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 Exodus - Histoire courte - G

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Cissy
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MessageSujet: Exodus - Histoire courte - G   Mer 31 Jan 2018 - 19:04

Reclassement de la fic de Lillie...

Exodus
 
Désormais il n’y avait plus rien. La Terre avait sombré dans la folie et le chaos, l’horreur s’était incrusté au plus profond de leurs corps et ne disparaîtrait jamais, pas plus que ne s’effacerait le numéro ignominieux qui marquait leurs avant-bras.

Et pourtant ils étaient toujours là et ils regardaient le soleil qui se levait sur cette nouvelle terre : une terre qui serait enfin la leur, une terre d’où personne, jamais, ne pourrait les chasser, une terre qu’ils avaient payé par les cris des millions de leurs semblables laissés derrière eux dans l’Europe pétrie de froid et d’horreur qui se réveillait brusquement sans vouloir croire que le cauchemar était réel.
 
Ils sont partis dans un soleil d'hiver
Ils sont partis courir la mer
Pour effacer la peur, pour écraser la peur
Que la vie a clouée au fond du cœur

Aaron avait serré contre son corps trop maigre la couverture que lui avait drapé sur les épaules l’infirmière lorsqu’il était descendu du wagon de retour de l’enfer, titubant, halluciné, n’arrivant pas à croire qu’il avait enfin rejoint l’humanité. Ca avait été le premier objet qu’il avait pu considérer comme sien, la première marque qu’il était redevenu enfin un homme et pas un objet, pas un animal immonde qu’on pouvait moquer, humilier, souiller, battre et tuer impunément. Depuis il ne l’avait jamais lâchée, même lorsqu’on lui avait donné d’autres objets : des vêtements, des livres, un couteau et tant d’autres choses qui ne voulaient rien dire.

Ce à quoi il tenait, tout ce qui faisait son histoire avait brûlé avec les siens dans cette contrée infernale : Dachau, Ravensbruck, Buchenwald… qu’importaient les noms ! C’était partout la même brutalité, la même misère, la même inhumanité, la même mort lente, le même désespoir qui vous collait à la peau, jour après jour et dont, maintenant, des mois après, il continuait de renifler l’odeur comme si jamais plus il ne pourrait s’en débarrasser.

Il avait repris du poids : il n’était pas encore revenu cependant à son poids d’avant, mais il n’était plus ce squelette décharné qu’on regardait avec pitié et dont on se demandait comment il tenait encore debout. Ses cheveux avaient repoussé et il arborait un collier de barbe, pas pour proclamer sa religion, juste pour cacher un peu la cicatrice hideuse que la cravache du Feldmarchal avait creusé dans son menton lorsqu’il avait osé croiser son regard. Un coup de cravache pour un regard : il s’en était bien sorti…
 
Ils sont partis en croyant aux moissons
Du vieux pays de leurs chansons
Le cœur chantant d'espoir
Le cœur hurlant d'espoir
Ils ont repris le chemin de leur mémoire

Bien sorti…

Combien de fois avait-il entendu ces mots dans la bouche d’ignorants qui ne sauraient jamais la somme de chagrin, de colère, d’amertume, de révolte accumulée en lui durant ces mois d’horreur, ces mois où il avait vu tomber autour de lui ses compagnons d’infortune, un à un en se demandant toujours pourquoi lui était encore debout, ce qu’il y avait en lui qui le maintenait en vie, qui le forçait, chaque matin, à quitter son bat-flanc pour se rendre au travail, le ventre vide, sans autre perspective que l’espoir de retrouver après des heures de dur labeur sa place dans le dortoir glacé où soir après soir ils étaient moins nombreux à entrer et d’où, matin après matin, ils commençaient par sortir ceux qui n’avaient pas survécu à la nuit.

Parfois il avait envie de crier à la face de leurs bourreaux, même en sachant qu’il signerait ainsi son arrêt de mort : mais vivre ainsi était-ce vraiment vivre ? Et pourtant il se taisait, il serrait les dents et les poings, il courbait le front et se concentrait sur ses pas : un pied devant l’autre, pas trop vite pour ne pas gaspiller ses maigres forces, pas trop lentement pour ne pas exciter la violence des animaux qui les surveillaient. Et chaque soir il se disait que le lendemain il serait parmi ceux qui ne se relèveraient pas, et chaque matin il se relevait pourtant.

Jusqu’à ce matin où, au réveil, ils s’étaient étonnés du silence : pas de chiens ou d’hommes qui aboyaient, les uns pour s’exprimer, les autres pour leur lancer des ordres,  aucun prémisse de l’agitation des matins habituels. Alors ils étaient sortis, étonnés, se demandant ce que cela voulait dire, ce que leurs tortionnaires avaient encore inventé pour les torturer un peu plus. A l’horizon plus un véhicule, plus un uniforme de cette couleur vert de gris qu’ils ne pourraient plus jamais supporter de voir, plus un casque, ni en haut des tours de guet, ni dans l’enceinte du camp. Plus rien… Rien qu’un silence presque menaçant sous le soleil blafard de cette fin d’hiver. Partis… Ils étaient partis… Où ? Pourquoi ?
 
Ils ont pleuré les larmes de la mer
Ils ont versé tant de prières :
"Délivrez-nous, nos frères !
Délivrez-nous, nos frères !"
Que leurs frères les ont tirés vers la lumière

Ils avaient eu la réponse quelques heures plus tard, lorsqu’ils avaient aperçu de nouveau un uniforme, mais pas celui qu’ils attendaient non… Les hommes qui arrivaient et les dévisageaient, horrifiés, les larmes aux yeux, ceux-là portaient l’uniforme de la liberté ! Cette liberté que pourtant ils leur avaient refusée pendant encore des semaines, à cause de l’épidémie qui avait emporté bien des survivants qui au moins étaient morts libres !

Après il y avait eu le retour chez lui… Chez lui… Y aurait-il encore quelque part un chez lui ? avait-il alors pensé sachant que plus rien ni personne ne l’attendait dans cette Europe qui se réveillait meurtrie et ruinée ?

Il avait rencontré Rosa, comme lui une survivante, comme lui sans racines, sans but. Et puis il y avait eu Sigfried qui était venu leur parler du Grand Projet, de cette terre qu’on allait leur donner, de ce pays où tout serait à construire où tout serait possible.

Et ils s’étaient embarqués…

Maintenant ils étaient là, sur cette terre vierge pourtant entourée de dangers, cette terre qui déjà déchaînait bien des passions et bien des haines. Et du fond du cœur, il se jura que cette terre là il la défendrait jusqu’à la mort mais aussi qu’il veillerait à ce qu’elle soit avant tout une terre d’amour, une terre où chacun pourrait vivre sa vie sans crainte, sans être persécuté parce qu’il ne priait pas le même dieu, ou de la même façon, une terre de tous les possibles et de tous les espoirs.
 
Ils sont là-bas dans un pays nouveau
Qui flotte au mât de leur bateau
Le cœur brisé d'amour
Le cœur perdu d'amour
Ils ont retrouvé la terre de l'amour.

Ce jour-là, en débarquant du grand navire, Aaron Eldman se jura de devenir quelqu’un pour que survive à jamais le souvenir de tous ceux dont l’âme s’était envolée dans les ciels gris d’Europe de l’Est. Cette terre qu’il contemplait au soleil levant, elle serait celle de toutes les réussites, celle du souvenir et celle de l’avenir, pour tous les peuples opprimés.

Il ignorait que déjà l’histoire en avait décidé autrement.
 
FIN
 
Chanson d’Edith Piaf


Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas (C. Chabrol)
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