel un errant, il marcha jusqu'à la sortie du royaume toujours aussi doucement. Le regard entièrement vide… Il n'entendait ni Gauvain et ni Lancelot lui crier après, il ne vit pas non plus leurs larmes…


-X-
Quand Gaius arriva, ce fut à la seconde où il entendit les paroles pleine de rage du jeune roi. Immobile devant cette scène, il ne put que constater avec inquiétude toute la douleur qu'Arthur infligeait à Merlin. Lorsque son pupille quitta la pièce, le médecin s'avança vers le souverain de Camelot. Avant même qu'il ne puisse défendre le jeune sorcier, le roi le fusilla de son regard encore noir :

— Vous le saviez ! N'est-ce pas !

Arthur était dans une telle colère que rien ne permettait aucune une réponse. Ses traits étaient si tendus et son ton était si aussi froid que les membres tremblèrent à chacun de ses mots. Cependant, Gaius devait lui apporter un peu d'éclaircissement :

— Je sais combien cela doit être difficile à admettre mais, Merlin a toujours agi pour votre bien.

Arthur, le souffle saccadé, n'avait nullement envie de se calmer. Il fixa durement le médecin et, en le pointant du doigt, il lui hurla :

— Ne lui cherchait aucune excuse ! Il a osé me mentir durant près de six ans !

Un léger ricanement franchit à travers ses lèvres serrées puis, plus déterminé, il ajouta d'une voix plus rauque :

— Sa seule erreur a été de m'avoir menti ! De s'être joué de moi ! s'écria-t-il rouge par la fureur qui s'insinuait en lui et par la ténacité de sa rage qui lui tordait le corps.

La tension était telle que le roi tremblait encore de tous ses membres et il avait besoin de l'évacuer en se retrouvant seul.

— Sortez tous ! Je ne veux plus voir personne ! cria-t-il contre ses gardes.

Puis, en tournant son regard sombre sur le médecin, il lui suggéra avec attention :

— Veillez à ce que ce vaurien de menteur qu'il soit, quitte le royaume et ce, dès cette seconde.

Sans sourciller, le médecin s'exécuta sans un regard tandis que le roi partit le pas lourd jusqu'à sa chambre pour s'y enfermer.


-X-
Quand Gaius pénétra dans son laboratoire, le plus mauvais des pressentiments qui soit, s'empara de sa poitrine. Il tenta un dialogue avec son pupille mais, celui-ci ne le remarquait même plus. Le médecin constata avec tristesse que, dans les yeux de ce dernier, l'étincelle de vie avait presque disparu. Il le regarda seulement s'en aller le cœur meurtri sans pouvoir le retenir. Quelque secondes plus tard, il fit un pas dans la chambre de Merlin et, la main sur la bouche, il remarqua l'absence de toutes les affaires de ce dernier. Elle était telle qu'elle avait été lorsqu'il était arrivé. La gorge nouée, il tapa rageusement du poing sur la table où ils mangeaient chaque soirs ensemble.

— Non !

Un hurlement franchit de ses lèvres tremblantes en faisant ainsi écho à sa douleur… Le médecin venait de perdre un fils, tel qu'il le considérait depuis sa rencontre. De sa peine, il s'écroula à genoux en portant les mains sur son visage. En sentant deux mains lui saisir les épaules, il se redressa difficilement et, le visage empreint de toute sa douleur, il croisa le regard humide de Guenièvre. Elle était toute aussi secouée que lui et, mutuellement, ils pleurèrent le départ de leur ami.


-X-
Gauvain et Lancelot croisèrent Merlin à l'approche des grilles de fer du château. Le sac sur le dos, il ressemblait à un mort vivant en chair. Gauvain essaya de lui parler mais, le jeune sorcier ne réagissait plus. Tandis que Lancelot l'empoigna puis, en croisant son regard, il s'immobilisa. Jamais de sa vie, il n'avait vu une telle couleur. Ses yeux paraissaient vides : aucune lueur, aucune chaleur… il n'y avait plus de vie. Les deux chevaliers ne purent que le regarder s'en aller. Eux, qui étaient fait de cœur d'homme, libérèrent leurs larmes d'impuissance, face à la situation de leur ami. Ils se fixèrent un instant en se demandant s'ils ne devaient pas le retenir. Or, le cri du roi résonnait encore, alors, comme Merlin devait absolument quitter le royaume sous peine de subir le bucher, ils le suivirent de leur regard bouillé. Lorsque son ombre s'évapora dans le brouillard, les chevaliers serrèrent leurs dents pour cesser leurs pleurs.


-X-
Dans sa chambre, le roi tremblotait encore de colère et sous cette emprise, Arthur était encore furieux et essoufflé. Ce jour-là, il resta enfermé dans ses appartements. Il ne cessait de faire les cents pas d'un mur à un autre. Puis, en s'arrêtant devant son miroir, il enleva sa tunique déchirée en apercevant une marque rouge sur sa poitrine, juste au-dessus de son cœur. Ce fut à cet endroit que Morgana avait envoyé son sort. Il grimaça en y passant ses doigts comme s'il pouvait encore sentir cette douloureuse percussion lui avait traversé le torse. Quand enfin au soir, son corps sembla s'apaiser de lui-même, il sombra dans un lourd sommeil, sans se déshabiller et sans manger. Cette nuit, il rêva d'un grand dragon. Pas n'importe lequel, celui-là même qui aurait dû mourir sous son coup fatal, trois ans avant.

Quand les premières lueurs des rayons du soleil qui eurent du mal à franchir les nuages épais, Arthur ne prêta nullement attention à son songe. Il resta au lit en réfléchissant encore à ce qui s'était produit la veille. Le jeune Pendragon avait beau chercher des excuses à l'encontre de Merlin, il s'était senti trahi par l'une des personnes qui comptait le plus pour lui. Il voyait en cela une trahison identique à celle que lui avait faite sa sœur. Mais, il dut tout de même s'avouer qu'il lui avait sauvé la vie. Les yeux clos, il entendait encore les mots qui avaient sorti des lèvres de son valet. Il se souvint de sa chaleur qui ressemblait à une mélodie, celle qui l'avait ramené auprès des siens.

Arthur avait cru en un homme qui lui avait caché sa véritable identité. Serrant ses poings avec fermeté, il dut admettre que Merlin avait été assez fort sur ce coup. Debout, en tapant de ses mains sa table, il baissa nerveusement la tête. Comment n'avait-il jamais vu Merlin utiliser sa magie ? Or, le jeune roi ne voyait-il pas en lui qu'un simplet ? Et, la veille, en fermant à nouveaux ses paupières, il revoyait encore sa sœur l'accabler de toute sa propre souffrance. Il se mordit les lèvres quand il réalisa que Merlin n'était jamais loin de lui. Ce dernier était toujours à ses côtés et quelle que soit la situation. Il releva lentement son regard sur le mur qui lui faisait face puis, comme une révélation, il se souvint des dernières paroles de son valet. Aussi difficile que cela lui apparaissait, la douceur mêlée de peine avait su attirer son attention, avant d'avoir été pris de folie et, les seuls mots qu'il avait retenus fut :

— Tu ne peux pas me laisser seul…

Se dressant de tout son torse, il comprit enfin, pourquoi à chacune de ces batailles, il ressortait toujours ou presque indemne. Il ne devait que sa survie seulement à un seul jeune homme : Merlin. En se rappelant de sa colère, Arthur aurait dû écouter Merlin, comme d'habitude mais, lui, il voulait trouver un terrain d'entente avec Morgana. Bien que Merlin l'ait prévenu, une fois de plus, il ne l'avait pas écouté. Le jeune sorcier était toujours de bon conseil et, malheureusement, ce dernier dut essuyer toute son animosité. Pourtant, sur l'instant, il s'était tout bonnement senti trahi.


-X-
Le roi se leva à midi pour se planter seulement devant sa fenêtre. Il regardait lascivement à travers la vitre. Tôt la veille, le soleil brillait d'une splendeur qu'aujourd'hui, tout était gris. Arthur percevait à peine les villageois qui fourmillaient à la ville basse. Le corps épuisé par cet évènement, quel que fut le temps que cela lui prendrait, il avait besoin de solitude. Le jeune Pendragon devait réagir face à toutes ces révélations mais, surtout, il réalisait la dureté de sa vie qui était loin de ressembler à celle qu'il s'attendait.


-X-
Toujours le regard fixe sur l'horizon gris de cet automne, Arthur avait enfin fait le point. Une semaine après cet incident, il prit sur lui de comprendre que l'attaque de sa sœur l'avait rendu stérile à toute conversation sur la magie. Son défunt père qui lui répétait que toute personne qui la pratiquait ne pouvait être que mauvaise, avait finalement tort. Il était en vie… et ce, grâce à Merlin… Il était resté des heures planté dans sa chambre à chercher, ne serait-ce que pour trouver une raison de comprendre pourquoi Merlin le veillait. Il passa ses mains sur la tête comme pour se rendre compte de son odieux comportement à l'encontre du jeune sorcier.

En se souvenant encore de ses paroles qu'il lui avait crachées en pleine figure, il secoua la tête en se disant qu'il n'aurait jamais dû… Pas après que Merlin lui avait recommandé de refuser catégoriquement d'entrer dans le jeu de Morgana. Il pouvait aisément comprendre son silence de ces derniers jours mais, le jeune roi aurait au moins pensé que Merlin aurait eu assez confiance pour lui en parler. Il décida donc d'aller à sa rencontre tout en se persuadant qu'il s'était seulement réfugié dans sa chambre comme il le faisait.

En sortant de ses appartements, il entendit des murmures dont il ne saisissait pas les sens. A chacun de ses pas, il sentait le regard lourd des gardes, des servants et même des chevaliers. Arthur fit comme s'il n'avait rien vu et continua son chemin jusqu'au laboratoire du médecin. Quand il pénétra dans la pièce, le jeune Pendragon fut affligé par la scène. De son regard dépité, il voyait Gaius allongé sur son matelas au côté de sire Gauvain qui était assis au bord du lit. Les yeux rougis, le chevalier le calmait en lui tapotant le dos. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre l'état du médecin. Ce fut le cœur battant qu'Arthur courut jusqu'à la chambre de Merlin où, la peur au ventre, il n'y avait plus aucune trace de lui.

A sa grande stupeur, la pièce était telle qu'elle avait été autrefois. Figé, au centre de cette pièce, une douleur atroce envahit sa poitrine. Chancelant, il s'écroula de tout son corps sur le plancher. Etendu, il se tordit d'une souffrance qui se fit encore plus violente et, en fermant les yeux, ce fut avec le cœur lourd qu'il ressentit toute la tristesse de Merlin. Le plancher semblait s'être imprégné de toute la douleur de l'ancien maitre de la chambre. Elle était insupportable, elle l'avait brisé, broyé, déchiré mais, le plus difficile, fut de constater combien cette souffrance l'avait amené à vouloir partir de ce monde.

Des frissons glaciaux parcoururent subitement le corps d'Arthur puis, immobile, une terrible appréhension s'empara de lui. Cette étrange sensation le dévorait de l'intérieur, en lui montrant la portée de ses mauvaises paroles. Allongé depuis quelques minutes, son regard qui fixait un point imaginaire, furent soudainement attirés par un bout de parchemin froissé. Arthur tendit sa main pour la saisir et, en le dépliant, il reconnut l'écriture de son valet. Cette horrible sensation l'empêcha de se relever et, ce fut dans cette position qu'il commença à la lire.


-X-
Arthur,

Tu n'acceptes pas que ce qu'ils coulent dans mes veines soit issu de la magie. Qui mieux que toi aurait pu la comprendre ? N'as-tu pas appris que ta naissance était due à cette même magie ? Et moi, quand de mes yeux, je t'ai vu étendu au sol, j'ai eu peur pour toi.

Tout ce sang qui jaillissait de tes plaies, je m'en suis voulu de t'avoir laissé affronter ta sœur. Mais je ne m'en suis, en aucun cas, voulu de t'avoir sauvé parce que tu es un homme bien. Arthur, garde toujours cette force en toi et veille à écouter les gens qui t'entourent.

Ne fais pas l'arrogant, car tu sais prendre les bonnes décisions. J'ai une grande confiance en toi comme toujours. Ton royaume était toute ma vie. Parce que de mes mains, je t'ai soigné mais tu ne sais pas cacher ta haine contre les miens.

Je ne peux me résoudre à me souvenir de ce que j'ai lu dans tes yeux. Cela m'a tellement blessé que je ne saurais trouver les mots justes. Si je devais te le décrire alors je te répondrais : Tu m'as tué. Mais ce qui me réconforte, c'est que tu puisses vivre.

Moi… moi je ne suis plus rien, je ne vaux rien sans toi. Alors à quoi bon Arthur, toute relation a une fin. En avions-nous au moins une, Arthur ? Et la mienne s'achève aujourd'hui. Longue vie à toi.

Merlin.


-X-
Arthur, à la lecture de cette lettre, se mit à trembloter si violement qu'il resta encore cloué au sol. Comment avait-il pu laisser les choses dégénérer ainsi entre eux ? Comment avait-il lui-même pu, ne serait-ce, lui hurler sa colère comme il avait fait ? Il avait cru que Merlin serait tout de même resté et qu'il aurait compris ses paroles. Mais, de quelles paroles s'agissaient-ils ? Puisque, Merlin ne faisait qu'allusion à son regard. Avait-il donc était si dur ? Il relut plus lentement la lettre, imprimant les dernières phrases dans sa mémoire :
Moi… moi je ne suis plus rien, je ne vaux rien sans toi. Alors à quoi bon Arthur, toute relation a une fin. En avions-nous au moins une, Arthur ? Et la mienne s'achève aujourd'hui.


-X-
Il s'agenouilla avec beaucoup d'agitation, une main sur la bouche, en réalisant enfin la portée de son geste. Il dut relire encore et encore cette dernière ligne qui lui expliquait qu'après ce jour, tout serait fini. Arthur sentit les vibrations de son corps qui ne cessaient de se multiplier sous sa lecture. Il avait envie de hurler mais, sa gorge était prise d'une boule serrée. Soudainement fiévreux, fatigué et las… le jeune roi avait les yeux rougis mais, il avait bloqué ses larmes au bord des yeux. Il n'arrivait pas à croire cette lettre… Son cerveau refusait précisément d'imaginer une seule seconde sa vie sans son valet.

Or, que faire quand tout indiquait qu'un adieu était écrit sur ce parchemin ? Que faire lorsque, trop tard, tout porte à croire qu'il n'était plus en ces lieux ? Brusquement, cette force de nier cette évidence poussa Arthur à se relever et il se posta devant Gaius.

— Où est Merlin ? demanda-t-il sans cacher ses tremblements encore trop visibles.

Quand il croisa le regard vide du médecin, son cœur sembla soudainement l'avoir lâché et, la plus mauvaise des pensées vint lui donner le dernier coup fatal.

— Non ! cria inconsciemment le jeune roi en plaquant une main sur ses lèvres sèches.

Gauvain qui n'avait rien dit jusque-là, le fusilla d'un regard humide et rougie. Le jeune Pendragon pouvait y déceler des éclairs qui le foudroyèrent sur place.

— Comment osez-vous demander cela à Gaius ? Vous êtes resté enfermé près d'une semaine et avez donné l'ordre à ce que personne ne vienne vous déranger ! grinça-t-il entre ses dents pendant qu'il tentait vainement de garder son contrôle.

— Merlin vous a toujours soutenu, il a toujours été là pour vous ! reprit le chevalier en respirant à difficilement, et vous osez venir ici ! Comme si vous pensiez qu'il serait resté là à vous attendre !

De grosses larmes dévalèrent subitement des joues de ce dernier et, d'un ton sans chaleur, il ajouta :

— Gaius vient de recevoir une lettre de Hunit. Merlin est mort !

An ces dernier mots, un coup de poignard sembla s'être planté en plein cœur. Arthur pouvait facilement entendre un coup de tonnerre dans sa tête. Il vacilla et, en se tenant à un bout de table, les yeux perdus, il n'en croyait pas un mot. Il voulut répondre au chevalier mais, la gorge était trop serrée pour l'autoriser à échapper un seul son. Puis, ce fut au tour de sa poitrine de le comprimer douloureusement et, pour finir, ses mouvements tremblotants persistèrent à bouger seuls comme un pantin. Le roi s'écroula de tout son corps en entrainant avec lui la table.


-X-
Tout en laissant les gardes le portait jusqu'à sa chambre, Arthur se laissait à sa perte. Celle que lui-même avait poussée… Ce ne devait pas être possible qu'il puisse ne plus être là. Quand enfin, il fut allongé sur son lit, il posa une main sur son cœur en se demandant si celui-ci battait encore. Sous les coups irréguliers, il aurait préféré que Merlin ne l'ait jamais sauvé… Il aurait préféré mourir et ne jamais savoir…

Et la mienne s'achève aujourd'hui.

Arthur souffrait de cette même douleur qu'il avait perçue dans la chambre de Merlin. Tout lui parut soudainement vide et, le corps frissonnant, il ne verrait plus son valet… ni son sourire espiègle, ni son regard bleu… il ne le reverrait tout simplement plus. Il se laissa enfin pleurer et ce, jusqu'à ce que ses pleurs deviennent des sanglots qui l'étouffent. Il s'emmitoufla sous sa couverture et, en cachant son visage contre son oreiller, il ne lui était impossible de croire qu'il était mort.

Dehors, la nature partageait sans aucun doute la peine du jeune Pendragon. Ce fut avec tristesse que les nuages gris semblèrent vouloir lui donner un peu de réconfort. Les rayons du soleil qui les traversaient, parvenaient avec peine près de son bureau.


-X-
Le jour où tout avait basculé, Merlin était parti tout comme sa vie venait lui-même de quitter son corps. Telle une coquille vide, il marcha aussi loin que ses pas trainant le permettaient. Il avait traversé les bois sans regarder autour de lui. Les animaux le détaillaient comme s'ils allaient mourir. La nature sombrait lentement dans une obscurité totale. Les arbres perdaient leurs feuillages au passage du jeune druide. La chaleur des rayons du soleil disparaissait derrière les nuages noirs…
Non, Merlin était seul face à son destin mais, de quel destin quand il n'en avait plus ? Même la fatigue n'arrivait plus à l'arrêter, sa souffrance était telle qu'il avait l'impression de ne plus exister.

'' Sorcier ! Hors de ma vue sorcier ! Hors de ma vue menteur que tu sois ! Je ne veux plus jamais te voir ! Où je te mettrais moi-même au bucher ! ''

Encore ces mots qui résonnaient dans sa tête et, dans un dernier effort, il murmura d'une voix inaudible :

— Et la mienne s'achève aujourd'hui…

Sur cette dernière note, en levant son regard vide, il fixa le lac d'Avalon. Il ne sut comment il avait pu y arriver si vite mais, à quoi bon y réfléchir quand plus rien ne le retenait. Le lac, où quelques années plus tôt, il avait laissé celle qu'il avait aimé. Le corps las, devant cette étendue, le jeune sorcier ne ressentait plus rien. Son cœur était resté à Camelot, son âme était meurtrie et son esprit était complètement absent. Comme un pantin, son corps s'avança lentement et, lorsqu'il n'eut plus pied, il s'abandonna aux caresses voluptueuses de l'eau en s'enfonçant lourdement de son poids… C'était le néant, le froid, le noir…


Il n'y avait plus de Merlin, plus de sorcier, plus d'espoir pour Albion.
.

A suivre

.


Dernière édition par Aynath le Ven 11 Jan 2013 - 12:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 21:55

Je confirme c'est la même fiction


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

**
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MessageSujet: re   Lun 15 Oct 2012 - 21:56

Probleme de bouron, je ramais lol...

Rhhhaaa j ai la poisse, c'est pas possible, je vais supprimer l autre mdr ! -_-
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 21:58

Ok, je vais le faire, tu n'as pas accès à la suppression du post


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 21:59

Lol merci beaucoup... La prochaine fois, je saurais... j'éviterais de cliquer deux fois d'affiler -_-...

Désolée de ne te donner autant de boulot pour mes début...

/ bisou / Aynath
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 22:00

pas de soucis la Miss, je vais lire maintenant

Mon dieu, un autre auteur Sadique c'est dame Cissy qui va être contente . Merlin est mort et Arthur prend le même chemin


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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 15 Oct 2012 - 22:16

Voilà un début qui nous plonge directement en plein drame...
Après son accès de colère, Arthur se repend de ses mots, mais il semble qu'il soit trop tard!!!
Heureusement dans un univers où règne la magie, on peut toujours espérer (en plus tu as mis que tu aimais les happy end alors tout espoir est permis... )



Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Mar 16 Oct 2012 - 19:51

Eh bien ! Heureusement que ce n’est pas une deadfic… Que de désespoir dans ce premier chapitre. Le désespoir de Merlin qui a voué plusieurs années de sa vie à son roi et qui a mis tout son talent de sorcier au service de sa protection, de sa sécurité. Arthur qui n’est que rage face à la trahison de son valet quand il découvre son secret. Rage qui pousse Merlin à abandonner le royaume, ses amis et même sa vie. Un roi qui prend conscience, bien trop tardivement, de la portée de ses paroles et de son propre désespoir face la disparition du jeune homme… Un pouvoir que merlin a utiliser pour sauver la vie d’un homme qu’il respecte profondément et même bien plus et voilà comment Arthur le remercie…

Un premier chapitre très sombre, dramatique qui fait la part belle à la douleur de Merlin et à la culpabilité d’Arthur…

J’aime beaucoup…



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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MessageSujet: re   Sam 20 Oct 2012 - 19:10

merci pour les review ! voilà la suite





Chapitre 2 : Hunit
Le soleil avait encore du mal à céder un peu de sa chaleur en ce nouveau jour. Le vent semblait porter une mélodie inconnue aux oreilles des hommes. Lentement elle persistait… elle inséra en ses airs sa tristesse et, en virevoltant à travers les souffles, elle patientait jusqu'à trouver la personne désignée et prête à écouter ses paroles.


-X-

Arthur avait pleuré toute la nuit, s'endormant par moments de somnolence. Dans l'obscurité, il entendait sa propre voix qui résonnait encore ses mauvaises paroles. En frémissant, il reconnaissait l'ampleur de son désastre. Le jeune Pendragon, assis à la tête de son lit, l'oreiller entre ses genoux et son torse, sentait la honte se confondre avec sa peine et de nouvelles larmes coulèrent sur chacune de ses joues. Elles étaient si fluides et si chaudes qu'Arthur avait cette impression qu'elles lui brulaient le visage.

Était-ce donc son châtiment pour avoir si injustement renvoyer le sorcier qui avait vécu à son insu au château ? Renvoyer ? Non… par sa faute, Merlin s'était laissé mourir.

Était-ce donc sa punition pour avoir si inconsciemment pris parti pour les idéaux de son père ? Parti ? Non… par sa négligence, Merlin avait cédé sa vie pour la sienne.

Le jeune roi avait toujours été honoré par le dévouement de son valet mais jamais, il n'avait su jusqu'où il était prêt à aller pour lui. En reposant sa tête contre son oreiller, Arthur larmoya de sa bêtise mais, de quelle bêtise s'agissait-il quand cela amenait la mort… Pour lui… seulement lui… Merlin lui aurait donné sa vie. Arthur, la respiration courte, cligna fortement des paupières car, dans son cœur encore, il n'acceptait pas sa mort. La douleur persistait parce qu'Arthur réalisait à quel point Merlin avait été important dans sa vie. Il referma ses yeux mouillés pour tenter de visualiser le visage de son ami mais c'était en vain, car à la place il n'entendait que ses affreux mots, ceux qui avaient éloigné Merlin de lui.

La seule image fut celle de son valet, debout livide, qui maintenait son bras gauche ensanglantée. En posant fermement sa bouche sur le coussin, il étouffa un cri suivi d'un sanglot et, péniblement, d'autres arrivèrent par la suite. Sa poitrine saignait de l'intérieur, une poignante douleur le faisait tellement souffrir. Ne pouvait-il pas retourner en arrière ? Ne pouvait-il pas se laisser deux minutes pour se reprendre avant de lui vomir ses mots ? Si seulement il le pouvait, il aurait demandé que tout redevienne comme avant. Que tout cela ne soit qu'un horrible cauchemar et qu'il serait réveillé par son idiot de valet.

-X-

Arthur s'allongea et midi passa sans qu'il ne sorte de sa chambre. Ouvrant son regard sur sa chambre, presque froide, il ne vit personne. La main sur sa poitrine lui rappela que tout était réel et que par cette réponse : Merlin était bien mort. Le jeune roi se laissa encore aller à sa peine, perdant même l'envie de vivre, regrettant amèrement son geste.

-X-

Toujours allongé, il ne fit aucun mouvement lorsque Guenièvre, le visage fatigué par ses pleurs, lui apporta son repas, puis quand elle revint deux heures après et qu'il n'avait pas touché à son assiette, ce fut elle qui lui hurla dessus en faisant jaillir sa peine à chacun de ses mots :

— Vous devez vous reprendre sire ! Le royaume a besoin d'un souverain !

Elle le secoua vivement de ses deux mains mais, Arthur ne l'écoutait plus… Il voulait seulement mourir parce que, par sa faute, il avait tué le seul ami qu'il avait toujours eu à ses côtés. Dans un excès de rage, elle serra des dents, honteuse de voir un roi était égoïste et grinça durement en le toisant :

— N'est-ce pas vous qui disiez qu'il ne faut jamais pleurer pour un homme !

Elle respira avant de reprendre avec plus d'audace :

— Pensez-vous que là où se trouve Merlin, il serait heureux de vous voir dans cet état ! Lui, qui vous a rendu la vie !

À son nom, le jeune roi se jeta soudainement hors de son lit et en empoignant la servante par ses bras, il lui tonna, en tremblant de tout son corps :

— Je t'interdis de dire que Merlin n'est plus avec nous ! Tu m'entends !

Sa voix se brisa en prononçant le nom de l'être qu'il venait de perdre. Gwen tressaillit à sa réaction. Arthur, en la fixant maladroitement, avait le cœur si écorché qu'il ne voulait pas non plus la perdre à cause de ses erreurs. Devant le regard humide de son amie, il la serra très fort tout contre lui en évacuant sa colère.

— Je n'ai pas voulu de cela ! Je ne savais pas ! cria-t-il comme pour se défendre...

Blotti l'un contre l'autre durant plusieurs heures, Guenièvre souffrait de voir le roi se mettre dans cet état de dépravation. Bien sûr qu'elle avait mal et, de toute évidence, elle savait que par la seule personne que Merlin avait foi, celle-ci l'avait ordonné de quitter le royaume. Elle voyait encore la tristesse de tous ceux qui appréciaient de près ou de loin le jeune sorcier, tout le royaume à vrai dire. Elle savait seulement qu'Arthur devait faire face à la réalité et qu'il devait assumer les conséquences de son acte.

Tout le monde au château pleurait la mort du jeune homme alors, pourquoi le jeune roi ne l'acceptait-il pas ? Bien qu'il ait été celui qui ait donné la sentence, il avait seulement cru bien faire. Même si Guenièvre, comme tant d'autres, lui en voulait encore, Arthur Pendragon restera le souverain et, depuis toujours, elle lui devait allégeance comme tous les sujets de la cour.


-X-
Debout à sa fenêtre, la nuit était tombée depuis bien longtemps. En contemplant la lune ronde qui parsemait le château de ses rayons lumineux, Arthur ne s'était toujours pas résigné à croire en la fin de Merlin. Il avait arrêté de pleurer parce qu'il avait dû user toute sa réserve et ce, pour un seul homme. Alors, cette nuit, il se vêtit le plus simplement qu'il soit en donnant un parchemin à Lancelot. Ce dernier devra prendre sa relève le temps qu'il fasse son deuil et, sous la clarté que lui renvoyait la lune, Arthur partit s'enfoncer dans les bois.

Les arbres se cambraient quand le jeune roi passait à leurs côtés, les feuilles se laissaient porter par le vent au galop du cheval. La nature entière semblait le soutenir dans sa quête, à la recherche de cette volonté de croire en la survie de Merlin. À travers les bois, Arthur souhaitait avoir eu tort d'imaginer une vie sans la présence de son sorcier. Il chevaucha toute la nuit sans laisser à son cheval un moment de répit. Celui-ci paraissait être en accord avec la souffrance de son maître. A chaque bouffée d'air, les poumons du jeune roi s'emplissaient de cette foi qu'il avait envers son jeune valet : Merlin ne pouvait pas l'avoir abandonné.

De nouvelles larmes de tristesses perlèrent ses joues rougies par le froid et, en serrant sa mâchoire, il ne voulait pas y croire… il lui était inconcevable qu'après ce qu'il ait fait, que Merlin se soit donné la mort. Il secoua ses rênes avec violence et, le regard flou, ne s'autoriserait qu'à cette réalité que si… un monument lui était seulement érigé…


-X-
Arthur ne tardait pas à arriver à Healdor alors, le corps las, il descendit de son cheval pour se dégourdir les jambes. Ses larmes avaient cessé depuis quelques heures... Les mains tremblantes, le vent soufflait avec légèreté et les rayons du soleil lui offraient les premières caresses sur son visage épuisé. Tout en marchant lentement, il éprouva subitement une sensation pesante qui poussa inconsciemment son cœur battre la chamade comme si, son âme savait. Alors, en relevant son regard sur sa droite, à quelques pas de lui, Arthur aperçut une croix au-dessus d'une pierre tombale. Une panique s'empara de lui et, la gorge nouée, il tituba jusqu'à cette tombe dont la terre était fraichement retournée. Le regard humide, il tomba à genoux les mains en avant. De ses poings, il empoigna la terre molle en hurlant hystériquement un NON. Pourtant devant lui se dressait la tombe de Merlin.

Arthur ne voulait toujours pas le croire, ce n'était toujours pas possible. Il n'avait pas commis cet acte ! Tristement, en baissant la tête tout en fermant ses yeux, il tentait encore en vain de revoir le visage de celui qui lui avait sauvé la vie. Il se rappelait très bien de la voix de Merlin : elle était, à la fois, mêlée de peine et d'espérance. Il tapa durement du poing et, dans ce simple geste, il murmura seulement :

— Pardonne-moi… pardonne-moi… je ne voulais pas…

Son cœur se serra encore plus à cette déclaration. Le soleil envoyait quelques rayons sur la pierre comme si, elle souhaitait le réchauffer, telle une mère envers son enfant. Et Arthur entrevoyait cette nature qui s'éveillait devant ses yeux. Quant au bout d'une bonne demi-heure, il réalisa que son valet était bel et bien mort, l'âme meurtrie, il prit la décision de se rendre devant Hunit. A cette pensée, tout son être tremblait de peur car, si Merlin n'était plus de ce monde : il était le seul fautif.

.

Toujours agenouillé, Arthur fut soudainement attiré par le rire d'un enfant qui se cachait derrière la tombe. En séchant ses larmes, le jeune roi aperçut deux petites mains posées à côté de la croix. Le jeune Pendragon ne dit rien mais, il continuait à observer ce petit garçon qui ne voulait pas montrer le bout de son nez. Lorsqu'enfin, ce dernier décida de se montrer, un vent identique à celui de l'hiver prit place tout le long du corps du roi. Quand, en croisant le regard bleu du petit homme, il crut un instant retrouvé ceux de Merlin mais, celui-ci reposait sous ses pieds. Ce fut à ce moment que le petit brun le contempla d'un air songeur :

— Tu le connaissais ? demanda-t-il en offrant son visage pour mieux détailler l'inconnu.

La poitrine comprimée, Arthur hocha seulement de la tête, trop bouleversé pour parler. Devant ses yeux, le petit garçon embrassa la pierre et, d'une petite voix douce, il chuchota en laissant une main dessus :

— À bientôt…

Arthur croisa à nouveau son regard sourieur puis, le petit garçon lui prit la main. Déboussolé, le plus grand lui demanda :

— Où m'emmènes-tu ?

— Voir maman…

— Qui est ? ne put-il seulement dire en sentant la chaleur de cette petite main l'envelopper.

— Hunit ! cria-t-il, content de lui.

Au nom que lui donna son petit interlocuteur, Arthur s'immobilisa net pour le fixer. Jamais, Merlin ne lui avait parlé d'un frère ? Il dut admettre qu'il avait beaucoup de lui quand il le détailla. Arthur se sentit subitement mal à l'aise : comment allait-il réussir à regarder Hunit dans les yeux ? Comment avait-il pu enlever ce frère à ce petit garçon ? Totalement perdu, il se laissa tirer jusqu'à la demeure où, jadis, il était venu prêter main-forte à Merlin. La gorge serrée, il souffrait d'avoir si mal réagi. Quand enfin, la porte s'ouvrit, il entendit la voix de cette mère :

— Emm ! Ne t'ai-je pas déjà dit…

Le regard noir que lui lança Hunit était bien mérité,... il ne pouvait pas s'attendre à ce qu'elle l'embrasse. Il déglutit tout en retenant sa tristesse.

— Bonjour Hunit, dit-il d'une voix vibrante.

Il voyait combien dans ses yeux, elle lui en voulait. Etait-ce de la colère ? Surement. Etait-ce de la haine ? Probablement. Debout, il se tut. La rage d'une mère était une des choses qu'Arthur détestait lire dans leurs regards quand certains de ses gardes ou chevaliers venaient à mourir sous ses ordres. Ils se fixèrent encore sans un mot quand le plus petit coupa :

— Il était sur la tombe de…

Emm se tut devant le regard de sa mère puis, d'un ton qui ne dissimulait pas son ressentiment, elle lui demanda d'aller chercher du bois. Ce qu'il fit sans rechigner.


-X-
Hunit était une femme forte et combative, tout comme Guenièvre. Mais, dans son cœur, elle avait perdu le plus important : son fils. De nature très douce et calme, rien à part son regard ne pouvait indiquer sa colère et sa perte. Et se retrouver devant l'homme que Merlin avait tant veillé, elle ne savait plus comment se comporter. Si cela n'avait tenu que d'elle-même, elle serait jetée sur lui, la haine au ventre pour avoir fait subir à son seul fils autant de peine. Elle lui aurait donné des coups pour chacune des larmes que Merlin aurait versées par sa faute. Elle lui aurait planté son couteau de cuisine pour chacun de ses souffles qu'il aurait poussé à vouloir mourir pour cet homme.

Néanmoins, elle ne fit rien de tout cela. Elle le détaillait lentement de son regard soudainement triste. Des larmes dévalèrent sur ses joues. Elle voyait combien Arthur était aussi navré qu'elle mais, elle ne pouvait pas déposer les armes sans qu'il se rende compte de son erreur. Alors, en dominant sa consternation, elle l'invita à s'assoir en lui servant ensuite une tasse de café fraichement moulu.

— Je veux que vous sachiez, Arthur,... commença-t-elle en croisant ses bras,... que je ne vous pardonne pas ! ajouta-t-elle d'une voix qui ne cachait nullement son impatience et ses tremblements.

Telle était une sentence, elle distingua la pâleur soudaine de son invité qui hocha piteusement de la tête.

— Vous… reprit-elle en se retenant de pleurer… vous avez fait souffrir…

Elle leva une main lorsqu'elle vit qu'Arthur allait la couper dans son élan.

— Vous avez fait souffrir mon garçon ! reprit-elle pleine de colère,... Merlin ne veillait que sur vous ! Il vous aurait donné sa propre vie ! tonna-t-elle en le fixant droit dans les yeux.

— Mais, vous ! poursuivit-elle en le pointant d'un index, vous lui avez retiré toute sa vie ! Comment avez-vous pu croire un instant que Merlin vous aurait trahi !

Elle s'arrêta pour reprendre son souffle et, en se calmant, elle lui dit plus calmement :

— Vous n'avez pas idée à quel point il a souffert… lui révéla-t-elle.

Le jeune Pendragon reçut ses paroles avec dignité et les respecta en silence. Il n'avait pas d'autre choix que d'accepter la colère d'Hunit. Un choix ? Non, il n'y en avait plus pour lui, Arthur devait subir sans hausser d'un sourcil. Au fond de lui, le pardon n'avait aucun poids, surtout aux yeux d'une mère. Elle n'avait pas tort en disant que Merlin ne l'aurait jamais trahi. Arthur le savait déjà depuis bien longtemps… mais, ce jour-là, tout avait basculé dans sa tête. Son monde s'était écroulé à l'instant même où Merlin lui avait dévoilé cette étincelle d'or qui pailletait son regard au-dessus de son visage.

Cette erreur, un homme de sa condition devait l'assumer seul et durement mais, l'homme qui était au fond de lui ne pouvait admettre une vie sans Merlin parce que, sans lui, ce serait comme abandonner son royaume sans souverain... N'était-ce pas ce qu'il faisait déjà ? Arthur respira profondément et se dit qu'il était temps de rentrer et qu'il n'avait plus rien à faire ici. Le corps lourd, il se leva quand Emm fit irruption, les cheveux en batailles et le sourire aux lèvres, en jetant les morceaux de bois.

— M'man, il peut rester ?

Hunit passa son regard de son fils à Arthur et, en n'écoutant que son cœur, elle inclina la tête en signe d'approbation au grand étonnement du jeune roi.

— Encore un peu de bois et se sera bon Emm… chuchota-t-elle en considérant tendrement son fils.

Celui-ci partit en sautillant, heureux d'avoir un invité. Hunit attendit qu'il soit assez éloigné pour donner des directives au jeune Pendragon.

— Dans la mesure que mon fils vous souhaite dans cette demeure, je vous demanderais de ne pas pleurer devant lui et, surtout ! N'envisagez pas une seconde de lui parler de Merlin.

Arthur pouvait sentir la volonté de son interlocutrice de protéger Emm dans ses paroles. Devant elle, il se sentit si petit et si honteux qu'il consentit sans rien dire. Il osa tout de même une question :

— Quel âge a-t-il ?

Hunit le scruta quelques secondes et lui répondit d'une voix plus posée :

— Il a huit ans…

Intérieurement, elle savait qu'Arthur devait rester et, de ses propres yeux, il devait s'apercevoir l'ampleur de sa maladresse. Elle comprenait pourquoi son fils l'aimait tellement et pourquoi Emm était attiré par lui. Arthur avait toujours était là pour lui, tout comme Merlin l'était pour lui. Elle savait que le jeune roi avait une aura d'une telle bonté qu'elle ne pouvait pas refuser cela à son fils,... pas maintenant qu'Arthur était là.


-X-
Arthur avait pris sur lui car, s'il devait bien quelque chose à son valet, c'était de veiller sur son petit frère. Chaque fois qu'il posait son regard sur Emm, son cœur se serrait douloureusement mais, il avait promis à Hunit de ne pas céder… Alors, il passa donc la journée avec le petit garçon pendant que la mère de ce dernier s'occupait des animaux de la ferme. Elle ne voulait pas de son aide. Elle lui demanda juste de rester avec Emm car, dans le village, il n'y avait pas d'enfant de son âge. Et, étrangement, le jeune roi apprécia cette première journée auprès du petit garçon. Emm était tout aussi souriant que son frère et était si curieux de tout qu'Arthur dut lui expliquer tellement chose qu'il en avait mal à la tête.

— Dis, tu seras toujours mon copain ? demanda Emm en lui tenant la main.

La nuit ne tardait pas à tomber et en marchant en direction de la petite maison d'Hunit, Arthur fut troublé par ses mots. Il s'agenouilla pour être à sa hauteur et, en souriant, il lui murmura :

— Je serais toujours ton ami…

— Pour toujours ? entendit-il d'une voix enjouée.

— Oui, pour toujours, je te le promets, répondit-il en lui caressant les cheveux.

Il fut surpris lorsque ce dernier se jeta dans ses bras et, naturellement, Arthur le serra tout contre lui. Emm avait cette particularité de l'apaiser et le jeune roi ne méritait pas autant de gentillesse de sa part,... car, il avait tué son frère. Le corps petit fin lui rappelait celui de Merlin… si frêle et si mince… dieu, comme il lui manquait. Pouvait-il se permettre ce genre de réflexion ? En blottissant encore plus Emm, il ne put s'empêcher de laisser perler une seule larme pour Merlin.

— Tu sais… commença le plus petit en se détachant de lui, je suis sûr qu'il reviendra…

Arthur, bouleversé, ne saisissait pas un mot de ce que lui racontait Emm. Et, comme si ce dernier le comprit, il jeta un œil en direction de la tombe. Des frissons d'angoisses et de peines parcoururent aussitôt le dos d'Arthur qui plongea un regard interrogateur dans ceux du brun. Ce dernier posa son index sur ses propres lèvres et lui murmura tel un secret :

— Il dort…

Complètement désorienté, le jeune roi savait qu'il ne devait pas parler de Merlin devant lui et, en se retenant, il crut sentir son cœur bondir violemment hors de sa poitrine tout en écoutant la fin de sa phrase :

— Il attend une vérité…

En lui reprenant sa main, Arthur marcha en se demandant ce que Emm avait voulu dire par '' vérité ''. En secouant la tête, c'était un garçon dont l'imagination était surement débordante et le jeune roi sourit au vent. Sans un mot, ils entrèrent en sentant l'odeur du ragout que Hunit avait préparé.


-X-
Quand tout le monde fut repu, Emm tendit un livre à Arthur. Quand il l'ouvrit, ses mains se mirent à trembler en lisant : Pour Merlin, Gaius. La gorge subitement nouée, il commença à lire l'histoire en maitrisant sa voix. Au bout de quelques pages, le petit brun s'endormit tout contre son torse. Arthur ne s'empêcha pas de le regarder et, en soupirant, il passa un doigt sur les cheveux du plus petit en s'accablant de ses paroles si durement dites.

— Cessez de vous en vouloir Arthur, ce qui a été fait est passé, dit Hunit en prenant son fils dans les bras.

Elle avait gardé son regard froid toute la journée mais, ce soir, elle s'était habitué à sa présence.

— Et, ne voyez surtout pas en Emm, une réplique de Merlin !… et comme pour elle-même, son temps n'est pas encore revenu…

Elle lui prépara un coin où dormir, à l'endroit même où il avait dormi à côté de Merlin et, la fatigue le prenant, il se laissa guider vers ses songes. Pour la première fois, il rêva de son valet. Sa souffrance flottait tout autour de lui et, dans les yeux vide du sorcier, Arthur aurait voulu lui crier combien il avait eu tort, combien il regrettait ses paroles… mais, Merlin ne le voyait pas. Ce dernier passait à côté de lui sans lever la tête et le jeune roi le suivit jusqu'au lac d'Avalon. Tout en dormant, il posait sa main sur son cœur et, sans rien pouvoir faire, il vit la fin de Merlin : il s'engouffrait au fond de l'eau.

Il se réveilla en sursaut et, en retenant un cri, il sanglota en silence tout contre sa couverture. En étouffant ses hoquets, il ferma ses yeux en se demandant pourquoi Merlin avait-il décidé de l'abandonner alors que, lui-même avait réclamé de ne pas le laisser seul… Et même si, le jeune roi savait qu'il avait une grande partie de responsabilité, il ne comprenait toujours pas la raison de sa folie. Las, quand son corps décida de sombrer à nouveau dans le sommeil, Arthur aperçut le grand dragon qui l'appelait. Cette bête mythique lui montrait le lac où Merlin s'était enfoncé… Puis, ce fut le noir, un rêve vide de couleur.

.

Un peu plus tard dans la nuit, Arthur fut réveillé par des petits pleurs et, sans se retourner, il comprit que cela venait de Emm. Une légère lumière éclairait le coin du petit.

— Ce n'est rien mon fils, entendit-il de la voix tremblante d'Hunit,... ce n'était qu'un cauchemar…

— J'ai peur maman… sanglota Emm.

— Je suis là, tu n'as plus rien à craindre…

— Et si,... bégaya-t-il nerveusement, la méchante dame revenait ! hurla presque Emm entre deux sanglots, si elle voulait encore faire du mal au roi !…

Arthur ne comprenait pas… comment Emm savait-il pour son rang ? Il ne lui avait rien dit et, à cette pensée, son cœur s'emballa soudainement trop vite. En serrant la maigre couverture, il sentit un regard pesant sur son dos mais, il ne bougea pas.

— Emm, tu vois bien qu'il est ici avec toi, avec nous… murmura-t-elle.

— Je ne veux pas que la méchante dame lui fasse du mal… bredouilla-t-il en retenant ses autres larmes.

— Je sais mon fils, entendit-il d'une voix brisée.

Puis, un silence s'invita sans que la bougie ne soit éteinte et, au bout d'une bonne dizaine de minutes, un cri retentit dans toute la maisonnée en faisant tressaillir le jeune roi.

— Qu'est-ce qui se passe ? dit-il en s'approchant d'eux.

Emm était dans les bras de sa mère quand une tache rouge attira son regard sur le bras gauche de celui-ci. Hunit tenta de la dissimuler et Arthur fit comme s'il n'avait rien vu.

— Emm a juste fait un cauchemar, chuchota-t-elle en le fixant.

En disant cela, le petit brun se jeta sur Arthur en passant ses petits bras autour du cou :

— Elle veut te tuer ! s'écria-t-il,... la méchante dame aux cheveux noirs, elle veut que tu meures !…

Arthur ressentit violement des frissons le traverser et, trop bouleversé pour répondre quoi que ce soit, il l'enlaça à son tour.

— Et, moi, je ne veux pas ! hurla Emm en le resserrant en davantage, je ne veux pas qu'elle te prenne encore ! Elle n'a pas le droit !

Le jeune roi ressentait la détresse d'Emm et, en tremblotant tout contre son corps, il crut un instant sombrer avec lui mais, avec détermination, il ne devait surtout pas céder. Alors, en serrant sa mâchoire, il le consola en caressant sa tête puis, d'une voix douce, il murmura :

— Chut…

Arthur ne comprenait pas les paroles de Emm : pourquoi Encore ? Si Merlin était un sorcier alors, il devait surement l'être aussi. Les paupières closes, avait-il vu la mort tragique de Merlin ? Mentalement, il se répétait sans cesse '' pardonne-moi Emm, je ne voulais pas… '' Il sentait la tristesse le reprendre et, en passant très vite une main sur ses yeux, il rassura le petit brun tout en lui souriant :

— Tant que tu seras à mes côtés, je veillerais à ce qu'elle ne me nuise pas… Je veillerais à ce qu'elle ne te fasse aucun mal…

Sur ce, Emm s'endormit dans les bras d'Arthur tout en empoignant le haut de ce dernier de ses petits poings. Le jeune Pendragon resta assis plusieurs minutes et en profita pour le contempler. Intérieurement, il se reprochait du malheur qu'il faisait subir à Emm parce qu'il lui avait enlevé son grand frère et, en se mordant une lèvre, il s'en voulait encore plus. Il aurait tellement souhaité que Merlin soit encore là, auprès de lui. Pouvait-il seulement se permettre ce genre d'idée ? Pouvait-il seulement croire que tout cela avait un sens ? Arthur déposa Emm dans son lit puis, en fixant Hunit qui était restée près du feu, il osa poser une main sur son épaule :

— Je n'ai pas su garder Merlin, ni comprendre qui il était… dit-il en dirigeant son regard sur Emm puis, il ajouta d'une voix qu'il se voulait certain,... alors je veux pouvoir veiller sur lui…

Devant cette phrase, Hunit le prit dans ses bras en lui répondant :

— Je sais combien Merlin vous estime et je sais combien il tient à vous… alors, veillez bien sur lui.

Arthur s'allongea sans comprendre le sens de sa phrase. Elle était ambiguë comme si, elle parlait d'Emm comme de son premier fils… Peut-être qu'une mère avait besoin de savoir que son enfant vivait toujours.


-X-
Dehors, une légère brise continuait à transporter sa mélodie parce que l'homme à qui étaient destinées ces paroles n'avait pas encore ouvert les yeux. A travers les souffles du vent, lentement, les branches dansaient la providence du jeune sorcier et les feuilles s'envolaient jusqu'à atteindre les étoiles... Là où l'ombre et la lumière se chamaillaient l'espace d'une journée, là où la magie semblait se stagner le temps d'un rêve… et, c'était dans le cœur d'un grand dragon qu'une partie de la vérité éclaterait.

Le jour où tout avait basculé, le grand dragon Kilgarah, accompagné d'un clan de druide, était venu au lac pour repêcher le corps du jeune sorcier et, dans une tourmente dont le chant druidique semblait se propager à travers toute la nature et à travers tout le royaume, l'ancienne religion donna le pouvoir au dragon de sauver celui qui unifiera la grande Albion… Kilgarah finit le chant dans un hurlement qui ravagea le ciel de douleur, impuissant devant la peine de Merlin… son seigneur des dragons ne devait pas mourir ainsi…


-X-

A suivre

.


Dernière édition par Aynath le Sam 20 Oct 2012 - 22:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Sam 20 Oct 2012 - 21:24

Encore un magnifique chapitre où tu décris de manière magistrale le chagrin d'Arthur. Emm et Hunit parviendront-ils à faire revenir Merlin et sauver la destinée?


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Dim 21 Oct 2012 - 15:13

Arthur est un homme anéanti par la douleur et la culpabilité. Sa détresse est poignante et il partage sa peine avec les membres de la famille de Merlin. Le petit Emm est tout aussi désireux de protéger Arthur et il est déjà très attaché à lui… Etrange petit garçon dont Arthur ignorait l’existence et qui présente de fortes similitudes avec son frère… Mais Emm est-il vraiment le frère de Merlin ? Le corps de ce dernier est-il vraiment dans cette tombe froide ?

C’est un très beau chapitre…



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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MessageSujet: re   Dim 21 Oct 2012 - 17:29

Merci pour les review !

Oui, Emm est assez spécial mais je n'en dis pas plus ^^'.



Aynath
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MessageSujet: merci   Dim 21 Oct 2012 - 18:13

salut,
je vient de lire plusieurs de tes fics à la suite et je pense que tu écrit vraiment très bien, c'est poignant et tu à envie de lire la suite.

Le petit Emm serait-il en fait en fait Merlin rajeunit ou alors le véritable Emmerys dont parle la légende. que de suspense!
bravo
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Dim 21 Oct 2012 - 18:19

Très beau chapitre où l'on ressent la détresse d'Arthur Ce Emm serait-ce Merlin sous une autre forme


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

**
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MessageSujet: re   Sam 3 Nov 2012 - 9:44

Merci pour les commentaire :) Alors, qui est donc ce Emm ?...
Voilà la suite !


Chapitre 3 : Le roi et le grand dragon
.
En ce cinquième jour, le ciel était encore nuageux, voire encore plus triste. Le vent semblait vouloir se manifester un peu plus qu'à l'habituel tout en emportant avec lui les feuilles jusqu'à atteindre le ciel. Une mélodie continuait à se fondre dans la masse, en attendant son jour de délivrance. Elle était porteuse d'un secret qu'elle révélerait le jour venue qui était encore loin. Elle dansait ses journées autour du jeune Pendragon, tantôt caressante et tantôt insensible… Ce chant enveloppé de paroles tournoyait au gré de son humeur, inlassablement, cette mélodie peinait à se faire entendre des oreilles du jeune roi…
.
Arthur avait cessé de se lamenter sur son sort et si, la mère de Merlin avait tourné la page, à sa grande surprise, il devait alors,se montrer digne et fière de lui. Cette nuit-là, le grand dragon s'imposa avec insistance dans son rêve, encore plus que ces dernières fois.
Dans le brouillard de ce songe, il se souvint l'avoir vu : survolant au-dessus du lac d'Avalon tout en battant fortement des ailes et en inclinant sa tête comme s'il cherchait un objet au fond de l'eau. D'où il était, le grand dragon avait cette posture d'être offensé parce qu'Arthur écoutait des plaintes que divulguait ce dernier de sa gorge. Elles étaient empreintes de toute sa douleur, mêlée de colère mais surtout d'une certaine croyance… dont le jeune roi ne comprenait pas les mots. Même sans les déchiffrer, il lui suffisait d'apprécier l'intonation qui fuyait aux travers des paroles pour être pénétré de son chagrin.
Arthur semblait percevoir sa souffrance et, instinctivement, il avait fermé ses paupières pour se balancer aux rythmes de ses lamentations. Il se rappelait d'avoir ressenti un mélange de désespoir et de déchirement et, comme s'il avait fusionné avec cet être magique, son cœur battait graduellement. De cette mystérieuse alliance, elle en écoulait toute une tristesse qui envahit tout l'être du roi. Elle en transcendait jusqu'en ses veines.
De cette étrange union, ce fut à travers les yeux du grand dragon qu'Arthur plongea pour en ressortir un corps pâle, ballotant de ses membres comme un vulgaire pantin. Le jeune roi crut que son cœur s'était arrêté à la vue de la personne que tenait le grand dragon : Merlin. La seconde d'après, la bête mythique s'interposa dans son esprit… au point qu'il sursauta lorsqu'il l'entendit hurler '' Arthur !'' d'une voix rauque et dur.


Assis sur son lit de fortune, le jeune roi examina ses mains qui tremblaient encore sous l'effet de cette vision et, en passant une main sur son front, il palpa sa soudaine transpiration. La tête entre ses paumes, il visualisait ce rêve et, en frémissant, il se fit la réflexion qu'il devrait aller au lac. Surement pour apaiser sa peur de reconnaitre à travers ce songe, une réalité qui le dépassait et, aussi de s'apercevoir que peut-être, il y aurait ses réponses. Arthur n'avait pas osé demander à Hunit la manière dont Merlin s'était donné la mort et, en fermant un instant ses yeux, il revoyait encore le corps détendu de toute flexibilité, livide, gorgée d'eau du lac… Le jeune Pendragon réalisa que ce n'était plus qu'un cadavre et, en déglutissant avec mal être, il ne voulait pas céder à cette emprise qu'avait cette peur incontrôlable sur lui. En secouant la tête, il glissa mollement ses mains sur son visage suivi d'un soupir lamentable. Il ne parvenait pas à interpréter ce rêve. Pourtant, il devinait l'importance de cette confidence imaginaire.


-X-
Arthur n'eut pas le temps d'approfondir ses pensées lorsqu'il entendit le petit brun crier à l'autre bout de la pièce.
— Maman, j'ai faim !
Le jeune roi releva son buste et remarqua que la voix d'Emm paraissait moins aiguë. En sachant que ce dernier ne tarderait pas à se jeter sur lui, comme les jours précédents, il finit par se lever. Les yeux encore ensommeillés, en s'étirant de ses épaules douloureusement courbaturées, il aperçut la tête brune à ses côtés et, avec surprise, Arthur sentit que quelque chose n'allait pas,... du moins avec Emm. Quand il ouvrit parfaitement ses yeux, le fils d'Hunit qui atteignait la veille sa hanche, avait pris une bonne cinquantaine de centimètres. Emm avait toujours le même regard mais, curieusement, Arthur le confondait facilement avec celui de Merlin. La poitrine soudainement comprimée, il envoya valser cette pensée loin de lui d'un geste de la main.
Le jeune roi le détailla rapidement. Il s'aperçut qu'Emm était très fin et semblait avoir douze ans ou à peine plus. Arthur, le visage décomposé, dirigea son regard sur Hunit mais, en croisant des yeux sombres, il s'abstint de toutes questions. Le souffle coupé, il ne comprenait rien et cela l'agaçait… Pas le droit de pleurer, pas le droit de parler de Merlin en présence du petit, pas le droit de poser des questions… tout cela, il l'avait accepté mais, le fait d'être laisser dans une totale perdition, cela l'énervait. Arthur avait ses torts… bien ! Mais, il pouvait tout de même avoir des réponses à tout ce qui se passait autour de lui.

En rangeant ses couvertures avec agressivité, Emm se planta devant lui, mains derrière le dos et, un sourire canaille qui lui rappelait encore son valet. Le voir de si près lui rappeler combien Merlin avait tenu une grande part dans sa vie et ce même sourire qui autrefois lui ravivait ses journées. Un frisson l'électrisa de toute part puis, en caressant de son regard bleu les traits du jeune brun, le jeune roi entendit de la voix pré-adolescente :
— Arthur, nous pourrons aller nous promener dans les bois, aujourd'hui ?
Ce dernier fut étonné de la façon dont il s'adressait à lui. La veille encore, il le tutoyait, utilisant des ON à tout bout de champ. Il haussa un sourcil et répondit aussi calmement que possible :
— Bien sûr mon bonhomme…
Emm retourna auprès de sa mère et se proposa d'aller chercher du bois pour préparer le lait. Arthur voyait dans ses paroles, le signe d'une maturité plus claire. Quand le plus jeune sortit de la maison, Hunit fit signe à Arthur de s'assoir comme à son arrivée.
— Je ne vous demanderais qu'une seule chose Arthur.
Il attendit la suite comme si cela dépendait de sa propre vie.
— Ne posez aucune question le concernant, dit-elle d'une voix qui n'attendait aucune réponse.
Devant le regard interdit du roi, elle se leva et versa le liquide blanc dans un petit chaudron. Le jeune roi était complètement écarté de tout ce qui concernait Emm. Ce dernier ne comprenait pas pourquoi le petit avait grandi en une nuit et surtout pourquoi Hunit ne lui donnait aucune indication. Mais, Arthur n'avait pas le choix et il accéda à son souhait à contrecœur. Il soupira en affaissant ses épaules lorsqu'Emm apparut les bras chargés de bois.
— Hé Arthur ! Nous irons voir la tombe avant de partir ! lui demanda-t-il avec enthousiasme.
A cette question, le jeune Pendragon surprit le mouvement de sursaut d'Hunit et hésita une seconde à lui répondre mais, elle le devança :
— Pourquoi veux-tu y aller Emm ? interrogea-t-elle d'une voix qui ne cachait pas son étonnement.
Son fils se tourna sur sa mère, tête baissée et, il lui répondit, hésitant :
— Parce que je sais que Merlin est important pour moi…
Au nom qu'il prononça, Arthur eut le cœur qui oscilla et se retint de penser à lui. Il ne devait plus y penser ou sinon, il savait qu'il s'effondrait. Il savait honorer ses engagements, mais parfois… il sentait que celui-ci était le plus insupportable qu'il ait eu à tenir.

Alors, en serrant sa mâchoire et en fermant ses paupières, il prit une profonde respiration comme si cela le revitalisait et éloignait de lui ses pensées. Cependant, les mains en forme de poings sous la table, il revoyait encore le regard vide de son valet au milieu du lac… Et ce vide, le jeune roi ne le tolérait plus… aucune chaleur n'y apparaissait…plus rien. Arthur ferma ses yeux quelques secondes pour se reprendre mais, son rêve le rattrapait et il souffrait de se surprendre combien Merlin lui manquait terriblement. Ce fut la gorge nouée qu'il sortit de sa rêverie quand Emm l'appela. Le brun était à ses côtés, le visage incliné devant lui puis il sentit une main chaude se poser sur sa joue.
La chaleur d'Emm le troublait tout comme cette amitié qui s'était avérée bienfaisante pour le jeune roi. Emm le força à le regarder et pour Arthur, plonger dans son regard lui était pénible. Le même bleu, la même attention, la même lueur… c'était trop troublant pour lui. Il avala difficilement sa salive et il le contempla d'un léger sourire. Emm ne dit rien, au contraire, l'autre main sur le côté de sa bouche, il s'approcha de l'oreille du roi et lui murmura :
— Ne soit pas triste, je suis sûr qu'il aurait aimé que tu souries…
À peine les mots étaient franchis de la bouche du brun que les membres d'Arthur se mirent à remuer violemment et, en secouant la tête, il ne se sentait plus d'en endurer davantage. Brusquement, le jeune roi se leva et déclina le petit déjeuner en prétextant avoir besoin de parchemin pour envoyer une missive à Camelot. Sans un regard au plus jeune, il déguerpit rapidement de la maisonnée pour rejoindre la tombe. Tout en courant, Arthur ne comprenait pas Hunit, tout comme il ne comprenait pas qui était Emm.

Pourquoi avait-il grandi en une nuit ? Pourquoi ne se souvenait-il pas de lui quand il était venu ici quatre ans auparavant ? Pourquoi lui ressemblait-il tant ? Et à cette question, une dangereuse envie d'arracher son cœur de sa poitrine se faisait sentir avec cruauté.

La douleur était bien trop grande et trop lourde pour lui-même. Pourquoi Merlin avait-il ce pouvoir sur lui ? Comment un seul homme pouvait le rendre aussi faible ? En frappant un coup sur sa poitrine avec brutalité, les yeux mouillés de larmes brulantes, Arthur s'efforça d'éloigner ce supplice de son âme… Mais elle était bien là, s'inscrivant et poignardant son cœur de ce fléau qu'il ne reconnaissait en aucun de ses pleurs qu'il avait ressenti jusque-là… Ce n'était qu'un valet ! Ce n'était qu'un domestique ! Non, dut-il admettre ! Car, il était son ami, le seul qu'il n'ait jamais eu aussi près de lui. Comment faisait Hunit pour gérer sa mort ? Une mère ne devait-elle pas être la personne la plus susceptible à présenter autant de larmes, voire plus
que lui ? Puis, de ses yeux rougis, d'autres perles qu'il avait trop contenues ces derniers jours se libérèrent.
Sa poitrine se tassait lentement au fond de son torse et, en tombant à genoux, il savait qu'il ne pouvait plus rien faire… Rageusement, il frappa la pauvre terre humidifiée de ses gouttes, d'un poing lourd de ressentiment. Arthur avait espéré qu'en restant ici, à veiller sur le frère de Merlin, qu'il arriverait à se pardonner. Mais au fond de lui, il voulait plus que tout que Merlin soit là. Puis, en relevant sa tête sur la pierre tombale, il se demandait si Emm n'était pas en fait Merlin ?
Non se serait trop beau pour lui de croire que le jeune sorcier ait pu survivre pour revenir enfant… Et pourtant… Il aura beau spéculer, Hunit ne lui dirait rien, alors finalement, Arthur réalisait que tout ce qu'il faisait ne servait à rien. Le jeune Pendragon devait accepter sa mort… De cette terrible mélancolie, il était affecté au plus profond de son âme. La vérité était que Merlin n'était plus là et rester auprès de la famille de ce dernier n'avait aucun sens mais surtout, cela ne le ramènerait jamais… auprès de lui. En serrant un morceau de terre froide et molle entre ses doigts, Arthur se laissa emporter par sa tristesse :
— Je suis tellement désolé… souffla-t-il…
En hoquetant de douleur, il avait mal dans son cœur.
— Tu me manques ! Je sais… j'ai été le pire des crétins… reprit-il entre sanglots et châtiments.
— Je veux que tu reviennes ! Je veux que tu sois à mes côtés ! finit-il par déclarer de sa voix brisée.
Sa gorge peinait à lui faire parvenir assez d'air et manquant une respiration, il crut s'étrangler. Durant cette seconde de frayeur où le jeune roi avait laissée parler son cœur, la douce brise le caressa de quelques mots et tel un écho du passé elle lui souffla :

Je lui aurais donné ma vie…
J'aurais veillé sur la sienne…
Le cœur battant, Arthur releva son regard flou sur la pierre tombale… La voix de Merlin n'était qu'une résonance dans cet air mais elle était si distincte et si nette… D'où provenait-elle ? En frissonnant d'espoir, il fixa la pierre mais, rien ne vint à nouveau troubler le silence. Avait-il donc rêvé ?
.
Hunit ne comprenait pas pourquoi Emm avait besoin de se ressourcer auprès de cette tombe. Elle avait confiance en ces anciennes lois et son rôle consistait seulement de veiller à ce que leur lien se consolide à nouveau. Elle demanda à Emm de ranger son coin de lit ainsi que ses affaires. Ainsi d'où elle était, elle pouvait percevoir Arthur. Malgré le mal qu'il avait fait à son fils, elle souffrait de le voir dans cet état. Cependant, elle ne pouvait rien lui révéler. Il devait trouver le chemin qui le mènerait à Merlin. En soupirant, elle savait que ce parcours serait dur et périlleux mais si le jeune roi tenait vraiment à son fils, alors elle gardait cette lueur d'espoir.

Elle n'avait pas eu besoin de forcer Merlin à le suivre lorsqu'il était revenu quelques années avant. Malgré la distance qu'avait mis le jeune roi entre son fils et William, ce dernier l'avait protégé jusqu'à sa mort. Merlin avait toujours eu un ami sur qui comptait jusqu'alors… Et quand elle avait vu Arthur, elle n'avait pas besoin de demander pour comprendre l'intérêt qu'avait son fils pour le futur souverain de l'époque, hormis de poursuivre la prophétie. En tant que mère, elle n'avait qu'à regarder Merlin… Sa dévotion sans failles, ses sourires malgré sa peur d'être trahi et ses paroles toujours pleines de sagesse, tout cela était uniquement destiné à un seul homme. Elle préférait ne pas penser aux conséquences si cela devait échouer. Le cœur serré, elle distinguait les épaules d'Arthur secouées par la force de ses sanglots… Hunit n'avait jamais su ce qu'il s'était passé entre eux et en fin de compte, elle s'en fichait. Le résultat était la preuve que le jeune roi avait mortellement blessé Merlin. Elle connaissait le destin de son fils et avait toujours su qu'il ferait de grande chose mais, quand ce soir-là, elle apprit toute sa peine… que la chair de sa chair abandonnait sa vie…

Rageuse, elle n'aurait jamais eu le courage de supporter la présence du jeune roi. Elle avait pleuré toute la nuit, priant son fils de lui revenir. Survivre à son propre enfant était la pire des angoisses pour des parents. En fixant la tombe au loin, elle prit une profonde respiration et devait accepter ce qu'il adviendrait par la suite. En jetant un regard à Emm, Hunit sortit rejoindre le blond. Non loin de lui, elle entendit de la voix cassée du jeune roi :
— Je ne réfléchis jamais, je suis qu'un arrogant, qu'un sombre crétin… je n'écoute jamais personne…
Elle sentait le poids de l'absence de Merlin autour du roi. Il proférait les mêmes mots qu'employait souvent Merlin pour le définir et un léger sourire se dessina sur son visage. Posant une main sur l'épaule d'Arthur, elle le vit effacer ses larmes et se relever en la fixant droit dans les yeux. Quand elle les croisa, son cœur se mit à battre sous une mauvaise intuition. Le corps droit, elle enleva subitement sa main et patienta devant le silence dont le vent semblait lourdement couvrir.
— Je ne peux plus rester, murmura Arthur, je dois ouvrir les yeux, Merlin est …
Hunit le gifla durement et de sa colère, enfin, elle délivra ses mots longtemps enfouis au fond d'elle :
— Ne réalisez-vous pas tous les sacrifices qu'a dû faire Merlin ! Non, vous n'êtes que cet être arrogant et idiot royal comme le décrit si souvent Merlin !
Essoufflée et enragée, elle reprit prestement en lui décochant le plus sinistre des regards qui soit :
— Il s'est bien caché de vous révéler ses dons mais, avez-vous au moins cherché à le connaitre ? La seule chose que vous n'auriez jamais dû mériter, était son dévouement !
Le souffle saccadé par sa propre peine, elle se jeta sur le blond et continua en donnant des coups sur le torse du roi qui se laissa faire tristement :
— Comment osez-vous venir ici, implorer votre pardon ? ! Comment osez-vous entrer dans la vie de mon fils après ce que vous lui avez fait subir ? ! Comment pensez-vous qu'Emrys réagirait face à votre départ ? ! hurla-t-elle les larmes aux yeux.
Elle ressentait avec gravité l'indignation que lui faisait éprouver le jeune roi, tremblante et ferme, elle baissa la tête pour ne plus lire dans les yeux de ce dernier. Sans plus tarder, elle le laissa quand, subitement elle entendit des pas suivis de pleurs qui
s'éloignaient d'elle. Elle comprit qu'Emm avait tout entendu et de son cri, il s'enfuit en courant en direction des bois. Hunit, désemparée, recula de quelques pas et, en tremblant de ses jambes, elle gesticula contre Arthur :
— Partez si tel est votre souhait ! Mais ne revenez jamais ici, ou je vous assure Arthur Pendragon ! menaça-t-elle de son index sur la poitrine de son interlocuteur, je ne me gênerais pas à vous planter une lame en plein cœur !
Le jeune roi n'avait rien d'un souverain aux yeux d'Hunit. Comment Merlin avait-il pu avoir autant d'estime pour cet homme ? Comment ce roi avait pu toucher à ce point son fils ? Hunit lui en voulait tellement, elle l'avait haï mais, elle savait que Merlin n'aurait jamais admis que sa propre mère puisse avoir de telles paroles envers son souverain. Alors las, elle fondit en larmes…
— Je vais ramener Emm… entendit-elle avant de voir Arthur s'enfoncer dans les bois.



-X-

Arthur ne pouvait pas laisser Emm seul dans la forêt. Il courut après lui, en cherchant en vain où il avait pu se cacher. Il se traita d'idiot et d'irresponsable. Il aurait dû le voir arriver mais les gestes et les paroles d'Hunit l'avaient totalement troublé et il sut enfin qui était Emm. De ses mots, Arthur comprit qu'il devait rester tant qu'il n'aurait pas toutes les réponses.

Comment osez-vous entrer dans la vie de mon fils après ce que vous lui avez fait subir ?

De cette question, le jeune Pendragon avait déjà une partie de sa réponse. Il ne manquait que la preuve et l'exactitude de ce fait. Il veillerait sur Emrys puis pour lui-même, il répéta ce nom plusieurs fois comme s'il était sûr de l'avoir entendu un jour… En reprenant le fil de ses recherches, il regretta soudainement de ne pas avoir pris son cheval car, il dut reconnaitre qu'Emm était un rapide et, en serrant des poings, il s'arrêta près d'une clairière. Arthur ne sut depuis combien de temps il marchait mais, en jugeant la hauteur du soleil au-dessus de sa tête, il ne devait pas être loin de midi. Il se cambra un instant le temps de reprendre son souffle et se pinça la langue pour sécréter un peu de salive. Sa gorge sèche l'empêchait de respirer l'air correctement.

Arthur ferma les yeux pour ne pas céder à la panique grandissante tandis que la brise qui tournoyait tout autour de lui, tels des murmures, elle lui souffla '' le lac ''. En se redressant instantanément à ses mots, il savait qu'il n'était pas loin du lac d'Avalon. Malgré la fatigue causée par sa course, sa volonté de retrouver Emm en vie était la plus forte. Lorsqu'il arriva sur les lieux, le vent sembla s'être effacé puis, en reprenant rapidement son souffle, il distingua des bruits de pleurs et la peur que le plus jeune se soit fait mal en courant, le poussa à le rejoindre. Arthur aperçut enfin Emrys allongé contre un tronc d'arbre. Sa tunique avait dû se prendre dans une branche car celle-ci fut déchirée au niveau du torse.
— Emm, murmura Arthur en s'approchant de lui.
Le jeune garçon détourna son visage, déçu par ce qu'il avait entendu. En serrant ses lèvres, il ne jeta même pas un regard au jeune roi.
— Je sais que tu dois m'en vouloir… mais, je te promets que je reste avec toi… repris le jeune roi qui vit les yeux d'Emm se planter dans les siens.
A ce moment, Arthur se figea devant l'intensité des prunelles bleues qui le dévisageait avec colère. Il ressemblait tellement à Merlin et, pour la première fois, il déglutit avec difficulté.
— Vous n'êtes qu'un menteur ! reprit le plus jeune en croisant les bras, vous m'aviez promis de rester mon ami ! Et, au lieu de cela, vous vous enfuyez parce que votre ami dort ! Je compte pour quoi ! Hein !
Menteur ! Son cœur se serra encore davantage en entendant ce mot qu'il avait dit si horriblement… et sa tête avait du mal à comprendre pourquoi Emm ne cessait de dire que Merlin dormait. Puis, en contemplant l'enfant qui était énervé, le jeune roi savait qu'il ne pourrait pas le calmer. Il ne se sentait pas l'âme d'un cajoleur… Alors la seule chose qu'il fit, en s'agenouillant à sa hauteur, fut de le blottir tout contre lui . Sa tête au-dessus du brun, il passa une main dans la chevelure du plus jeune et caressa le dos de l'autre main.
— Je te prie de m'excuser… je ne suis pas doué pour ce genre de situation… bredouilla-t-il.
Il sentit Emrys frissonner contre son corps alors, il lui proposa de prendre sa veste et d'enlever sa tunique qui avait pris l'eau des rosées matinales.
— Je n'aurais pas dû courir… je ne voulais pas que tu me laisses seul… chuchota le brun en le fixant de ses yeux extrêmement brillants.…
Arthur semblait entendre Merlin '' Tu ne peux pas me laisser seul '' Et ce regard qu'il venait de lui lancer fini par l'achever. Le corps chancelant, il prit à nouveau Emrys contre lui et de toute son affection, il lui murmura :
— Pardonne-moi… je ne t'abandonnerais plus…
Le petit homme lui sourit légèrement à travers ses larmes de tristesse et souleva son haut lorsqu'Arthur, médusé, fixa cette tache au-dessus du cœur du brun. Le jeune roi crut s'étourdir devant cette marque quand une seconde sur son bras gauche attira encore plus son attention. Il avait subitement des maux de tête. Des frissons glaciaux semblaient le parcourir de toute part pour y laisser des picotements. La trace sur son bras était au même emplacement qu'avait eu Merlin et celle du torse… la même que la sienne.

Sans faire attention à la réaction du brun, Arthur posa délicatement ses doigts dessus. En caressant la signature de Morgana sur la poitrine du plus jeune, Arthur avait sa preuve… il n'arrivait plus à détacher son regard de cette marque durant quelques secondes. Étrangement, durant ce laps de temps si infime et si court, un filet de sentiments le traversa, fluides et éternels, Arthur éprouvait un tel bouleversement qu'il ne le reconnaissait pas.
Une émotion toute à la fois douce, harmonieuse, attirante et enveloppante… Mais le plus dur à cerner fut cette mince sensation d'explosion dirigée contre… Morgana dont l'image se glissait dans son esprit. Le cœur vacillant, Arthur ne saisissait pas ce curieux partage… L'immensité de ce sentiment s'incrusta au coin de son cœur mais, ce dernier n'en comprenait pas le moindre sens car ce n'était pas les siens. Parallèlement, Emrys se mit à hurler en posant ses mains sur ses oreilles. Terrifié, le jeune roi recula quand le brun fut entouré d'une lueur bleutée.
— Emm ! cria-t-il effrayé en se relevant.



-X-

Un vent provocateur se fit plus violent à ses côtés et, en se retournant, Arthur eut un moment de panique en se trouvant nez à nez avec Le grand dragon. Le jeune roi se sentit soudainement petit et, de son regard étonné, la bête imposait beaucoup de sa prestance : le buste redressé, tel un fier compagnon, il fixait le jeune Pendragon.
Bonjour Arthur, souverain de Camelot.
Arthur sursauta devant le son de sa voix et, en se reprenant, il inclina seulement la tête.
— Je ne suis pas là en tant que votre ennemi, Votre majesté.
Son cœur se pinça aux souvenirs de cette même souffrance que le jeune roi ressentait à travers la voix.
— Vous devez absolument veiller sur Emrys…
Le jeune Pendragon allait lui répondre lorsqu'il entendit le grognement de la bête.
— Je me nomme Kilgarah et Merlin est un seigneur des dragons… Mon seigneur, avoua-t-il avec tristesse.
— Je… se permit le jeune roi avant d'être coupé par un nouveau grognement.
— Comptez-vous lui en vouloir de vous avoir caché aussi cela ? gronda Kilgarah en approchant son œil droit du roi.

Penaud, Arthur sentait naitre un malaise soudain… non, il ne pensait pas à cela… Soudain, des sentiments puissants parvinrent à s'immiscer en lui et cela furtivement…
— Sire, le jour où vous avez violemment blessé mon maitre, de vos paroles et de votre regard vous l'avez tué !
Arthur devinait sa colère et ne souhaitait pas l'éveiller dans ce sens-là puis, d'une douleur effroyable, il posa une main sur sa poitrine qui semblait peu à peu l'étouffer.
Merlin n'est pas un sorcier comme les autres, il n'a pas choisi la magie. C'est elle qui l'a élue et Merlin est né avec cette magie… SA MAGIE !
Le blond écoutait avec attention et plus la bête parlait, plus Arthur se sentait tirer vers le sol.
— Il n'a jamais voulu être diffèrent mais, telle était sa destinée, il se devait de veiller à ce que vous montiez sur le trône !
Kilgarah se posa de tout son corps sur le sol et reprit :
Arthur, il y a des choses que vous ne pourrez jamais comprendre mais vos mots ont profondément anéanti Merlin. Le plus difficile, pour lui, a été de percevoir votre rancœur contre la magie et, tout cela, dans votre regard. Ayant lui et moi un lien, j'ai senti sa peine… dit-il d'une voix grave.

Le dragon avança un peu plus près du blond et lui hurla presque :
Sa peine était telle que je n'ai même pas pu en récupérer une partie pour le soulager ! Elle était telle que j'ai ressenti l'ampleur de sa souffrance ! Elle était destructive ! J'avais beau le prier de me laisser la porter mais, il a préféré encore mourir que de me la donner ! Et c'est ce qu'il a fait ! poursuivit-il le visage durci dont une seule larme céda pour atterrir sur la terre... Sa magie ! Merlin l'a rejeté en même temps qu'il s'est laissé mourir et, tout cela à cause de vous ! J'ai traversé des royaumes pour parvenir à le raisonner et… lorsque je n'ai pas pu le consoler… Merlin avait déjà décidé de reposer au fond du lac… finit-il par souffler en tremblant.
Kilgarah s'arrêta quelques secondes pour renifler tout en tentant de conserver sa colère… Arthur, la gorge serrée à ces révélations, n'aurait jamais pensé un jour en arriver là. La tête baissée, il aurait troqué sa vie pour que Merlin revienne et, malheureusement, il avait dit tout haut ce qu'il pensait…
Arrêtez de geindre ! Il ne se serait jamais permis de prendre votre vie contre la sienne ! La vôtre a bien plus de valeur à ses yeux ! Merlin est un puissant sorcier, bien plus davantage que tous ceux que vous auriez pu croiser ! Mais, Merlin vous portez aussi dans son cœur et, malgré sa place de valet, il avait accepté son destin. Mais VOUS ! Vous l'avez réduit en mille morceaux ! Le rendant encore plus vulnérable ! Ne comprenez-vous pas que vous étiez sa force tout comme vous étiez sa faiblesse ! Vous ne pouvez pas savoir quelle avait été la puissance de vos paroles pour l'avoir vidé de toute son essence vitale mais, la portée de sa douleur a été telle que Merlin a baissé son aura. Envolée ! Car cela permet aux sorciers de cacher leurs capacités par les autres, qu'ils soient bon ou mauvais. Sans cette aura sa magie s'est évaporée dans la nature !
Kilgarah soupira et continua devant le regard humide du jeune roi qui s'agenouilla subitement comme si le poids de la douleur s'alourdissait sur ses épaules.
« — Les druides ont aussi perçu sa peine mais, la vie de Merlin leur échappait déjà et, ce jour-là, je me suis allié à eux. La nature entière est bouleversée parce que Merlin n'est pas un druide comme tout le monde. Il est Emrys, celui qui devait réunifier la nouvelle Albion et cela sous votre règne. Une prophétie, longtemps avant vous, avait été contée et sa naissance a été seulement due par la vôtre. De cet espoir, vous l'avez dévasté en un seul geste ! Comment pensez-vous que la nature vous récompensera ?
N'entendez-vous pas les lamentations du vent ? Ne voyez-vous pas les arbres se cambrer de chagrin ? N'apercevez-vous pas la peine du soleil, père de la vie ? Ne remarquez-vous pas la dépression de la Terre, mère de l'essence vitale ? Et ce ciel gris qui s'étend à tout horizon pour annoncer leur perte ! Non Roi Arthur ! Vous avez agi sous l'impulsion et vous n'avez même pas remis en cause votre loyauté ! Et parce que Vous êtes roi, vous vous êtes cru au-dessus de lui !
»

Lentement, le grand dragon finit plus calmement :
Merlin était notre sauveur et que me vaut ma vie sans lui ? Je ne suis plus rien sans sa présence ! Vous avez brisé l'aspiration que seul Emrys pouvait nous apporter, gémit le dragon suivi d'un hurlement poignant.
.
Arthur, en posant ses deux mains en avant sur l'herbe, ne réalisait pas l'importance de son geste. Le souffle saccadé, il parvenait à peine à tout comprendre. Les paupières closes, il se rendait compte, combien Merlin était avant tout le gardien du monde magique, qu'il était encore plus essentiel que lui… Et d'entendre le dragon lui dire pratiquement les mêmes mots que la lettre… il aurait voulu mourir… De ses souffles irréguliers, en étouffant ses airs, Arthur se sentit indigne de porter la couronne… Il la sentait… cette souffrance qui s'insinuait lentement au plus profond de son être. Il avait honte et toute cette douleur qui le traversait comme un poignard… en plein cœur le fit frissonner.
.
Je ne pouvais pas accepter que mon maitre se laisse mourir ainsi. Avec l'aide d'Iseldir, le chef des druides, nous avons demandé l'aide de l'ancienne religion pour nous rendre Emrys. Sachez, Arthur, que Merlin ne voulait pas revenir.
Le jeune roi finit par s'écrouler entièrement en entendant ses derniers mots.

Nous avons pu tout de même lui proposer un choix. Elle n'est pas donné à tout le monde… le choix d'une vie… Merlin a accepté de retourner enfant chez lui et sans aucun souvenir de sa vie d'adulte. Pour le village, nous avons dû mettre une tombe à son nom. Ironiquement, Emrys, inconsciemment sait qui il est mais, il s'y refuse. J'ai placé autour de la maison d'Hunit une paroi temporelle qui permet à Merlin de grandir et d'empêcher les villageois de le voir. Selon son envie, il évoluera à son rythme mais, s'il atteint sa dix-huitième année ou plus, je devrais consentir à ce que son souhait soit validé.
Arthur, les larmes aux yeux et toujours allongé par le tiraillement des émotions, lui murmura :
— Je regrette tellement ce que je lui ai dit…
Merlin vous a toujours été loyal ! Il m'a même laissé la vie sauve malgré que j'aie attaqué votre royaume ! Et, Merlin mérite d'être sauvé ! cria soudainement Kilgarah.
Un souffle âcre sortit des narines de la bête et reprit avec calme :
— Je dois vous prévenir qu'Emrys n'a plus ses dons, ce fut la seule condition de Merlin pour accepter son retour.
Kilgarah dirigea son regard sur le corps qui reposait plus loin. Malgré la souffrance, le jeune Pendragon se releva difficilement.
Je vois qu'il vient d'avoir quatorze ans… la bête baissa la tête tout en la secouant. Arthur, Merlin vous a donné sa vie… et il a reçu votre haine comme une lame que vous lui aurait planté si lentement que la douleur elle-même n'avait aucun poids face à vos paroles…
— Non, il doit avoir dix ou douze ans… rétorqua timidement Arthur avant de s'apercevoir qu'en effet Emm avait encore grandi.
— Sire, Emm apprécie votre présence et surement a-t-il envie de grandir
auprès de vous… Kilgarah soupira, prenez soin de lui Arthur…
Le dragon se releva et finit par lui dire d'un ton triste qui fit frémir le jeune Pendragon :
Merlin attend une vérité qui effacera vos mots… elle se trouve en chacun des signes du destin… passé, présent et futur… Je ne peux rien vous dire de plus…
Enfin, le jeune roi s'apercevait que tout ce qu'il ressentait à l'instant-même, était la souffrance du dragon.

Ce que Merlin ne sait pas, c'est qu'en mourant, sa peine, trop lourde à porter, m'a affectée… C'est pour cela que vous la ressentez... n'oubliez pas que vous êtes aussi né de la magie. Peut-être pas comme Merlin, mais elle fait aussi partie de vous, dit-il en secouant la tête, si vous tenez un tant soit peu à lui, Arthur, souverain de Camelot, trouver cette vérité qui annihilera vos paroles…
Ainsi, Kilgarah le laissa sans lui permettre de poser de questions.
.
Arthur était désemparé… Le corps encore tremblant, il tenta de s'assoir un instant… son regard planté au ciel, des perles s'échappèrent pour calmer la Terre de cette blessure. Oui, il avait partagé la peine de Kilgarah et il a pu percevoir cette terrible sensation… il prenait conscience que cette émotion était dévastatrice et, en serrant sa mâchoire, il se devait de ramener Merlin, quitte à lui donner sa vie.



-X-

Quelques minutes plus tard, ses esprits revenus, en s'agenouillant près du corps fin, son cœur se serra. Merlin était vivant… et, en refermant les poings, il s'injuria de savoir que son valet n'avait pas voulu revenir. Pourquoi Merlin refusait-il sa vie ? Arthur ne comprenait pas… Il aurait dû réfléchir avant de lui cracher ces mots et peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé ! Il avait envie d'hurler, de crier sa peine… mais, en avait-il le droit ? Cette douleur de l'avoir perdu et surement d'échouer lui faisait peur…
— Non, ce n'est pas possible… chuchota-t-il…
Les yeux clos, il respira profondément en se disant qu'Emrys était là et, que par cette occasion, il devrait réussir à le retenir… Arthur ne savait pas s'il y parviendrait. Sa poitrine comprimée, il ne comprenait pas la raison de savoir que seul Merlin arrivait à le faire autant souffrir… Le jeune roi avait déjà vécu ce genre de situation mais, jamais personne n'avait été si proche de lui. Jamais personne n'avait chamboulé sa vie comme il le faisait.
Le regard ouvert, il dut admettre qu'il tenait bien plus à lui qu'il ne le pensait. Tellement de regrets… et pourtant, Emrys était si proche tandis que Merlin semblait à la fois si loin de lui… Etait-ce donc sa sanction ? Arthur savait que s'il n'arrivait pas à le ramener qu'il serait incapable de régner sans sa présence.
— Arthur ? entendit-il en voyant Emm qui se réveillait. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Sorti de ses pensées, il effaça rapidement ses traces de larmes puis, il lui mentit :
— Nous voulions nous promener…



-X-


Planant autour des deux jeunes gens, le vent portait encore en ses souffles cette mélodie d'un autre temps, là où Merlin avait laissé sa voix. Tristement, il attendait que le jeune roi réalise qui était le jeune sorcier. La nature tentait d'apaiser sa douleur dont la tombe s'imprégnait chaque jour. Le druide avait un pouvoir mais, celui-ci fusionnait avec elle, comme dans chacune de ses incantations, Merlin puisait en son sein. Et, pour le seul homme qu'il avait veillé, la nature l'avait toujours soutenue mais, le jour où tout a basculé, elle avait laissé évanouir la magie de Merlin.
Les animaux pleuraient aussi sa peine car, sa souffrance était telle qu'ils n'arrivaient pas à le consoler. L'esprit du plus grand druide s'était déjà réfugié dans un coin de sa mémoire. Alors, la brise patienterait encore car, elle sentait que bientôt Arthur serait prêt…



A suivre
.
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Sam 3 Nov 2012 - 20:49

Emm, le jeune Emm est Merlin. Une évidence et une révélation à la fois extraordinaire et douloureuse pour Arthur qui réalise tout le mal qu’il a fait au jeune sorcier. Merlin qui a accepté de revenir, la mémoire vide de souvenirs et le corps encore en croissance. Un éternel recommencement, Emm se sent bien avec Arthur au point de vouloir grandir auprès de lui et pourtant il souffre encore à cause de lui… Arthur a bien des choses à se faire pardonner et beaucoup de temps à rattraper. Il va devoir faire preuve de patience pour retrouver le Merlin qu’il croyait connaitre et qu’il découvre réellement en Emm…

J’ai beaucoup aimé ce chapitre qui fait la part belle aux émotions, celles d'Arthur, d'Emm, du dragon. Un très beau chapitre riche en révélations et qui relance parfaitement l'intrigue.



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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Dim 4 Nov 2012 - 18:27

Merlin et Emmrys ne sont qu'une seule et même personne: mais Arthur va-t-il enfin se rendre compte de ce qu'il doit dire pour inverser le sort?


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: suite   Dim 11 Nov 2012 - 10:47

arigatou arigatou pour les commentaires !

Chapitre 4 : Chaque instant compte

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Telle une romance oubliée, la mélodie continuait à œuvrer parce que La terre, mère de toutes sources vitales, pleurait son enfant. Sa magie… elle s'était évaporée au fil de l'air, réalisant ce que son maitre avait toujours souhaité, défendre Camelot. Elle était ici et n'importe où à la fois. Elle n'avait plus d'hôte mais elle avait contribué à tellement d'évènements qu'elle était aussi pleine de bonté que fut son maitre. La magie de Merlin s'était installée autour du royaume et chaque jour, elle dégageait l'amour qu'avait son seigneur pour les habitants de cette contrée.
De l'amour, il en avait en abondance… et pourtant, malgré la souffrance, sa magie continuait à conserver cette foi inébranlable envers le royaume du jeune Pendragon. Et même si son maitre, mortellement blessé n'était plus, cette mélodie et sa magie poursuivaient la destinée du jeune sorcier. Elles seules connaissaient cette fin tant qu'Emm vivait…
.
.
Non loin du lac
.
Emm se sentait bizarre, il ne savait plus comment il était arrivé au lac mais la voix rassurante d'Arthur le ramena à une certaine raison. Et ce fut en tournant sa tête sur le blond que son cœur se mit à battre la chamade… trop vite à son gout. Quand il osa croiser son regard, il détecta une lueur au fond de ses yeux. Emm n'en avait jamais vu d'aussi splendide, un mélange de bleu azur et de ciel gris… Cette curieuse étincelle qui brillait, comme si ses yeux vivaient séparément du reste du corps, était lumineuse et flamboyante.
Et même si cela n'avait duré que quelques secondes, Emm en tremblait encore sans savoir ce qui se passait à l'intérieur de lui. Il dut fermer ses yeux, inquiet par ce qu'il ressentait. Quelque chose au fond de sa gorge l'empêchait de respirer correctement et son souffle se saccadait comme s'il avait peur. Naturellement, il savait que cela n'en était pas parce qu'il était bien avec Arthur. Sa présence lui était bénéfique et peu lui importait, ce moment était à lui seul. Puis se rendant compte enfin de son état, il croisa ses bras autour de son torse nu, honteux de s'être dévoilé ainsi devant son ami. Bien qu'il ne cherche pas à comprendre, il rougit subitement. Il saisit la veste qu'Arthur lui tendit et entendit celui-ci lui dire d'une voix calme :
— Ce n'est rien tu as trempé ta tunique et je n'aimerais pas que tu tombes malade…
Emm le mit rapidement sur ses épaules tout en tremblant de joie car il portait La veste d'Arthur… elle était imprégnée de sa chaleur et de son odeur. Un peu ample pour lui, il n'en prit pas compte puis fixant enfin le blond de ses yeux étincelant, il lui chuchota :
— Merci…
Sans en prendre conscience, un sourire s'étira sur son jeune visage.
.
Le jeune roi scrutait les traits du jeune Emrys et il avait devant lui, l'adolescent qu'avait été Merlin, aussi mince et frêle qu'autrefois. Il émanait du jeune brun une telle douceur dans sa conduite et surtout dans son regard brillant, qu'il avait du mal à croire que Merlin était en face de lui. Le cœur serré, Arthur regretta de ne pas avoir cherché à mieux le connaitre. Or tout cela, il allait le rattraper maintenant, car comme lui avait dit le grand dragon, Merlin méritait d'être sauvé et machinalement, il lui tendit sa veste pour le couvrir.
Et quand Emm lui sourit si innocemment, il avait une envie soudaine de le prendre dans ses bras mais il se retint car il n'avait plus ses huit ans. Il se surprit à lui trouver un charme qu'il n'avait pas fait attention jusque-là… Surement due à son âge, Emrys dégageait beaucoup de pureté et d'innocence. Telle une seconde chance, il comptait bien lui montrer qui était Arthur Pendragon. Ce dernier lui tendit une main que le brun serra et le blond tira pour le relever mais brusquement pensant au poids de Merlin et non d'Emm, il l'entraina dans sa chute.
Il jura intérieurement, à cet âge il devait peser un poids plume puisque la seconde qui suivit, le plus jeune se retrouva sur son torse. Arthur prit soin d'encercler le brun de ses bras et de subir le choc tout le long de son dos. A cet instant, allongé sur l'herbe, le blond s'égara dans le regard d'Emm, oubliant la douleur. Il pouvait sentir les battements de celui-ci s'accélérer tout contre lui.
Emrys était Merlin…
Arthur sentait les paumes du plus jeune sur sa poitrine. Emm l'envoutait de ses pupilles bleues et cela le troublait… La chaleur du plus jeune l'enveloppait telle une promesse qu'un jour, Merlin reviendrait. Cette sensation était bien celle d'Emrys mais elle était aussi celle de son valet. Et durant une fraction de seconde, il entrevoyait cette flamme de vie qui lui disait que l'espoir était présent tout autour de lui. Cet espoir au creux de son cœur qui ne tenait que sur une seule existence, sa vérité.
Le jeune roi voulait s'y accrocher tant qu'Emrys ne grandissait pas et qu'il restait avec lui… Une émotion qu'il n'identifiait pas l'envahit progressivement… Elle était toute douceur et pleine de vivacité et Arthur désirait se noyer dans ces orbes aux couleurs de la mer… Finalement, il comprenait pourquoi Hunit ne voulait pas qu'il lui pose des questions …
— Je… entendit-il en le sortant de ses pensées. Arthur se releva à l'aide de ses mains tandis qu'Emm était toujours sur lui.
.
Emm aimait le contact avec Arthur. Lui prenant la main, il se sentit soudainement tirer en avant et crut un instant s'aplatir contre le sol. Au lieu de cela, il frissonna en sentant les bras du blond l'entourer pour tomber sur le corps de celui-ci. Posant ses mains sur le torse d'Arthur pour relever son visage, il éprouva une drôle de sensation. Un contact encore plus fiévreux et intense… Lorsqu'il croisa les yeux du blond, son cœur se remit à palpiter aussi si vite qu'il y avait quelque instant. Mais apparemment Arthur n'y vit que du feu. Souhaitant se redresser, il sentit les deux bras l'étreindre.
Le brun se retrouva la tête contre le torse d'Arthur. Affolé mais surtout impressionné par sa douceur, il resta ainsi. Fermant ses paupières, une oreille collée tout contre le cœur du roi, il entendait les battements de celui-ci oscillaient aux rythmes des siens.
— Pardonne-moi… entendit-il d'une voix tremblante.
Le plus jeune lui répondit tout aussi normalement :
— Je ne te quitterai jamais…
Les bras du blond se refermèrent encore plus, faisant tressaillir le brun. Ce dernier savoura ce moment comme si Arthur allait le quitter. Emrys semblait rêver et ne voulait pas se réveiller. Il emprisonna entre ses doigts les pans de la tunique du blond comme pour le sentir encore plus près de lui. Et bien que sa phrase sortie aussi seule que ses pensées le traversaient, il était heureux et peu lui importait car il était avec lui. Elle lui venait du fond de son cœur et cela lui suffisait amplement. Juste lui et son roi. Son être se réchauffait lentement comme si une part de lui-même l'avait toujours attendu.
.
Arthur se sentit si bête de le serrer de cette manière. Merlin lui manquait et le voir ainsi à cet âge, angélique, il ne put y résister. La réponse d'Emm le toucha et il se demandait si Merlin aurait pensé la même chose ? Arthur en était convaincu puisque quelque part, son ami dormait à l'intérieur d'Emrys. Le jeune roi comprenait enfin les mots de cet enfant qu'était devenu Merlin. Il demeura plaqué contre Emm un bon quart d'heure et il ne savait plus comment se sortir de cette situation. Pourtant le blond éprouvait une sérénité bienfaisante. Arthur sentit soudainement les doigts du brun tirer sur son haut comme lorsqu'il avait huit ans. Fermant ses yeux quelques secondes, il espérait aussi que Merlin s'accroche à lui…
Je ne te lâcherai plus…
Il recula légèrement la tête et sourit au brun mais celui-ci se releva brusquement en détournant son regard.
— Nous devrions rentrer, dit-il en tapotant ses genoux pour enlever la terre imaginaire.
Le blond hocha de la tête et ensemble ils commencèrent à marcher. Étrangement, Arthur se sentit subitement seul. Emm n'avait rien dit du trajet et cela le mit mal à l'aise. Le jeune roi repensait à sa conversation avec Kilgarah et se mordant le bas de sa lèvre, il souhaitait de toute son âme que Merlin ferait le choix de rester. Il lui ferait comprendre qu'il était et serait toujours important à ses yeux… mais au fur et à mesure qu'il réfléchissait, il craignait de ne pas être la hauteur.
Si son valet avait refusé de revenir… la poitrine comprimée, Arthur n'osait pas imaginer la peine qu'il endurerait une nouvelle fois. Et toujours cette même question qu'il se posait : Comment Merlin arrivait à le toucher autant ? Tout en marchand aux côtés d'Emrys, la gorge nouée, il avait besoin de cet espoir… de croire en Sa magie, de croire en la nature mais surtout de croire en cette foi que Merlin avait pour lui.
.
Emm marchait en contemplant la terre parsemé de feuilles mortes. En soupirant, la séparation du corps chaud du roi, mit un froid entre eux. Se faisait-il des idées ? Non, il était vraiment trop jeune… et dans un soupir, il souhaitait être encore plus âgé, ne serait-ce que pour paraitre plus homme… Il sentait son cœur battre à toute allure chaque fois qu'il pensait à lui. Emm avait la sensation qu'ils se connaissaient déjà mais cela lui était impossible.
Leur monde était trop diffèrent et puis, pourquoi un roi était-il à ses côtés ? Cette question le tarauda et sans avoir de réponse, il avait cette infime certitude que c'était seulement pour lui. Oui, Emrys aimait à penser cela et voulut s'accrocher à cette révélation.
.
Arthur ne cessait d'écouter la brise qui semblait lui apporter un peu de soulagement. Souriant face à la nature, il pouvait percevoir autour de lui le poids de toute une existence mystérieuse. Elle était bien plus grande que lui ou que tous ces hommes qui frôlaient de leurs courtes vies cette terre… Lui aussi, il savait et en avait pris conscience grâce à Kilgarah. Et fixant le dos du brun qui marchait devant lui, Arthur désirait que Merlin la partage avec lui… Comme avant cette terrible dispute, il avait besoin de son ami. Il sortit de ses pensées quand il se retourna en entendant une voix rauque qu'il reconnut lui crier :
— Baissez-vous Sir !
Sans plus réfléchir, le cœur battant, il se jeta sur Emrys le saisissant une main sur le dos et l'autre sur sa tête et roula avec lui sur le côté. Se retrouvant au-dessus du plus jeune, le blond le protégea ainsi de son corps. Arthur avait craint un instant pour la vie d'Emm et relevant la tête pour confirmer l'appartenance de ce timbre, il aperçut Gauvain. Ce dernier avait lancé un poignard sur un brigand qui allait enfoncer une lame sur le roi. Rassuré, Arthur baissa son regard sur son protégé, content qu'il n'ait rien eu. Le jeune roi en frémissait encore de cette peur, lui refroidissant le dos de frissons et le souffle irrégulier, il resta figé sur le brun.
.
.
Quelques minutes plus tôt.
Gauvain et Lancelot finissaient leurs combats contre quelques hommes qui en voulaient au royaume d'Arthur quand Guenièvre leur hurla que l'un d'entre eux leur échappait. Gauvain le coursa après et d'où il était, il put apercevoir Arthur en compagnie d'un jeune homme et n'eut que le temps de lui crier dessus en envoyant son poignard. Le brigand s'écroula devant le sourire satisfait de Gauvain qui était essoufflé. Lancelot et Guenièvre le rejoignirent par la suite avec leurs montures.
— Bien jouer Gauvain ! lui dit le second chevalier en lui tapotant l'épaule.
Gauvain, le sourire franc, lui décocha un clin d'œil amusé puis il reporta son attention sur le jeune roi quand il tressaillit en entendant Guenièvre :
— Oh mon dieu ! murmura-t-elle en posant ses deux mains sur sa bouche, c'est… reprit-elle sans succès.
Les deux chevaliers s'immobilisèrent en reconnaissant la figure du jeune homme allongé sous le roi.
.
Le cœur battant, Gauvain n'osait y croire. Il fut le premier à s'avancer, titubant de ces pas incertains. Discrètement, une peur incontrôlable s'immisça en lui, comme s'il craignait d'avoir rêvé cet instant et que tout s'évapore d'un coup vent. Les mains moites et tremblotantes, il les passa longuement sur son visage humidifié de sueur par sa course effrénée quand un sourire se dessina béatement sur ses lèvres. Ses yeux s'embuèrent progressivement jusqu'à ne plus distinguer les traits de Merlin.
Et pour la première fois depuis que Gaius lui avait fait lire la lettre d'Hunit, il s'autorisa enfin à lâcher ses pleurs. Fermant ses yeux quelques minutes, Gauvain se souvint encore de ce jour où il avait vu Merlin partir du royaume. Le souffle court, il posa une main sur son cœur pour avoir la certitude qu'il n'était pas lui-même mourant. Ses battements rebondissaient sous sa paume et lentement, il sentait une compression invisible contre sa poitrine. La gorge serrée, il resta sans voix. Merlin, son ami, était devant lui… Il n'était pas…
Il déglutit en chassant cette pensée loin de lui. Il était bien là, à quelques pas de lui. Le silence autour de lui ne l'effrayait pas, seule l'image de son ami radieux l'obsédée. Gauvain avait du mal à trouver assez d'air et ses sanglots ne cessaient de couler sa peine longtemps contenue. Ne hoquetant que sous l'effet de son corps dont il ne maitrisait plus, son cœur semblait s'apaiser de cette lourde souffrance qu'il trainait depuis sa disparition. Les frissons qu'il avait ressentis à son départ revinrent l'envahir en chacune de ces parties corporelles.
Alors s'agenouillant de faiblesse et portant ses deux mains sur sa bouche, il étouffa ses cris sous le souffle de la brise naissante. Le chevalier ne savait plus s'il pleurait de joie ou de chagrin, tellement toutes ses émotions étaient contradictoires. Gauvain déglutit difficilement quand Arthur déposa un baiser sur le front du jeune homme.
Merlin…
Gauvain n'en croyait toujours pas ses yeux… A genoux à leurs côtés, aucun des deux ne semblait l'apercevoir comme s'ils étaient dans leurs mondes. Après avoir effacé ses larmes, le chevalier en profita pour le détailler et s'apercevant combien il était plus jeune… Cela lui importait, il lui ressemblait tant que ses mains à nouveau sur ses joues, étaient déjà imbibées de ses gouttes.
Mon dieu, Merlin tu es en vie… mon ami, mon frère…
.
Derrière lui, Lancelot l'avait suivi et tout comme son ami Gauvain, il avait roulé des yeux. Avec difficulté, il essuya ses yeux rougis par les perles qu'il tentait de retenir vainement. Lancelot était le plus courageux de tous les chevaliers et pourtant il sentait cette douleur remonter à la surface. Il avait fait, selon lui son deuil mais il dut reconnaitre que cette blessure était encore trop récente pour être oubliée de la sorte. Alors doucement, un étau imperceptible lui serrait le torse et fatalement, ses larmes échappèrent à son contrôle.
Lancelot avait beau déglutir et cligner de ses paupières mais la souffrance était identique à ce fameux jour. Ce jour où plus aucune vie ne scintillait au fond des pupilles de Merlin, ce jour où Arthur l'avait effroyablement accablé de sa trahison. Il était aussi bouleversé que Gauvain. Il n'aurait jamais admis une telle vision mais face à cette réalité, Merlin était bien devant lui… et il sourit à la brise qui lui caressa le visage. Contemplant le jeune sorcier, oui très jeune, la magie avait un pouvoir que seuls les êtres issus de ce phénomène avaient le don de rendre l'inimaginable encore plus beau.
Les deux chevaliers restèrent muets et dans ce silence dont le souffle du vent semblait partager leurs retrouvailles, ils examinaient la scène qui s'animait devant leurs yeux humides. Arthur semblait égaré dans les bras du jeune brun. Jamais ils ne l'avaient vu se comporter de cette manière. Leurs poitrines gonflées d'espoir, ils apercevaient en ce spectacle un lien qui unissait ce jeune garçon au jeune roi. Tout comme autrefois, quand son valet veillait sur ce crétin…
.
Guenièvre était surement la plus attristée de tous. Elle n'avait pas bougé de peur qu'à nouveau son ami s'en aille. La gorge nouée par ce sentiment de l'avoir perdu revint la terrasser avec plus de vivacité, la clouant encore plus sur place. Seules ses larmes dévalèrent sans qu'elle n'y prête attention. Gwen sentait sa poitrine manquer d'air mais elle ne voulait pas quitter son regard de Merlin. Elle laissa fuir de ses lèvres ses plaintes d'où coulait sa peine, mêlant d'inquiétude et d'un sentiment de regain d'espérance…
Le corps tremblant, un léger mouvement d'air lui secoua les cheveux longs comme pour calmer ses craintes. Et quand de ses yeux mouillés, elle observait ces deux hommes, elle comprit qu'une seule chose… Arthur était littéralement sous le charme du brun. Au fond, elle l'avait toujours su mais lui, Arthur, fier et empoté, ne se rendait jamais compte de rien surtout quand cela s'agissait de sentiments. Gwen n'avait pas besoin d'être à côté pour comprendre. Elle déchiffrait le langage du corps... Les gestes et les actions du jeune roi trahissaient ses émotions.
.
.
Emrys crut mourir sous l'effet de cette action. Il se retrouva si vite dans les bras du jeune roi et le reste semblait se passer si rapidement qu'il en eut le souffle coupé. De ses yeux brillants et perdus, il détailla le blond en tremblant d'une peur insaisissable. De leur position, il voyait son menton puis tout devint confus comme s'il rêvait… Lentement, Emrys reprit une respiration plus calme. Arthur avait un regard perçant et étincelant quand il le fixa. Le brun sentait le rouge lui monter aux joues et sous le poids et la chaleur de son roi, il n'osait plus faire un mouvement.
— Tu n'as rien, lui demanda le jeune Pendragon tremblant de ses membres.
Emrys n'arrivait plus à parler en plongeant à nouveau son regard dans ceux du blond… Il devinait les tressaillements du blond et il secoua la tête quand il vit Arthur se pencher dangereusement près de son visage. Emm ferma instinctivement les yeux pour sentir les lèvres du blond se poser sur son front.
— Merci… je m'en serais voulu si… il t'arrivait malheur… entendit-il de la voix lointaine du blond.
Comment se faisait-il qu'Arthur le maintenait dans une telle bulle de protection ? Et ce baiser n'était qu'un baiser fraternel… Son cœur se serra légèrement, il aurait voulu… mais un roi ne devait-il pas veiller sur son peuple ? Il déglutit difficilement en même temps que sa gorge se serrait douloureusement. Leurs corps allongés, l'un sur l'autre, Emrys pouvait sentir la chaleur du roi se mélangeait à la sienne. Sous cette vision parfaite, sa gorge se noua encore davantage…
Emrys aurait tellement voulu être encore plus pour lui… mais il était trop jeune pour lui, il le savait bien… Il osa tout de même répondre, après un silence serein, en relevant une mèche blonde d'Arthur de sa main tremblotante :
— Grâce à toi…
Il discerna quelques secondes les yeux de son roi s'imprégner d'humidité avant de poser sa tête à côté de la sienne. Emrys ferma ses paupières… quelle était cette étrange sensation qui lui parvenait jusqu'au fond de son cœur… Il était peut-être jeune, mais à quatorze ans, il savait ce que signifiait aimer quelqu'un. Ce sentiment qu'il n'avait pas encore éprouvé, venait de s'éveiller en cet instant.
.
Quelques choses se tramaient et Arthur n'arrivait pas à détacher son regard du brun. Le cœur palpitant, le cri de son chevalier l'avait effrayé… Lui qui habituellement était toujours à l'affût du moindre bruit, n'avait pu se résoudre à perdre à nouveau Merlin… Emrys. Le souffle court, il rapprocha encore plus son corps contre celui du brun. Pouvoir sentir la chaleur de son ami tout contre lui, le rassurait.
— Grâce à toi… entendit-il de la voix tremblante du brun.
Arthur sentit ses larmes revenir mais il était heureux… il réalisait que Merlin pouvait vivre… La tête reposée à côté d'Emrys, il prit une profonde respiration. Le jeune roi avait du mal à conserver son assurance et cet étrange sentiment qui s'installait doucement en lui, l'inquiétait. Il était bien, près de lui, mais il se ravisa d'interpréter ce qu'il ressentait. Il concevait seulement que tout ce qu'il vivait actuellement, était strictement dû à toutes ces pressions.
Puis sous cette tension qui régnait autour d'eux, il releva sa tête et éclata de rire contaminant le brun à son tour, détendant ainsi l'atmosphère. Lentement, il se redressa à genoux tirant Emm qui lui rendit son sourire. Ils se mirent debout et face l'un à l'autre, ils s'échangèrent un regard mystérieux avant d'entendre un toussotement.
.
En entendant leurs éclats, les deux chevaliers sortirent de leurs léthargies, troublés par ce qu'ils voyaient devant eux. Ils étaient si proches l'un de l'autre, qu'ils leur semblaient que rien n'avait changé… hormis que Merlin était plus jeune. Les deux hommes effacèrent leurs traces de larmes et sourirent à leur tour. Guenièvre les rejoignit encore sous le choc et toussa pour les prévenir de leur présence.
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Emm tourna la tête et distingua deux hommes portant une tunique en maille avec une cape rouge portant le sigle royal des Pendragon. Les deux chevaliers le fixaient étrangement et quand il croisa le regard de la jeune femme, il eut le cœur serré quand cette dernière se jeta sur le blond. Emm s'écarta et se sentit soudainement seul mais quand il prit le temps de détailler leurs visages, il n'arrivait pas à déchiffrer leurs yeux rougis. Un frisson glacial le parcourut des pieds à la tête comme s'ils gardaient un secret... Étaient-ils contents d'avoir retrouvé leur souverain saint et sauf ?
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— Arthur ! s'écria Gwen en le prenant tendrement dans ses bras.
Mal à l'aise, le jeune roi prit la parole pour éviter toute confusion sans un regard au brun.
— Je vous présente Emm le fils d'Hunit.
En prononçant ses paroles, le calme se fit encore plus lourd. Les trois arrivants avaient compris à travers les yeux du jeune Pendragon qu'ils auraient droit à une explication. Chacun se présenta convenablement au jeune Emm et ce dernier se sentit subitement en confiance. Sans saisir cette confiance, il n'y prêta pas plus attention. C'était les chevaliers de son roi, alors, il les accepta. Les deux hommes fixèrent le roi :
— Sir, nous sommes venus aussi vite pour vous ramener à Camelot, commença Lancelot d'une voix sérieuse mêlée d'inquiétude.
— Pourquoi ? demanda Arthur en blêmissant.
— Le royaume a été attaqué…
Le blond devint encore plus pâle.
— Ne me dite pas que cela vient encore de …
Arthur ne voulait pas raviver les rêves qu'avait faits Emm, petit. Il prit à part le chevalier Lancelot suivi de Guenièvre. Une fois assez loin du brun, le blond fit signe au chevalier qu'il pouvait parler :
— Morgana, oui c'est elle… mais il s'est produit un phénomène que nous aurions pu expliquer par …
Lancelot avait du mal à concevoir ce qu'il allait lui dire, surtout que Merlin était juste là, à côté d'eux.
— Lancelot… murmura Arthur en reprenant un peu de couleur.
— Enfin… bredouilla-t-il. Il me semblait normal de penser que la magie de Merlin avait protégé le royaume. Aucune attaque n'avait pu, ne serait-ce toucher le château comme si un bouclier était tout autour…
Le chevalier dirigea son regard sur le brun en haussant un sourcil. Gwen aussi était perdue. Ils étaient tous d'accord pour dire que c'était bien une magie qui entourait le royaume mais devant la présence de Merlin, ils doutaient de leurs conclusions. Arthur, se rappelant des paroles de Kilgarah, informa donc Lancelot et Guenièvre, que c'était une des possibilités. Il leur conta ce qui s'était passé durant ces derniers jours. Après leurs discutions, ils décidèrent d'en reparler le soir-même car cette journée, mine de rien, parut très longue et surtout vive en émotion pour Arthur.
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Gauvain laissa le soin à son ami de parler de l'état du royaume. Ce qu'il le tracassait était l'apparition de Merlin… jeune, se faisant appeler Emm. Il s'approcha de lui et s'aperçut d'une lueur dans le regard du brun qui ne lâchait pas le jeune roi. Et dans cette étincelle de vie, Gauvain apercevait la même lueur qu'avait Merlin quand il regardait Arthur.
— Tu l'aimes bien, n'est-ce pas ? lui demanda le chevalier sans cacher son émotion.
Gauvain put voir ses pommettes rougir avec légèreté. Il avait oublié combien le visage de son ami reflétait autant de candeur, mais ses répliques cinglantes lui manquaient aussi.
— Je l'apprécie bien… murmura Emm en baissant la tête.
Le chevalier se souvint avoir eu des doutes quant aux comportements de Merlin envers le blond mais se retrouver face à lui, plus jeune et si innocent, lui confirma ses suppositions. Il lui sourit et lui dit avec conviction :
— Je crois qu'il t'apprécie aussi, chuchota Gauvain qui vit un sourire illuminé le visage du brun.
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Emm était un peu perdu. Pourquoi Lancelot le prenait-il en aparté et qui en voulait au roi ? Puis il tressaillit en repensant à ses cauchemars… il avait pu un temps les oublier mais à écouter ce qu'il venait d'apprendre, il commençait à avoir peur. Cette peur terrifiante que son rêve ne soit qu'une prémonition le fit trembler encore davantage. Si cette sorcière réussissait à tuer le roi alors…
Alors plus rien ne valait le coup de vivre selon lui… Emrys serra ses mains en poings se promettant qu'il resterait toujours avec lui quoiqu'il adviendrait. Quand le chevalier lui demanda s'il aimait bien le roi, le sortant de ses questions, il le fixa. Cela se voyait-il tant que cela ? Il ne ferait pas le plaisir de dévoiler ses sentiments avant d'avoir atteint un peu plus de maturité. Oui, il adorait être auprès du blond et il voulait garder tout cela secrètement au fond de lui. Et son cœur fut soulagé par la réponse de son interlocuteur.
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Retour à Healdor
Hunit était soulagé de revoir Emm, malgré le fait qu'il ait encore grandi et à sa surprise, son visage était éclairé d'un sourire qu'elle ne lui connaissait pas. Nul doute qu'Arthur ne devait pas être étranger à cela. Puis elle fit la connaissance des chevaliers et serra très fort Guenièvre toute contre elle. Elle les laissa quelques minutes pour chercher de l'eau quand Arthur la rejoignit à pas de course.
— Je tenais à m'excuser de mon comportement et maintenant, je vous comprends, lui dit-il le cœur battant.
Elle croisa son regard et elle y décela une lueur… exactement la même que Merlin lorsqu'il lui parlait du blond. Le cœur palpitant, elle espérait qu'il trouve son chemin.
— Non, Arthur c'est à moi de m'excuser. Je n'aurais jamais dû m'emporter. Je sais combien mon fils vous adore…
Elle soupira et effleurant d'une main son épaule :
— Ne voyez pas en lui Merlin, voyait plutôt celui qu'il a été avant, celui qui deviendra auprès de vous. Tout comme Kilgarah l'a si bien dit, cherchez sa vérité… Il ne tient qu'à vous de la trouver. Ici, vous n'êtes plus à Camelot, tachez seulement de rester vous… je ne parle pas de celui que vous avez été… soyez sincère avec lui…
Hunit se dirigea au puits l'esprit soulagé tandis qu'Arthur rejoignait les autres.
.
Arthur s'arrêta à quelques mètres de ses chevaliers qui riaient à pleins poumons avec Emm. Contemplant ce spectacle, le jeune roi était touché par ce simple spectacle et il en apprécia le moindre détail. Guenièvre était dans les bras de Lancelot dont ce dernier tentait d'éloigner Emm d'elle.
— Propriété privée, avait-il dit en déposant un baiser sur sa dulcinée.
— Mais je n'en veux pas moi de ta chérie, ajouta le brun en ricanant de joie.
— Mais heu… Gauvain fait quelque chose ! dit Lancelot en regardant d'un faux noir son ami.
Et ce dernier se jeta sur le plus jeune, le chatouillant de toute part le faisant éclater de rire. Arthur ferma ses paupières pour savourer son éclat. Le cœur battant, il chérissait ce timbre cristallin. Il avait le pouvoir de rendre les choses plus simples comme à ses huit ans. Se balançant au gré du vent, le blond se laissa bercer par cette intonation vibrante. Ce rire lui manquait… Il prit le temps de respirer profondément…
Puis ouvrant ses yeux, il ne put détacher son regard du jeune brun. Et en les examinant à nouveau, il vit Emrys en califourchon sur le chevalier qui l'avait mis dans cet état d'euphorie. Le plus jeune se fit un plaisir à malmener son bourreau pendant que le couple s'embrassait avec affection. Le blond reprit son chemin et à leur hauteur, il tapotant l'épaule de Lancelot :
— Hé, y a des jeunes ici…
Emm leva son visage faisant mine d'être outré et Gauvain se saisit de cet instant pour renverser la situation. Le chevalier détailla le brun qui tentait vainement de serrer ses bras le long de son corps mais le plus âgé le prit d'assaut et Emrys, se tordant comme un vers, éclata à nouveau de rire… Hunit arriva à ce moment, souriante de voir ainsi son fils.
— Je vois qu'on s'amuse bien ici… chuchota-telle.
Gauvain se sentant subitement honteux de son comportement enfantin, se releva et proposa son aide en la suivant à pas de loup abandonnant Emm, allongé sur la terre. Le couple rejoignit Gauvain à l'intérieur en se tenant par la main. Lancelot trouvait qu'Hunit était une femme formidable… elle avait un peu de sa Gwen et en cela, il l'appréciait beaucoup. Pendant ce temps, le blond souleva le plus jeune et durant quelques secondes de contemplation mutuelle, un frisson les traversa sans qu'aucun des deux ne fasse le moindre geste. Et tel un lien mystérieux qui semblait s'emboiter seul, ils rentrèrent dans la maisonnée, heureux de ce moment paisible.
.
En cette soirée, si particulière, le souffle du vent laissait valser les feuilles de sa joie. Le roi paraissait plus serein mais la mélodie ne le sentait pas encore prêt alors, toute la nuit, elle s'envola de part et d'autre. Malgré le cœur fermé d'Arthur, elle était joyeuse tout comme la magie de Merlin parce qu'elle gardait espoir. Le même que conservait le roi au fond de lui… Et la nature paraissait accompagner cette voix fluide où les paroles étaient encore ancrées.
La providence avait quelque chose de bien parce qu'elle n'était jamais connue… Personne ne pouvait franchir l'instant présent… Et dans l'éternel soufflement de cet air épique, une épreuve se profilait comme une ombre… seulement pour le roi, pour Arthur… Les arbres qui se cambraient de chagrin, n'avait qu'une croyance au bout de leurs branches… la foi inébranlable envers le plus grand des sorciers.
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A suivre



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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Dim 11 Nov 2012 - 20:20

L’émotion est partout et elle est partagée entre tout le monde. Arthur est littéralement envouté par le jeune homme et Emm ressent les premiers émois qui le poussent à grandir. Merlin est vraiment en train de refaire surface. Emm et ses questionnements incessants, Arthur et l’émotion qui le submerge à chaque seconde. C’est quand même quelque chose d’incroyable, de fascinant que de voir sous ses yeux grandir celui à qui l’on a fait tant de mal, de le voir littéralement revenir d’entre les morts et de savoir que tout sera différent après…



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Dim 11 Nov 2012 - 21:31

Une partie tout en émotion où chacun comprend que Merlin est toujours parmi eux. Mais parviendra-t-il à sauver à nouveau le royaume?


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Mar 20 Nov 2012 - 11:15

Je viens de dévoré tes chapitres c'est prenant, merlin recommence a grandir et peu à peu il retrouvera sa mémoire, il suffit que arthur y mette du siens



Fili Forever !!!! 
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 31 Déc 2012 - 16:57

arigatou arigatou pour les commentaires

CHAPITRE 5 : Tout se joue... avec le temps


L'automne allait bon vent et comme si le temps jouait en la faveur du jeune Emrys, la douceur s'était déchainée toute la nuit. Dehors une légère brise régnait en maitre mais comme une habitude, la mélodie trainait encore entre ses airs pour partager sa chaleur. Se combinant avec la magie du grand sorcier, elle valsait aux travers de ses souffles comme la caresse d'une larme du jeune Pendragon contre sa joue. La Terre se remettait douloureusement de sa blessure et consolant son enfant de ce paysage parsemé de feuilles orangeâtres, elle prévoyait le plus dur des épreuves pour l'enfant choisi des dieux.
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.
Les chevaliers étaient repartis tard dans la nuit après avoir tranquillement partagé le repas avec Hunit et les deux jeunes gens. La soirée s'était très bien déroulée, entre la joie et la bonne humeur. Emm n'avait cessé de fixer Arthur. Il ne pensait plus à ce qu'il ressentait, non, il ne voyait que cette sorcière qui voulait Encore le voir mourir. Le brun n'écoutant pas ce que se racontaient les hommes, Emrys ne comprenait pas lui-même son songe. Pourquoi Encore et surtout le voir à nouveau mourir ? Cela serait-il déjà produit ?

Il avait beau réfléchir, il ne le savait pas… La poitrine compressée, il luttait contre ce maudit rêve pour ne pas y croire. La seule chose qu'il souhaitait ardement était de grandir et protéger le roi. Cette envie de le veiller était trés forte et pourtant tout cela lui semblait naturel.
.
Toute la soirée, Arthur sentait un poids sur sa nuque. Et quand il osait se retourner, c'était pour croiser le regard perdu d'Emrys. Le blond commençait à s'inquiéter pour lui. Espérant que ce n'était pas les paroles de Lancelot qui le mettait dans cet état, il continua à discuter avec ses chevaliers. Et quand il prépara son lit de fortune avec le plus jeune, il lui jeta de temps en temps un regard car ce dernier paraissait à mille lieues d'eux. Le laissant s'allonger sous l'épaisse couverture, il murmura à Emrys :
— Tu me sembles préoccupé ?
— Non… chuchota-t-il en se tournant sur le roi.
— Tu sais que tu peux tout me dire ? ajouta le blond d'une voix inquiète.
— Je… je sais… mais… bredouilla Emm.
— Mais ? Insista doucement Arthur.
— Ce n'est rien, je dois juste être fatigué par cette journée… finit-il par dire en remontant la couverture jusqu'à son visage.
Pendant que les plus âgés sortaient pour se préparer à repartir à Camelot, Emm s'endormit rapidement sous cette longue journée.
.
.
Peu après, Arthur rejoignit les chevaliers et Gwen dans la grange pour discuter seul, sans la présence d'Emm. Un léger vent frais fit frissonner le blond, claquant ses dents entre elles. — Arthur, vous êtes certain de vouloir rester ? Commença Lancelot qui de ses mains caressait le dos de Guenièvre.
— Oui… murmura-t-il confiant. J'ai commis une faute, il est à moi de la réparer…
Gauvain observait le roi depuis leur arrivée et voyait combien dans son regard, Merlin lui manquait. Même si Emrys était là, ce n'était pas pour autant celui qu'il connaissait.
— Si Morgana vous trouve sachant qu'Emrys n'a plus aucun don… argumenta Guenièvre sans cacher sa mélancolie.
Les mains tremblantes, le jeune roi la contempla quelques secondes, comment pourrait-il se regarder s'il ne réussissait pas à ramener Merlin ? Comment arriverait-il à gouverner en sachant que de son geste, il avait tué la seule personne qui l'avait tant conseillé ? Comment saurait-il vivre avec ce poids sur le cœur ?
— Alors je préférai mourir que de continuer ainsi… souffla-t-il d'une voix vibrante.
La servante secoua durement la tête et se jeta dans les bras du roi, cédant à sa peine.
— Pourquoi vous sentez-vous obliger de vous sacrifier ?
Subitement, le corps chancelant, elle s'écarta de lui et vit dans son regard une lueur de tristesse poignante. Tremblant de tout son corps, Arthur répondit sans cacher sa nervosité :
— Il m'aurait donné sa vie !… et… il est parti parce que je le lui ai ordonné ! Sa voix semblait porter tellement de souffrance, qu'il peinait d'articuler convenablement.
— Sans lui, la mienne n'a plus d'intérêt… ajouta-t-il avec conviction.
Devant les yeux médusés et attristés, se rendait-il compte de ses propres paroles ? Arthur n'avait surement aucune idée du sens qu'il leurs donnait. Le blond planta son regard brillant dans ceux de Gwen pour lui montrer sa détermination tandis qu'elle ne lisait que de la peur dans ceux du roi.
— Merlin est le gardien du monde magique et je l'ai tué de mes propres paroles… recommença Arthur d'une voix vibrante.
Et pour lui-même : '' j'ai été trop dur et lâche pour reconnaitre en lui Sa Grandeur… et je l'ai tué '' Du regret, il en avait déjà et le pardon ne servait à rien. Il déglutit avec difficulté pendant que sa gorge se nouait lentement :
— Alors si j'ai une chance, même petite de le ramener parmi nous, alors je la tenterais. Sinon, à quoi me servirait-il de régner après ce que je lui ai fait ? !

Des perles dévalèrent soudainement sur ses joues, cette douleur de ne pas réussir venait à nouveau le tirailler de l'intérieur. Baissant la tête, honteux devant ses hommes de son acte inconscient, il reprit :
— Je ne mérite pas de porter la couronne si Merlin ne revient pas !
.
Derrière ces simples réponses, Gauvain comprenait qu'ils ne pourront pas le faire changer d'avis. Il en avait voulu à ce crétin royal d'avoir renvoyé le jeune sorcier. Et cette souffrance qui s'était insinuée en lui, quant à la lecture de la lettre d'Hunit, il avait cru en mourir à son tour. Il était vrai qu'Arthur était le seul responsable et qu'à cause de sa haine contre la magie, ce dernier l'avait ignoré et pire, avait durant quelques minutes oubliées qui était Merlin… un serviteur et un ami loyal et fidèle.

Quelques jours après ce drame, il avait vu son roi se laisser emporter par sa négligence qu'avait engendrée l'annonce de la mort de Merlin. Mais quand lui-même la subissait, il n'avait pas eu le courage de regarder son souverain. Et peu à peu, il s'en était voulu de ne pas avoir retenu son ami. Le chevalier s'était senti soudainement responsable de son départ parce que Merlin était comme un frère et en tant que tel, il n'avait pas su le protégé de la colère d'Arthur. Il avait haï ce roi de toute son âme pour l'avoir mené à cette fin et il s'était détesté à tel point qu'il ne se permettait que de souffrir en silence.

Et aujourd'hui, devant les paroles du roi, Gauvain ressentait la force d'Arthur, résignée, à veiller sur le jeune brun. Le chevalier connaissait enfin les sentiments de Merlin pour le jeune roi à travers Emm. Mais qu'en était-il du blond ? Jetant un regard à Guenièvre, il se souvint de leur séparation mais jamais, il n'avait vu le jeune Pendragon faire le moindre geste envers le jeune sorcier. Gauvain avait beau essayer de se mettre à la place d'Arthur, il ne comprenait pas comment il pouvait être aussi aveugle… Tout ce qui concernait le jeune sorcier devenait insensiblement invisible à ses yeux.

Bien sûr, le peuple savait que Merlin était devenu, au fil du temps, un ami pour ce dernier. Or jamais, il n'aurait cru le roi être capable de renier ce dernier comme il l'avait indignement fait. Soupirant, il espérait seulement que Morgana ne se montre pas tant que Merlin ne serait pas encore de retour et si bien sûr, le jeune roi y parvenait. Tel était son dévouement pour ce roi, Gauvain resterait fidèle à Arthur. Alors levant fièrement son regard sur son souverain :
— Il arrive parfois que chacun fasse un choix et si le vôtre est de ramener Merlin, alors je vous donne toute ma bénédiction et vous souhaite bonne chance, lui murmura-t-il.
A travers ses lèvres tremblantes, Gauvain avait mal au plus profond de lui. Le cœur serré par un sentiment d'incertitude qui s'emparait douloureusement de lui, il fixa le roi de ses yeux humides.
— Parfois Arthur, il suffirait seulement que vous ouvriez votre cœur pour réussir cette quête qui n'est pas la nôtre, continua-t-il sur le même ton.
Il souffrait d'une douleur qui lui bloqua soudainement la gorge et ce fut en inclinant la tête qu'il sortit prendre l'air.
.
Arthur était ému et en ces mots pleins de sagesses, il aurait pu être prononcé par Merlin lui-même. Le corps chancelant d'émotion, il se retint sur une botte de foin. Le regard perdu et humide, il releva son visage sur le couple. Il avait devant lui, le chevalier qui avait pris le cœur de Guenièvre et pourtant jamais il ne lui en avait voulu. Pour lui, régner sur Camelot consistait à vivre auprès de son peuple et de veiller à la prospérité si un jour, Arthur atteignait ce but. La poitrine comprimée, le blond ne put étouffer un sanglot et clignant des paupières, Lancelot lui dit :
— Votre Altesse, nous avons confiance en vous… ne baissez surtout pas les bras…
Durant plusieurs minutes le silence, la mélodie du jeune sorcier semblait couvrir Arthur de sa peine mais il ne l'entendait pas encore. Le jeune couple le laissa seul pour lui permettre de se reprendre un peu avant qu'ils ne partent.
.
Gauvain croisa Emrys, les cheveux en batailles, en sortant de la grange. Inquiet qu'il ait pu écouter leur conversation, il attendit que le plus jeune commence à parler :
— Sir, est-ce vrai ? Arthur devra-t-il affronter cette sorcière ?
Le chevalier comprit qu'il n'avait rien entendu et sa question lui fit l'effet d'une torture. Comment dire à ce petit que l'espoir était encore mince ? Et pourtant il avait confiance en son souverain mais comment garder cette étincelle d'espérance quand la magie du jeune sorcier n'était plus présente en lui ? Que cet espoir n'avait plus lieu d'être puisque Merlin n'était plus ici. La gorge encore trop serrée, il baissa seulement la tête et resta cloitré dans son mutisme.
.
.
Emrys s'était réveillé en sursaut. Sentant la fraicheur de la nuit qui lui caressait le visage, il s'aperçut que la place du jeune blond était vide. Faisant le tour de la maisonnée, son cœur s'emballa subitement et sortit sans un regard à sa mère pour trouver Arthur. Pied nus sur la terre molle, il tomba nez à nez avec le chevalier qu'il appréciait bien. En croisant son regard humide et rougis, un frisson le parcourut le long de son dos.

Emm avait une mauvaise appréhension et devant le silence pesant de Gauvain, il ne put s'empêcher de s'approcher de la grange. Le jeune garçon plaqua son visage sur l'une des ouvertures pour être affligé de la scène que ses yeux lui dévoilaient. Arthur était face à une botte de foin, tête baissée, les mains entreposées de chaque côté. Le brun pouvait percevoir les mouvements brutaux de ses épaules qui étaient secouées par la force de ses sanglots. Pourquoi pleurait-il ? Les perles du jeune roi tombaient littéralement droites au sol mouillé et elles ne cessaient de dévaler ses joues…

Emrys avait subitement mis ses mains sur sa bouche pour étouffer un cri de douleur. Il ferma un instant ses paupières et la seule chose qu'il put voir, ce fut cette terrifiante sorcière aux cheveux noirs qui lui lançait une énorme boule de feu. De cette effroyable prémonition, le brun savait qu'il ne pourrait rien pour Arthur mais imaginer un jour vivre sans lui n'était pas envisageable. Il courut jusqu'à la maison et s'emmitoufla dans son lit de fortune. La couverture sur sa tête, il frissonnait à l'idée qu'un jour, tout cela finisse.
.
Hunit se retourna brusquement vers la porte quand elle vit son fils partir se cacher sous l'épaisse drap capitonné. D'où elle était, elle pouvait entendre ses sanglots et bien qu'elle sache de quoi cela retournait, elle s'assit à ses côtés et lui caressa le dos.
— Emm ? Que se passe-t-il mon fils ?
Elle souleva un bout de cette lourde toile pour découvrir un visage ravagé de pleurs. Le cœur serrée, elle l'incita à se redresser et le blottit tout contre elle. Elle attendit vaillamment qu'il cesse de pleurer pour entendre :
— Arthur… souffla-t-il… il va me quitter, il va m'abandonner… finit-il par dire entre deux hoquets.
— Je le sais… cette sorcière veut me le prendre… il ne put étouffer ce cri d'angoisse qui le fit refroidir encore plus.
Hunit savait que son fils avait décidé de revenir sans ses pouvoirs et pour la première fois, elle le sentait impuissant devant le monde cruel qu'était le sien. Et la manière dont il parlait d'Arthur lui serra davantage la poitrine parce qu'enfin, Emm lui avouait à travers ses mots, l'amour qu'il lui porte.
— Maman, je ne peux pas… je ne pourrais jamais…
Elle posa une main sur la tête d'Emm et intérieurement, elle aurait voulu hurler…
Alors, ne grandit pas…
Lentement de ses bras, elle le berça puis tendrement, elle le positionna sur le lit à côté de celui d'Arthur. En le recouvrant, elle priait pour que ce dernier retrouve son chemin.
.
.
Dans la grange, la nuit, le jeune roi pleurait en silence. Il doutait seulement de lui-même, de sa capacité de croire en quelque chose qu'il avait appris à haïr et de croire en Emrys comme Merlin avait foi en lui. Cette douleur insupportable venait à nouveau s'insinuer en lui. Aujourd'hui, il avait senti l'ampleur de la souffrance que portait Kilgarah. Celle-là même qu'il avait fait subir à son valet. De ses poings, il frappa durement la botte de foin car cette incertitude paraissait subitement l'envahir.

Serrant la mâchoire, il se demandait s'il parviendrait réellement à retrouver son ami parce qu'il ne comprenait pas de quelle vérité lui parlait de le grand dragon. Arthur se ressaisit et séchant ses larmes, il releva un visage dur. Comme pour s'en convaincre, il se dit :
— Je la trouverais sa vérité !
Après quelques minutes à se remettre, il retrouva ses amis et après des embrassades, il les laissa s'en aller avant de se coucher.
.
.
Et durant cette nuit et que tout le monde s'était endormi, le plus jeune se retrouva bercé par une lumière bleutée qui lui offrit deux années…
.
Emrys courait à travers les bois après son roi. Tendant sa main en avant, il essayait de le rattraper mais ce fut en vain. A chacun de ses pas, il entendait les battements de son cœur s'accélérer comme des coups de tambours, l'éloignant inéluctablement de lui. Il le sentait, Arthur se détournait de lui. Il avait beau lui hurler dessus mais le jeune Pendragon ne se retournait pas, continuant sa marche dans les ténèbres qu'était devenue subitement la forêt. Arthur disparaissait dans le brouillard, l'abandonnant au milieu de l'obscurité… Et Emm entendit un hurlement tranchant provenant vraisemblablement de la gorge du jeune roi.

Transpirant, Emm se réveilla en sursaut quand il distingua cette lumière bleutée tout autour de lui s'effacer subitement. Or trop harponné par son cauchemar, il s'emmitoufla, tremblotant, sous la couverture et dos à Arthur, il cligna ses paupières car une peur insoutenable le saisit de tout son torse. Dans cette noirceur silencieuse, il laissa échapper des larmes d'émoi. Est-ce que cela allait-il se produire ? Secouant avec légèreté sa tête, il ne voulait pas, de tout son cœur, il ne désirait pas perdre son roi… Se mordant rageusement la lèvre inferieur pour éviter d'échapper un sanglot, le jeune brun souffrait fatalement de ce cauchemar.

Cette terrible angoisse semblait se scotcher tout le long de son dos, le faisant frémir de frayeur. Tremblant, il empoigna le lourd tissu de laine comme pour calmer cette crainte. Un léger mouvement du blond le fit encore sursauter l'empêchant de reprendre son souffle. Fermant ses yeux humides, il n'arrivait plus à fermer un œil. De son souffle entrecoupé, ses perles emplies de tristesse, Emm ne voulait plus dormir. Revoir encore ce rêve, le rendait nerveux car une certaine réalité semblait s'affirmer à travers ce tragique songe.

Soudain, Emrys sentit un bras se poser sur sa hanche, le tirant près du corps chaud se trouvant derrière lui. Posant une main sur sa bouche pour empêcher un cri d'en sortir, son corps s'apaisa totalement contre cette chaleur. Lentement, le cœur palpitant, Emm put se rendormir au rythme du souffle régulier d'Arthur.
.
Au milieu de la nuit, le blond avait perçu les tremblements du plus jeune. Intérieurement, il savait qu'Emm venait de faire encore un cauchemar. Arthur n'osait pas bouger car il ne savait pas comment réagir devant cette peur que lui-même redoutait. Le jeune roi se souvint encore des mots qu'il lui avait dits… et comme il n'était pas vraiment doué pour consoler les personnes qu'il appréciait, il resta un moment immobile. De sa position, il voyait l'ombre de l'épaule gauche d'Emm remuée par ses pleurs silencieux. Il avait senti ce dernier tirer la couverture un peu plus haut. Le cœur serré, son cerveau lui dicta seulement d'attirer Emrys plus près de lui et ce fut ainsi qu'il s'endormit en écoutant le cœur de celui-ci battre à intervalles réguliers.
.
.
Un mois plus tard…
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La brise portait encore en son sein cette romance que le roi n'entendait toujours pas… Elle virevoltait à ses côtés mais telle une habitude, il restait aveugle et sourd… tout comme cette vérité qu'il ne découvrit pas. Cependant la magie de Merlin continuait à œuvrer en son nom et seulement pour le souverain qu'elle chérissait.
.
Emrys, du haut de ses seize ans, avait passé le mois entier à rester près du jeune roi. Depuis le départ des chevaliers, il n'avait plus revu Arthur pleurait. Emm en était soulagé car il ne comprenait pas son chagrin… hormis quand il passait à côté de la tombe de Merlin. Ce matin-là, il se tenait devant cet édifice en caressant de ses doigts fins la pierre. S'agenouillant, le jeune homme semblait communiquer avec lui. Un léger souffle paraissait le bercer avec douceur, alors levant son regard, il distingua Arthur qui s'approchait de lui. Le cœur battant, il le trouvait chaque jour aussi beau… Baissant son regard, il s'empourpra.
— Ta mère m'a dit que tu voulais aller au lac ?
Emrys hocha la tête et posant sa main sur la tombe, il murmura en cette direction :
— À bientôt.
Devant le regard médusé du blond, il lui demanda :
— Quand pensez-vous que nous pourrions y aller ?
— Dans quelques minutes, si cela ne te dérange pas… cela évitera de revenir tard.
Sur ce, le jeune brun le laissa sur place.
.
Arthur avait mal digéré le fait que le plus jeune ait pris deux années et encore moins, quand tôt ce matin, il atteignait les dix-sept ans. La main sur le cœur, il regarda Emm s'éloigner de lui. Pourquoi venait-il souvent parler à Merlin ? Mais ce qui le perturbait, était qu'il ne se rendait pas compte qu'il ne faisait qu'un… Une brise vint interrompre ce moment pour balayer son visage de ses cheveux doré qu'il n'avait plus coupé depuis plus d'un mois.

Arthur posa une main sur la pierre et se consolait de voir combien Emrys était si vivant et si heureux. Durant ce dernier mois, il voyait le brun grandir et évoluer à ses côtés. De par sa jeunesse, il apprenait à connaitre Merlin à travers lui et pourtant, cela ne l'empêchait pas de penser à lui. Et toutes ses nuits, quand la pénombre se faisait froide, Arthur serrait Emm jusqu'à s'endormir au matin. Le plus jeune ne lui parlait jamais de son cauchemar et comme un secret silencieux, Arthur appréhendait qu'un jour, Morgana revienne pour finir ce qu'elle avait commencé.

La connaissant, si la magie de Merlin protégeait son royaume, le jeune roi savait fatalement qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l'anéantir, lui le premier. Pendant tout ce temps, il avait tenté de trouver la vérité de Merlin, celle qui annihilera ses mots violemment dits.

Passé, présent et futur ?

Arthur ferma quelques secondes son regard et prit une profonde respiration. Il n'avait plus cédé depuis un mois et il ne comptait pas se morfondre à nouveau. Alors, il rejoignit Emrys qui l'attendait le sourire aux lèvres pour partir la journée au lac.
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.
Au lac d'Avalon
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Cela faisait déjà une heure qu'ils étaient arrivés et Arthur pouvait lire la joie sur le visage enfant du brun qui n'était plus d'ailleurs. Il avait de plus en plus la même allure que Merlin mais dans ses yeux, ce n'était pas vraiment lui et en lâchant un soupir, Arthur désirait simplement passé du temps avec lui. Son sourire avait le pouvoir de l'apaiser et le regarder ainsi se réjouir du paysage, il sourit à son tour. Debout face au lac, le jeune roi contempla l'horizon. Balayant son cauchemar sur la fin de Merlin, il essayait toujours de croire en la magie de ce dernier et face au vent, il respira l'air doux.
.
Quelques minutes plus tard, Arthur, planqué derrière un arbre, entendit le bruit de son piège, capturant ainsi un lièvre. Content de lui, il retourna près d'Emm qui sourcilla à sa vue.
— Que voulez-vous faire de lui ? Marmonna le plus jeune en croisant ses bras.
— Ben, le manger pardi ! s'écria content le blond en affichant clairement sa réussite devant le nez du brun.
— Il en est hors de question ! Je ne veux pas que vous lui fassiez du mal ! hurla soudainement Emrys en saisissant lui-même la bête de ses mains.
— Je préfère autant manger des fruits que de les tuer ! Vous n'aviez qu'à demander à ma mère de préparer un en-cas ! reprit-il contre le jeune roi.
Plus Arthur l'écoutait, et plus il lui rappelait son ami et au lieu d'en être blessé, il lui sourit quand le brun libéra le lièvre.
— Pourquoi vous souriez ? demanda-t-il timidement, secoué, par le regard brillant du jeune roi.
— Pour rien, mon petit !
A ce surnom, Emm le fixa durement :
— Arrêtez avec votre ''petit'' je suis grand maintenant ! lui cria-t-il le cœur battant à tout rompre.
Le plus jeune ne supportait plus qu'il le nomme ainsi… il voulait qu'il le voit comme lui le regardait, mais tristement, il savait que ce ne serait jamais le cas.
— D'accord Emm… répondit le blond en se retournant. Je vais quand même chercher du bois pour le poisson... si bien sûr, tu n'y vois aucun inconvénient ? demanda-t-il en faisant volte-face pour le fixer.
Ce dernier lui sourit et hocha la tête.
— Bien ! dans ce cas pour une fois, on est bien d'accord…
Sur ce, Arthur le laissa.
.
Tout en ramassant ces morceaux de bois, le vrai visage de Merlin ne cessait de le hanter. Il sentait cette douleur le tirailler de l'intérieur quand il eut un mauvais pressentiment. Lâchant ce qu'il tenait dans ses bras, il courut jusqu'au bord du lac où Emrys plongea pour nager. Devant cette scène, Arthur trembla de tous ses membres. Un étau invisible le prit de tout son torse et tentant de hurler :
— Emrys !
Le jeune brun le détaillait du milieu du lac mais le jeune Pendragon ne l'entendait pas. Le cœur palpitant, il avait l'impression de revoir Merlin qui se laisser couler au fond de l'eau. Tremblotant de ses tous ses muscles, une rage s'empara soudainement de lui et tentant de crier assez fort pour que le brun l'entende :
— Emrys revient ! Sors du lac !
La peur vint subitement l'envahir de toute part. Horriblement, Arthur n'arrivait pas à faire un pas dans cette eau d'où émanait encore le vide de son valet. Il n'arrivait pas à détacher son regard du brun qui lentement revenait vers le bord, au grand soulagement d'Arthur. Mais il eut le souffle coupé lorsqu'il ne discerna plus Emm dans cette immensité rempli d'eau. Figé, Arthur ressentait cette douleur le ressaisir du plus profond de lui. Les larmes semblaient couler d'elles-mêmes sur ses joues.
— Emrys ! Hurlait-il.
Cette peur infecte picorait chacune de ces parcelles de peau comme pour insister sur cette douloureuse souffrance. Arthur, la gorgé nouée, ne parvenait plus à émettre un cri… le regard flou, il ne distinguait aucune trace du brun dans cette eau redevenue calme. Désorienté, le jeune roi n'arrivait pas à faire un mouvement en direction du lac. Déglutissant avec difficulté, il ne cessait de trembler de terreur. Et dans un silence couvert par la brise mélancolique, il vit soudainement Emrys sortir de l'eau en lui souriant. Sourire qu'il perdit assez vite en croisant le regard d'Arthur.
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Sortant de l'eau, Emrys fut bouleversé par les traces de larmes sur le visage d'Arthur. Le cœur chancelant, il avança près de lui, en se demandant ce qu'il lui arrivait. Il n'eut pas le temps de lui poser une question que subitement, il se retrouva plaqué contre le torse de celui-ci, entouré de ses bras.
— Ne retourne jamais dans le lac ! Promets-moi de ne jamais y aller ! entendit-il de la voix vibrante et dure du blond.
Tressaillant, il écoutait les souffles entrecoupés d'Arthur et il sentait les tremblements de ce dernier se propageaient sur tout son corps. Pourquoi le roi se mettait-il dans cet état ? Puis, pressé contre la poitrine d'Arthur, Emm avait du mal à se maintenir debout. Alors tentant de se redresser, il bascula, entrainant le blond sur lui. Le jeune Pendragon semblait complétement ailleurs…
— Pardon, Arthur, réussit-il à murmurer.
Et sa gorge se serra brusquement quand il croisa le regard humide et rougi du jeune roi. Emm céda à ses larmes parce qu'il n'aimait pas le voir ainsi. Pourquoi réagissait-il de cette manière ?
.
Immobile, Arthur souffrait. Quand enfin le jeune homme arriva à sa hauteur, il le prit rapidement dans ses bras en cachant ses sanglots. Clignant de ses paupières, il savait qu'il avait réagi au quart de tour et qu'Emm n'y était pour rien. Mais le voir disparaitre sous l'eau… le ramenait à cette fin tragique de son ami, Merlin. Le blond semblait s'étouffer de sa propre peur.

Mentalement, il regretta d'avoir accepté d'emmener Emrys ici. Rageant de tout son être, il ne voulait pas le perdre. Déjà qu'il allait atteindre sa dix-huitième année, Arthur sentait la fin arrivé… Serrant encore davantage Emrys tout contre lui, il ne s'aperçut pas qu'il était tombé à terre. Quand il releva son regard sur celui du plus jeune, il le contempla difficilement. Oui, c'était bien Merlin… ces yeux si bleus et si doux… son sourire…
— Si je le pouvais, je resterais toujours avec toi… entendit-il…
D'autres larmes dévalèrent de ses joues que le plus jeune effaça de sa main. La chaleur d'Emm le consola de sa peine. Arthur était trop en colère contre lui pour répondre à ce que venait de lui dire le brun. Il se contenta de calmer ses nerfs et se mit en position assise. Emrys sentait son cœur battre seulement pour cet homme rongé par un regret dont il ne comprenait pas. Il s'agenouilla à côté d'Arthur et ensemble, en silence, ils contemplèrent le lac.

Mais pour le jeune roi, cette douleur revint en force, obligeant ses larmes de se livrer à nouveau à son chagrin. Ses bras autour de ses genoux et la tête au-dessus, il cacha son visage en murmurant silencieusement :
— Tu me manques tellement… et doucement, il sanglota.
De tout son cœur et de toute son âme, il délivra ses quelques mots et lentement cette mélodie qui n'était jamais loin du roi, elle lui murmura des paroles longtemps ensommeillées en ses airs :
Je lui aurais donné ma vie…
J'aurais veillé sur la sienne…
Je l'aurais suivi où qu'il aille…
J'aurais traversé des royaumes pour lui…


Arthur les entendait comme un chant et relevant son regard devant lui, il croisa ceux du brun qui était tout aussi triste que lui. Etait-ce bien la voix de Merlin ? Il avait reconnu les premières phrases et le corps tremblant, il se mit debout en même temps qu'Emrys. L'un en face de l'autre, Arthur voulait continuer à croire en Merlin pendant que le plus jeune, lui, douloureusement ne comprenait rien. Dans ce silence perturbant, un ricanement déchira le temps faisant sursauter les deux jeunes gens.
.
— Que c'est touchant Arthur ! entendit-il de la voix de morgana.
Le jeune roi plaça subitement Emrys derrière lui avec sa main droite, le protégeant de sa sœur. Il se souvint de sa dernière rencontre et fatalement, il savait qu'il venait d'échouer. Chancelant, il se tourna vite fait sur le brun, posant ses deux mains tremblantes sur les épaules fines de celui-ci, il lui hurla :
— Cours et ne te retourne pas !
Mais contre toute attente, Emrys, le regard décidé, lui cria :
— Non ! Je ne te laisserai jamais !
Arthur, affolé, détailla sa sœur quand, sans attendre elle lui brailla hostilement :
— Je ne sais pas comment tu t'en es sorti mais je peux t'assurer que je ne te raterais pas cette fois-ci !

En même temps qu'elle lui crachait sa haine, Arthur sentit une nouvelle fois cette vague flamboyante le prendre de plein fouet. Cette douleur physique, il l'avait déjà ressenti autrefois quand Merlin était encore dans son royaume. L'âme en peine, il savait que tout était fini et il entendit de la voix rauque pleine de rage et de force du jeune brun :
— Non ! Arthur ! Non !
Ses paupières devinrent lourdes et avant de les fermer pour toujours, il aperçut deux orbes dorés le fixaient et dans un dernier souffle, il murmura :
— Merlin…
.
Emm reconnut la femme de ses songes et immobile, il ne voulait pas se distancer du jeune roi. Restant impuissant, face à la sorcière, une boule de feu lumineuse se dirigea vers Arthur et le percuta l'envoyant violement en arrière. Ratant un battement de cœur, Emm ne put s'empêcher de hurler son nom et il s'écroula à côté du corps d'Arthur. Les mains tremblantes, le jeune roi s'endormait à jamais, l'abandonnant sur le bord du lac. Le regard flou, Emrys n'osa croire que tout était fini et difficilement, il posa sa main sur la plaie rouge vif qui s'était formé sur la poitrine de son roi.

Le jeune brun serra des dents enragé par sa douleur soudaine quand précipitamment une immense colère l'envahit de tout son être. Une énorme souffrance le prit par le torse et dans sa tête, le jeune brun se remémora de qui il était et qui il devait veiller. Une dernière fois, il contempla l'homme qu'il chérissait en silence et toute sa magie sentit le débordement d'amertume de son maitre. Hâtivement, elle s'insinua en lui, provoquant la couleur or de ses yeux. La nature s'éveillait à sa rage et tel un appel, le ciel s'assombrit de sa peine et levant ses deux mains levées en hauteur, Emrys redevint celui qu'il fut jadis : Merlin.

Le cœur meurtrie, le jeune homme se tourna irasciblement contre Morgana, le regard dur et combatif. À travers la forêt, des trainées bleutées, étincelantes et brillantes, vinrent de toutes parts entourer le jeune sorcier. Son aura se reconstitua telle une seconde enveloppe et lentement, sa magie retourna définitivement auprès de son maître. Un vent violent souffla et face à la traitresse, il l'observa de son regard qui ne cachait nullement sa nervosité et la pointant du doigt, une haine inconsumable s'enquit tout le long de son corps tremblant. Telle une tornade, sa magie acquière bien plus de puissance mais de l'amour qu'il portait pour le roi Arthur, les pupilles de Merlin passèrent d'une couleur dorée à celle d'une intensité bleutée.
La terre qui avait longtemps pleuré son enfant, lui offrit sa magie pour cet affrontement…
.
Devant cette catastrophe, un vent froid et brumeux se leva sous le regard bleuté et provocateur de Merlin. Face à Morgana, sa colère était diffuse, mêlée de haine et de tristesse, Merlin n'allait pas la laisser s'en tirer une seconde fois. Le souffle saccadé par cette peur qu'il avait connue, les perles de regrets coulèrent tout comme il se mit à hurler sa peine, tranchant les nuages en deux. Les feuilles d'automnes virevoltaient autour d'eux et à travers cette affliction hargneuse, Merlin avait foi en sa magie tout comme il avait foi en celle de la Terre. En ses veines, elle était source de bienfaisance… novatrice et destructive à la fois, Merlin n'avait qu'un choix à faire.
Pendant ce temps, douloureusement la brise caressa de ses airs le corps inerte du jeune roi… Et là- haut dans le ciel couvert par la désolation du jeune sorcier, Kilgarah se joignait à la frénésie de son seigneur.
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A suivre



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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 31 Déc 2012 - 17:31

J'aime beaucoup cette histoire.
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MessageSujet: Re: Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13   Lun 31 Déc 2012 - 19:13

Ne pourront-ils donc jamais être ensemble? Maintenant que Merlin est de retour, voici qu'ARthur est mort!!! Il va falloir arranger cela!!!


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: suite   Mar 1 Jan 2013 - 12:19

Merci merci pour les commentaires !

CHAPITRE 6 : La colère divine

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La Terre…
En cette fin d'après-midi où le soleil, père de la vie, avait pu observer son enfant se réjouir d'être auprès de celui qu'il avait tant veillé, percevait la souffrance diffuse de ce dernier. Elle était amère et nerveuse, et à travers le simple corps mortel, son aura ne pouvait la contenir, toute comme cette souffrance que le jeune roi lui avait fait subir. La rage que détenait le sorcier était telle qu'il avait fait appel au pouvoir de la Terre, mère de l'essence vitale. Ses pupilles bleutées étincelaient cette puissance que lui avait offerte celle-ci… cette dernière que les hommes appelleront plus tard, la planète bleue…

De cette couleur enivrante, elle en transcendait jusqu'aux veines de Merlin et pour lui, l'enfant de la terre, elle équivalait à celle de l'ancienne religion… De couleur or, cette dernière avait un but, celui d'aider les hommes qui la pratiquaient mais parfois, seulement parfois, certains s'en servaient comme d'un droit supérieur. Un don que peu dispose mais pour la plupart, ils l'encourageaient à la destruction… contre certains des leurs et surtout contre l'utilité même de la magie.

La magie aurait dû être considérée comme merveilleuse et éblouissante… Une beauté parfaite aux yeux de tous mais elle avait omis une règle, celle qui différenciait la source de l'ancienne religion et les hommes… Le choix du libre arbitre… un choix qu'en chacun des hommes faisaient de ce don soit une bénédiction ou… soit une malédiction…
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La Terre, navrée et affligée, refusait de voir son enfant souffrir parce que cette magie que lui avait insufflé à la naissance cette ancienne religion, devait permettre de réunifier le monde magique : Albion. De cette destinée que seul Merlin devait effectuer, il avait été élu… Etait-il à la hauteur de leur espérance ? Etait-il assez solide pour vivre caché ? Etait-il fort devant l'adversité des autres ? A ces questions, la magie répondrait oui sans aucune hésitation.

Merlin avait le cœur sur la main, il avait supporté ses pertes, ceux qui lui étaient cher et surtout, il avait bravé des situations bien plus difficiles les unes que les autres. Cependant la haine qu'avait engendré la pratique douteuse de cette magique, avait poussé le jeune sorcier a l'abandonné. Des paroles vomies par le seul homme qu'il avait tant eu foi, du regard meurtrier par l'homme qu'il avait cru être plus proche… De cela Merlin n'avait pu le supporter…
Le roi l'avait trahi… l'aveuglant de sa soudaine haine envers lui.
Son souverain l'avait abandonné… poussant à extraire sa propre magie de lui.
Arthur l'avait chassé… l'intimant seulement à comprendre qu'il ne représentait plus rien…
La nature avait essayé de le soulager durant son trajet mais la douleur était trop lourde pour le jeune homme.
Chacun de ses pas étaient chargé de peine…
De ses pas, il répandait sa tristesse…
Or le plus accablant était cette trahison.

Merlin s'était senti trahi par sa propre magie, ses sentiments inavoués et surtout par sa naïveté d'avoir tant cru en la Grandeur d'âme de son souverain. Alors, le vent, tristement l'avait emporté au bord du lac, cachant en ses airs la voix mélodieuse du jeune sorcier. Oui, le vent avait bon espoir, qu'un jour, Arthur saurait entendre les mots qu'avait soufflé le jeune sorcier tout en marchand et cela, sans même sans rendre compte.

Et de cette mélancolie, que lui fit porter le jeune Pendragon, Merlin s'était laissé choir au fond d'Avalon… Dans ses eaux, sa peine était pleine de ressentiments… Merlin ne désirait qu'une chose… partir loin de celui qu'il avait chéri en secret, loin de celui qui l'avait rejeté… Le jour où tout avait basculé, Merlin avait révélé son amour et sa détresse à la Terre, aux animaux, aux arbres… à tout ce que la nature avait de bon. Ce vent d'automne avait patienté et continuait à le faire tant que ces mots étaient encore enfermés en ses airs… une mélodie pour un seul homme… une romance pour le seul qu'il ait veillé. En tout cela, personne, ni la Terre, ni le soleil et ni même l'ancienne religion n'aurait imaginé que le jeune sorcier tomberait amoureux de l'homme qu'il avait tant protégé.
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De cet amour, la mère de l'essence vitale, voulait lui donner sa chance et avec l'aide de la nature, de Kilgarah, des druides… elle lui avait offerte le choix d'une seconde vie… le choix de vivre… La Terre ne pouvait admettre que Merlin abandonne son destin sans se battre pour celui qu'il aimait profondément, elle se refusait cette action et toute la nature s'était jointe à elle. Pouvoir aider le petit Emrys à comprendre d'où lui venait cette douleur et surtout à saisir cette opportunité d'ouvrir son cœur.

Mais là, à cet instant, elle avait envie de pleurer, de laisser éclater les volcans, de brasser les océans… de brouiller encore plus le ciel ! Morgana venait d'éteindre cet espoir, cette flamme qu'elle tenait tant à conserver pour Merlin. Alors dans un déchirement, la tempête commença à faire rage coulant en ses pluies, ses larmes de tristesse. La Terre désirait tellement que son enfant qui avait tant donné de lui, tant perdu pour sa destinée… redevienne cet homme pur et souriant. De la décision du jeune sorcier de tout lâcher, elle ne comprenait pas le roi que son enfant veillait avec ferveur.
Tout comme Merlin, elle déchainait ses larmes à travers ses pluies qui tombaient littéralement comme des cordes….
.
.
La nature…
La nature s'était déchaînée au gré de l'humeur massacrante du jeune Merlin et de la Terre. Et cette brise qui gardait encore en elle les paroles si jalousement conservée pour celui dont elle était destiné, ne savait plus si cette mélodie servirait encore… Dans ce froid soudain, tout autour du lac où le ciel s'était voilé de nuages sombres et d'éclair brutal, le paysage devenait lentement noir… Juste le corps figé de deux prunelles bleutées se distinguait dans cette noirceur.

Le vent se faisait violence au regard de l'homme qui manipulait la magie avec aisance mais cette romance voulait continuer à croire, comme Arthur avait enfin eu foi en Merlin. Même à cet instant, cette foi, Merlin la ressentait… telle une caresse, elle avait toujours été sa force. Alors, cet air mélodieux espérait que la providence avait toujours une part d'espérance et avec la Terre, elles échangeaient leurs peines et leurs espoirs parce que Merlin se tenait debout sous cette pluies diluviennes, face à Morgana…
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Merlin…
Merlin, immobile, sentait le souffle du vent frais le maintenir dans cet état de colère et de rage. Face à celle qui venait d'anéantir sa destinée. De ses yeux, il se souvint avoir vécu cette scène et effroyablement, il entendait encore ses paroles si colériques et si dures. Debout, le jeune sorcier, la mâchoire serrée, souffrait encore de ce fardeau mais lorsqu'il tournait son regard sur son souverain, c'était avec le cœur meurtri qu'il le dévisageait.
— Non, Arthur ne devait pas mourir ! hurla-t-il d'une voix empreinte de nervosité et de haine.
Le corps chancelant, il revoyait tous ses instants passés avec lui sans avoir été le sorcier que le jeune roi connaissait si bien avant. Merlin la sentait encore cette horrible douleur de l'avoir perdu, insistante et persévérante, elle lui parcourait de toute son âme. Calmement, Merlin ferma ses yeux pour canaliser l'énergie de la Terre. Des scintillements bleutés parvenaient de toute part, du sol humide, du ciel gris, des arbres cambrés… de partout.

Pendant ce temps, le déchirement du ciel parvint jusqu'aux oreilles de Merlin, acceptant le chagrin de la Terre. L'obscurité en cette journée donnait encore plus d'ampleur à la situation. Lui, l'enfant chéri de la terre, avait un but et grâce à elle, il pouvait équilibrer cette partie du monde. Ouvrant avec lenteur son regard envahi d'étincelante lumière bleutée, Merlin était imprégné de la douleur de la terre…

Et telle une prière, le jeune sorcier écarta ses mains vers l'extérieur en signe de dévouement et il bascula sa tête en arrière pour sentir ses grosses gouttes de pluies l'effleurer. Béni des larmes éternelles, il se redressa les yeux encore plus brillant, Merlin semblait revitaliser. Quant au bout de quelques secondes, de son regard, il révéla au monde son pouvoir absolu. De l'éclat bleuté qu'affichaient ses pupilles, Merlin sentait le mélange de l'ancienne religion et de la Terre…

Cette étrange fusion le parcourait en chacune de ses parcelles de peau, en ses veines, en son cœur… en lui. Elle émergeait une telle puissance qu'il savait qu'il n'avait qu'un choix à faire… un seul geste… Alors, fixant la traitresse, le jeune sorcier resta muet tout en associant sa colère et sa tristesse à cette magie. Son regard ne démentait pas son état, il se savait juste. Et sans écouter les paroles de Morgana… Il commença…
.
.
Kilgarah…
De cette couleur apaisante, Kilgarah, d'en haut, voyait se dessiner par les trainées scintillantes une étoile bleu d'où chaque pointe éblouissait d'une intense lumière. Le souffle cour et le buste plongeant, le grand dragon tournoya au-dessus du lac, hurlant le chagrin de son seigneur. Le cœur pesant, de ses yeux mysthiques, il observait l'étoile bleue… symbole qui était source de lumière, de celle qu'avait volontairement délaissé le jeune sorcier. Merlin en son centre autour duquel, éternellement, pivota la force absolue de la Terre.

Kilgarah laissa échapper un hurlement lorsque Merlin désigna la sorcière de son index.
.
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Morgana…
Devant le cri du jeune Merlin qu'elle reconnut, elle avait senti une peur l'élancer de tout son corps. De ses yeux, elle voyait la nature se morfondre et se déchainer. Puis la minute qui suivit, le corps fin et enfantin, avait repris son allure normale… celui du vrai Merlin. Morgana ne comprenait pas ce qu'il se passait devant elle et pourtant, elle pouvait sentir sa magie frémir de terreur. Figée, pour la première fois de sa vie, elle venait de provoquer la plus cruelle des colères. Lentement, des scintillements bleutées passaient de-ci et de-là pour ne faire plus qu'un avec le jeune sorcier.
— Qui es-tu ? hurla-t-elle sans cacher sa peur.
Autour d'elle, le noir envahissait le jour et quand elle leva son regard, le ciel gris devenait de plus en plus sombre. De ses pupilles encore dorée, elle n'en croyait pas ses yeux, elle parvenait à peine à respirer tout comme elle ne parvenait plus à calmer ses tremblements soudain. Le corps chancelant, elle sentait son cœur palpiter de frayeur et son estomac qui se tordait d'une douleur encore plus insoutenable qu'à la mort de Morgause.

Quand elle fut parcouru de la pluie, sa magie tremblait d'effroi faisant tressaillir Morgana du plus profond d'elle. Ces gouttes paraissaient la bruler autant de l'intérieur que de l'extérieur. Douloureusement elle tomba à genoux et les mains en avant, elle souffrait de ce mal qui la rongea. Difficilement, son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine tout comme son essence vitale désirait sortir d'elle. De cette terrifiante douleur, que même le pire ennemi n'aurait souhaité, la jeune sorcière lâcha ses larmes…

Mais de quelles larmes ?
Celles des regrets ? Oh non, la terre ne rentrerait pas dans son jeu…
Celles des ressentiments ? Elle en a tellement en elle que même le pardon ne suffirait pas !
Celles de la peur ? Ce devait être que de cela…

Essoufflé par son manque d'oxygène, elle se maintint d'une main sur son torse, tête baissée laissant tomber ses cheveux châtain d'un seul côté. Sous cette pluie battante, trempée, elle serra entre ses doigts un peu de terre humide. Elle cligna des paupières tant son corps était pris de cette souffrance qui n'était pas la sienne… enfin, elle venait de réaliser que sa douleur était celles des autres. Tout ce qu'elle ressentait actuellement appartenait à tout ce qui l'entourait et inévitablement, elle ricana de cette situation.

Le son rauque, Morgana avait encore la force d'ouvrir sa haine envers le jeune Pendragon, l'enfant choisi des dieux. De son rire sarcastique, elle leva son regard sur Merlin pensant pouvoir le déstabilisé mais une nouvelle fois, ce fut à elle de se figer. Devant ses yeux, la dureté du regard bleutée la fit encore davantage frémir et c'était bien son corps entier qui était sous le choc. D'une vielle légende, la colère divine n'avait qu'un but, celui de concilier la haine et l'amour par celui qui demander l'équilibre.(1)

Morgana connaissait par de vieux récit cette aptitude rare et fusionnelle. Dans un état d'agitation, elle balaya son regard sur tous les horizons. La jeune sorcière tremblait devant ce cauchemar qu'elle avait elle-même engendrée. Elle n'aurait jamais imaginé un jour être celle qui la provoquerait. Se levant avec beaucoup de difficulté, au bout de quelques minutes, debout face à sa création, elle contempla Merlin. Fatalement, sous les pleurs de la Terre, elle ferma ses yeux. Elle semblait subitement prendre conscience que sa haine avait poussé à bout tous les éléments…

Morgana connaissait la puissance de cette colère divine qui était aujourd'hui entre les mains de Merlin. Face à son destin, elle ouvrit son regard d'où la couleur or venait de s'effacer parce qu'inévitablement, sa magie ne lui servirait plus à rien. Elle se dressa tout de même fièrement car de ses dons, elle avait enfin réussi à tuer Arthur Pendragon et cela lui suffisait. Morgana n'avait aucun regret et elle lança un sourire narquois en attendant la sentence du souverain d'Albion.
.
.
Arthur…
Etait-il mort ?
Il était dans le noir le plus total, aucune trace de lumière… mais il sentait la chaleur de Merlin qui l'entourait.
Comment pouvait-il la sentir ?
Arthur avait reçu de plein fouet le sort de Morgana et… oui, Merlin était de retour !
Pouvait-il encore avoir un corps, là, à cet instant ?

Car si tel était le cas, il était certain de le sentir palpiter à toute allure. Arthur aperçut une lueur, droit devant lui… mais en flottant, il fut entouré d'une intense lumière bleutée, d'une douceur et d'une tendresse infinie, il n'avait pas peur. L'âme déchirée, du plus profond de son cœur, il ne comprenait pas son besoin de voir ou de sentir Merlin… Et dans cette affection paisible, il entendait une voix, tremblante, pleine d'émotion dont le jeune roi ne trouvait pas les mots pour la décrire :
— Jeune Pendragon, il est temps d'ouvrir votre cœur… à votre retour, une épreuve se profilera... puisez, apprenez, regardez… trouverez-vous ainsi sa vérité…
La voix était douce, calme… mais en était-ce une ? Tout était confus… De son corps blessé, les gouttes de pluies le traversaient comme pour le soulager de sa terrible blessure. Sa gorge reprenait doucement cet oxygène frais… tout comme ses muscles semblaient reprendre des forces…
.
.
Tous ces regards pour une seule traitresse ! Tous ces regards pour un seul sorcier ! Tous ces regards pour l'équilibre de la haine et de l'amour ! Et la tempête faisait rage, entre les ailes de Kilgarah qui portait encore son fardeau, il veillait sur l'ensemble du lac. Le soleil, derrière cet écran de nuages noirs, gardait espoir tout comme cette romance qui patientait encore…

Alors devant la puissance salvatrice de la colère divine, la nature attendit le choix de Merlin… Se battra-t-il pour l'homme qu'il a tant aimé ?

à suivre


1 : inventé de toute pièce pour la fic.
Note : l'histoire du soleil et de la Terre n'est que pure invention mais j'aime à penser que tout ce qui entoure un sorcier est puisé en la nature, surtout pour un druide. Voilà pourquoi dans mes fics, j'utilise toujours cette teinte bleutée. Juste un rappel pour notre si belle terre…



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Merlin - Le choix d'une vie - Merlin & Arthur- PG13
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