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 Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13

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Cissy
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MessageSujet: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Ven 15 Mar 2013 - 18:34

Excellent anniversaire Cali! Voici une petite histoire pour toi... L'illustration est de Dame Louzanes



Les personnages de la série ne m’appartiennent pas. Ils sont
la propriété exclusive de : Ann Donahue & Anthony E. Zuiker. Je ne
tire aucun bénéfice de leur mise en situation dans cette fiction.











Dix jours
Il y a des minutes, des heures, des jours qui peuvent faire basculer toute une vie.



Prologue
- Mac Taylor !

Le chef du laboratoire de la police scientifique venait de s’annoncer à sa manière sèche à peine la sonnerie de son téléphone avait-elle retenti. Il écouta attentivement ce que lui disait son interlocuteur avant de raccrocher après un laconique :

- On arrive.

Déjà son équipe avait compris et chacun s’afférait à rassembler ses affaires personnelles : en ce mois de janvier, la température était proche des – 10° et les scientifiques n’avaient nulle envie de geler sur place. Ils se dirigèrent ensuite vers le parking souterrain où leurs véhicules étaient garés, dans lesquels se trouvaient déjà les mallettes équipées de tout ce qui leur serait nécessaire sur place.

Tandis qu’ils roulaient vers le lieu de l’intervention, Sheldon Hawkes, qui était monté avec son chef, lui demanda :

- De quoi s’agit-il ?

- On a retrouvé un corps dans Washington Park.

- Encore un ?

- Encore un.

- Même MO ?

- Apparemment.

Sheldon n’insista pas : visiblement Taylor n’était pas d’humeur badine. Il observa le profil du lieutenant tandis que celui-ci guidait la voiture à travers la circulation déjà importante de ce début de journée. Le visage de Mac était tendu et la crispation régulière de sa mâchoire indiquait sa préoccupation. Sheldon comprenait fort bien ce qui motivait cette réaction.

Il se souvenait de l’appel, dix jours plus tôt : on avait retrouvé un homme, déjà dans Washington Park. L’équipe s’était aussitôt rendue sur les lieux pour découvrir la victime : un homme entre trente et quarante ans, brun, les yeux ouverts sur l’indicible horreur d’une mort qu’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi. L’homme avait été torturé et sauvagement violé avant d’être éviscéré et jeté dans une poubelle du parc. Des touristes matinaux, qui n’oublieraient plus jamais la vision atroce, l’avaient trouvé là et avaient aussitôt appelé la police.

En dix jours, bien que faisant de leur mieux, les scientifiques n’avaient pas réussi à obtenir le moindre indice permettant aux enquêteurs d’orienter leur recherche dans un sens ou dans l’autre et, plus le temps passait, plus il semblait que ce crime doive s’ajouter à la longue liste des méfaits impunis dans la ville qui ne dort jamais mais où le crime ne s’arrête jamais non plus.

Sheldon se demandait pourquoi Mac semblait prendre cette affaire tant à cœur : certes l’homme avait connu une fin horrible, mais ce n’était ni le premier, ni malheureusement le dernier cadavre qu’ils récupéraient, victime de la barbarie humaine. Etait-ce parce qu’il se souvenait encore de l’entretien douloureux avec sa veuve ? Des larmes de ses trois enfants, massés autour de leur mère, ces gosses qui ne croiraient plus jamais que le monde pouvait être beau ? Etait-ce parce que l’homme était un ancien marine, comme lui, démobilisé depuis cinq ans déjà ? Etait-ce simplement parce que malgré tout ce qu’il avait vu depuis de longues années, Mac Taylor restait un homme sensible et idéaliste qui détestait qu’on le mette face à ce que l’humain a de plus bestial en lui ?

Ou bien, tout simplement, conclut Sheldon alors que la voiture s’arrêtait à la lisière de la bande jaune délimitant le périmètre de la zone de crime, parce qu’une mort est toujours tragique pour quelqu’un et que, quand ce n’est pas le cas, quand il ne se trouve personne pour pleurer le disparu, c’est peut-être encore pire.

- Ah Mac !

Don Flack, lieutenant de police, s’avançait vers eux, le visage fermé : lui non plus n’aimait pas être appelé au petit matin pour retrouver un malheureux ayant connu une fin violente et atroce. Le visage de Mac se détendit quelque peu à la vue du policier et il lui adressa un bref sourire avant de s’enquérir des détails techniques.

- Comme il y a dix jours, résuma succinctement Flack. Cette fois-ci c’est un SDF qui faisait ses poubelles favorites qui l’a trouvé : nu, le corps couvert de plaies, éventré… Il y a tellement de sang qu’il est difficile de se prononcer sur le viol mais…

Le policier n’acheva pas, il n’en était pas besoin. Le mode opératoire était trop proche pour qu’il s’agisse d’une coïncidence. Visiblement le meurtrier avait encore frappé et il était fort peu probable qu’il ne se soit pas livré, sur cette victime aussi, à cet acte barbare qui le ravalait au rang de l’animal, et même plus bas, conclut Mac en s’avançant vers la victime, parce que le viol n’existe pas dans le règne animal.

Il eut l’impression d’être reporté dix jours auparavant : même posture du corps, mêmes blessures béantes, mêmes yeux ouverts sur l’horreur, même physique aussi nota-t-il, visiblement leur meurtrier aimait les hommes bruns, plutôt grands et minces, dans la trentaine, conclut-il d’un seul coup d’œil. Et aussitôt, comme dix jours plus tôt son regard glissa inconsciemment vers le policier qui s’était éloigné pour parler au SDF qui avait trouvé le corps et, de nouveau, la même vision fugace de ce visage vint se superposer à celui de la victime, ajoutant à son malaise et à sa colère.

(à suivre)


Dernière édition par Cissy le Sam 27 Avr 2013 - 19:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Ven 15 Mar 2013 - 22:44

il fait pas bon vivre dans cette ville pauvres hommes, ils ont dû souffrir, les tuer ne suffisait pas, les violenter avant de mettre fin à leurs jours va falloir que l'équipe mette les bouchées doubles pour attraper ce malade. Dis moi que la vision de Mac ne se réalisera pas .


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Ven 15 Mar 2013 - 22:52

Merci de ton commentaire Aragone... Pour le reste


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 16 Mar 2013 - 10:32

C'est horrible colére colére colére
Je comprends l'inquiétude de Mac, comment ne pas faire le rapprochement entre Don et les victimes, ils se ressemblent tellement.
J'espère que l'équipe va rattraper ce malade.

Un prolonge qui donne envie
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 16 Mar 2013 - 11:24



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 16 Mar 2013 - 13:42

Quel début! Wouaaaah! J'attends la suite avec impatience!

bravo bravo bravo


Elijah Baley, l'inspecteur brun et le chatain R.Daneel Olivaw.



"Le véritable amour efface l'intolérance et les différences."

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 16 Mar 2013 - 21:15

Merci de votre enthousiasme!


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 17 Mar 2013 - 20:06

Mais c'est quoi ce malade encore ! Non mais quelle horreur se déchainement de violence ! Je comprends l'inquiétude de Mac, Don a malheureusement le profil idéal des victimes... Je la sens compliquée et pas de tout repos pour Mac cette affaire...

Excellent début...



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 17 Mar 2013 - 22:06

Merci Cat!


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Lun 18 Mar 2013 - 3:49

merci pour mon cadeau .... :j\'aime: :j\'aime: :j\'aime:


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Lun 18 Mar 2013 - 21:19

De rien la belle...


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 31 Mar 2013 - 18:50

Jour 1
- Alors ?

- Alors rien ! Toujours rien !

Mac avait le ton rageur en répondant à Flack qui venait d’entrer dans son bureau en l’interpellant ainsi. Un instant un voile de mécontentement passa sur le visage du policier puis il s’efforça de calmer sa colère grandissante : il savait que s’il y avait eu quelque chose à trouver, les scientifiques l’auraient fait.

- On a bien des traces ADN sur le dernier corps, enchaîna Mac, mais d’une part, il n’est pas référencé dans nos données et d’autre part, comme on n’avait rien trouvé sur les deux autres, on ne peut même pas comparer.

- Mais le MO nous indique qu’il s’agit bien d’un même tueur non ?

- Effectivement, tout indique que nous avons à faire à un seul tueur, mais nous n’avons que des preuves circonstancielles et un bon avocat pourrait tout à fait les mettre à mal.

- Sauf s’il y a aveu.

- Pour qu’il y ait aveu, il faudrait déjà qu’il y ait arrestation. Et pour qu’il y ait arrestation, il faudrait qu’on ait des pistes pour remonter jusqu’à ce salopard !

Mac envoya un coup de poing sur son bureau et Don s’avança vers lui, comprenant sa frustration :

- Vous savez bien qu’on l’aura Mac. Ce n’est qu’une question de temps. Déjà, cette fois-ci, il a laissé des traces ADN, ça prouve que sa confiance grandit et que, parallèlement, sa prudence diminue. La prochaine fois…

- La prochaine fois ça veut dire encore un mort Flack ! Vous en êtes conscient ! Je ne me suis pas engagé dans la police pour attendre patiemment qu’un malade tue un pauvre type afin de pouvoir avancer dans mon enquête ! Or, à ce point de celle-ci, c’est tout ce que je peux faire !

- Nous en sommes tous réduits au même point Mac, tous aussi frustrés et en colère que vous… Mais malheureusement, nous ne pouvons qu’espérer un faux pas de notre assassin ou alors la chance.

- La chance… En tout cas pas celle du prochain type qui tombera sur ce salopard, conclut Mac avec amertume.

Don le regardait, s’inquiétant des cernes qui marquaient son visage contracté par le mécontentement. Il aurait aimé trouver les mots qui auraient réconforté le lieutenant. Tout simplement, il aurait voulu le prendre dans ses bras pour lui murmurer qu’il avait confiance en lui, qu’il savait qu’il finirait par trouver et qu’il ne devait pas porter le poids du monde sur ses épaules. Mais il imaginait bien la tête du chef de la section scientifique s’il s’avançait, comme il en mourait d’envie, et qu’il l’enlaçait avant de poser ses lèvres sur les siennes.

Flack soupira, découragé à la fois par cette enquête qui n’avançait pas et par ce sentiment secret qu’il avait de plus en plus de mal à cacher. Depuis quand son amitié pour Mac Taylor avait-elle laissé la place à l’amour, à ce désir qui bouleversait ses sens et ses nuits ? Il n’aurait pas su le dire avec exactitude. Tout ce qu’il savait, c’est que petit à petit l’ancien marine s’était mis à peupler ses pensées, jours et nuits, et durant celles-ci, jamais de façon platonique ! Et depuis qu’il avait pris conscience de cette attirance, il tremblait qu’on la découvre. Comment Mac pourrait-il réagir en s’apercevant que le lieutenant se consumait d’amour pour lui ? Déjà qu’être gay dans ce milieu n’était pas évident, alors tomber amoureux d’un collègue, c’était bien la dernière chose à faire ! De toute façon, finissait-il toujours par conclure lorsqu’il s’autorisait à laisser ses pensées l’amener sur ce terrain, il n’était pas gay. Il tentait de se convaincre que tout cela n’avait pas vraiment de sens et qu’il confondait une profonde amitié avec quelque chose de plus sérieux. Mais les sentiments ne se programment pas et Don Flack l’apprenait à ses dépens, jour après jour, muselant ses désirs, retenant les gestes de tendresses et les paroles qui lui montaient parfois aux lèvres. Mac ne serait jamais qu’un ami pour lui et il savait qu’il ne devait pas en demander plus. D’ailleurs il ne voulait surtout pas en demander plus : il n’était pas et ne serait jamais gay ! Il y avait sans doute une explication à cet émoi qui le prenait lorsqu’il pensait à son partenaire et il finirait bien par la trouver.

Cependant, dans des moments comme celui-là, il aurait aimé que le scientifique puisse abandonner un peu sa charge sur lui et se laisser rassurer dans son étreinte. Il aurait su exactement trouver les mots et les gestes pour lui rendre sa confiance et l’empêcher de penser que le prochain mort serait sa faute. Il aurait su, le temps d’une étreinte, lui faire simplement lâcher prise et se ressourcer dans la chaleur d’un autre corps, dans la certitude qu’on l’aimait avec ses forces et ses faiblesses, sans attendre de lui qu’il soit toujours le premier.

Il aurait su… Mais il ne le pouvait pas et il cherchait désespérément quels mots choisir pour rasséréner son vis-à-vis sans laisser transparaître ce qu’il ressentait vraiment pour lui.

Ce fut Mac qui, après un temps de silence, reprit la parole :

- C’est déjà le troisième, en moins d’un mois. Il n’y a eu qu’une semaine entre ses deux derniers meurtres : il accélère la cadence.

- Comme le font souvent les tueurs en série.

- Exact. Ca fait maintenant trois jours que nous avons retrouvé le dernier corps. Si ça se trouve il est déjà en chasse…

- Je sais Mac, je sais tout ça. Croyez-moi, j’aimerais autant que vous, plus peut-être, mettre la main sur cet enfant de salaud ! Mais malheureusement il nous manque ce petit rien qui nous permettrait d’attraper l’extrémité de la pelote et de la dérouler jusqu’à l’arrestation de ce malade. Toujours rien du côté des familles ?

- Non. Tim Smokes, notre seconde victime vivait seul dans un petit appartement et allait de casting en casting pour trouver un rôle dans les comédies musicales. Il était arrivé à New York il y a sept mois à peine, venant d’un coin paumé de Pennsylvanie où il n’a plus aucune famille, ses parents, tous deux enfants uniques, étant décédés dans un accident il y a dix mois. La banque a alors repris la maison familiale et, sans ressources, Tim est venu tenter sa chance ici. On ne peut pas dire que ça lui ait réussi.

- Et pour Harry Growford ? interrogea rapidement Flack, voulant empêcher Mac de retomber dans l’auto-flagellation.

- Un cadre supérieur, célibataire, collectionnant apparemment les conquêtes sans en garder jamais aucune aux dires de sa gardienne. Ses parents sont venus réclamer le corps : ils étaient anéantis. Harry était leur seul enfant !

- Rien de particulier d’après eux ou ses relations ?

Mac poussa un soupir d’exaspération : Flack connaissait aussi bien que lui les réponses à ces questions puisqu’il avait lui-même mené l’enquête. Mais il comprenait que le lieutenant voulait simplement tenter de voir s’ils n’avaient rien laissé de côté, un de ces détails insignifiants auquel on ne prête pas attention sur le moment et qui se révèle être la clé du mystère. Parfois, repasser à haute voix ce que l’on sait aide à trouver l’élément qui ne nous avait pas interpellé à première vue.

- Rien… Un type réglo, dur à la tâche, aux dents assez acérées sans être encore un vrai requin. Pas d’ennemi déclaré, pas de liaison inavouable… Le calme plat. On a à faire à trois types tout ce qu’il y a de plus normal, comme vous et moi.

En disant ces mots, il frissonna : l’idée même que Don puisse à son tour être victime de ce malade… Il savait que c’était aussi cela qui rendait cette affaire si sensible à ses yeux : les trois hommes se ressemblaient et ils ressemblaient au lieutenant de police, même silhouette sportive, même cheveux bruns épais, quand bien même Tim Smokes les portait plus longs. Dès la découverte du corps d’Ethan Jones, dix-sept jours plus tôt, il avait ressenti ce malaise et les deux corps suivant n’avaient fait qu’accentuer celui-ci. Visiblement leur violeur-meurtrier avait un type d’homme très marqué, comme souvent chez les tueurs en série. Et tant qu’ils n’auraient pas mis la main sur lui, alors Don Flack était une potentielle victime. Mais lorsqu’il avait mentionné cet aspect des choses, au détour d’une conversation, en s’efforçant de prendre un ton badin pour masquer sa réelle inquiétude, l’officier de police n’avait fait qu’en rire, lui démontrant qu’il y avait plusieurs millions d’hommes comme lui à New York, ce en quoi il avait raison, qu’il n’y avait donc aucune chance ou plutôt malchance qu’il tombe sur l’assassin et que si jamais cela arrivait, alors la malchance serait du côté de l’agresseur :

- N’oubliez pas que je suis flic Mac. Je ne serai pas une proie aussi facile qu’un comptable, un cadre supérieur ou un acteur de comédies musicales. Finalement ce serait même peut-être une bonne idée, avait-il enchaîné. Si seulement nous pouvions délimiter son terrain de chasse, alors nous pourrions lui tendre un piège et je me ferai un plaisir de servir d’appât.

Pour une fois Mac s’était alors félicité qu’ils n’aient effectivement pas pu trouver le moindre indice leur permettant de relier les trois hommes entre eux ni de comprendre comment ils étaient tombés entre les mains de leur bourreau. Tout ce qu’ils avaient pu déduire, c’était que les victimes étaient restées quelques heures entre les mains de leur tortionnaire, au vu des marques qui déparaient leurs corps et que donc la scène de crime primaire n’était pas celle où les cadavres avaient été découverts. Les lieux de découverte des corps n’avaient pas permis non plus de circonscrire un périmètre particulier : les deux premiers avaient été abandonné dans Washington Square mais le troisième avait été retrouvé dans un petit parc coincé entre Hudson, Clarkson et Leroy streets. Aucun moyen donc de tenter de tendre un piège au criminel en surveillant l’endroit possible où il abandonnait ses proies.

- Il doit pourtant y avoir quelque chose qui les relie, ragea Don.

- A part d’être tombé sur le même tueur, pour le moment nous n’avons rien. La recherche d’un MO identique dans le reste du pays n’a pas non plus porté ses fruits.

- Autrement dit un tueur qui n’aurait jamais fait de victimes auparavant ?

- Ou qui aurait agi différemment. Mais il est fort possible que ce soit effectivement ses premiers crimes.

- Un jeune ?

- Pas forcément. Ce peut aussi être un homme d’âge mûr qui n’aurait pas basculé jusqu’à présent.

- Un homme ?

- Je vois mal une femme tuer de cette façon, d’autant que nos trois victimes n’étaient pas précisément des gringalets.

- Vous avez raison. C’est vraisemblablement un homme : ou plusieurs.

- Quelque chose vous fait penser à une bande ?

- Rien en particulier, si ce n’est que les victimes sont, comme vous l’avez souligné, loin d’être des gringalets. Il faut avoir de la force pour maîtriser des hommes dans la force de l’âge.

- Ou bien utiliser la drogue…

- Humm… On n’a rien décelé à l’autopsie.

- C’est vrai, mais n’oubliez pas que le tueur garde ses victimes plusieurs heures. Certaines drogues disparaissent très vite de l’organisme.

- Oui… C’est vraisemblable. Bon… On va essayer de creuser un peu du côté des relations des trois hommes peut-être qu’on aura de la chance.

- Je crois qu’il nous faudra un peu plus que de la chance pour résoudre cette affaire, conclut Mac, l’air sombre.

- On l’aura Mac, vous verrez.

- Je sais qu’on l’aura. Mais quand ? Et combien d’autres pauvres types devront mourir pour que nous ayons assez d’indices pour alpaguer ce malade ?

Don Flack ne répondit pas, parce qu’il n’y avait rien à dire.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mar 2 Avr 2013 - 18:11

J'accroche! Je suis suspendue à cette fic!

La suite! La suite!

bravo bravo bravo


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mar 2 Avr 2013 - 21:53

Ben ça en fait au moins une qui la lit!!!
Un grand merci à toi Duneline: j'étais sur le point de la supprimer figure-toi...


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 9:12

Naaaaaaaan! Surtout pas! J'adore cette fic!

Je veux la suite! La suite!

:j\'aime:


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 11:53



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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 13:14

pourquoi la supprimer elle est intrigante cette histoire avec un tueur en série violeur qui a un penchant pour les beaux bruns , je suis la fiction, même si je ne come pas immédiatement alors comme l'ont réclamé duneline et homer


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 13:41

bien moi aussi j'aimerais la suite , même si je suis à la traine ces derniers temps....
qui est l'assasin?
Don va-t-il prendre pleinement conscience de son attirance ?


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 19:58

La grogne fait rage. L’enquête n’avance pas et Mac est à la fois en colère et inquiet. Inquiet pour les victimes potentielles et surtout inquiet pour Don qui a le profil parfait des victimes. On sent bien que dans sa rage il y a plus que l’impuissance du moment… Tous deux partages des sentiments inexprimés que cette enquête exacerbent encore plus pour Mac… La partie n’est pas encore jouée et pour l’instant, malheureusement, la balle est dans le camp du criminel…


Interdiction formelle de supprimer cette histoire, non mais ça va pas bien Cissy ! J’ai beaucoup de retard de lecture en ce moment et je me connecte peu de temps mais ça n’est pas pour autant que je n’ai pas un œil sur les lectures que je suis avec plaisir, que j’ai dans mes sujets surveillés et sur lesquelles je viens reviewer dès que j’ai le temps de lire…



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 21:38

OK.... OK... pas de soucis... je dois avoir une suite quelque part! Tirez pas!!! C'est que comme personne ne réagissait je me suis dit que ce n'était pas intéressant.... ce qui n'aurais pas été une catastrophe non plus...
Bon, ben... une petite suite alors? Mais ne venez pas vous plaindre après... sadique


Jour 2
- Rien de rien ! Aucune piste ne se recoupe ! Ils n’avaient pas les mêmes fréquentations, n’allaient pas à la même église, si tant est qu’ils y aillent, l’un faisait du sport, l’autre non, l’un était catholique, l’autre protestant et le troisième juif, l’un adorait les restaurants asiatiques et l’autre ne supportait pas cette cuisine… Chaque fois qu’on a cru avoir un lien on s’est retrouvé le bec dans l’eau ! rageait Flack.

- Je sais combien c’est frustrant, l’encouragea Mac en posant la main sur son épaule.

- Va-t-on vraiment en être réduits à attendre un nouveau meurtre pour trouver un lien ?

- On va continuer à creuser !

- Mais il n’y a rien à creuser Mac ! Rien du tout ! C’est le néant total ! Ces types menaient une vie tout ce qu’il y a de banal : ils travaillaient, payaient leurs impôts, sortaient de temps à autre, s’occupaient de leur famille pour Jones, multipliait les conquêtes pour Growford ou courait les castings pour Smokes mais rien ne semble les relier. Ils ne se connaissaient pas, ne s’étaient visiblement jamais croisés, ne fréquentaient aucun lieu en commun ! A part le fait qu’on les ait retrouvés dans Le Village, rien ne les rapproche !

- Il y a sans doute quelque chose à creuser de ce côté-là, répliqua Mac. Ce n’est sans doute pas par hasard que notre tueur les abandonne dans ce quartier.

- Quoi ? Vous pensez qu’il y a un message ?

- Peut-être.

- Ou peut-être simplement que c’est sa zone de confort ! contrat Don.

- Ne soyez pas défaitiste Flack ! Je suis sûr qu’il y a quelque chose qui relie nos trois victimes.

- En effet !

Surpris, les deux hommes se retournèrent vers la porte sur le seuil de laquelle se tenait un grand type blond, bien fait de sa personne et qui entra dans la pièce sans plus de façons, sans même s’excuser d’avoir apparemment écouté une conversation qui ne lui était pas destinée et de s’immiscer dans celle-ci.

- En effet, il y a quelque chose qui les relie. Et c’est pour ça que je suis là.

- Et je peux savoir à qui j’ai à faire ? questionna Mac du ton rogue qu’il employait à l’égard de ceux qui le dérangeaient.

- Agent spécial Alan Desmond Silesman, du FBI, répliqua le blond en lui serrant la main.

Puis il se tourna vers Flack qui était resté figé et dit avec un grand sourire :

- Alors Flackie ? Tu ne viens pas dire bonjour à ton vieux pote ?

Le lieutenant parut alors sortir de sa transe et il se précipita dans les bras du nouveau venu avec un sourire de bonheur qui fit mal à Mac. Celui-ci, en contemplant les deux hommes enlacés, sentit une boule se former dans sa gorge, sans qu’il en comprenne la raison. Il ne voyait pas ce qui pourrait le contrarier : apparemment Don et cet agent Silesman, semblaient se connaître, et même très bien, constata-t-il avec un goût amer dans la bouche en voyant les deux corps s’imbriquer tandis que les mains se crispaient dans les dos avant que les deux hommes ne se relâchent, s’envoyant mutuellement une bourrade avec toujours le même sourire ravi aux lèvres. Qu’y avait-il de désagréable à ce que Flack retrouve ce qui était vraisemblablement un ancien ami ? Pourquoi se sentait-il agacé de la complicité qu’on sentait entre ces deux-là, du fait que soudain il n’existait plus aux yeux du lieutenant ?

- FBI ? Tu es passé à l’ennemi ? riait Don tandis que son ami répliquait :

- Hé ! Je te signale que nous ne sommes pas vos ennemis.

- Vous êtes quand même du genre donneurs de leçon et à tirer la couverture à vous.

Il y avait un peu d’aigreur dans la voix du policier et le fédéral ne s’y trompa pas.

- Je sais que certains collègues sont de ce genre là, mais pas moi. T’inquiète. Et toi alors ? Toujours lieutenant ? Je t’avais dit que la criminelle ce n’était pas le meilleur moyen de monter en grade rapidement !

- Oui, mais c’est tout ce que j’aime. Comment es-tu devenu fédé ?

- Après les stups j’ai passé quelque temps à l’USV et j’ai eu l’occasion de mener une enquête conjointe avec les fédéraux. Il faut croire qu’ils ont apprécié mon savoir faire parce qu’ils m’ont proposé d’intégrer le stage de formation qui arrivait. Seize semaines à Quantico, deux ans comme agent junior dans différentes agences, et j’ai gravi les échelons à Los Angeles sous le commandement d’un type épatant qui porte d’ailleurs le même prénom que toi.

- Normal, les Don sont des types épatants ! rigola Flack.

- Je pourrai bien le croire. Eppes était vraiment un patron sensationnel. J’ai beaucoup appris avec lui. Mais New York me manquait et dès que j’ai appris qu’il se libérait un poste j’ai demandé ma mutation. Avec sa recommandation, j’ai été accepté.

- Tu veux dire qu’il était trop content de se débarrasser de toi ?

- Peut-être, rit à son tour l’agent spécial. En tout cas, voilà quinze mois que j’ai intégré l’agence de New York. Je suis maintenant responsable d’équipe.

- Félicitations, sourit Don.

- Désolé d’interrompre de si émouvantes retrouvailles, mais j’aimerais savoir ce que vous faites là et surtout ce que vous vouliez dire par « Il y a quelque chose qui les relie », coupa soudain la voix froide de Mac.

Un peu penauds de s’être laissés emporter par l’enthousiasme de la rencontre, les deux hommes se retournèrent vers le chef de l’unité scientifique qui les considérait froidement, presque désapprobateur. Un observateur lambda aurait conclu qu’il trouvait indécent de se réjouir alors qu’ils enquêtaient sur une affaire aussi sordide, l’agent Silesman, lui, après avoir observé quelques secondes l’emblématique directeur du laboratoire, réprima un léger sourire comme s’il avait perçu quelque chose dont même Mac n’était pas conscient. Reprenant un maintien plus professionnel, il expliqua :

- J’ai lu votre alerte sur ce cas il y a quelques heures.

- Quelques heures ? Ca fait plus de deux semaines que nous enquêtons.

- Oui, mais vous n’avez lancé la recherche en réseau qu’après le second meurtre et il se trouve qu’à ce moment-là j’étais absent. Je suis revenu hier et je suis donc tombé sur votre demande ce matin. J’ai aussitôt pris contact avec mon patron et me voilà.

- Et vous voilà… Et si vous nous expliquiez pourquoi vous voilà ?

Une note d’exaspération pointait dans la voix de Mac mais l’agent fédéral ne sembla nullement en être intimidé.

- C’est très simple : je connaissais la seconde victime, Tim Smokes. Et j’ai eu l’occasion de croiser la première.

- Comment ça vous le connaissiez ?

- Nous avons eu une liaison.

Mac regarda d’un air interdit l’homme qui venait tranquillement d’avouer son homosexualité. Un coup d’œil à Flack lui apprit que, pour lui, ce n’était pas une nouvelle et soudain il sentit de nouveau ce drôle de pincement au cœur en repassant les images des retrouvailles des deux hommes. Mais qu’est-ce qui lui arrivait ? se morigéna-t-il soudain. Quand bien même Flack et ce Silesman aurait eu une liaison, en quoi ça le regardait ? Pourquoi en aurait-il été contrarié ?

- J’en déduis que…, commença-t-il en tentant de gommer toute note accusatrice de sa voix.

- … que je suis gay, oui, compléta l’agent. Je suis gay et je l’assume.

- C’est plutôt courageux de votre part, admit Mac sachant combien il était difficile de s’affirmer homosexuel tant dans le milieu policier que dans celui des agences gouvernementales.

- Je ne vois pas en quoi c’est courageux, contra Alan. Mais nous aurons cette conversation un autre jour. Tout ce que je peux vous dire, c’est que j’ai rencontré Tim Smokes dans un bar gay : le Recto-Verso. Nous nous sommes plus et nous avons eu une liaison de quelques semaines. C’était un type bien. Je suis navré qu’il ait fini ainsi, il ne méritait pas ça.

- Personne ne mérite ça ! coupa Mac.

- Vous avez raison.

- Et pourquoi vous êtes vous quittés ? interrogea le policier.

- Parce que nous étions arrivés au bout de notre aventure : une parenthèse agréable entre deux adultes consentants, mais dès le départ nous savions, l’un comme l’autre, qu’il n’y avait pas de vrais sentiments entre nous. Un jour nous avons donc repris chacun notre route.

- Et vous connaissiez Ethan Jones ?

- Ne me regardez pas de cette façon là lieutenant Taylor. Je ne le connaissais pas, non, et surtout pas de la manière dont vous semblez l’entendre ! Sachez que je suis gay, que j’ai des aventures, mais que pour autant je ne saute pas sur tout ce qui bouge !

- Pardonnez-moi si je vous ai paru suffisant et accusateur, déclara aussitôt Mac. Je ne voulais pas sous-entendre que…

- Non… Ne vous inquiétez pas. Je crois que je sais pourquoi vous êtes un peu froid à mon égard.

- Quoi ? De quoi est-ce que… ?

- Laissez tomber. Ca aussi on pourra toujours en reparler plus tard. Et pour répondre à votre question, je ne connaissais pas vraiment Ethan Jones, mais je l’ai croisé plusieurs fois au Recto-Verso, seulement il n’était pas mon genre.

- Tu veux dire qu’il fréquentait un bar gay ? interrogea alors Don, s’immisçant enfin dans la conversation, sortant de son rôle d’observateur de la passe d’armes qui opposait Mac et Alan.

- Vous êtes en train de nous dire qu’Ethan Jones était homosexuel ? questionnait Mac simultanément.

- Effectivement, c’est juste ce que je suis en train de dire, confirma l’agent, répondant en même temps aux deux hommes.

- Ethan Jones était marié et père de famille, contra Mac.

- Lieutenant, ce n’est pas à vous que je vais apprendre qu’il y a beaucoup d’homosexuels qui ne s’assument pas du tout. Ils se marient, ils ont des enfants, et quand le désir est trop fort ils vont s’encanailler dans les clubs gays, font un petit tour dans les backrooms et retrouvent leur petite vie paisible. C’est pour cela que je n’ai rien tenté avec Jones. J’avais décelé en lui ce refus d’assumer sa sexualité, et je ne sors jamais avec ce type de mec : ce sont des sacs à embrouilles ! Et comme je ne suis pas du genre à me contenter d’un coup d’un soir à l’arrière d’un bar, même si physiquement il était tout à fait mon type, je n’ai rien tenté. Mais je suis formel : c’est bien lui que j’ai vu.

- Il va falloir interroger sa femme, savoir si elle peut confirmer les tendances de son mari, décida Mac.

- Pourquoi aller la bouleverser avec ça ? protesta l’agent fédéral. Vous pensez vraiment qu’il est nécessaire de salir l’image qu’elle a de son époux ?

- Ce n’est pas que j’en ai envie, contra Mac, mais vous savez aussi bien que moi que ça pourrait faire avancer l’enquête.

- Ma parole ne vous suffit pas ? Si je vous ai dit que j’ai vu ce type…

- Je suis sûr que vous me dites la vérité. Mais vous savez aussi bien que moi que les petits détails comptent. Et si madame Jones était au courant des penchants de son mari, elle pourra peut-être nous donner une piste…

- Et si elle n’était pas au courant, vous ajouterez de la souffrance à sa souffrance.

- Je préfère cela qu’ajouter encore un mort à la liste ! répliqua Mac avant d’enchaîner. Et Harry Growford ? Vous ne l’avez jamais croisé dans votre bar ?

- Non, je suis formel. Ca ne veut pas dire qu’il ne le fréquentait pas. Je ne suis pas toujours fourré dans ce bar. Mais il y a tellement d’établissements du genre au Village.

- On aurait dû y penser ! s’exclama soudain Flack. Les trois corps ont été retrouvés dans le quartier gay ! Mais comment n’a-t-on pas fait le lien ?

- Parce que tu te ramollis ma poule, plaisanta l’agent fédéral tandis que Mac répliquait :

- Parce que rien ne nous laissait supposer qu’ils soient gays. Jones était marié et Growford avait la réputation d’un homme à femmes.

- On aurait tout de même dû évoquer cette piste, déclara Don mécontent de lui.

- Même si vous aviez fait le lien, le rassura son ami, ça ne vous aurait pas avancés à grand-chose. Le quartier gay est vaste, il vous aurait fallu des semaines pour ratisser tous les bars et boîtes de nuits. Et rien ne dit qu’on les aurait reconnus, ou, qu’on aurait admis les connaître.

- Je vous remercie de nous avoir donné cet élément, dit Mac en se tournant vers l’agent. Ca n’a pas dû être facile pour vous, je vous suis donc particulièrement reconnaissant d’avoir entrepris cette démarche.

- Je ne vois pas en quoi c’était difficile, rétorqua Alan. Oh ! A moins que vous ne fassiez allusion au fait que je devais ainsi assumer mes penchants sexuels ? Mais il n’y a rien dont je doive avoir honte lieutenant Taylor, ne vous en déplaise. J’ai appris à faire avec les homophobes en tout genre.

- Je ne suis pas homophobe ! protesta Mac, le rouge au front.

- Ravi de l’entendre ! Ca n’aurait pas été la première fois que j’aurais travaillé avec un équipier homophobe, mais je préfère éviter.

- Comment ça, travailler ? interrogea Mac soudain suspicieux.

- Je ne suis pas venu simplement pour vos beaux yeux lieutenant. Vous avez à faire à un tueur en série. En tant que tel il tombe sous la juridiction fédérale.

Et, devançant les protestations qu’il voyait naître chez ses deux interlocuteurs, il leva la main en disant :

- Rassurez-vous, je n’ai nullement l’intention de vous reprendre l’enquête, pas plus que de tirer la couverture à moi, sourit-il à l’adresse de Don, mais je peux vous aider. Je connais parfaitement ce quartier et j’y suis connu. De plus il est toujours utile d’avoir les ressources fédérales à disposition.

Mac sembla ruminer quelques instants puis il répondit :

- Vous avez raison. Nos petites querelles de clocher n’ont aucune importance. Ce qu’il faut, c’est arrêter ce malade.

- Tout à fait d’accord avec vous.

- Alors bienvenue à bord, agent spécial Silesman, dit Mac avec un franc sourire en tendant la main à l’agent spécial.

- Merci de m’y accueillir, répliqua ce dernier avant de se tourner vers Don et de lui envoyer une bourrade : Alors mon pote ? Il paraît qu’on va de nouveau bosser ensemble ? Je vais voir si tu es toujours aussi minable !

- Minable toi-même, répliqua le policier en rendant la bourrade avec usure. Tu vas lécher mes semelles, comme autrefois ! Tu n’as jamais été capable de me suivre.

Les deux hommes éclatèrent d’un rire franc et s’enlacèrent à nouveau et à nouveau, Mac Taylor ressentit un pincement au cœur à les voir si proches, sans comprendre ce qui motivait sa réaction.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 22:05

ce n'est pas beau d'être Jaloux Mac Taylor Don retrouve un ami ou ex et ils apprennent maintenant que les victimes ont un lien, l'enquête va pouvoir avancer


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 22:11

Tu as raison: ce n'est pas beau d'être jaloux... Et il n'a pas fini...
Merci Aragone.


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 3 Avr 2013 - 22:38

bravo bravo bravo

Yeeeeeeees, la suite! Pauvre Mac! J'espère qu'il ne souffrira pas trop!...

La suite! La suite!

bravo bravo bravo


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"Le véritable amour efface l'intolérance et les différences."

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 4 Avr 2013 - 7:56

intéressant tout ça vivement la suite.
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 4 Avr 2013 - 13:52



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   

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