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 Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13

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catouchka
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 4 Avr 2013 - 19:55

Tu n'as pas pu t'empêcher de faire un petit clin d’œil à ton Donnie, hein !

Mac ne voit pas d'un très bon œil l'arriver du FBI, l'ami de Don est plutôt perspicace et c'est plutôt bon signe pour la suite de l'enquête. Une enquête qui prend un nouveau tournant, de nouvelles pistes à exploiter... Mac est sous pression, sa jalousie se voit comme le nez au milieu de la figure et il n'y a vraiment qu'à Don qu'elle échappe. Mac va devoir avoir l’œil partout, sur les indices et sur Alan. J'ai l'impression que ce dernier va lui donner autant de fil à retordre que le meurtrier qu'il pourchasse...



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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 4 Avr 2013 - 21:45

Ben c'était trop tentant Cat': il me manque mon Donnie après une Esprit Criminels et un Experts Manhattan! Mais tu remarqueras que je ne me suis pas attardée...
Merci de vos commentaires les filles!


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 6 Avr 2013 - 19:08

Elle est où la suite?

interogation


Elijah Baley, l'inspecteur brun et le chatain R.Daneel Olivaw.



"Le véritable amour efface l'intolérance et les différences."

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 7 Avr 2013 - 0:37

Elle arrive... J'avais mes carnets à remplir...


Jour 3
- Le barman du Petit Oiseau a reconnu Growford sur nos photos. Il est venu à deux ou trois reprises dans son bar.

La nouvelle apportée par Flack confirma, si besoin était, que l’agent Silesman avait mis dans le mille. Mais le chef de la section scientifique le savait déjà : dès les informations apportées par le fédéral, il avait chargé plusieurs équipes de vérifier si d’autres tenanciers d’établissements gays se souvenaient de leurs victimes, notamment d’Harry Growford, et si d’autres habitués du Recto-Verso pouvaient identifier Smokes et Jones, les deux premières victimes. Bien que le milieu soit plutôt discret, la crainte qu’un tueur en série ne sévisse parmi eux avait délié la langue de ceux que les policiers avaient rencontré et le doute n’était plus permis quant au fait que les trois victimes fréquentaient le quartier pour trouver un partenaire occasionnel.

Mac était aussi allé interroger la veuve d’Ethan Jones et celle-ci avait fini par admettre que, si son mari était le plus charmant des hommes, un époux parfait et un père attentif, il était loin d’être un amant exigeant et que leurs rapports sexuels étaient quasi-inexistants depuis la naissance de leur troisième enfant, une seconde petite fille née quatre ans auparavant. Elle admettait avoir eu des doutes sur la sexualité de son mari : ils en avaient même parlé et Ethan avait admis, à demi-mots, être intéressé par les hommes. Mais ils s’aimaient et ils avaient décidé de rester ensemble, pour les enfants notamment. Elle ne voulait pas savoir ce qu’Ethan faisait les soirs où il rentrait tard, ou ceux parfois où il ne rentrait pas du tout. Tout ce qu’elle savait c’est qu’ils étaient heureux et que ce bonheur venait d’être fauché.

- Mais pourquoi ne m’en avoir pas parlé la première fois ? avait questionné Mac.

- Parce que je n’imaginais pas que ça ait le moindre intérêt ! Parce que mon époux était mort et que je devais avant tout préserver sa mémoire ! Parce que ses enfants étaient là et qu’il y a des choses sur leur père qu’ils n’ont pas besoin de connaître ! Parce que tout simplement je n’y ai même pas pensé ! avait répondu la veuve en larmes.

Mac était sorti de l’entrevue avec un goût amer dans la bouche, comme s’il avait fait quelque chose de mal en venant remuer ce secret qui n’en était pas vraiment un mais que désormais la femme aurait peur de voir jaillir au grand jour, elle qui ne voulait plus qu’une chose : que ses enfants gardent de leur père l’image qu’ils s’en étaient forgée et que rien ni personne ne vienne ternir celle-ci. Mac lui avait promis que, dans la mesure du possible, les forces de polices ne mentionneraient pas ce détail de la vie d’Ethan Jones. Mais il savait que dès que les médias auraient eu vent du fait qu’ils commençaient à enquêter dans le milieu gay, il ne pourrait pas faire grand-chose pour les empêcher de creuser dans la vie privée de chacune des victimes, insoucieux des dégâts qu’ils pourraient provoquer. Une fois de plus il maudit une certaine presse pour qui seul comptait le sensationnel et le profit, ces journalistes prêts à se jeter comme des hyènes sur des familles déjà fortement éprouvées simplement pour augmenter le tirage de leurs torchons ! Mais il n’y avait malheureusement rien qu’il puisse faire à ce sujet.

- D’accord. Donc, si je résume : Ethan Jones était un habitué du Recto-Verso mais aussi du Sodom’Home et du Comme chez Nous. Tim Smokes était connu au Recto-Verso, au Comme chez Nous et servait de barman occasionnel au Petit Oiseau où on a reconnu Harry Growford qui apparemment ne fréquentait pas d’autre boîte gay, en tout cas pas dans ce secteur. Ca nous fait quatre établissements ou le tueur aurait pu cibler ses victimes.

- Vous partez donc du postulat que le tueur fréquente aussi ces boîtes ? Pourquoi n’aurait-il pas croisé les victimes dans la rue ?

Mac inspira profondément avant de répondre à l’agent Silesman qui venait de l’interrompre. Décidément il avait du mal à supporter le fédéral désormais associé à part entière à l’enquête. Il tentait de se convaincre que sa réticence à l’égard de l’agent était due à son immixtion dans une enquête qui n’aurait pas dû tomber sous leur juridiction, en tout cas pas si tôt, mais il savait qu’en prenant le temps de s’interroger sur les réelles raisons de son inimitié, il arriverait à d’autres conclusions, notamment quant à la légitimité de l’intervention du FBI. Celui-ci était compétent dès lors qu’il s’avérait qu’un tueur en série sévissait : fallait-il vraiment attendre une quatrième, voire une dixième victime pour faire appel à l’agence fédérale ? Mac n’était pas du genre à vouloir absolument garder les affaires et à se sentir insulté si on venait lui prêtait main forte : tout ce qui importait à ses yeux c’était que les criminels soient mis hors d’état de nuire et les victimes vengées, et pour cela, toute aide était la bienvenue.

En fait, il savait très bien que ce qui l’exaspérait au plus haut point, c’était de voir l’agent Silesman si proche de Don. Il en savait maintenant la raison : la veille au soir un dîner avait réuni l’équipe et le nouveau venu et celui-ci et le lieutenant les avaient régalés d’anecdotes de leur ancienne complicité datant de l’école de police où ils s’étaient rencontrés et très vite appréciés. Les deux hommes avaient fait équipe très souvent durant leur formation, leur tandem étant très souvent cité en exemple tant ils fonctionnaient naturellement ensemble. Don Flack était l’un de ceux qui s’était élevé contre les brimades qui avaient commencé à pleuvoir sur l’élève officier lorsque ses camarades s’étaient aperçus de son homosexualité. Il ne la revendiquait certes pas, mais il refusait de la cacher, comme le faisaient d’autres. Pour lui, son orientation sexuelle était l’un des critères qui le faisait ce qu’il était et il n’était pas question de s’en excuser ou d’en avoir honte. Dès le lycée il avait appris à faire face aux brutes qui n’admettaient pas la différence ou la redoutaient parce qu’elle les mettait face à une vérité qu’ils refusaient de s’avouer, à ceux qui le menaçaient des flammes de l’enfer, aux arriérés qui s’indignaient qu’un homme « comme lui », puisse revendiquer sa place dans la société quand il aurait dû faire profil bas au mieux, ou au pire aller soigner ses déviances dans un camp de redressement ou un hôpital psychiatrique.

Ce qui avait rendu leur amitié si forte c’était que pour l’une des premières fois dans sa vie, Alan Desmond Silesman ne s’était pas senti jugé ni rejeté par Don Flack. Celui-ci, pourtant, issu d’une famille de flics d’un milieu catholique irlandais, aurait eu toutes les raisons de faire partie des outragés, mais ça n’avait pas été le cas et aujourd’hui encore, Silesman se demandait si, malgré toute sa force de caractère, il aurait tenu sans l’amitié indéfectible de Flack. Après l’école ils avaient été affectés à deux quartiers différents et petit à petit ils avaient perdu le contact, ne s’appelant plus que de temps à autre, puis Silesman était passé aux stups et parti en infiltration : à ce moment-là les deux hommes avaient coupé les ponts pour des raisons de sécurité évidente. Lorsqu’il avait été transféré à l’USV, Silesman n’avait pas recontacté son ami : trop de temps avait passé, trop de choses s’étaient produites dans sa vie, il avait besoin d’un peu de temps. Ensuite son départ pour Quantico, au moment où il commençait à penser à renouer le contact, avait scellé la séparation : à quoi bon appeler un vieux pote pour lui annoncer qu’on part ?

Il était évident que les deux hommes éprouvaient une véritable affection l’un pour l’autre et que leurs retrouvailles les comblaient. Mac ne se souvenait pas avoir jamais vu Don si gai, si détendu, tellement disert sur son passé. Et il savait que c’était là le nœud du problème en fait : cette complicité qui s’était tout de suite réinstallée entre les deux hommes, gommant plus de sept ans de silence et d’ignorance. Il n’était pas dupe des regards qu’adressait Silesman au policier : nul doute que le fédéral était peu ou prou amoureux de son ami, ou l’avait été. En fait, s’il voulait être honnête avec lui-même, l’agacement de Mac envers l’agent spécial Silesman tenait dans une seule question : lui et Don avaient-ils eu une liaison dans le passé ? et son corollaire : cette liaison avait-elle des chances de reprendre là où elle s’était arrêtée ?

Mais même s’il arrivait à admettre ce point, le lieutenant Mac Taylor n’était cependant toujours pas prêt à se demander en quoi une possible liaison homosexuelle de son équipier le mettait de tellement mauvaise humeur.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 7 Avr 2013 - 10:24

Pourquoi est-il d'humeur de chien Mac? Que Don ait eu ou non une liaison avec l'agent Silesman ne devrait pas rentrer en ligne de compte le tueur a un MO et il s'en prend aux homosexuels qu'il a sans doute rencontré dans les boites et bars que fréquentaient les victimes. Pourquoi cet acharnement? Qu'est-ce qui motive ses actes? Est-il un homo refoulé? Don sera-t-il la prochaine cible? Mac arrivera-t-il à faire le tri dans les sentiments qu'il éprouve pour son collègue et ami? voilà que je me mets à cogiter sur le pourquoi du comment


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

**
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 7 Avr 2013 - 11:41



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 7 Avr 2013 - 16:00

Les victimes ont toutes un point commun et pas des moindres… Mac n’en finit pas de se torturer l’esprit avec ses sempiternels questionnements sur le passé de Don et Silesman. L’enquête avance enfin, les nouvelles pistes, apportées par Silesman, portent leurs fruits. Une enquête dans le milieu gay qui fait se poser des questions à Mac sur un sujet qu’il n’aurait probablement pas abordé avant, des questions sur Don mais aussi des questions sur la raison de cet intérêt soudain pour un homme dont il jalouse la complicité avec son ami retrouvé… Il se torture sacrément l’esprit Mac… Il est en pétard le garçon !



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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Dim 7 Avr 2013 - 19:04



Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Lun 8 Avr 2013 - 18:32

arigatou pour la suite!

Hem, y aurait-il eu une réelle chance que Don et Stilesman aient pu sortir ensemble?

Miaaaaaaam! Un triangle amoureux et de la jalousie en perspective!

La suite!

bravo bravo bravo


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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Lun 8 Avr 2013 - 22:10

Merci Dune.... Un triangle amoureux... hum.... Allez, une tite suite...


Jour 4
- Tout va bien ? Rien à signaler ?

- Tout va bien chef ! Je les ai en visuel, rien de particulier.

La même réplique lui revint trois fois et Mac se détendit, un peu… rien qu’un peu. Il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet. Il n’avait jamais aimé jeter ses hommes dans la gueule du loup, même sous le meilleur des prétextes.

Le matin même, un quatrième corps avait été retrouvé : Raphaël Davis, trente-deux ans, professeur de collège marié et père d’un petit garçon de deux mois qui ne connaîtrait jamais son géniteur. L’épouse de celui-ci était anéantie et Mac n’avait pas eu le cœur de l’interroger sur les possibles tendances homosexuelles de ce mari qu’elle décrivait parfait, amoureux, attentionné et fougueux. Peut-être que l’homme était plus bisexuel qu’homo en avait conclu le lieutenant lorsque le meilleur ami de la victime leur avait confié qu’en effet celui-ci fréquentait le Comme chez Nous et le Sodom’ Home très régulièrement. Il avait ajouté que Raphaël s’était marié à Tiphanie sous la pression de sa famille : la jeune fille était belle, agréable et douce, il s’était convaincu de l’aimer. Mais son ami n’avait pas été dupe et il savait très bien que Raphaël avait juste voulu prouver sa « normalité » dans une famille où la Bible trônait dans la salle à manger et où chacun la connaissait presque par cœur. Nul doute que s’il avait assumé sa différence Raphaël aurait aussitôt été mis au ban de cette tribu qu’il aimait. Désormais, de là où il était, il ne pourrait plus les décevoir et à Mac qui s’inquiétait des possibles répercussions des révélations sur la sexualité du défunt, l’ami l’avait rassuré : nul ne croirait cela dans une famille qui fermait les yeux sur tout ce qui n’allait pas dans sa vision de la vie. Ils garderaient éternellement le souvenir d’un jeune homme « sain », et rien ne pourrait venir ternir cette image qui deviendrait bientôt une nouvelle vérité à chérir. Mac ne savait trop s’il fallait plaindre ou non ces parents qui garderaient ainsi intacte l’image qu’ils avaient de leur fils, pour fausse qu’elle soit : si elle les réconfortait, pourquoi les en priver ? avait-il fini par conclure.

Mais cette quatrième mort faisait la une des journaux télévisés et désormais les médias commençaient à additionner un plus un, plus deux, songeait Mac avec amertume, s’en voulant de n’avoir rien pu faire pour éviter ce quatrième drame, quand bien même il savait au plus profond de lui qu’il n’y avait rien qu’il aurait pu tenter pour cela en l’état actuel de leurs recherches.

C’est alors que l’agent Silesman avait eu l’idée de ces tandems d’agents, couverts par deux autres collègues et reliés directement à une unité commandée par Mac, qui serviraient d’appâts dans les quatre établissements fréquentés par les victimes. Le chef du laboratoire de la police avait des doutes quant à l’efficacité de ce plan, et surtout il avait des craintes pour ses collaborateurs, mais les autorités ne lui avaient pas donné le choix. Le bruit commençait à courir qu’un tueur sévissait dans la communauté gay et les politiques n’avaient aucunement l’intention de paraître ne pas mettre toutes leurs forces à retrouver le violeur-tueur en série : de l’accusation d’incompétence à celle d’homophobie la frontière était trop mince pour qu’ils risquent de se mettre à dos une communauté puissante et très active.

Aussi, malgré ses réticences, Mac n’avait pas eu le choix et il avait dû approuver le plan. En son fort intérieur, il savait d’ailleurs que ce n’était pas un mauvais plan et que, peut-être, lui-même aurait pu le proposer, mais le fait qu’il soit apporté par l’agent fédéral l’avait fait renâcler à le mettre en œuvre. A Jo qui s’interrogeait sur le manque d’objectivité dont semblait faire preuve un homme qui d’habitude était un modèle d’ouverture d’esprit, il avait tenté de prétendre que ce qui l’horripilait c’était que le FBI vienne fourrer son nez dans cette affaire, comme si le fait que l’agent en charge soit lui-même gay lui donnait plus de légitimité qu’à eux, pauvres hétéros évidemment trop stupides pour trouver des réponses. Jo avait simplement souri, de ce petit sourire qui lui mettait les nerfs en pelote tant il proclamait : « cause toujours, j’y vois clair dans ton petit jeu… ».

Et s’il prenait le temps d’être honnête avec lui-même, Mac savait que son excuse était des plus foireuses. Certes il n’était pas spécialement ravi de devoir passer la main au FBI, mais l’agent Silesman aurait très bien pu les dessaisir totalement du dossier : il en avait le droit et l’autorité. Comme il l’avait promis lors de leur première entrevue, il ne leur offrait qu’une collaboration qu’en toute autre circonstance Mac aurait trouvée fort bienvenue : les ressources du FBI étaient autrement plus importantes que celles de la police de New-York pourtant plutôt bien dotée. De plus, l’agent fédéral lui laissait pleine et entière autorité sur son équipe, n’essayait nullement de s’imposer à sa place et ne prenait aucune décision sans lui en référer préalablement : bref, le coéquipier idéal. Lui qui avait déjà eu maille à partir avec des représentants d’agence gouvernementales autrement arrogants, autoritaires et déloyaux, aurait dû se féliciter le l’honnêteté de celui-ci. Mais il n’y arrivait pas.

Il n’y arrivait pas et il aurait aimé se convaincre que c’était simplement parce qu’il était inquiet pour les tandems servant d’appâts au tueur, ou plutôt pour les quatre agents désignés pour servir de proies potentielles, tous répondant aux critères de choix du criminel. Les éléments de l’enquête avaient permis de mettre à jour un schéma : les quatre hommes s’étaient tous choisi un partenaire de soirée. Certains homos dans ces boîtes viennent juste papillonner de bras en bras et de corps en corps jusqu’à ce que la fatigue les ramène chez eux. D’autres viennent simplement se réchauffer au contact d’individus pareils à eux : ils ne passent pas forcément à l’acte, ils viennent juste échanger, trouver peut-être celui qui donnera un sens à leur vie. C’était le cas des quatre victimes : sauf Harry Growford, aucun n’était passé par l’accueillant backroom qu’offrait chacun des lieux. Les trois avaient passé la soirée avec un seul homme : dansant et discutant avec lui, échangeant baisers et caresses.

Dans un premier temps, les enquêteurs avaient pensé tenir leur tueur : mais il s’était très vite avéré que les descriptions des quatre hommes ayant tenu compagnie aux victimes ne se recoupaient pas. Lindsay avait émis l’idée d’un tueur qui se grimerait pour changer d’apparence et dérouter ainsi les recherches, mais là encore la piste s’était révélée fausse lorsque le barman du Recto-Verso avait décrit le compagnon d’Ethan Jones comme grand et plutôt mince tandis que celui du Sodom’Home se souvenait fort bien que l’homme avec lequel Raphaël Davis avait passé la soirée était plutôt petit et rondouillard. Changer son apparence en mettant une perruque, des postiches, en arborant des lunettes ou de faux tatouages ça n’avait rien de compliqué, mais il était impossible de changer sa taille. D’ailleurs les partenaires d’un soir de Harry Growford et Ethan Jones avaient été retrouvés et rapidement mis hors de cause. Mac se souvenait notamment de celui de Growford, un petit homme dévoré de tics qui s’était décomposé à la vue de la police et qui, mis devant l’évidence s’était effondré en suppliant que sa femme ne sache rien de sa virée au Petit Oiseau, jurant que c’était la première fois que ça lui arrivait, ce qui laissa les enquêteurs fort dubitatifs. Mais ils n’étaient pas là pour juger ou accabler cet homme qui ne vivait pas en paix avec lui-même et ils feignirent de le croire.

Il s’avérait donc que les quatre hommes avaient été agressés par une autre personne, quelqu’un qu’on n’avait pas remarqué, qui savait passer inaperçu, mais qui, lui, avait jeté son dévolu sur les malheureux. Comment il les kidnappait, où il les retenait avant de les jeter comme des ordures sur la voie publique, cela restait pour le moment un mystère et c’était la raison pour laquelle ils étaient là ce soir. Et là encore Mac aurait dû se féliciter de sa collaboration avec l’agent Silesman. Il imaginait déjà les cris d’orfraie qu’aurait poussés sa hiérarchie s’il leur avait demandé la totalité des hommes et du matériel mobilisés pour cette mission ! En l’occurrence des tandems FBI/NYPD avaient été formés tant pour le couple « dans la lumière » que pour celui dans l’ombre. De même, les appareils de surveillance, micros et caméras, étaient fournis par l’agence fédérale.

Bref, là encore la collaboration était fructueuse. Et le plan de Silesman était bon, sans contexte : un agent ayant le physique adéquat s’installait au bar et là il se faisait draguer par un autre occupant des lieux, en réalité le second agent avec lequel il passait la soirée sans risquer de se trouver dans une position délicate. Le tandem était protégé par deux autres agents qui ne les quittaient pas de vue, prêts à intervenir au moindre signe de danger, même s’il y avait fort peu de risques qu’il y en ait dans l’établissement lui-même. Les choses deviendraient plus dangereuses lorsque leur « chèvre » quitterait son « partenaire d’un soir » pour rentrer chez lui. C’était à ce moment-là que tout avait basculé pour les quatre victimes, c’était donc ce moment-là qui serait le plus périlleux, d’où les quatre équipes de deux agents, policier et fédéral, qui attendaient dans les voitures garées face à l’entrée des établissements, qui allaient suivre l’appât jusqu’à ce qu’il soit en sécurité chez lui.

La chance pour que leur meurtrier se manifeste était plutôt mince, d’autant qu’il venait juste de tuer, et tous en étaient conscients. Mais le laps de temps entre les agressions venait de passer d’une semaine à quatre jours, il n’était donc pas totalement impossible qu’il récidive très vite, dans les quarante-huit heures au plus. Et de toute façon ils n’avaient rien d’autre à quoi se raccrocher, conclut Mac en lançant un nouvel appel pour vérifier que tout allait bien.

- Tout va très bien… Mais on dirait que Flack prend goût à la chose, répondit la voix rigolarde de Danny qui, avec un autre agent, surveillait Don qui, bien évidemment, avait voulu participer à l’embuscade. Etant donné son physique, Mac aurait eu bien du mal à trouver une excuse plausible pour l’évincer.

Et soudain la raison pour laquelle il détestait tellement ce subterfuge lui apparut clairement, tenant en un seul mot : DON. Il se mordit les lèvres en tentant de chasser cette idée saugrenue. Pourquoi aurait-il été si mal à l’aise que le policier soit en première ligne ? Ce n’était pas la première fois que Don Flack se mettait en danger dans l’exercice de son métier, il n’aurait pas été un excellent flic sans cela. Mais l’idée qu’il puisse tomber entre les mains du malade qu’ils poursuivaient le hantait : depuis le début il n’avait pu s’empêcher de noter la ressemblance entre les victimes et son ami et cela le troublait. Mais il savait aussi que ce qui l’inquiétait peut-être encore plus qu’une possible attaque sur le policier, étant donné le nombre d’agents en protection, c’était le fait que, bien sûr, Silesman était son partenaire de planque.

Lorsque l’agent blond avait proposé ce tandem, Mac avait tenté de s’y opposer, arguant que, puisque le plan était le sien, Silesman devrait se trouver dans le car de commandement. Mais le fédéral avait rétorqué que lui, Mac, serait parfait pour coordonner les équipes et n’avait nul besoin de son aide. Par contre, étant connu au Recto-Verso, son approche d’un nouveau venu paraîtrait d’autant plus crédible. Là-bas, on ignorait tout de sa profession : pour les autres habitués et les serveurs, il était juste Al, un chic type qui venait régulièrement prendre un verre et repartait parfois avec une conquête qu’il fréquentait durant quelque temps avant de passer à une autre. L’agent du FBI avait laissé le soin à Mac et à Sheldon de mener les interrogatoires dans cet établissement de manière à ne pas dévoiler son identité. Certes, si la situation l’avait exigé, il n’aurait pas hésité à revendiquer son appartenance au FBI, avait-il spécifié à Mac en lui présentant sa requête pour rester dans l’ombre, mais si cela était possible, il aimait autant demeurer un membre du club parmi les autres. Du moment où on le saurait agent fédéral, le regard sur lui changerait et il n’en avait pas envie. Il savait qu’à terme ça le conduirait à changer de lieu et il avait trouvé dans ce bar un « chez lui » qu’il ne souhaitait pas perdre, à moins que les circonstances ne l’exigent.

Lorsqu’il avait proposé de fonctionner en tandem avec Don, ses arguments étaient tout aussi pertinents : il était connu au Recto-Verso donc il y serait traité avec cette familiarité qui régnait entre les habitués et si le tueur était à l’affût il serait d’autant plus convaincu par leur numéro. De plus, lui et Don se connaissaient de longue date et pouvaient donc feindre l’intimité sans gêne. L’équipe avait abondé dans son sens et Flack avait semblé ravi de pouvoir faire de nouveau équipe avec son ami, alors Mac s’était incliné. Mais il avait toujours ce goût d’amertume au fond de la bouche, ce goût auquel il se refusait de donner un nom. Et la remarque de Danny, si elle était faite pour détendre l’atmosphère, ne fit que faire grimper d’un cran l’exaspération du chef qui voyait effectivement le lieutenant échanger quelques caresses avec l’agent du FBI avant de passer aux baisers qui lui semblèrent plus que convaincants : où était la part de comédie, où était celle de vérité ? se demanda Mac, s’interrogeant une fois de plus sur les liens réels qui avaient uni les deux hommes. Et quand ceux-ci, se tenant par la main, se dirigèrent vers le backroom, le chef de la police scientifique se sentit stupidement trahi et dans son cœur, la colère le disputa au chagrin sans qu’il veuille comprendre la raison de ce tumulte qui l’agitait.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Lun 8 Avr 2013 - 22:41

Mac va finir par péter les plombs à force de cogiter sur Don et ses liens avec l'agent Silesman. Là ils sont en planque, surveillant les fais et gestes du "couple " j'imagine bien ce qui doit lui passer par la tête et savoir qu'ils vont s'embrasser pour les besoins de l'enquête, influe sur l'humeur de Taylor .

Il va falloir la jouer fine et appréhender ce tueur avant que ce dernier se trouve une nouvelle cible


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mar 9 Avr 2013 - 12:04



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mar 9 Avr 2013 - 21:32

Merci les filles!!! J'aime bien jouer avec les nerfs de Mac...


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 10 Avr 2013 - 19:40

Il ne va pas en sortir indemne, Mac, de cette enquête ! Bon sang il est à cran, Mac, il a l'esprit en ébullition, ses questionnements sur la relation que Don entretient avec son ami se disputent avec ses questionnements sur sa propre réaction à tout ce qu'il voit et ressent. C'est de la haute voltige dans son esprit, il va finir par se griller les neurones... Il reste malgré tout professionnel, heureusement pour Don qui est un appât plus qu'alléchant pour celui qui œuvre dans l'ombre... Bon, c'est vrai quand même qu'il semble mettre beaucoup de cœur à l'ouvrage, Don ! Ben moi aussi finalement je me pose les même questions que Mac sur la relation qu'il entretient ou à entretenu avec cet homme, ce Silesman... si parfait... Houla, je vais commençais à être soupçonneuse moi !



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 10 Avr 2013 - 21:09

Soupçonneuse toi? Mais.... enfin... Merci de ton commentaire Cat'...
Voici la suite.


Jour 5
Il était environ midi et, dans la grand salle de réunion, les agents, policiers et fédéraux, qui avaient participé à l’opération de la veille participaient au débriefing. Celui-ci ne pouvait qu’être bref puisqu’il n’y avait rien de particulier à dire : aucun tandem n’avait repéré quoi que ce soit, aucun des agents appâts n’avait été abordé par un individu suspect. Lorsqu’ils étaient rentrés chez eux, vers une heure du matin, apparemment seuls, les équipes de surveillance n’avaient rien décelé d’anormal. Préparant l’immersion du soir, Alan Desmond Silesman indiqua aux membres des forces de l’ordre présents que l’opération était reconduite avec les mêmes agents appâts et d’autres agents jouant les dragueurs puisqu’il semblait que l’agresseur s’en prenait à des hommes nouant une relation d’un soir. A supposer que celui-ci ait été présent dans l’un des clubs, il ne devait donc pas voir les agents avec un même partenaire.

Lorsque les policiers se dispersèrent, Mac commença à discuter avec Silesman de son approche. Pour lui, le fait de laisser le même homme dans le même établissement était une erreur.

- Si notre agresseur était là, il va reconnaître l’agent et rien de dit qu’il ne va pas flairer le piège. Je pense qu’il vaudrait mieux faire tourner les tandems : mêmes tandems mais dans un autre établissement.

- Et si notre homme est en chasse et qu’il repère exactement le même tandem dans un autre établissement, cela lui paraîtra encore plus suspect, rétorqua Silesman.

- Alors on change les tandems et les établissements !

- Sauf qu’on peut imaginer que notre prédateur repère ses victimes avant de les enlever et que du coup, s’il a flashé sur l’un de nos appâts il va revenir l’attendre dans le même établissement.

- Mais rien ne nous dit qu’il y a un repérage préalable à l’enlèvement ! contra Mac. Aucune piste ne nous permet de l’affirmer.

- Evidemment puisque nous n’en avons pas de piste ! commença à s’énerver l’agent fédéral.

Soudain, Don qui assistait à la querelle intervint, demandant à son ami de le laisser seul quelques minutes avec le chef du laboratoire.

- Si tu crois que tu peux en tirer quelque chose ! grommela Silesman en quittant le bureau.

Les deux hommes restèrent quelques secondes silencieux avant que Don n’attaque :

- Que se passe-t-il Mac ? Pourquoi semblez-vous vous opposer ainsi à Alan, juste pour le plaisir de le contrer ? C’est le fait que ce soit un fédéral ?

- Bien sûr que non ! Comment pouvez-vous l’imaginez !

- Je n’imagine rien. Je constate seulement que vous n’avez pas plus d’arguments pour refuser ses décisions qu’il n’en a pour contrer les vôtres. Mais si ni l’un ni l’autre ne faite un geste, c’est notre enquête qui en pâtira !

- Et ce serait à moi de faire un geste selon vous ?

- Je vous ai connu moins borné. Qu’est-ce qui vous gêne ? Que le FBI mène la danse ? Que ce soit un homo qui co-dirige l’enquête ?

Mac blêmit à ce sous-entendu :

- Je croyais que vous me connaissiez mieux que cela Flack ! Je ne suis pas homophobe !

- Je n’ai pas dit que vous l’étiez.

- Mais vous venez juste de sous-entendre que je pourrai avoir des réticences à suivre le plan de Silesman à cause de cela ! Ca n’a strictement rien à voir avec sa sexualité.

- Alors avec quoi ? Pourquoi vous opposez-vous ainsi à ses décisions ?

- Parce que je ne suis pas sûr que ça serve à quelque chose. Nous mobilisons près de trente policiers et agents fédéraux dans une embuscade qui ne conduira peut-être à rien. Et pendant ce temps-là, rien ne dit que notre prédateur n’a pas déjà choisi sa prochaine proie.

- Mac… Nous n’avons rien d’autre : pas d’ADN, pas de description, rien qui nous permette d’approcher ce malade.

- Merci de me le rappeler ! Je suis au courant !

Sans se soucier de l’interruption, Flack continuait :

- C’est vous-même qui avez dit qu’il fallait l’arrêter avant qu’il ne récidive.

- Et il a déjà récidivé il y a deux soirs !

- Nous n’avions pas encore commencé à tendre nos filets… Enfin Mac… Je ne vous reconnais pas ! Vous ne vous attendiez tout de même pas à avoir des résultats dès la première planque ! Vous êtes plus professionnel que ça.

Le reproche sous-jacent dans la voix du lieutenant fit perdre le peu de sang froid qu’il restait au chef de la section scientifique.

- Merci de la leçon lieutenant Flack ! Mais puisqu’on parle de professionnalisme, vous feriez bien de balayer votre propre cour !

Le policier regarda son vis-à-vis, l’air interloqué :

- Que voulez-vous dire ? En quoi est-ce que j’ai manqué de professionnalisme ?

- D’après le rapport de votre équipe de secours, vous sembliez prendre votre rôle très au sérieux ! Au point même qu’on se demande jusqu’où vous jouiez la comédie !

Cette fois-ci ce fut le tour de Flack de monter sur ses grands chevaux :

- Je ne vous permets pas Mac Taylor ! J’avais un rôle à jouer et je l’ai joué ! Qu’est-ce que vous auriez voulu ? Que je tienne mon binôme à distance, au risque de dévoiler ma couverture ?

- Bien sûr que non ! Mais vous pouviez éviter de vous afficher de cette manière écoeurante en l’embrassant à pleine bouche ! Et votre petit détour par le backroom n’était certes pas nécessaire. J’espère seulement que vous vous y êtes bien amusé !

- Non mais qu’est-ce que vous avez en tête ? Vous croyez vraiment qu’Alan et moi… J’étais en mission Mac ! Je pensais que vous me connaissiez assez pour ne pas imaginer que j’aurais pu en profiter pour…

- Je pensais effectivement vous connaître ! Jusqu’à ce que l’agent fédéral Alan Desmond Silesman fasse irruption dans notre labo ! Vous ne vous êtes guère fait prier pour servir d’appât et qu’il soit votre binôme on dirait ! Et les images rapportées par Danny ne laissent aucun doute sur le plaisir que vous avez pris à votre rôle !

Don respira profondément pour tenter de se calmer. Il savait de quelles images parlaient Mac. Durant le débriefing, histoire de détendre une atmosphère un peu lourde, Danny avait fait circuler des photos de lui et d’Alan en train de s’embrasser, de danser collé-serré, de se caresser puis de disparaître dans le backroom. C’était, de la part du scientifique, une simple blague et tout le monde en avait ri et fait les gorges chaudes, à commencer par les deux principaux intéressés qui s’étaient adressés des regards faussement énamourés, redoublant l’hilarité des protagonistes, heureux de pouvoir un peu secouer la chape de plomb qui pesait sur leurs têtes depuis le début de l’enquête. Le moment de rigolade avait pris fin lorsque Mac, d’un ton plus que froid, avait annoncé d’une voix cinglante qu’il ne voyait pas ce qu’il y avait de tellement drôle dans ces images et qu’il trouvait pour sa part indécent de rire dans des circonstances semblables. La joie s’était figée net, remplacée par des mines pour les uns contrites, pour les autres étonnées de la réaction du lieutenant. Silesman avait eu, quant à lui, un petit sourire entendu qui avait donné envie à Mac de lui flanquer son poing dans la figure, puis la réunion avait repris, mais une sorte de gêne planait désormais sur l’assemblée et l’ambiance était restée plombée jusqu’au moment où le lieutenant avait annoncé la fin de la réunion, donnant rendez-vous aux équipes vers dix-sept heures. C’est ensuite que la querelle avait commencé.

Mais que se passait-il avec le chef du laboratoire, se demandait Don en tentant de calmer la fureur qui s’emparait de lui ?

- C’était une blague de Danny Mac ! Si vous n’étiez pas si braqué contre Alan pour je ne sais quelle raison, vous auriez été le premier à en rire !

- A rire de voir un de mes hommes s’afficher de manière éhontée et dégoûtante en public ? Vous me connaissez décidément bien mal Flack !

- Ehontée et dégoûtante ? Qu’est-ce qui est dégoûtant ? Que j’ai embrassé Alan ? Que j’ai dansé avec lui ? Que nous nous soyons éclipsés dans le backroom pour donner de la consistance à nos personnages ? Réagiriez-vous ainsi si mon partenaire avait été une femme ?

- C’est la seconde fois que vous sous-entendez que je pourrais être homophobe Flack ! Ca commence à bien faire ! N’abusez pas de notre amitié !

- Mais c’est vous qui abusez Mac Taylor ! Vous qui sous-entendez que je sois sorti de mon rôle ! Que j’ai pris plaisir à flirter avec Alan ! Que…

- Alan ! Alan ! Alan ! Vous n’avez décidément que ce nom à la bouche ! Il vous a lobotomisé ou quoi ? A moins qu’il ne vous ai fait découvrir d’autres plaisirs ! Dites-moi Flack : y a-t-il des choses que vous ayez omis de me dire concernant votre relation lorsque vous avez fait connaissance ? Vous sembliez tellement heureux de le retrouver ! Vous savez comme moi combien il est dangereux de mener une enquête avec un partenaire qui est plus qu’un collègue ! Vous comprendrez donc que….

- Je comprends surtout que vous êtes un fieffé imbécile ! s’emporta Don, renonçant définitivement à garder une once de calme. Et je comprends que vous n’avez aucune raison de me poser ces questions. Quand bien même j’aurais été ou je serai l’amant de l’agent Silesman, ça ne vous regarde en aucune façon ! Je fais mon boulot et je le fais bien ! Si vous n’êtes pas capable de comprendre ça alors inutile de continuer cette conversation ! On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif de toute façon !

Et sur ces mots bien sentis, le lieutenant quitta le bureau, laissant Mac en proie à la fureur et à la confusion, sa frustration le conduisant à balayer d’un revers de main la pile de dossiers qui se trouvait sur son bureau et qui s’écrasa au sol dans une envolée de feuilles qui ajouta à l’exaspération du chef de la section scientifique qui en avait pour un long moment à trier la masse de papiers mêlés qui recouvrait désormais le sol de son bureau. Vouant tous les Alan Desmond Silesman de l’univers aux gémonies, Mac s’agenouilla pour réparer les dégâts, sentant sa colère s’apaiser au fur et à mesure qu’il avançait dans sa tâche, remplacée par la honte de son comportement et l’inquiétude d’avoir peut-être durablement compromis son amitié avec Don Flack.

Ce dernier, ulcéré, était sorti en trombe du bureau et précipité dans le premier ascenseur : il avait besoin de prendre l’air, de s’éloigner de celui qu’il avait cru être un ami et qui se révélait être une espèce de… Il ne trouvait même pas les mots pour qualifier Mac Taylor, s’aperçut-il tandis que, graduellement, sa colère se muait en tristesse en songeant aux dégâts potentiels qu’avait pu faire leur dispute dans leurs relations.

- Ca s’est mal passé ?

Il sursauta en entendant la voix de Silesman, s’apercevant alors que celui-ci l’avait suivi et se tenait à ses côtés dans l’ascenseur.

- Mac se conduit parfois comme un âne bâté ! rétorqua-t-il. J’aurais dû ne pas perdre mon calme, mais…

- Mais il a dit des choses qui t’ont fait sortir de tes gonds.

- Exactement.

- Tu as envie d’en parler ?

- Non… Pas vraiment….

- D’accord. Alors viens, je t’offre un café. J’ai découvert, à quelques rues d’ici, un coffee-shop de première classe.

- Je sais, je le connais aussi. Humm…. Ce ne serait pas le serveur plutôt que le café qui t’attire là-bas ? questionna Don, tentant de dissiper son malaise.

- Qui sait ? sourit l’agent, nullement embarrassé par la question.

Don le connaissait trop bien, depuis trop longtemps et il était l’un des rares avec lequel il ait jamais parlé de ses coups de cœur ou de ses liaisons plus ou moins durables. Ca aussi ça lui avait manqué durant tout le temps où ils étaient restés éloignés l’un de l’autre.

Une fois assis à une petite table, Alan reprit :

- Alors… Raconte-moi. Que s’est-il passé qui t’ait mis tellement en colère ?

- Rien…

- Rien ? Et bien dis-moi, voilà un rien bien efficace ! ironisa le fédéral.

- Non… C’est juste que Mac…

- Quoi Mac ?

- C’est idiot ! J’ai l’impression qu’il pense qu’il y a quelque chose entre nous.

- Mais il y a bien quelque chose entre nous.

- Quoi ? De quoi tu parles ?

- Tu es l’un des meilleurs amis que j’aie jamais eu Don. Et si seulement tu m’avais donné une chance il y a dix ans, tu pourrais même être encore plus…

- Arrête avec ça Al ! Tu sais que je ne suis pas gay !

- Mmmm…. Disons plutôt que tu n’es pas amoureux de moi.

- Qu’est-ce que tu sous-entends ?

Plutôt que de s’expliquer, Alan préféra répondre par une autre question :

- Dis-moi, est-ce que tu t’es demandé pourquoi tu es si malheureux de ta dispute avec Mac ? Tu t’es disputé plus d’une fois avec un tas de gens, moi y compris. Alors pourquoi la réaction de ce type te met-elle dans cet état ?

- Mais… Parce que Mac est un bon ami. Parce que je tiens à son estime. Parce que…

- … Parce que tu tiens à lui.

- De quoi tu parles ?

- Don ! Je ne suis pas aveugle, ni idiot, et j’ai toujours une sorte de sixième sens pour voir avant les autres l’attirance qu’ils éprouvent.

- Je ne suis pas attiré par Mac ! se défendit Don.

Même à son meilleur ami il ne pouvait se livrer sur ce qu’il trouvait lui-même incompréhensible. Il avait bien dû s’avouer les sentiments qui le portaient vers Mac Taylor, mais il s’échinait à se répéter à lui-même qu’il se méprenait, qu’il ne s’agissait pas vraiment d’amour, que c’était une attirance amicale qui le troublait un peu trop, mais rien qui ne résiste au temps et à la raison !

- Si tu le dis…, répliqua Alan en sirotant son café, comprenant que le moment n’était pas venu de pousser son ami dans ses retranchements. Alors j’ai une autre question pour toi : à ton avis, pourquoi Mac, de son côté, réagit-il si mal à notre complicité ? Qu’est-ce qui le gêne tellement dans le fait qu’on soit proche ? Qu’est-ce qui pourrait bien le déranger dans le fait qu’on puisse être ensembles ?

- Mais…

Il vit la confusion se peindre sur le visage de son ami, cherchant vainement une réponse. Il vit ses yeux s’emplir d’incrédulité, et de quelque chose qui ressemblait à l’espoir quand soudain son cerveau lui souffla des raisons auxquelles il n’avait jamais pensé jusqu’à présent.

- Est-ce que tu crois…, murmura Don, gardant les yeux rivés sur sa tasse.

- Moi je ne crois rien : j’observe, je remarque, je déduis… Après, à chacun de tirer ses conclusions. Sur ce j’y vais : je dois faire mon rapport à mon chef. On se retrouve ce soir pour la répartition des équipes. Et que ton cher Mac ne s’inquiète pas : je ne serai pas ton partenaire ce soir. Mais j’espère que tu auras plus de mal à tenir ton rôle ! sourit-il en quittant la tablée après avoir administré une claque de réconfort sur l’épaule de son ami.

Resté seul, le lieutenant Flack demeura un long moment les yeux dans le vague, perdu dans des pensées apparemment très intenses. Il finit par relever la tête, payer la note, remarquant au passage que son cher ami la lui avait laissée, et se diriger vers le commissariat. Mais durant tout le reste de la journée, les mêmes pensées tournèrent en boucle dans son esprit, en même temps qu’un espoir qu’il s’était interdit depuis bien longtemps, commençait à pointer son nez, lui soutirant quelques sourires idiots qui n’auraient pas manqué d’aviver la contrariété de Mac s’il avait pu les voir dans la mesure où il les aurait automatiquement attribué à une tout autre cause.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Mer 10 Avr 2013 - 21:31

Je me suis faite plaisir: J'ai dévoré deux chapitres d'un coup! Ah, la jalousie!
Mais ça avance...Ca avance! sucette au caramel sucette au caramel sucette au caramel

La suite! La suite!

bravo bravo bravo


Elijah Baley, l'inspecteur brun et le chatain R.Daneel Olivaw.



"Le véritable amour efface l'intolérance et les différences."

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 11 Avr 2013 - 11:46



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 11 Avr 2013 - 13:28

là Don ne pourra plus soupçonner que l'attitude de Mac cache bien d'autres inclinaisons ce dernier est vraiment rongé par la jalousie pour agir ainsi va-t-il enfin avouer qu'il ressent quelque chose de plus fort que l'amitié envers Don? l'agent du FBI semble avoir compris ce qui se passait entre eux au moins lui n'est pas aveugle, il a vu les regards . Je suppose que l'objet des pensées de Don est Mac et son sourire en dit long sur leurs contenus


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 11 Avr 2013 - 21:26

Merci à vous...
Suite et fin de ce jour 5...


Jour 5 : soir
- Mac, tout va bien ?

Mac détourna son regard du bar pour le poser sur Sheldon qui le regardait, de l’autre côté de la table :

- Evidemment que tout va bien. Pourquoi cette question ?

- Parce que vous n’avez franchement pas l’air dans votre assiette. Il s’est passé quelque chose entre vous et Flack ?

- Pourquoi voudriez-vous qu’il se soit passé quelque chose entre nous ?

- Peut-être parce que vous répondez à mes questions par d’autres questions, répliqua le médecin, peu intimidé par le regard de son chef qui semblait le dissuader de continuer dans cette direction.

- Ce n’est pas ce que je fais, protesta Mac.

- C’est tout à fait ce que vous faites, contra Sheldon.

- De toute façon, ce n’est ni le moment, ni le lieu de parler de cela.

- En d’autres termes : mêlez-vous de ce qui vous regarde, conclut Sheldon sans insister.

Il savait qu’il y avait des limites à ne pas franchir et avait conscience d’être arrivé à celles-ci. Il soupira, se disant que la soirée allait être longue !

Toute l’équipe avait été étonnée lorsque, lors de la réunion du soir, Mac avait annoncé qu’il serait l’un des binômes de protection au Recto-Verso, l’agent Silesman prenant sa place dans le van de contrôle. Comme ce dernier n’avait pas protesté, les policiers en avaient déduit que les deux hommes avaient décidé ce changement de rôle d’un commun accord. Mais Sheldon avait remarqué la tension palpable entre Flack et Taylor et, après s’être fait rabroué par le premier lorsqu’il avait tenté de savoir ce qu’il en était, il avait décidé de sonder le second, avec aussi peu de réussite d’ailleurs, songea-t-il en sirotant son jus de fruit tout en reportant son attention sur son équipier qui, de son côté ne quittait pas Don des yeux. Et ce que le médecin lut dans ce regard lui soutira soudain un léger sourire, comme s’il venait de réaliser quelque chose.

Mac regardait Don qui souriait à l’agent Forbes, un collègue de Silesman qui était son partenaire « de drague » du soir. Son cœur se serrait à le voir apparemment si à l’aise dans ce rôle, sa main frôlant celle de celui qui l’avait abordé quelques minutes plus tôt, selon le plan établi, souriant de ses remarques. A un moment donné l’éclat de son rire arriva jusqu’à eux et Mac sourit à son tour à le voir en apparence si heureux. Puis il se rembrunit en se souvenant de la conversation qu’il avait eue avec l’agent Silesman dans le courant de l’après-midi.

Flashback

- Je peux vous parler Taylor ?

- Si je vous dis non, je présume que vous n’en ferez de toute façon qu’à votre tête, alors allez-y !

Les deux hommes se toisaient, hostiles, méfiants… Lorsque l’agent fédéral avait franchi le seuil de son bureau, Mac avait failli lui hurler de sortir : son regard parlait pour lui qui aurait fait fuir le plus aguerri de ses collaborateurs. Mais le blond n’était pas du genre à se laisser intimider, d’autant moins lorsqu’il voulait protéger un ami, et c’était justement ce qu’il venait faire. Il s’installa dans le fauteuil face au bureau de Mac et attaqua :

- Bien. Je sais que vous êtes un type qui aime les choses claires, moi aussi. Alors parlons peu, parlons bien : vous ne m’aimez pas, c’est votre droit. Vous ne me supportez pas, c’est votre problème. Mais je ne tolèrerai pas que vous passiez votre hargne sur Don. C’est un peu trop facile : lui ne peut pas vous envoyer paître comme je le pourrais et en plus il n’est pour rien dans nos dissensions !

- Pour qui vous prenez-vous Silesman à venir me dire comment je dois m’y prendre avec mes collaborateurs ? Depuis quand le FBI s’immisce-t-il dans des affaires strictement locales ?

- Depuis que l’un des dirigeants de la police scientifique se comporte comme un fieffé crétin et s’en prend à un ami très cher !

- Tellement cher que vous ne lui avez pas donné signe de vie pendant des années, persifla Mac.

- Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que la vie éloigne parfois les gens qui s’aiment le plus !

- A vous entendre, on a l’impression que vous parlez de votre amant !

En disant ces mots d’un ton qu’il voulait insultant, Mac sentit son cœur se serrer : et si Silesman confirmait qu’il y avait bien quelque chose entre lui et Don ? Et bien, en quoi cela t’intéresse-t-il de toute façon ? répliqua une petite voix à l’intérieur de sa tête, une petite voix qui ne parvenait pas vraiment à dominer le tumulte de son cœur.

L’expression de Silesman se fit méprisante tandis qu’il répliquait :

- Et quand bien même ce serait le cas ? Faut-il que vous soyez borné et pétri de préjugés pour juger un homme sur ses préférences sexuelles !

- Il ne s’agit pas de jugement ! se défendit Mac mal à l’aise.

- Ah non ? Et bien ça y ressemble croyez-moi ! En quoi le fait que je puisse ou non être l’amant de Don vous rend aussi enragé hein ? Parce qu’en fait tout est cristallisé autour de ce point ?

Mac ne répondit pas au ton accusateur de son vis-à-vis. Qu’aurait-il pu dire sans proférer un mensonge ? Soudain il lui apparaissait qu’effectivement tout se résumait à cette question : Don était-il l’amant de Silesman ?

- Alors pour votre gouverne, et bien que ça ne vous regarde en rien, déclara ce dernier, comprenant qu’il n’aurait pas de réponse à sa question, je ne suis pas et n’ai jamais été l’amant de Don. Je ne vous cacherais pas que j’aurais aimé et que j’aimerais toujours, qu’il n’aurait qu’un mot à dire pour que notre relation prenne une tout autre tournure. Mais il y a dix ans, il était persuadé être hétéro et il n’a jamais cédé, et aujourd’hui, son cœur est pris ailleurs.

- Qu’est-ce que vous sous-entendez par « il était persuadé être hétéro » ? Et de qui est-il amoureux ?

- Je n’ai pas à vous dévoiler la vie de Don. Ce que je sais sur lui reste entre nous. Si vous voulez en savoir plus, vous n’avez qu’à l’interroger, répliqua Silesman en se levant, indiquant que l’entretien touchait à son terme. Je suis juste venu vous prévenir que si vous continuiez à vous défouler sur lui vous auriez à faire à moi.

- Vous ne me faites pas peur Silesman, tout fédéral que vous soyez !

- Mais je ne suis pas venu vous faire peur Taylor ! Pour avoir peur il faut avoir un soupçon de jugeote et je commence à croire que vous en êtes totalement dépourvu ! A se demander comment un type comme vous a pu arriver à ce poste ! Voyez-vous, j’avais entendu parler de vous en arrivant à New-York et, même au FBI vous jouissez d’une réputation de type sévère mais réglo, un excellent flic en qui on peut avoir confiance, un mec intelligent et droit. J’étais heureux de pouvoir enfin vous rencontrer ! Maintenant je le regrette parce que je m’aperçois qu’en fait vous n’êtes qu’un pauvre type !

- Je ne vous permets pas !

- Mais je me passerai de votre permission ! Ca fait bizarre hein de s’entendre dire ses quatre vérités ? Depuis combien de temps ça ne vous est pas arrivé ? Qui irait dire au tout puissant chef du laboratoire de la police scientifique de New-York qu’il n’est qu’un tyranneau de bas étage ? C’est tellement facile de s’en prendre à quelqu’un qui ne peut pas répliquer ! Ca ne prouve pas que vous êtes meilleur que lui, juste que vous êtes son supérieur hiérarchique. Mais vous n’êtes pas le mien…

- Je peux tout à fait faire un rapport au vôtre ! Je ne suis pas certain que votre manière de nouer des relations avec les forces de l’ordre locales serait appréciée par votre hiérarchie, menaça Mac.

- Mais faites donc Taylor ! Ca ne fera que me prouver que j’avais raison !

Tout en parlant, Silesman s’était dirigé vers la porte du bureau qu’il ouvrit. Sur le seuil il marqua un temps d’arrêt, puis, sans se retourner il prononça :

- Réfléchissez à cela Taylor, si vous en êtes capable : dans ma putain de vie d’homo assumé, j’ai rencontré des dizaines de types qui se montraient agressifs envers moi ou ceux qu’ils soupçonnaient d’être mes amants. Neuf fois sur dix je savais que ce qui les dérangeait le plus, c’est qu’ils auraient aimé être à ma place.

Fin du flashback

« Ils auraient aimé être à ma place. » Cette phrase tournait en boucle dans la tête de Mac depuis le début de la soirée, l’empêchant de totalement se concentrer sur sa tâche.

« Ils auraient aimé être à ma place. »

C’est n’importe quoi ! Tu n’as jamais fantasmé sur Flack ! chuchotait la petite voix dans sa tête.

- Mac ! Mac vous êtes avec moi !

Le lieutenant sursauta et croisa le regard mi-inquiet, mi-amusé de son partenaire :

- Oui… Que se passe-t-il ?

- Je vous disais que j’ai besoin d’aller aux toilettes.

- Bien sûr ! Pas de soucis ! De toute façon tout va bien.

Ce faisant son regard accrochait Don et l’agent Forbes qui dansaient langoureusement, corps contre corps, donnant le spectacle fort vraisemblable de deux hommes passant un excellent moment ensemble, prémices d’autres moments encore plus agréables à venir. Il jeta un coup d’œil à sa montre : presque une heure du matin. La soirée touchait à sa fin et une fois encore ils allaient se retrouver à la case départ : personne n’avait tenté d’approcher le policier, personne n’avait eu de comportement suspect… Dans son oreillette, il entendait Silesman donner des instructions pour la sortie de deux des autres appâts : tout semblait se passer au mieux. Encore une fois, leur traque n’aboutirait pas ce soir-là mais peut-être qu’au petit matin il y aurait une nouvelle victime à les accuser de ses yeux morts, songea-t-il avec un début de découragement. Ses pensées furent interrompues lorsqu’un homme vint s’asseoir à sa table :

- Bonsoir, vous êtes seul ?

- Non, j’attends mon compagnon.

L’homme jeta un coup d’œil par-dessus son épaule puis sourit en disant :

- Bon, en fait je vous ai vu avec lui depuis le début de la soirée, mais vous me plaisez, j’attendais une occasion de vous le dire. Si vous voulez nous pourrions sortir tous les deux et…

- Je vous arrête tout de suite ! Je suis fidèle à mon compagnon ! Je vous prierais donc de quitter cette table !

- Fidèle… C’est vite dit ! grinça l’homme en se levant. Comme je vous le disais, je vous observe depuis le début de la soirée et j’ai bien l’impression que si moi je ne vous intéresse pas, il y en a au moins un autre à qui vous ne diriez pas non si vous en aviez l’occasion !

Ce disant, il eu un geste du menton vers la piste de danse où Don et son partenaire dansaient maintenant un rock endiablé et Mac sursauta de sembler aussi transparent, même aux yeux de parfaits inconnus. Il chercha une réplique mais avant qu’il n’ait pu trouver les mots, l’homme s’était éloigné vers la sortie. Il prit son verre et le but d’une traite histoire de se donner une contenance, maudissant à la fois l’inconnu et Sheldon qui l’avait laissé en plan au plus mauvais moment.

Justement le médecin revenait à la table :

- Quelque chose ne va pas Mac ? s’inquiéta-t-il en voyant la mine de son chef.

- Si ! Tout va bien… Juste un fâcheux qui est venu tenter sa chance !

- Mac Taylor fait des ravages parmi les gays ? rigola Hawkes. Vous n’avez pas été tenté de le suivre ?

- Ne dites donc pas de bêtises ! le gourmanda Mac, s’attirant un regard étonné de Sheldon qui l’aurait cru un peu plus perméable à la plaisanterie.

Mais il était vrai que depuis le début de cette affaire, le lieutenant Taylor qu’il connaissait avait quelque peu changé.

- Je crois que le bar va bientôt fermer, enchaîna le lieutenant. Tout est prêt ?

- Oui, ne vous inquiétez pas. Danny et l’agent Spikes sont dehors et attendent le signal.

- Bien… Je crois qu’on va pouvoir leur donner le top…

Sur la piste, les deux hommes qu’ils surveillaient venaient d’arrêter de danser et semblaient en grande conversation : c’était le moment où ils devaient se séparer, l’appât étant obligé de rentrer seul en apparence pour attirer le criminel, à supposer que celui-ci soit dans les parages. D’un commun accord, Forbes et Flack simulaient une dispute du genre de celle qui peut opposer deux personnes venant de se rencontrer dont une veut aller plus loin que l’autre n’est prête à la suivre. Et conformément au plan établi, Don planta là son cavalier d’un soir et sortit seul de la boîte de nuit, croisant au passage le regard de Mac. Aussitôt l’équipe à l’extérieur prit la relève tandis que Mac et Sheldon emboîtaient le pas du policier, prêts à intervenir si nécessaire.

Flack se dirigea vers le parking qui se trouvait à une cinquantaine de mètres de la boîte et où sa voiture était judicieusement garée un peu à l’écart, de manière à donner confiance à l’agresseur si celui-ci était dans les parages.

Dans son véhicule, le prédateur sourit : sa proie venait de sortir. Il l’avait observée toute la soirée, notant chacun de ses gestes, de ses sourires et surtout de ses regards. C’était ce regard qui l’avait fait la choisir, ce regard qu’il connaissait bien et qui brûlait d’un désir inassouvi parce qu’inavoué, ce regard qui dévoilait ce que l’homme voulait et tous les mensonges qu’il traînait avec lui ! Ils avaient tous eu ce regard, tous ! Jusqu’au moment où il les avait possédés avant de leur faire payer leur duplicité ! Ses doigts se crispèrent sur le volant tellement fort que ses jointures en blanchirent. Puis il sourit : oui, bientôt cet homme serait sien ! Bientôt il hurlerait sous sa possession, bientôt il se tordrait de douleur pour acheter sa rédemption.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Jeu 11 Avr 2013 - 22:38

là ça se gâte pour les fesses de Don, j'espère qu'il est bien surveillé, sinon l'équipe risque de se retrouver avec une autre victime sur les bras et là Mac ne s'en remettra pas qu'il peut être borné faut-il qu'il soit aveugle pour ne pas comprendre que ce qu'il ressent pour Don n'est pas qu'une simple amitié


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Ven 12 Avr 2013 - 15:15



Merci Louzanes pour ce kit
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Ven 12 Avr 2013 - 20:32

Super! Géniale! J'aime l'intervention de l'agent Silesman! Yeeeeees! Ca avance!

Hem, je crois savoir qui est la prochaine victime... sucette au caramel

J'aime la tournure que prend cette fiction!

Alors, la suite!

bravo bravo bravo


Elijah Baley, l'inspecteur brun et le chatain R.Daneel Olivaw.



"Le véritable amour efface l'intolérance et les différences."

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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 13 Avr 2013 - 0:27

Merci à vous les filles!!! Je vous soupçonne d'avoir de très vilaines pensées envers ce pauvre Don...


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas (C. Chabrol)
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 13 Avr 2013 - 18:23

Eh bien la situation évolue ! Don et Mac se prennent la tête, rien ne va plus ! Mac ne peut empêcher sa jalousie de s’exprimer, sentiment sur lequel il n’a pas encore mis de mot, qu’il ne comprend pas ou ne veut pas comprendre et qui lui fait toujours se poser autant de questions. Don occupe toutes ses pensées… Don, s’il est surpris de la réaction de Mac, se pose beaucoup moins de questions que lui, surtout depuis qu’un certain Silesman lui a ouvert les yeux et fait fleurir un sourire sur ses lèvres… Silesman n’a pas fait fleurir de sourire sur les lèvres de Mac, l’atmosphère est plutôt tendue entre ces deux là…

C’est bien mignon tout ça, mais le danger rôde, un danger bien réel pour Don qui du chasseur est devenu la proie, certes cette plongée dans la gay attitude en était le but, mais il n’empêche que le piège a pris, l’appât à bien fonctionné pourvu que la situation ne tourne pas au drame à présent !



Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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MessageSujet: Re: Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13   Sam 13 Avr 2013 - 21:51

Merci de ton commentaire Cat'...


Jour 6
Flack marchait d’un pas vif : il aimait cette heure de la nuit où les rues se vident petit à petit, même si dans ce quartier, il semblait qu’elles ne soient jamais totalement désertes. Il restait quand même sur le qui-vive, n’oubliant pas qu’un tueur rôdait qui avait pu jeter son dévolu sur lui sans même qu’il le sache. Un pas résonnant derrière lui le fit se crisper. Il refoula le réflexe de se retourner : il savait que ses amis protégeaient ses arrières, lui devait juste jouer le rôle du noctambule insouciant.

- Mac ? Tout va bien ?

Sur le point d’emboîter le pas à Don qui disparaissait dans la nuit, Sheldon se tourna vers Mac, un peu inquiet de voir celui-ci s’appuyer au mur.

- Oui ! Tout va bien ! C’est juste le contrecoup de la chaleur qui règne à l’intérieur de cette fournaise, répliqua le lieutenant d’un ton ferme.

- Et de quelques nuits sans sommeil je présume, compléta le médecin.

- Ce n’est pas le moment de me faire un check-up doc ! Occupez-vous de Flack et je m’occuperai de moi ! Filez, je m’occupe de récupérer la voiture !

Obéissant à l’ordre, Hawkes s’élança sur les traces de Don. Il entendit les pas de Mac qui s’éloignaient vers la droite, là où ils avaient laissé leur véhicule, juste derrière celui de Danny et de l’agent Spikes.

En quelques pas rapides, Sheldon eut de nouveau Flack en ligne de mire et il ralentit alors la cadence. Et puis les événements se bousculèrent : une silhouette s’interposa soudain entre lui et le policier :

- Attention : un homme semble avoir pris Flack en filature, murmura-t-il dans son micro.

- Signalement ? ordonna la voix de Silesman.

- Grand, plutôt baraqué, c’est tout ce que je peux en dire : il porte un sweet à capuche, je ne peux pas vous dire s’il est blanc ou noir ou de quelle couleur sont ses cheveux.

- Groupe 2, vous vous approchez ! ordonna l’agent du FBI.

- Reçu ! répliqua la voix de Danny dans l’oreillette de Sheldon et un bruit de moteur fit écho à sa réponse, indiquant que les deux policiers venaient rejoindre leur collègue.

Celui-ci restait plusieurs mètres derrière les deux hommes : son cœur s’emballa lorsqu’il constata que le second accélérait le pas pour rejoindre le premier.

Don savait qu’il était suivi et il savait que ce n’était pas l’un de ses équipiers : jamais ils ne se seraient tenus aussi près, au risque de faire capoter leur souricière. Il se raidit, entendant les pas qui approchaient toujours plus. Puis, au moment où il sut que l’homme était juste derrière lui il se retourna brusquement :

- Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous me voulez ? demanda-t-il sèchement.

- Je t’ai vu au bar, tu me plais ! répliqua l’homme. Je croyais que tu allais partir avec ton mec mais…

- Ce n’est pas mon mec. On a juste passé un bon moment ensemble.

- Ben on pourrait en passer un aussi, si tu veux… Tu es tout à fait mon type tu sais !

Et l’homme se jeta sur lui pour l’embrasser.

- Arrêtez-vous ! Police ! Les mains en l’air !

Les phares d’une voiture vinrent éclairer la scène et l’agresseur, reculant tout en jetant des regards affolés autour de lui, se vit cerné par quatre hommes brandissant des armes tandis que celui sur lequel il avait jeté son dévolu reculait de trois pas puis revenait vers lui en présentant une paire de menottes tout en lui disant :

- Police ! Vous êtes en état d’arrestation ! Veuillez mettre vos mains derrière le dos !

- En état d’arrestation ! Tu es flic ? Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?

- Vous êtes soupçonné de viols et de meurtres, rétorqua Silesman s’avançant à son tour tout en présentant sa carte.

- Le FBI maintenant ! Mais merde ! J’ai rien fait de mal ! Je voulais juste passer du bon temps.

- Ben tu vas passer du bon temps en prison, répliqua Don en poussant l’homme en avant.

- Mais j’ai rien fait ! protesta l’inconnu.

- Comme tous les détenus, persifla Sheldon tandis que Flack, sans écouter les jérémiades du prisonnier le dirigeait vers la voiture de Danny et de l’agent Spikes.

- Si vous n’avez rien fait, on vous présentera nos plus plates excuses, ajouta Silesman.

La voiture partit, emportant le prisonnier et Sheldon, Flack et l’agent fédéral se retrouvèrent seul sur le parking :

- Vous croyez que c’est lui ? questionna alors le médecin.

- J’espère bien…, grogna Don. J’en ai marre de jouer les belles de nuit.

- Pourtant ça te va bien, plaisanta Silesman, s’attirant un sourire de son ami avant d’ajouter : Bon, de toute façon ce n’est pas en restant là qu’on en aura le cœur net. On remballe et on va interroger ce coco.

- A ce propos, s’inquiéta soudain Don : où est Mac ?

- Il est parti chercher la voiture, répliqua Sheldon.

- La voiture ? Elle était garée où ? A Brooklyn ? persifla Silesman.

- Ce n’est pas normal, s’inquiéta brusquement Don.

- Taylor, vous m’entendez ? Taylor, répondez ! ordonna Alan dans son micro, gagné à son tour par l’inquiétude.

- Où est-ce que tu l’as laissé ? demanda Don au médecin.

- Là-bas ! Il était un peu étourdi en sortant de la boîte, il a préféré aller récupérer la voiture pour… Vous ne croyez pas que…

Le visage de Hawkes avait pâli soudain.

- On fonce ! déclara Silesman se mettant à courir, suivi des deux policiers.

Lorsqu’ils arrivèrent devant la voiture, ils durent se rendre à l’évidence : Mac Taylor n’y était pas et il ne semblait être nulle part aux alentours !

- Bordel ! C’est pas vrai ! grinça Silesman en envoyant un coup de poing sur la carrosserie.

- Il ne se sentait pas très bien. Il est peut-être rentré à l’intérieur, supputa Sheldon, voulant croire que leur angoisse était injustifiée.

- Ca ne l’empêcherait pas de répondre à nos appels ! contra Don qui ajouta : Va quand même voir.

- Et si vous le trouvez, foutez-lui mon poing sur la figure pour lui apprendre à nous faire des peurs pareilles ! ordonna Silesman avant d’enchaîner à l’intention de son ami : Tu ratisses de la porte à ici, je vais voir dans le van de contrôle si nos techniciens ont vu quelque chose !

Inquiet au-delà des mots, Don se contenta d’opiner de la tête avant de rebrousser chemin vers l’entrée du bar, cherchant une trace prouvant que Mac était passé par là. Silesman, lui, interrogeait les deux techniciens restés dans le van qui déclarèrent n’avoir rien vu de particulier tout en admettant qu’ils n’avaient plus vraiment fait attention puisqu’il semblait que l’agresseur s’était manifesté. L’agent fédéral leur ordonna alors de remonter les bandes sur les quinze dernières minutes tout en essayant d’entrer en communication avec Mac Taylor qui ne répondait toujours pas.

Il comprit pourquoi lorsque, quelques minutes plus tard, un Don décomposé vint le rejoindre accompagné de Sheldon tout aussi bouleversé : le lieutenant portait dans les mains l’oreillette et le bracelet micro qui avaient équipé Mac et qu’il avait trouvé à quelques mètres de là. Le doute n’était plus permis : Mac Taylor avait été enlevé !

- C’est pas vrai ! ragea Silesman tandis que Sheldon interrogeait :

- Vous pensez que c’est notre tueur qui l’a pris ?

- Et qui d’autre ? s’emporta Don. Tu crois vraiment qu’un autre type sévirait dans les parages ! Pourquoi est-ce que tu l’as laissé seul alors qu’il n’allait pas bien ? Bonjour l’équipier !

- Hé ! J’ai fait ce qu’il m’a ordonné ! Jusqu’à preuve du contraire c’est mon chef ! se défendit Hawkes.

- Ca suffit vous deux ! Vous règlerez vos comptes plus tard ! Pour le moment l’important c’est de récupérer Taylor avant que…

Il ne finit pas sa phrase mais chacun des policiers présents sentit un frisson courir sur son échine en pensant à ce que Mac risquait s’ils ne le retrouvaient pas à temps.

Don fut le premier à reprendre la parole :

- Excuse-moi, dit-il à Sheldon en lui tendant la main. Je sais que tu n’es pas responsable. Mais c’est juste que…

- Je sais… Et crois-moi je m’en veux. J’aurais dû être plus attentif.

- Les j’aurais dû, si j’avais su, ne nous avancerons pas plus que la colère ! reprit l’agent fédéral. Ce qu’il faut c’est tenter de trouver ce qui s’est passé. On va quand même lancer une recherche sur les personnes ayant quitté le club avant Mac et celles qui rôdaient aux alentours : on ne peut pas complètement exclure l’hypothèse d’une malheureuse coïncidence.

- Quoi ? Un autre pervers qui rôderait aux alentours ? demanda Don d’une voix partagée entre l’incrédulité et la colère.

- Non ! Mais un type qui pourrait connaître Taylor et lui en vouloir. J’imagine qu’il ne s’est pas fait que des amis durant toutes ces années au sein de la police ! Un gars a pu voir l’occasion de se venger ! On doit aussi s’assurer que l’abruti qui t’a abordé n’est pas notre pervers.

- Tu en doutes ?

- Je me dis qu’avec cette technique d’approche, il n’y a aucune raison pour qu’il ait réussi à embarquer nos quatre victimes qui n’étaient pas des demi-portions. J’ai plutôt l’impression qu’il est bien ce qu’il paraît : un mec qui a craqué sur toi et voulu tenter sa chance. On ne peut pas complètement lui en vouloir…

Mais la tentative d’humour de Silesman se solda par un regard noir de son ami qui n’appréciait guère ce détachement alors que Mac était en danger.

- Concrètement on fait quoi ? questionna-t-il.

- Comme je l’ai dit : on visionne les bandes vidéos et on lance un programme de reconnaissance faciale simultanément. J’appelle Spikes pour qu’il me passe ce type au troisième degré afin d’avoir au plus vite une réponse sur le fait qu’il soit ou non notre meurtrier.

- Bon sang ! J’y pense tout à coup ! s’exclama Hawkes.

- Quoi ? questionna Flack d’une voix pressante.

- Pendant que j’étais aux toilettes, Mac a été abordé par un type.

- Quel type ? A quoi il ressemblait ? Qu’est-ce qu’il a dit ? Où est-il passé ?

Les questions fusaient à la vitesse de l’éclair et Sheldon leva une main pour arrêter le flot :

- Je viens de te dire que j’étais aux toilettes. Lorsque je suis revenu il était déjà parti. Je ne l’ai même pas vu !

- Mais pourquoi n’en as-tu pas parlé avant ?

- Parce que je viens seulement d’y penser !

Avant que le ton ne monte de nouveau entre les deux hommes, l’agent fédéral ordonna :

- Vous allez récupérer les vidéos de sécurité du bar : on y voit peut-être notre mec.

- Mac et moi étions hors champ, rappela Sheldon. On ne le verra pas.

- Mais on pourra le voir s’approcher, ou partir… De toute façon il faut qu’on trouve et vite !

A ce moment-là le téléphone d’Alan sonna et il décrocha rapidement. Les deux policiers virent son visage se fermer tandis qu’il répondait laconiquement.

- Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? demanda Don à peine son ami eut-il raccroché.

- Le type qui t’a abordé n’est pas notre meurtrier : il a un alibi irréfutable. Il est marin et il était en mer jusqu’à il y a deux jours. Il est venu s’encanailler lors d’une perm’ !

- Ce qui veut dire que les risques que Mac soit aux mains de notre tueur…, Don avait pâli.

- Sont bien plus grandes, oui, termina Silesman avant d’enchaîner : Alors il faut qu’on se bouge les fesses !

Il se dirigea de nouveau vers le van puis soudain il s’arrêta net et regarda autour de lui :

- Tu as vu quelque chose ? demanda Don.

- Non… C’est juste… Il y avait un camping-car ici, lorsque je suis sorti pour vous rejoindre sur le parking.

- Et alors ? demanda Sheldon.

- Ca ne vous paraît pas bizarre de venir dans ce coin avec un camping-car ?

- Pas forcément. Ca peut être un type qui rend visite à des amis, ou un SDF, il y en a de plus en plus.

- Oui, sauf qu’il n’était pas là à notre arrivée et qu’il n’est plus là maintenant, remarqua Silesman.

- Comment pouvez-vous savoir qu’il n’était pas là ?

- Parce que je l’aurais remarqué. A notre arrivée il y avait une fourgonnette de livraison rapide et un roadster à l’emplacement où j’ai vu ce camping-car tout à l’heure.

- C’est un peu mince non ? objecta Sheldon.

- Peut-être, mais mon instinct me dit… Après tout, quoi de plus pratique qu’une maison sur roues lorsqu’on mène une vie en marge de la loi ?

- Et si on part sur une fausse piste ?

La voix de Don était plus aigüe que d’habitude, preuve de la tension nerveuse qui l’habitait.

- C’est pourquoi on ne va pas mettre tous nos œufs dans le même panier. On transfère les données à votre labo pour la recherche faciale des membres sortis avant vous. J’envoie nos techniciens vérifier les vidéos de la boîte.

Puis se tournant vers Sheldon il interrogea :

- Combien de temps avant votre sortie ce type a-t-il abordé Mac ?

- Une dizaine de minutes, pas plus.

- D’accord, on visionne les bandes des dix dernières minutes.

Joignant le geste à la parole, Silesman entra dans le van, suivi des deux policiers et, après avoir ordonné aux techniciens de se présenter au gérant du bar pour récupérer les vidéos de surveillance, il remonta de dix minutes le film réalisé par la caméra braquée sur l’entrée du Recto-Verso. Malheureusement, c’était le moment où l’établissement commençait à se vider et plusieurs personnes sortirent simultanément. Impossible de repérer un suspect parmi la trentaine de membres qui avait quitté la boîte durant ce laps de temps. Soudain une ombre s’interposa entre la caméra et l’entrée.

- Le camping-car ! s’écria Don. Il est arrivé à ce moment-là.

- Ca ne peut pas être une coïncidence ! renchérit Sheldon. Vous aviez raison. S’il est arrivé à une heure douze, il n’est pas logique qu’il ne soit plus là vingt minutes plus tard !

Sur la bande, on voyait maintenant sortir Flack, suivi de quelques autres habitués des lieux, puis Mac et Sheldon. On vit Mac s’arrêter et s’appuyer au mur et Sheldon retourner sur ses pas pour lui parler. Un homme passa alors devant eux :

- C’est notre marin ! observa Silesman continuant à étudier les images.

On voyait Sheldon quitter Mac pour prendre la direction empruntée par Don, puis le lieutenant se redresser pour le suivre. Il disparut du champ après quelques mètres. Il disparut pour de bon, pensa Flack.

- Pourquoi la caméra ne l’a-t-elle pas suivi ? ragea-t-il.

- Parce que c’est un plan fixe ! Parce que de toute façon on ne pensait pas qu’il puisse être en danger. L’appât c’était toi !

- Mais Mac répondait aussi aux critères ! Il n’aurait jamais dû se trouver là !

- Ca… C’est avec lui que tu devras en discuter !

Silesman se rappelait de son mécontentement lorsque le chef du laboratoire lui avait signifié son choix, mais il n’avait pas envie d’entamer une guerre de territoire avec celui-ci et il avait préféré laisser tomber. Il s’en voulait maintenant : il aurait dû savoir que Mac était justement le genre de proie pour leur prédateur. Mais il n’était pas temps de compter les erreurs des uns ou des autres mais de remettre la main sur le policier avant qu’il ne soit trop tard, à supposer que ce ne soit pas déjà le cas, ajouta-t-il en jetant un coup d’œil nerveux à sa montre.

- Bon… Il y a maintenant trois quarts d’heure que Mac est porté manquant. Si notre type a vraiment un camping-car il faut nous dépêcher de le repérer !

- On a vingt-quatre heures, rappela Sheldon, se souvenant des conclusions des légistes.

- Dans vingt-quatre heures Mac sera mort ! s’emporta Don.

- On n’a pas vingt-quatre heures avant que ce malade n’assouvisse ses premiers besoins ! ajouta Silesman. On partait du principe qu’il détenait ses victimes chez lui. Mais si chez lui c’est effectivement ce camping-car, il lui suffit de se garer n’importe où un peu à l’écart et…

Don le regarda, épouvanté :

- Tu penses qu’il a pu déjà…

Il fut incapable de terminer sa phrase mais chacun comprit parfaitement à quoi il faisait allusion.

- Je n’en sais rien ! C’est pour ça qu’on n’a pas de temps à perdre en parlote ! On se branche sur la surveillance du trafic. Je me souviens parfaitement du camping-car. Pour sortir du quartier il a forcément emprunté la 12ème avenue puis soit Washington, soit Hudson Street alors on visionne toutes les bandes de ces caméras au plus vite !

Don regardait son ami, admirant son sang froid et son grand professionnalisme : oui, en dix ans, Alan Desmond Silesman était vraiment devenu un excellent agent fédéral, et si le dieu des flics lui prêtait vie, il irait loin, à moins que ses penchants sexuels ne le cantonnent dans les rangs subalternes, l’institution n’étant pas vraiment progressiste à ce sujet, même si désormais un agent homosexuel ne pouvait plus être révoqué sur ce seul motif.
Il ne fallut que quelques minutes pour repérer le camping-car grâce à l’excellente mémoire de l’agent fédéral. Les caméras de surveillance permirent de le suivre jusqu’à ce qu’il s’engage dans une ruelle dont il ne sortit pas.

- Il s’est engagé dans une ruelle joignant Carmine et Downing Street ! Il ne semble pas être ressorti.

Don accéléra encore un peu. Dès qu’ils avaient repéré le camping-car, les trois hommes s’étaient engouffrés dans la voiture, confiant à Lindsay le soin de prendre le relais et de les guider, ce qu’elle faisait avec efficacité.

- Ralentis un peu ! ordonna Silesman sur le siège passager. Si on vole dans le décor ça n’aidera pas Taylor !

Malgré son angoisse, Don comprit que son ami avait raison et il leva un peu le pied. Tout en conduisant, il priait pour arriver avant que cet animal n’ait posé ses mains sur son chef et ami. Que se passerait-il s’ils ne le retrouvaient pas à temps ? Est-ce que la dernière image qu’aurait Mac de lui serait cette querelle qui les avait opposés ? Il ne pouvait pas supporter cette idée.

- Là ! Il est là !

Le cri de Sheldon qui était aux aguets derrière la vitre arrière l’arracha à ses pensées. Il pila net et embraya la marche arrière. Effectivement, dans l’étroite ruelle obscure, on discernait la masse plus sombre du véhicule qu’ils poursuivaient. Don coupa le moteur et s’apprêta à sortir du véhicule :

- Attends ! J’appelle des renforts ! le retint Alan en lui empoignant le bras.

- Non ! Nous sommes trois et il est seul ! Le temps que les renforts arrivent qui sait s’il n’aura pas…

Sa voix s’étrangla : de nouveau il était incapable d’oraliser l’horreur que peut-être Mac était en train de vivre alors qu’ils hésitaient à intervenir. Silesman le regarda longuement puis jeta un coup d’œil à Sheldon, le voyant tout aussi déterminé que son collège.

- D’accord ! On y va.

Quelques minutes plus tard tout était terminé et l’homme qu’ils traquaient était dûment menotté, geignant de la blessure au bras que lui avait infligée l’agent fédéral alors qu’il menaçait Mac à demi-inconscient d’un scalpel.
Sheldon se tenait auprès de Mac, nu, gisant sur la couchette du camping-car. Il lui avait ôté les menottes qui le retenaient à la paroi et le médecin avait posé un pansement sur la profonde entaille qui coupait son bras de l’épaule au coude. Don l’observait, un peu à l’écart, détaillant le corps dénudé de son ami, épouvanté à l’idée qu’ils soient arrivés trop tard. Comprenant ce qui lui passait par la tête, Sheldon lui dit :

- Rassure-toi, je ne pense pas que ce malade l’ait violé.

- Comment peux-tu en être aussi sûr ?

- Aucun signe de fluide corporel sur lui et pas de sang.

- Il avait son pantalon et son boxer baissés ! rappela Don, sa rage remontant en se souvenant de la vue qu’il avait eu en faisant irruption dans le véhicule : cet homme, un sourire concupiscent plaqué sur ses traits vicieux, en train d’entailler le bras de Mac tout en se caressant lascivement.

Lorsqu’il l’avait vu, il avait posé le scalpel sur la gorge du policier qui gémissait doucement et menacé de lui trancher la carotide s’il ne le laissait pas terminer son office, l’invitant même à participer s’il le voulait d’une voix gouailleuse qui lui avait donné envie de lui vider son chargeur dans les tripes. Alan lui avait évité cette extrémité en tirant à travers la vitre, désarmant le pervers qui s’était écroulé au sol en gémissant. Don l’avait prestement menotté avant de le jeter hors de l’habitacle où le fédéral l’avait réceptionné, puis s’était précipité vers Mac, laissant bientôt sa place à Sheldon qui était mieux armé que lui pour porter les premiers secours à leur chef.

Il y avait un peu plus d’une heure trente que Mac Taylor avait été enlevé à la sortie de la boîte de nuit quand il fut déposé sur une civière puis chargé à l’arrière d’une ambulance qui s’élança, toutes sirènes hurlantes, vers l’hôpital universitaire de la première avenue. Don avait pris place à bord et il regardait son ami, ayant replongé dans l’inconscience, s’efforçant de penser que tout irait bien. Mac était sauvé, ils étaient intervenus à temps ! Mais au fond de lui, une petite voix lui susurrait que, peut-être, ils étaient arrivés juste quelques minutes trop tard. Il ne serait pleinement rassuré que lorsque les médecins leur donneraient leurs conclusions. Et si jamais l’impensable s’était produit, il se promit d’être là pour aider Mac à surmonter le traumatisme.

- Oui… Tu peux compter sur moi Mac. Je ne te laisserai pas tomber.

Il ne s’aperçut pas qu’il venait, pour la première fois, de tutoyer le chef de la section scientifique.

(à suivre)
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Les Experts Manhattan - Dix jours - Mac/Don - PG-13
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