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 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G

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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeMar 14 Fév 2012 - 23:48

Un grand merci à toutes les trois... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2652155019
Je suis ravie que vous aimiez ces retours en arrière parce que je dois avouer, sans fausse honte, que je me suis vraiment éclatée à imaginer, pour une bonne partie, ces petites scènes d'enfance et d'adolescence et à intégrer toutes celles si différentes et réussies de mes co-auteurs.
Bien sûr ce sera parfois un peu dégoulinant de guimauve, mais de temps à autre ça me change... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 (surtout vu certaines des fictions en friche dans mon PC... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2190857471).

J'espère que vous continuerez à adhérer et à trouver cela crédible, en tout cas j'ai essayé que chronologiquement ça colle... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059
Un autre chapitre demain... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 4079679510


Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Signat10Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Cissy_10
Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas (C. Chabrol)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeMer 15 Fév 2012 - 22:16

Chapitre 7 : Bagarres
Avril 2006 – 18 h 10 : Big Bear Montain

Le lendemain Alan était allé trouver son fils et ils avaient parlé. Le père s’était excusé de son emportement et, même s’il n’avait pas alors compris la décision de son garçon, il s’y était rangé, par amour pour lui.

Et c’est Don qui avait eu raison : il était bon dans ce boulot, c’était même l’un des meilleurs. Et même si, dans un premier temps, son nouvel emploi les avait séparés encore plus qu’avant, mettant des milliers de kilomètres entre eux et coupant toute communication, ne les faisant plus se rencontrer qu’au hasard des visites, rares et toujours rapides que son aîné faisait à Los Angeles, quand il se trouvait qu’il était présent aussi, c’était ce même boulot qui avait fini par les rapprocher.
Ce même boulot qui venait soudain de les séparer définitivement ! se désespéra-t-il en revenant à la situation présente, frissonnant sous le froid qui s’insinuait dans ses vêtements trempés et le glaçait jusqu’à la moelle.

Puis soudain Charlie se redressa : il ne pouvait pas rester ici à pleurer comme un bébé. Après tout, même si elle était infime, il y avait une petite chance que son frère ait échappé à la mort. Il n’était plus attaché lorsque la voiture avait basculé : il était possible qu’il ait été éjecté durant les tonneaux ! Et si c’était le cas, alors il se devait de le retrouver plutôt que de rester là à se lamenter comme un minable !

Sa décision prise, le mathématicien se releva difficilement : il était raide d’être resté ainsi prostré sous la pluie durant de longues minutes. Puis il commença à descendre d’abord précautionneusement, regardant où il mettait les pieds, attentif à ne pas glisser, puis de plus en plus vite à mesure que la carcasse de ce qui avait été le SUV de son frère lui apparaissait plus nettement. Et il finit par courir, glissant, sautant involontairement, s’accrochant aux branches qui parsemaient la pente raide, le cœur battant la chamade et les larmes jaillissant de nouveau tandis qu’il appelait désespérément son frère, sa voix dominant la bourrasque.

- Donnie !!! Donnie !!! Je t’en supplie !! Réponds-moi !

Il n’était plus qu’à quelques mètres de ce qui restait de la voiture et son cœur se serra en voyant la masse informe qui fumait encore mais d’où ne s’élevait plus aucune flamme, celles-ci ayant été bien vite noyées par le déluge qui semblait ne pas devoir s’arrêter de sitôt. Trop focalisé sur l’épave, il posa son pied en porte à faux et sa jambe céda sous lui. Il battit des bras, chercha en vain à reprendre son équilibre mais il savait déjà que c’était vain et il déboula une dizaine de mètre cul par-dessus tête, se heurtant douloureusement aux rochers qui dévalaient avec lui.

Il s’écrasa au bas de la pente et resta un moment étourdi, trop endolori pour bouger. Puis de nouveau l’urgence de savoir ce qu’il était advenu de son frère le poussa en avant. Il se redressa et gémit : tout son corps lui faisait mal. Il allait avoir une collection de bleus impressionnante ! Il s’agenouilla et grimaça à la douleur qui irradia alors de son genou gauche. Il tenta alors de poser son pied de manière à pouvoir examiner son genou et un cri lui échappa tandis qu’il retombait sur le côté tant sa cheville protesta dès qu’elle eut un peu de poids sur elle.

Il resta allongé, s’efforçant de prendre de grandes inspirations jusqu’à ce que la douleur revienne à un niveau supportable puis, précautionneusement, il ramena ses jambes vers sa poitrine et roula sur lui-même pour se retrouver assis. Son dos protesta au mouvement, mais il lui sembla que ce n’était que des douleurs diffuses et sans gravités comme il en émanait de toutes les parcelles de son corps. Il était plus préoccupé par son genou et sa cheville. Malgré l’obscurité ambiante, il se pencha sur sa jambe afin de constater les dégâts. Son pantalon était déchiré sur plusieurs dizaines de centimètres et il n’eut aucun mal à apercevoir son genou, profondément entaillé et déjà gonflé. Le sang s’écoulait de la plaie et il sortit son mouchoir pour le nouer autour de la blessure : c’était tout ce qu’il pouvait faire pour le moment. Serrant les dents, il s’efforça de bouger l’articulation et s’aperçut qu’elle semblait fonctionner normalement même si chaque mouvement lui faisait un mal de chien. Dans l’état où était ce genou, ça n’avait rien d’étonnant. Il fallait maintenant regarder la cheville : il se souleva à la force des bras pour s’asseoir sur le rocher sur lequel il s’était appuyé. Son genou protesta à la manœuvre mais il suivi le mouvement sans difficultés ce qui acheva de le rassurer quand à une quelconque lésion interne. Par contre, dès que son pied fut à plat sur le sol, sa cheville commença à l’élancer douloureusement et il comprit qu’il n’avait pas eu la même chance avec cette articulation là.

Effectivement, en baissant doucement la chaussette, il s’aperçut que sa cheville était déjà très enflée : au mieux une vilaine entorse, au pire une fracture tout aussi vilaine pensa-t-il en s’obligeant, tout en serrant les dents, à faire jouer ses orteils. Bon… ils bougeaient normalement, ce qui était de bon augure. Mais sa position n’en était pas moins précaire : il se trouvait seul, au milieu de nulle part, sous une pluie battante, au fond d’un ravin où personne ne songerait jamais à aller le chercher et il semblait hors de question qu’il puisse remonter sur la route par ses propres moyens.

Et soudain la réalité le rattrapa comme un coup violent en pleine poitrine : Donnie !!! Où était son frère ? C’était pour lui qu’il était descendu jusque là, porté par le désir de le retrouver vivant !

Qu’importaient un genou et une cheville abîmés s’il retrouvait son aîné ! Il aurait donné ses autres membres pour lui s’il l’avait fallu, juste pour qu’il soit encore en vie malgré les probabilités qui jouaient contre lui.

- Donnie !!! Donnie !!! se remit-il à hurler.

Rien ne lui répondait que le vent dans les branches et le bruit de la pluie qui frappait le sol avec violence. Il hurla encore le nom chéri à plusieurs reprises, jusqu’à ce que sa voix s’enroue. Alors seulement il éclata en sanglots en se disant que tout était perdu, qu’il avait été stupide de croire que son frère avait pu s’en tirer !

Stupide !!! Stupide !!! Débile profond !!! s’invectivait-il entre deux sanglots. Il n’avait rien pu faire pour son frère, comme toujours. Chaque fois qu’il s’y était essayé, ça avait viré à la catastrophe !

Flasback
(par Angelgym34)

Mars 1984 : Sortie du collège, Pasadena

Don sortit des cours et se précipita pour se rendre au collège de son frère. Il savait que Charlie serait sorti et espérait que son frère allait l’attendre. Lorsqu’il arriva au collège, il vit la grille et le trottoir déserts. Charlie était donc parti sans l’attendre. Il sentit la colère monter en lui. Son frère n’était qu’une tête de mule. Mais son père le tuerait certainement s’ils ne les voyaient pas rentrer ensemble. Il fut sorti de ses pensées lorsqu’il entendit des éclats de voix venant d’un peu plus loin. Il reconnut parmi elles, celle de son frère qui semblait essoufflé. Il accéléra le pas pour aller voir ce qui se passait. Peut-être aurait-il une réponse à ce qui s’était passé la veille au soir.

- Ton frère n’est qu’un débile profond ! A part jouer au baseball, c’est tout ce qu’il sait faire ! lança un adolescent de l’âge de Don et avec une carrure assez impressionnante.

- Répète ça, vas-y ! osa demander Charlie en tentant de cacher sa peur.

- Ton frère Don est un débile ! Une erreur de la nature, un … continua l’adolescent pour jouer avec les nerfs de Charlie.

Le garçon ne put terminer sa phrase que déjà le poing de Charlie avait rencontré la mâchoire du type, le petit génie ne supportant plus les insultes au sujet de son frère. Il ne s’entendait pas avec son frère mais ce n’était pas une raison pour laisser un inculte l’insulter sans réagir. Charlie n’était pas du genre à se battre mais cette fois, il fallait qu’il réagisse. Il se surprit lui-même d’être capable de faire cela.

- J’vais t’montrer moi, qui c’est l’erreur de la nature ! hurla Charlie en se jetant sur son adversaire.

Charlie et le garçon s’engagèrent dans un combat où les coups de poings et les coups de pieds pleuvaient. Charlie recevait d’innombrables coups, n’étant pas habitué à se battre, mais il en allait de l’honneur de son frère. C’est alors que Don, toujours caché loin de son frère, vit un autre adolescent arriver dans la bagarre, attraper Charlie par les cheveux et lui donner un coup de poing au visage le laissant retomber sur le sol, s’écorchant les coudes au passage sur le sol goudronneux.

Don était là depuis le début et s’était contenté d’observer son frère. De l’endroit où il se trouvait, il n’avait pu entendre ce qui s’était dit mais était stupéfait de voir son frère s’emporter. En temps normal, il savait que Charlie était un froussard qui avait tendance à fuir plutôt que se battre. Il était stupéfait de voir son frère dans une rage telle que celle-ci et avait continué de le regarder faire. Il n’avait pas vu cette ordure arriver pour s’en prendre à son cadet. Tout du moins, il l’avait vu trop tard. C’en était trop pour lui. La colère s’empara de lui. Il s’agissait tout de même de son petit frère et il était absolument hors de question qu’il reste là, sans agir. Il s’avança dangereusement de l’adolescent, posa son sac de cours sur le sol et se mit à le frapper.

- Ne le touche pas ! hurla Don en accompagnant la parole d’un coup de poing.

Les deux adolescents se battaient férocement. Ils ne faisaient pas semblant et ne lésinaient pas sur la puissance des coups qu’ils se portaient. C’est alors que, sans rien y comprendre, les deux jeunes hommes furent séparés par des passants et par… Alan. Oh non ! Don ne savait plus où se mettre et Charlie encore moins. Leur père les avait surpris en train de se battre tous les deux.

Alan tenait son fils aîné par le bras. Charlie ramassa son sac ainsi que celui de son frère qu’il lui donna et resta près d’eux. Alan ne leur parlait pas. Il regardait les adolescents en les fusillant du regard. Il ne voulait pas l’avouer mais Alan était dans le coin depuis la sortie du collège. Il voulait voir si ses fils allaient lui obéir et rentrer ensemble à la sortie des cours. En effet, Don était passé prendre son frère à la sortie du collège mais ils s’étaient battus tous les deux. Il voulait maintenant savoir pourquoi car de l’endroit où il se trouvait, il n’avait pas pu entendre les échanges verbaux. Heureusement, son épouse n’était pas là et n’avait donc pas vu ce qui s’était passé.

- A la voiture ! leur dit Alan d’une voix ferme.

Don et Charlie savaient que ce n’était pas le moment de protester ou de dire quoi que ce soit. Don poussa son frère dans le dos pour le faire avancer plus vite et les deux garçons montèrent dans la voiture alors qu’Alan les suivait. Il se mit au volant puis il démarra et ils prirent la route en direction de la maison. Alan était tellement furieux qu’il ne dit rien dans le véhicule. Don et Charlie avaient baissé la tête n’osant ni se regarder, ni regarder leur père. La voiture arriva enfin dans l’allée. Alan prit les clés de la voiture et ouvrit la portière.

- Sortez ! lança-t-il toujours aussi furieux.

Les deux frères obéirent sans broncher et sortirent de la voiture pour suivre leur père jusque dans le salon. Don et Charlie posèrent leurs sacs à dos dans l’entrée alors que leur père fermait la porte de la maison en les regardant.

- Asseyez-vous sur le canapé ! ordonna Alan en leur indiquant le meuble.

Don et Charlie ne dirent toujours rien et se contentèrent de faire ce qu’il leur demandait. Ils le savaient déjà bien en colère alors il ne fallait pas qu’ils enveniment les choses. Une fois les deux garçons assis, Alan les regarda chacun leur tour attendant que l’un d’eux lève la tête.

- J’attends ! Qui va me donner les explications que je veux ? leur demanda t-il.

Les deux frères ne répondirent pas et se firent face. Leurs yeux se croisèrent avant de se fixer de nouveau sur le sol. Avaient-ils honte ? Charlie n’avait pas honte d’avoir combattu cet abruti qui insultait son grand frère. En revanche, il avait honte d’avoir été surpris par Don et par son père. Don n’avait pas honte d’avoir porté assistance à son petit frère en difficulté, mais lorsque son père les avait surpris, il n’avait pas su où se mettre. Si seulement il avait pu être une petite souris !

- Ah non !!! Ne me faites pas ce coup ! Arrêtez de vous regarder pour savoir qui sauvera l’autre de cette histoire ! Je vous ai vu tous les deux et je veux des explications ! aboya Alan furieux. Don ?

- Je suis sorti du lycée et je suis allé rejoindre Charlie au collège comme tu me l’avais demandé ! commença Don en regardant son frère avec des yeux désolés.

- Je t’avais demandé de le ramener à la maison ! Pas de te battre !

- Ce n’est pas sa faute papa ! C’est la mienne ! intervint Charlie faiblement.

- Explique-toi Charlie ! lança Alan en croisant ses bras sur son torse.

- Gary disait tout le temps que… hésita Charlie.

- Que quoi ? insista Alan en l’encourageant à poursuivre.

- Que… Don a une cervelle de moineau, que c’est un abruti et une erreur de la nature !

- Donc ? reprit Alan qui ne comprenait pas.

- Non … Ne m’dis pas que tu t’es battu pour prendre ma défense ? intervint Don en comprenant la situation. Tu as pris ma défense Charlie mais c’est… génial ! poursuivit Don en voyant les yeux meurtriers de son père se poser sur lui.

- Mais je n’pouvais pas les laisser dire ces choses-là papa ! Ils parlaient de Don ! tenta de s’expliquer Charlie.

- C’est très gentil de prendre la défense de ton frère Charlie mais pas au point de te mettre toi-même en danger ! s’adoucit Alan en mettant son visage à la hauteur de son benjamin.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda Charlie stupéfait.

- J’étais un peu plus loin et j’ai vu la scène. J’ai vu un jeune homme plus grand que toi te frapper ensuite et ton frère est intervenu ! avoua Alan à ses fils.

- Oui ben ça… euh…, hésita Charlie ne sachant pas quoi dire.

- Je n’allais pas laisser ce connard frapper mon frangin sans bouger non ? Et tu nous engueules pour çà ? dit Don en prenant la défense se son frère.

- Allez dans vos chambres ! J’en ai assez ! Vous me fatiguez ! On en reparlera plus tard ! lança Alan las en se laissant tomber dans son fauteuil.

Les deux frères se regardèrent, récupérèrent leurs sacs à dos et montèrent dans leurs chambres. Alan soupira : Margaret n’était pas encore rentrée à la maison pour les voir se disputer et apprendre la bagarre des garçons…

Fin du flashbak


(à suivre)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Fév 2012 - 19:50

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3767345554 Je commence vraiment à m'inquièter, il est passé où Donnie?

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2190857471 Tu ne l'as pas fait rôtir dans sa voiture au moinsNumb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 !!!
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Fév 2012 - 20:06

Va-t-en savoir... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100
Ou peut-être que je l'ai envoyé dans le futur pour rejoindre Robocop... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059 ou dans une quelconque galaxie... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 4079679510


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Fév 2012 - 20:28

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2190857471 Oh, nooooonnnn, que pourrait bien faire ce pauvre Donnie avec ce crétin de Robocop.

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3767345554 Pitié, ne fais pas ça, ce serait trop horrible!!! Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2235092929
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Fév 2012 - 21:03

Charlie se met en danger pour tenter de retrouver son frère et bien sûr il est blessé. Évidemment le petit génie est trop angoissé pour réfléchir posément mais ce n'est pas en étant blessé lui-même qu'il pourra secourir Don efficacement...

Bien des années dans le passé, Charlie a fait preuve d'autant d'imprudence en affrontant un plus grand que lui qui insultait son frère. Les deux frères qui entrent dans la bagarre et peu importe qu'il y ait des différents entre eux à cette époque, ils sont frères et entre frères on se défend contre tous les autres. J'ai adoré les regards entre eux assis sur ce canapé face à leur père, j'ai adoré la répartie de Don quand il a compris pourquoi Charlie avait agi de la sorte. Alan est désabusé par l'attitude de ses fils, mais les deux garçons se sont soutenus ce jour là comme seuls peuvent le faire deux frères qui s'aiment...

Bravo pour ce chapitre... J'espère que Charlie, malgré sa patte folle, va retrouver Don au plus vite... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1916874526


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Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeJeu 16 Fév 2012 - 23:36

ozias a écrit:
Oh, nooooonnnn, que pourrait bien faire ce pauvre Donnie avec ce crétin de Robocop.

Pitié, ne fais pas ça, ce serait trop horrible!!!
Ah mais moi je n'y suis pour rien, c'est Duneline... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100

catouchka a écrit:
Bravo pour ce chapitre... J'espère que Charlie, malgré sa patte folle, va retrouver Don au plus vite...
A supposer qu'il reste quelque chose à retrouver... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 959014643


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeVen 17 Fév 2012 - 20:11

Chapitre 8 : La déchirure – partie 1
Avril 2006 – 18 h 20 : Big Bear Montain

Lorsque leur mère était rentrée, ils avaient écopé d’une sévère remontrance : certes elle comprenait ce qui les avait animés, mais pour autant elle ne pouvait pas tolérer qu’ils règlent leurs comptes à coups de poings, comme de petits voyous.

« La nature vous a donné un cerveau et une langue ! Servez-vous en donc pour clouer le bec aux médisants ! » avait-elle grondé.

Mais, malgré la punition qui avait suivi, les deux frères n’avaient pas été dupes de la fierté qui brillait dans le regard que leurs parents avaient alors posé sur eux : ils étaient heureux que, malgré leurs divergences, leurs garçons se montrent protecteurs l’un envers l’autre. Cela prouvait qu’un jour, passé cette période trouble de l’adolescence, ils auraient des chances de se retrouver.

Charlie fut arraché à ses pensées par un long gémissement venu de sa droite :

- Don ? Donnie ? interrogea-t-il, tous ses sens en alerte, ne voulant pas croire l’immense espoir qui venait de naître en lui.

Un nouveau gémissement lui répondit : nul doute qu’il s’agissait d’une voix humaine. Alors, oubliant la douleur, il se jeta en avant en appelant le nom de son frère.

- Charlie… par ici…

Cette fois-ci, il n’y avait aucune erreur : il avait bien entendu son nom et la voix était sans contexte celle de son aîné. Rien n’aurait pu l’empêcher de se précipiter vers l’origine du son, et surtout pas une jambe qui menaçait de céder à chacun de ses pas sous la douleur conjuguée qui émanait du genou et de la cheville. Son frère était vivant ! Vivant !

- Donnie !!!! Où es-tu ?

- Ici… Charlie… je suis là…

La voix était faible mais elle venait de quelques mètres sur sa droite : cependant il ne distinguait rien. Il avança plus doucement et soudain il perçut un amas presque à ses pieds. Il se laissa tomber à genoux, l’adrénaline l’empêchant de ressentir la souffrance à ce geste. Rapidement il déblaya les feuilles qui recouvraient le corps :

- Donnie !

C’était bien lui ! C’était son grand frère ! Il était vivant et son regard emplit de douleur lui chavira le cœur. Mais il n’avait pas le temps de s’attendrir : son frère était vivant ! Rien d’autre n’avait d’importance !

- Donnie… Comment te sens-tu, où as-tu mal ?

Un petit rire pitoyable échappa à l’homme blessé qui persifla d’une voix faible :

- Je crois que j’aurais plus vite fait de te dire où je n’ai pas mal frangin… J’ai l’impression d’être cassé en mille morceaux.

Cet aveu glaça le cœur de Charlie. Il savait combien son frère était fier, tentant toujours de cacher son malaise pour ne pas l’inquiéter, alors qu’il avoue de cette façon simple et directe qu’il souffrait était le signe que sa douleur devait être intense. Le mathématicien se mordit nerveusement la lèvre avant de dire :

- Donnie… Je vais regarder d’accord ?

- Non, tu ne verras rien, Charlie. Il fait trop sombre. Il vaudrait mieux que tu ailles chercher du secours.

- Pas question que je te laisse ! protesta le plus jeune.

- Charlie, je ne peux pas bouger, ma jambe est coincée. Il faut que tu nous sortes de là.

- Ta jambe est coincée ? Attends, laisse-moi regarder.

Malgré la pénombre, entrecoupée parfois par les éclairs qui zébraient le ciel, le professeur décida de procéder à un rapide examen. Il fit courir ses mains le long du corps de son frère tentant de déceler des fractures ou une hémorragie qu’il faudrait juguler. Mais il s’aperçut très vite de l’inanité de ce dernier point : Don, tout comme lui, était trempé jusqu’aux os et dans l’obscurité ambiante il ne pourrait pas faire la différence entre eau et sang. Il continua donc de descendre le long du corps étendu, le débarrassant au passage des divers débris qui le recouvraient, ayant dévalé la pente avec lui. Lorsqu’il arriva aux jambes, il ralentit sa palpation, attentif à ne pas faire souffrir son aîné. Et puis soudain il sentit la masse froide sur les tibias et son cœur se serra : un rocher plaquait les deux jambes au sol. Son esprit analytique reconstitua très rapidement l’enchaînement : la voiture en roulant sur la pente avait provoqué un éboulement. A un moment donné, Don avait été éjecté et il était devenu l’un des objets qui roulaient sur la pente jusqu’à s’écraser pêle-mêle au fond, les derniers arrivés s’abattant sur les premiers. Un frisson de peur rétrospective le saisit à la réalisation de la chance qu’avait Don d’être encore en vie : d’avoir échappé au piège mortel que représentait le véhicule d’abord, et ensuite que le rocher qui écrasait ses jambes ne soit pas tombé sur son torse, provoquant de graves lésions internes ou pire, sur sa tête, le tuant vraisemblablement sur le coup. Un long frisson le parcourut à la vue de la masse qui s’élevait juste derrière Don, difficile de savoir si ce rocher provenait de la pente ou était là avant, mais il prouvait que son frère avait échappé de peu soit à un atterrissage sur le roc qui, selon toutes probabilités, lui aurait été fatal, soit à l’écrasement par l’énorme masse qui n’aurait laissé de lui qu’une bouillie informe. Cependant ce soulagement fut de courte durée : rien n’indiquait que son frère ne souffrait pas de dommages irréversibles, visibles ou non.

Un immense éclair illumina le ciel à ce moment là, lui permettant d’avoir un aperçu sur la situation de son aîné. Celui-ci était à plat dos, juste au pied de la pente abrupte et le roc qui le clouait au sol lui parut encore plus imposant à la lueur crue du feu céleste. Il eut le temps de se rendre compte qu’apparemment il n’y avait pas de sang sur la chemise blanche, bien que maculée de boue et trempée comme elle l’était, il était tout de même difficile d’en être certain. Par contre, le visage était sillonné de longues traces rougeâtres, délayées par l’eau de pluie et il chercha à identifier la blessure, ne tardant pas à apercevoir la large plaie qui déparait son front, juste à la lisière des cheveux. Don avait le bras droit serré contre sa poitrine, dans un geste de protection prouvant qu’il y avait là aussi une blessure. L’agent était extrêmement pâle et ses yeux papillotaient, comme s’il avait du mal à se concentrer. La pénombre était revenue, mais Charlie était conscient que l’état de son frère était sérieux.

- Alors ?

La voix faible le sortit de ses pensées moroses et il comprit que son aîné attendait de lui un rapport sur sa situation.

- Il y a un rocher qui coince tes jambes. Pour le moment je ne peux rien faire. Peut-être quand la pluie s’arrêtera.

- Quand la pluie s’arrêtera, je veux que tu sois loin ! Tu dois trouver des secours.

- Je ne te laisserai pas !

- Charlie ! On peut rester des heures ici tu comprends ? Et dans ce cas…

Dans ce cas, il n’avait pas besoin de dessin. Don avait raison. Même si c’était un crève-cœur que de le laisser là, seul, dans cette situation précaire, il se devait de tout faire pour le sortir d’une situation dont il était en grande partie responsable.

- D’accord… Tu ne bouges pas hein ?

Sa pitoyable tentative d’humour fut récompensée par un rire faible, mais un rire quand même, qui se transforma bien vite en toux. Inquiet, il releva un peu le torse de son frère puis, sentant les hauts le cœur, il le tourna légèrement sur le côté, lui permettant de vomir.

- Don… Si je te laisse… Si…

- Charlie… Ca n’arrivera plus ok ? Tout ira bien. Tu dois y aller.

Il avait tant d’arguments à présenter qui allait à l’encontre de cette affirmation. Et si Don s’étouffait dans son propre vomi ? Et si l’eau montait au bas de la pente alors qu’il ne pouvait pas se dégager ? Et si son état s’aggravait soudain ? Et si…

Et si tout simplement il avait été assez raisonnable pour ne pas le pousser à prendre la route ! se reprocha-t-il soudain alors que les remords revenaient au galop. A quoi cela avait-il servi ? Parce que non seulement il ne serait pas à temps à la conférence de Larry, mais à cause de lui son frère était blessé, grièvement peut-être. Pourquoi fallait-il qu’il soit aussi égoïste, aussi entêté ? Pourquoi fallait-il toujours que le monde tourne autour de lui ? Ce n’était pas la première fois qu’à cause de son attitude son frère se trouvait en danger ! N’avait-il donc rien retenu de la dernière fois ?

Flashback

mai 1983 : Pasadena


- J’en ai marre de toi d’abord !

- J’en ai autant à ton service mon pote !

Les deux frères se tenaient face à face sur le palier, empourprés, incapables d’autre chose que de se fixer en tentant de faire passer dans leur regard toute l’exaspération qu’ils ressentaient l’un envers l’autre. Quel était le motif de cette énième dispute ? Il était vraisemblable qu’aucun des deux n’aurait été capable de le retrouver. De plus en plus souvent ils se dressaient ainsi l’un contre l’autre, laissant parler leur colère, la frustration de l’un et l’emportement de l’autre.

- Maintenant tire-toi de mon chemin et laisse-moi passer ! intima durement Don.

- Non ! Je veux venir aussi !

Le gamin piétinait littéralement de rage sur place et son aîné leva les yeux au ciel. Il en avait assez des caprices du petit génie ! A bientôt treize ans, il avait besoin de son espace et son cadet ne semblait pas vouloir le comprendre. Comment voulez vous vous amuser vraiment quand vous devez surveiller un gamin de huit ans, certes avec un Q.I. dépassant de très loin le sien et ceux de ses copains réunis, mais totalement inapte à prendre soin de lui-même : le genre capable de se perdre dans une pièce vide tant il lui arrive d’être perdu dans ses pensées ?

Bien sûr il lui arrivait de passer du temps avec son petit frère, après tout il l’aimait bien le petit génie, même s’il l’agaçait souvent. Mais ses parents avaient beau dire, il ne pouvait pas non plus l’avoir toujours suspendu à ses basques. Il aurait treize ans dans deux mois, il était bientôt adulte ! On ne pouvait pas indéfiniment lui coller ce marmot insupportable sur les bras. Et insupportable était loin du compte lorsque Charlie était en mode caprice comme c’était le cas actuellement, ayant décidé qu’il accompagnerait son frère au centre commercial où il avait obtenu, de haute lutte, le droit d’aller passer l’après-midi avec ses trois meilleurs copains.

Alors non ! Le petit génie pourrait hurler et trépigner tant qu’il pourrait, il pourrait lui faire ses yeux de chiots qui l’apitoyaient neuf fois sur dix et l’amenaient trop souvent à lui céder, cette fois-ci il serait inflexible : il voulait pouvoir discuter avec ses amis, mettre au point avec eux le séjour en camping que son père lui avait promis pour son anniversaire, et puis aborder le sujet de Lauren Tilden qui, paraît-il, aurait un faible pour lui. Comment parler de cela devant une pipelette qui n’aurait rien de plus pressé que d’aller tout répéter à ses parents ?

- Charlie ! Tu n’es pas invité !

- M’en fiche ! Je veux venir ! Je vais le dire à papa d’abord !

Evidemment ! Ca c’était tout lui ! Incapable de se défendre lui-même, il fallait qu’il aille se réfugier auprès de leurs parents à la moindre contrariété. Et le pire c’était que, trop souvent, ceux-ci finissaient par lui donner raison. Don voyait parfaitement comment tout cela allait se terminer : sa mère le regarderait avec cet air de reproche triste sur le visage qui le faisait à chaque fois se sentir le pire des criminels, sachant qu’il la décevait terriblement, et son père emploierait ce ton qui le rendait incapable de la moindre protestation, avant que l’un des deux, les deux peut-être, finissent par lui dire que s’il n’emmenait pas son cadet, la permission était révoquée ! Alors non ! Il n’avait pas l’intention de laisser le gamin alerter leurs parents pour le moment dans le jardin en train de planter de nouveaux rosiers et qui, apparemment, n’avaient pas entendu l’écho de la dispute pourtant bruyante qui avait éclaté plusieurs minutes auparavant !

- Même pas capable de régler tes comptes toi-même ! Et tu voudrais que j’emmène un bébé comme toi ! asséna Don d’un ton méprisant.

- Je ne suis pas un bébé ! enragea le plus jeune, ne se rendant pas compte combien à cet instant, trépignant et rouge comme il était, des larmes de rage roulant sur ses joues, il ressemblait pourtant à un nourrisson en pleine colère.

- Bien sûr que si tu es un bébé ! Un bébé même pas capable de se défendre tout seul ! Il faut toujours que tu ailles chercher papa et maman !

- Non ! Je ne suis pas un bébé ! Arrête de dire ça ! hurla le gamin de plus belle.

- Je ne vois pas pourquoi j’arrêterai de dire la vérité, ricana son aîné qui se mit à chantonner : bébé… bébé Charlie n’est pas content…
bébé Charlie va appeler sa môman…
bébé Charlie est en colère…
bébé Charlie va se plaindre à son père…
bébé Charlie…

Il n’eut pas l’occasion de terminer sa chansonnette que le plus jeune lui fonçait dessus, hors de lui, la tête en avant, visiblement déterminé à venir s’encastrer dans l’estomac de son frère. Il avait oublié qu’il avait à faire à l’un des meilleurs joueurs de base-ball de la ligue junior, habitué à éviter des projectiles autrement plus petits et rapides qu’un petit frère en colère et, en riant, Don se contenta d’esquiver la charge d’un retrait du corps. Cependant son rire se figea net dans sa gorge lorsqu’il s’aperçut que, emporté par son élan, Charlie se dirigeait droit vers le haut de l’escalier.

- Charlie ! hurla-t-il, en essayant d’attraper le tee-shirt du gamin propulsé comme une fusée.

Ses doigts frôlèrent le tissu et un instant il crut qu’il l’avait. Mais il n’arriva pas à assurer sa prise et, sous son regard passé de moqueur à épouvanté, son cadet, dans un grand cri, bascula sur les marches. Il le vit dévaler l’escalier jusqu’au coude et heurter le mur avant de retomber sur le petit palier.

- Charlie !

Affolé, il descendit précipitamment et s’agenouilla près de son cadet qui gémissait doucement et ne bougeait pas.

- Charlie… Charlie… Tu vas bien ? Réponds-moi frangin…

Le gamin remua et tenta de s’asseoir en grognant. Don l’aida et Charlie se retrouva bientôt adossé au mur tandis que son aîné l’auscultait d’un regard qui se rassurait peu à peu : apparemment il n’y avait pas trop de mal.

- Ca va Charlie ? répéta-t-il, voulant tout de même s’assurer que son frère ne s’était pas gravement blessé.

Celui-ci le fixa d’un regard furieux et tendit le bras pour le repousser. Lorsque sa main entra en contact avec le torse de son frère, il se mit à hurler.

- Charlie… Charlie qu’est-ce que tu as ? s’affola Don.

- Don ! Charlie ! Qu’est-ce que… Oh mon Dieu !

La voix de sa mère, attirée par les hurlements, s’éleva derrière eux. Don tourna la tête juste à temps pour la voir se précipiter dans l’escalier, suivie de leur père. Il se redressa lentement, le cœur serré à la fois d’inquiétude pour son cadet, mais aussi d’appréhension pour lui-même : il allait, sans nul doute, avoir des ennuis !

- Charlie, mon bébé… Où as-tu mal ? s’inquiétait Margaret tandis qu’Alan, d’une voix dure, interrogeait l’aîné :

- Donald ! Qu’est-ce qui s’est passé avec ton frère ?

Charlie, au contact des bras maternels autour de lui, cessa de hurler. A vrai dire, il n’avait pas si mal que ça. Certes, au moment où il avait tenté de repousser son frère, la douleur dans son bras avait été terrible, lui arrachant ce cri, mais maintenant, bien qu’elle fût toujours vive, elle n’était pas aussi insupportable qu’il voulait le faire croire. Mais il savait tenir ainsi sa vengeance : d’une part l’expression inquiète de son frère ne lui avait pas échappé et il était ravi qu’il s’inquiétât pour lui, d’autre part, il savait que celui-ci allait passer un mauvais moment et que, selon toute vraisemblance, il pouvait d’ores et déjà oublier sa virée au centre commercial ! Bien fait pour lui ! Puisqu’il ne voulait pas l’emmener, il n’irait pas non plus !

Aussi, avant que son frère n’ait le temps de répondre à la question paternelle, poussé par un méchant petit démon dont il se demanderait plus tard d’où il était venu mais qui, pourtant, allait se manifester encore bien des fois dans les années à venir, il s’empressa de dire, des larmes dans la voix :

- Donnie m’a poussé dans l’escalier.

- Quoi ?

- Oh ! Donnie !

- Comment !

Les trois exclamations fusèrent en même temps : celle choquée et incrédule de Don, n’arrivant pas à croire que son petit frère l’accuse ainsi, celle douloureusement choquée de sa mère et celle déjà chargée de menaces de son père. L’aîné se recroquevilla un peu plus sous le triple regard qui convergea alors vers lui. Sa mère le regardait avec ce reproche dans les yeux qui le faisait se sentir moins que rien, son père avec cet éclat qui lui promettait les pires ennuis et son petit frère, le petit génie qu’il n’aurait jamais pensé pouvoir être aussi perfide, avec une lueur de joie mauvaise qui disait : « Bien fait pour toi ! ».

Comment se défendre contre cette accusation ? D’ailleurs il était effectivement en partie responsable : s’il n’avait pas poussé son cadet dans ses derniers retranchements, celui-ci ne l’aurait pas chargé ainsi et ne serait pas tombé ! S’il avait été plus réactif, il aurait pu empêcher la chute ! Alors oui, il avait sa part de responsabilité, juste assez pour lui donner cet air coupable qui, aux yeux de leurs parents, corroborait parfaitement la version du plus jeune.

- Mais enfin… qu’est-ce qui t’a pris ? questionnait sa mère d’une voix où commençait à sourdre la colère.

- Je ne voulais pas…, commença-t-il, tentant de trouver les mots qui lui permettraient de remettre les choses à leur place.

Il adressa un regard suppliant à son cadet, lui demandant de dire la vérité. Certes ça ne le dédouanerait pas entièrement et il serait de toute façon puni, mais au moins ses parents ne le croiraient pas capables de faire sciemment du mal à son petit frère. Mais ce dernier se contenta de le regarder d’un air triomphant, visiblement ravi de sa trouvaille, sans aucun remords de son mensonge et dès lors, fort peu susceptible de revenir à la vérité.

- Dans ta chambre Donald ! Tout de suite !

Il se sentit littéralement liquéfié sous l’intensité de la colère qui vibrait dans la voix glaciale de son père. Pourtant il tenta de se défendre :

- Mais papa…

- Dans ta chambre tu m’entends !

Une poigne brutale lui saisit le bras, le faisant grimacer de douleur tandis que la peur s’insinuait en lui. Alan avait rarement porté la main sur eux : une fessée parfois lorsqu’ils étaient petits, mais à la force physique il préférait de loin la discussion et, si le besoin s’en faisait sentir, la punition, pour amener ses enfants à réfléchir à leurs actes. Mais en cet instant précis, il sentait qu’il suffirait d’un rien pour que son père lui flanque une raclée dont il garderait longtemps le souvenir. D’ailleurs Margaret devait ressentir la même chose puisque sa voix s’éleva, inquiète :

- Alan !

- Ne t’inquiète pas ! Je me contente d’emmener ce monsieur jusqu’à sa chambre où il réfléchira à ses actes jusqu’à notre retour ! Porte Charlie dans la voiture, je vous accompagne à l’hôpital.

Quelque part dans sa tête, malgré sa satisfaction d’avoir à la fois récupéré l’attention de ses parents et réussi à faire capoter les projets de son frère, Charlie commençait à se demander s’il n’était pas allé un peu loin. Il voulait juste que Don ait des ennuis, pas que son père lui fasse du mal. Oui, mais s’il disait la vérité maintenant, c’était lui qui allait avoir des problèmes ! Après tout, c’était tant pis pour Don… Il n’avait qu’à accepter de l’emmener ! Et puis il avait vraiment très mal à son bras, et il avait bien le droit de se blottir contre sa maman, de fermer les yeux et de se laisser emporter loin de tout ça, d’arrêter de penser à ce qu’il avait déclenché. Don l’avait bien cherché ! Oui, il l’avait bien cherché !

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeVen 17 Fév 2012 - 20:39

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 4158581148 Charlie était vraiment un sale petit gamin capricieux.
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeVen 17 Fév 2012 - 22:18

Ca oui: il méritait des baffes!!! Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeVen 17 Fév 2012 - 22:37

Saleté de gosse capricieux !! toujours égal à lui-même mais pas complètement, il a appris de ses conneries rire démoniaque rire démoniaque


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Fév 2012 - 0:00

Et celle-là va être lourde de conséquences... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Fév 2012 - 8:41

Don est vivant, ouf, en mauvais état mais vivant... Charlie va devoir s'armer de courage pour aller chercher de l'aide tout en laissant Don à son triste sort. Décision difficile et douloureuse à prendre mais en l'état actuel de la situation, Charlie n'a pas le choix et il doit se préparer à de longues heures d'angoisse... Il se sent coupable de la situation, son entêtement étant lourd de conséquence pour son grand frère qui ne peut rien lui refuser...

Retour en arrière, petit Charlie a encore frappé... Entêté, capricieux, QI très élévé, oui, mais un enfant comme les autres, aussi mordant, fourbe, menteur, méchant, comme tous les enfants peuvent l'être sans se donner beaucoup de mal... Cinq ans de différence c'est un véritable gouffre quand l'un est encore dans l'enfance et l'autre dans l'adolescence. Les jeux, les envies ne sont plus les mêmes et pour Don c'est surtout à cet âge là le besoin de liberté, de s'affirmer loin du cocon familial, le besoin d'indépendance, l'apprentissage de la vie auprès des amis de son âge et des premiers émois amoureux.

L'affrontement entre les garçons tourne au drame, Charlie reste campé sur ses positions et Don étant l'ainé cela se retourne contre lui comme c'est toujours le cas dans ce genre de situation. Ah les joies de la fratrie !... Cette fois Charlie est allé très loin, on ne pardonne pas facilement à cet âge là, l'écart va se creuser encore un peu plus entre les garçons...

J'ai adoré ce chapitre... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2652155019


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Fév 2012 - 10:26

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 j'ai rattrapé les wagons Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 bien Don est vivant mais mal en point et Charlie est le seul qui puisse aller chercher de l'aide. En lisant les retours en arrière, j'ai souri, les petits frères sont toujours ainsi, à chercher des ennuis à leurs ainés et là petit Charlie était un bonhomme bien capricieux, toujours à vouloir être avec Don alors que lui souhaitait avoir quelques heures de liberté... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3189643450 et l'accident dans l'escalier montre à quel point le benjamin pouvait être calculateur, il aurait pu dire la vérité, mais il ne le fait pas, voulant ainsi punir Don de l'avoir traité de bébé et de vouloir s'amuser sans lui.

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3421360609 j'ai l'impression que dans cette famille, tout tournait autour du petit génie Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeSam 18 Fév 2012 - 11:09

Aragone17 a écrit:


Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3421360609 j'ai l'impression que dans cette famille, tout tournait autour du petit génie Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100

ça ne serait que normal, c'est lui le meilleur rire démoniaque voler


Le rire, comme les essuie-glaces, permet d'avancer même s'il n'arrête pas la pluie!
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La perfection n'existe pas sur Terre", Mais alors...D'où viens-je ? ;-)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Fév 2012 - 7:53

je n'ai qu'une chose à dire : Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1167097122 .

non mais à par a sa , ton histoire et haletante. je voudrais déjà savoir la fin. a quand la suite ?
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeDim 19 Fév 2012 - 22:09

Merci à vous toutes!!! Yseult, une bonne fois pour toute, le meilleur dans cette famille c'est mon Donnie et c'est non négociable!!! Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2921550616 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2921550616 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2921550616 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2921550616
La suite c'est maintenant: nous sommes toujours dans le passé... suite de l'épisode de l'escalier... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059


Chapitre 9 : La déchirure – partie 2
Pendant ce temps-là, Alan, le visage crispé, entraînait son fils vers sa chambre sans écouter l’ébauche d’explication que celui-ci tentait désespérément de lui fournir. Ses doigts s’incrustaient dans la chair tendre du bras sans même qu’il s’en rende compte. Il s’épouvantait de ce désir de frapper l’adolescent contre lequel il combattait à cet instant. Est-ce que désormais ce serait régulièrement comme ça : veiller à ce que le plus grand ne s’acharne pas sur le plus jeune, et lutter contre ses propres réactions à ce combat incessant ? Il n’imaginait pas vivre dans une telle tension.

Il ouvrit la porte de la chambre et y propulsa brutalement son garçon :

- Papa…, tenta de nouveau celui-ci.

- Non ! Je ne veux rien entendre Donald ! Tu restes là ! Tu ne bouges pas ! On reparlera de tout ça quand nous rentrerons ! J’espère simplement pour toi que ton frère n’a rien de grave !

- Mais au moins écoute-moi…, plaida l’adolescent au bord des larmes.

- Je n’ai pas envie de t’écouter ! Je n’ai pas envie de te voir ! Tu ferais mieux de te faire oublier ! Tu te rends compte à quel point tu nous as déçus ta mère et moi ?

Cette phrase, plus que tout autre, se planta dans le cœur du jeune garçon comme un couteau et il eut l’impression de se mettre à saigner de l’intérieur. Pourtant il voulait à toute force réussir à faire comprendre à son père qu’il n’avait pas voulu cela, qu’il n’était pas aussi coupable qu’il y paraissait :

- Papa… ce n’est pas moi… C’est Charlie qui…

- Ah non ! explosa Alan. Ne va pas en plus rejeter la faute sur ton frère ! Ce serait le comble ! Tu as cinq ans de plus que lui ! C’est toi l’aîné ! C’est à toi d’être patient, de l’écouter, de veiller sur lui ! Et tu ne cesses de le tourmenter, de l’agacer ! Tu sais pourtant combien il est sensible ! Et maintenant tu te mets à le frapper ! Où est-ce que tout ça va s’arrêter hein ?

- Ce n’est pas moi…

- Bien sûr ! C’est sans doute lui qui s’est jeté dans l’escalier histoire de pouvoir t’accuser ! ironisa Alan de la même voix rageuse. Tu vois, jusque là je pensais avoir élevé un enfant capable de reconnaître ses torts et d’assumer les conséquences de ses actes, et j’étais fier de ça. Mais je m’aperçois que je m’étais trompé ! Tu me diras, je n’aurais pas cru non plus que tu sois capable de t’en prendre à un gamin de huit ans ! J’ai honte de toi !

Cette fois-ci, la frustration déborda, attisant la colère de Don :

- Parce qu’évidemment c’est Charlie qui a raison ! Comme toujours ! Le pauvre petit Charlie ! Le parfait petit génie ! En fait, je me demande vraiment pourquoi vous m’avez gardé après avoir découvert combien il était exceptionnel ! Parce que moi, je ne serai jamais à la hauteur hein !

La gifle brutale qui s’abattit sur sa joue coupa court à sa diatribe. Interdit, il porta la main à son visage, fixant son père qui avait pâli et semblait abasourdi de sa réaction. Mais il n’avait pu s’empêcher de laisser ainsi exploser son inquiétude et sa colère mêlées à la culpabilité qu’il ressentait trop souvent envers son aîné, ayant l’impression de le délaisser pour le plus jeune. Alors de s’entendre ainsi jeter ses craintes à la figure lui avait fait perdre le peu de sang-froid qu’il s’efforçait de conserver. Se souvenant de l’enchaînement des événements, il fit toutefois taire les mots d’excuses qui lui montaient spontanément aux lèvres et se contenta de dire d’une voix vibrante de fureur :

- Celle-là on peut dire que tu ne l’auras pas volée ! Je n’ai pas le temps de poursuivre cette conversation ! A cause de toi ton petit frère a besoin d’aller à l’hôpital ! Mais compte sur moi pour prendre les décisions qui s’imposeront à mon retour ! Y compris t’éloigner de cette maison si tu dois être un danger pour Charlie à cause de ta stupide jalousie !

Une petite voix dans sa tête lui susurra immédiatement qu’il n’aurait jamais dû dire cela et que Margaret ne serait sans doute pas d’accord avec ça, mais il n’avait ni l’envie ni l’énergie de les reprendre. Et puis après tout, si Donald s’inquiétait un peu, ça ne pourrait que lui servir de leçon ! Aussi, sans un regard pour son fils qui, bien que sa joue restât rouge, avait subitement pâli, il quitta la pièce en claquant la porte derrière lui, puis il alla rejoindre Margaret dans la voiture. Elle s’était installée à l’arrière et tenait Charlie contre elle. Le gamin avait enfoui son visage dans son cou et se laissait bercer sans fausse honte, ravi qu’on s’occupe de lui, malgré la douleur qui lui fouaillait le bras du poignet à l’épaule.

- Ca va aller chérie ? questionna-t-il en bouclant sa ceinture et en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.

- Oui…

La voix de Margaret était contrainte et il se rendit compte qu’elle était partagée entre l’inquiétude de l’état de Charlie et la colère contre Don, mais aussi l’angoisse qui l’animait lui-même : comment les choses allaient-elles tourner entre leurs fils ? Dire qu’ils s’entendaient si bien quand ils étaient petits ! C’était tellement attendrissant de voir Charlie regarder son aîné comme un héros. D’ailleurs cela n’avait pas beaucoup changé. Ce qui avait évolué, c’était le regard que Don posait sur son cadet. Bien sûr il était normal qu’il grandisse, qu’il ait besoin de son propre espace, mais de là à… Qu’avaient-ils raté ? Qu’auraient-ils pu faire pour rapprocher leurs fils ? Sans doute l’attention spéciale que nécessitait Charlie n’aidait pas Don à trouver sa place dans la famille : que pouvaient-ils faire pour le rassurer ?

Les mêmes questions tournaient en boucle dans leurs têtes. Certes Don était responsable de ses actes et il n’était pas question de lui trouver des excuses à deux balles. Sa violence envers son cadet était inacceptable et il devrait en rendre compte, mais ils devaient aussi tenter de comprendre comment il en était arrivé là.

- Qu’est-ce qu’il a dit ?

La question de Margaret arracha Alan à ses pensées. Il jeta à nouveau un coup d’œil dans le rétroviseur, croisant le regard de sa femme. Il la savait trop psychologue pour tenter de lui dissimuler ce qui s’était produit entre lui et leur fils, mais il n’avait pas envie d’aborder la question maintenant, pas dans cette voiture, pendant qu’ils roulaient vers l’hôpital pour faire examiner leur plus jeune. D’autant que, au fur et à mesure que sa colère s’estompait, le remords commençait à le tarauder de plus en plus fort : il aurait pu au moins donner une chance à Don de s’expliquer et surtout éviter de le frapper ! A quoi cela pouvait-il servir sinon à alimenter la rage qui l’habitait ?

- Alan… Que s’est-il passé ? insista Margaret, inquiète de ne pas recevoir de réponse.

- Je t’expliquerai… mais… pas pour le moment, finit-il par lâcher en ayant un regard appuyé vers le gamin lové dans les bras de son épouse.

Celle-ci comprit qu’il y avait des choses qu’il ne voulait pas dire devant Charlie et se contenta de soupirer, resserrant son étreinte autour du petit corps.

Ensuite les parents n’eurent plus vraiment le temps de penser : à l’arrivée à l’hôpital ils durent expliquer les conditions dans lesquelles Charlie s’était blessé et remplir la paperasserie tandis qu’un médecin examinait le gamin avant de l’envoyer passer une radio pour vérifier l’avant-bras vraisemblablement fracturé. Les clichés confirmèrent le diagnostic : fracture du cubitus, heureusement non déplacée. Une infirmière vint plâtrer le bras du gamin et celui-ci fut installé dans une chambre. En effet, le médecin avait aussi décelé une vilaine contusion à la base du crâne et, Charlie se plaignant désormais de violents maux de tête, il préférait le garder, par acquit de conscience.

Lorsqu’enfin ils furent au calme dans la chambre où l’enfant s’était endormi, épuisé par la douleur et assommé par les antalgiques, les parents purent discuter de ce qui s’était passé entre Alan et son fils.

- Tu n’as pas fait ça Alan !

La voix de Margaret restait basse afin de ne pas réveiller Charlie, mais Alan n’eut aucun mal à y percevoir le reproche mâtiné d’une certaine colère.

- Je suis désolé mais… Ecoute, il l’a cherché aussi ! Cette manière de nous accuser plutôt que…

- Nous accuser ? Alan ! Et s’il ne faisait qu’exprimer ce qu’il ressent vraiment ? Comment veux-tu qu’il évacue sa frustration si, lorsqu’enfin il ose se confier, tout ce que l’on sait faire c’est de lui flanquer des gifles et de le menacer !

- Qu’aurais-tu voulu que je fasse ? Que je le félicite peut-être ?

Margaret passa une main nerveuse dans ses cheveux.

- Non… Alan… Mais… C’est notre petit garçon… On doit essayer de lui faire comprendre que… Ca n’a rien à voir avec lui ! C’est…

- Mais il est assez grand pour le comprendre Maggie ! Depuis quelque temps il est impossible !

- Il va avoir treize ans Alan ! C’est un adolescent ! Il a sans doute besoin qu’on s’occupe de lui un peu plus : il doit se poser des questions, s’inquiéter… Ce n’est pas en lui faisant des menaces en l’air que…

- En l’air ? Mais qui te dit que ce sont des menaces en l’air ! Certes je n’aurais pas dû le gifler, mais par contre, s’il devient un danger pour Charlie, il faudra bien l’éloigner !

- Alan ! Tu n’es pas sérieux ! Tu ne te séparerais pas de notre fils !

- Que devrais-je faire ? Le laisser s’en prendre à Charlie, au risque, la prochaine fois de le blesser gravement ? Tu te rends compte à quel point on est passé près de la catastrophe aujourd’hui ?

- Bien sûr que je m’en rends compte ! Tu me prends pour qui ?

Elle avait élevé la voix, l’indignation devenant plus forte que la peur d’éveiller son cadet. Elle en voulait à Alan d’avoir frappé Don, elle s’en voulait de n’avoir rien dit pour apaiser sa colère, de ne s’être occupée alors que du plus jeune, elle en voulait à son mari d’avoir menacé leur aîné, pire, de penser réellement qu’ils pourraient devoir se séparer de lui. Cela, elle n’y consentirait en aucun cas !

Le bras de son époux s’enroula autour de son épaule et elle se raidit, mais il l’attira contre lui, l’obligeant à céder :

- Maggie… Pardon… Je ne voulais pas dire que… Mais… Oui je suis sérieux : je ne peux pas laisser Don s’en prendre à mon fils.

La colère flamba en elle et elle repoussa son mari, se dressant de toute sa taille devant lui :

- Mais Don aussi est ton fils ! Tu ne peux pas le rejeter parce qu’il a eu un geste de colère !

- Un geste de colère qui aurait pu être grave !

- Je le sais ! Mais ce n’est pas en l’éloignant que sa colère diminuera ! Au contraire ! Elle ne fera qu’augmenter, jusqu’à ce qu’il finisse par nous détester tous ! Et nous le perdrons Alan !

- Non ! Non ! Je ne veux pas que Donnie parte !

La voix bouleversée de Charlie les arracha à leur discussion et ils se retournèrent vers le gamin qui, dressé dans son lit, les regardait, les larmes coulant sur ses joues. Il y avait un moment déjà qu’il écoutait la discussion de ses parents. Il s’était endormi assez rapidement, mais le remords qui le taraudait de plus en plus l’avait empêché de sombrer totalement et une partie de son cerveau était resté à l’affût. Et bientôt les propos que tenaient Alan et Margaret avaient percé les brumes de son sommeil. Il s’était figé dans son lit, écoutant de toutes ses oreilles, d’abord plutôt content d’avoir réussi à attirer des ennuis à son frère puis, au fur et à mesure qu’il comprenait ce qui se tramait, de plus en plus inquiet. Non ! Son père ne pouvait pas penser à éloigner Donnie ! Que deviendrait-il sans son grand frère ? Bien sûr celui-ci était parfois agaçant à ne pas vouloir passer autant de temps avec lui qu’il le souhaitait, mais quand même : il était toujours là pour l’aider quand il en avait besoin. Qui accepterait de lancer des balles avec lui ? Qui le défendrait contre les petits caïds du collège qui se moquaient parce qu’il était tellement plus jeune qu’eux ? Qui lui ouvrirait son lit les soirs d’orage ? Soudain la portée de ses actes lui arrivait en pleine figure et son cœur se serra à l’idée de ce qui pourrait arriver suite à son mensonge. Depuis quelques minutes il se débattait entre l’envie d’apaiser la colère de son père envers Don et la peur que cette colère se dirige désormais vers lui. Et si, à cause de son mensonge, son père ne l’aimait plus ? Et sa mère ? Comment réagirait-elle en apprenant qu’il avait accusé son frère d’un crime imaginaire ? Mais le ton s’élevant entre ses parents et la teneur du discours de son père avait fait taire ses craintes : il ne pouvait pas les laisser se disputer à cause de lui, pas plus qu’il ne pouvait laisser Alan faire partir son frère ! Alors il s’était dressé en criant.

- Chut… chéri… Bien sûr que Don ne va pas partir, le rassura sa mère en s’élançant vers lui pour le prendre dans ses bras. Chut… Tout va bien… Rendors-toi bébé…

- Non ! Non ! Je ne veux pas que Donnie s’en aille. Il n’a rien fait…

La dernière phrase, murmuré d’une voix à peine perceptible atteignit Margaret en plein cœur tandis qu’Alan sentait le sien s’arrêter de battre un instant. La mère desserra son étreinte et s’éloigna de son fils, le tenant à bout de bras, plongeant son regard dans le sien :

- Comment ça Don n’a rien fait ? Qu’est-ce que tu veux dire Charlie ?

Celui-ci baissa la tête sous le ton devenu plus sévère. Mais il était temps d’assumer ses actes sous peine de provoquer une catastrophe pour toute la famille.

- Il ne m’a pas poussé… On se disputait… Je suis tombé tout seul…

- Quoi !!! Charlie !!!

L’exclamation de colère d’Alan fit se rétracter le petit garçon et Margaret adressa un regard sévère à son mari, lui intimant silencieusement l’ordre de se calmer sous peine de voir leur fils se réfugier dans sa bulle et ne plus rien tirer de lui. Aussi, le père prit une voix beaucoup plus douce pour interroger, tandis qu’il venait s’installer de l’autre côté du lit :

- Que s’est-il vraiment passé Charlie ?

Celui-ci renifla et, craintivement il regarda son père avant d’avouer d’une voix tremblante :

- On se disputait et… j’ai foncé sur lui… Et… Il s’est écarté… Je suis tombé tout seul… Il n’a rien fait !

Il avait crié le dernier mot et il éclata en sanglots, empêchant ainsi son père de lui adresser les reproches qui lui montaient aux lèvres. Margaret lui releva le menton de la main, l’obligeant à la regarder :

- Mais pourquoi avoir menti Charlie ? Pourquoi ?

- Parce que j’étais en colère ! Je pensais que vous seriez fâchés après lui et qu’il ne pourrait pas aller au centre commercial. Mais je ne veux pas que papa le fasse partir ! Je ne veux pas !

De nouveau il se mit à sangloter éperdument, réfugié contre sa mère qui lui caressait les cheveux, ne sachant comment le consoler.

- Chut… Donnie ne partira pas chéri…

- Papa… Papa… a… papa… a… dit… il… a… dit… il…

- Papa était en colère Charlie. On dit des choses qu’on ne pense pas quand on est en colère. C’est ce que tu as fait aussi…

Alan sentit le reproche sous-jacent dans le commentaire de son épouse et il caressa la tête du petit garçon :

- Maman a raison Charlie… J’étais en colère…

L’enfant releva son visage et regarda son père :

- Tu vas garder Donnie ?

- Bien sûr que je vais le garder.

- Et tu vas me punir ?

Alan dissimula un sourire, reconnaissant bien là le côté manipulateur de son dernier né :

- On verra ça plus tard Charlie. Ce que tu as fait n’était pas bien, tu en es conscient ?

- Oui… Je ne recommencerai pas…

- J’espère bien.

Il aurait aimé que sa voix soit plus sévère, mais il n’y arrivait pas. Le soulagement d’apprendre que finalement Don n’avait rien fait se conjuguait avec le sentiment que Charlie était déjà bien assez puni par son bras cassé et son choc à la tête. Cependant, très vite, une légère grimace traversa son visage : il lui restait maintenant à parler avec Don, à se faire pardonner de ne l’avoir pas écouté et de l’avoir condamné sans lui laisser une chance de se défendre. Soudain la gifle qu’il lui avait assénée pesait encore plus lourd sur sa conscience, de même que les mots qu’il lui avait jetés. Il se releva :

- Je crois que je vais rentrer, dit-il.

- Tu vas chercher Donnie ? s’enquit le plus jeune d’une voix ensommeillée tandis que sa mère le rallongeait.

- Tu voudrais le voir ?

- Oui… Il faut que je lui demande pardon…

Déjà le sommeil l’emportait et, désormais débarrassé de sa culpabilité, le petit garçon s’endormit. Margaret arrangea tendrement les couvertures autour de lui puis accompagna son mari dans le couloir :

- Qu’est-ce que tu vas faire ? questionna-t-elle.

- Que veux-tu que je fasse ? répliqua-t-il d’un ton fataliste. Il me semble que je dois des excuses à notre garçon.

Elle dissimula un sourire : Don était donc redevenu « notre garçon » ? Pourtant très vite la préoccupation quant à l’injustice subie par celui-ci la rattrapa.

- Je n’ai pas été plus maline que toi sur ce coup-là, le rassura-t-elle.

- Est-ce qu’il va comprendre ? interrogea-t-il.

Elle fut émue par le désarroi dans sa voix et comprit combien il souffrait de sa réaction injuste.

- Bien sûr… Notre garçon est formidable Alan. Je suis sûre qu’il comprendra. Peut-être pas tout de suite mais…

- Je lui ai dit que j’avais honte de lui !

Il en avait les larmes aux yeux. Plus que tout, c’était cette petite phrase qui lui faisait mal à ce moment précis. Il imaginait bien comment son garçon avait pu la recevoir ! Il lui avait fait du mal et même si Don avait été coupable, il n’aurait pas mérité cela ! Alors maintenant qu’il s’avérait innocent il s’en voulait encore plus.

Margaret posa sa main sur son bras, l’obligeant à le regarder :

- Il comprendra Alan…

Il secoua la tête : il aurait tant aimé que ce soit effectivement aussi simple et que son fils soit assez mature pour réaliser et pardonner. Mais pouvait-il lui demander de se montrer plus raisonnable que lui-même avait été ?

Et tandis qu’après avoir pris congé de son épouse en lui promettant de la tenir au courant, il roulait vers leur maison, Alan se mit à prier du fond du cœur pour que ce qu’il avait fait n’ait pas érigé entre lui et son fils aîné une barrière infranchissable.

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 15:22

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2652155019Bon sang, j'adore ce chapitre... Incroyable comme ça me parle, je ne suis pas fille unique, des situations comme ça j'en ai connues quelques unes...

Pauvre Don, il me fait de la peine. Il subit les foudres de son père et il ne le mérite pas. L'attitude de Don, une parole qui en entraine une autre et cette gifle qui fait mal au jeune garçon et à son père... Mais ce qui fait le plus mal à Don, c'est le rejet de son père, la déception qu'il lui assène comme un coup de grâce, son incapacité à se faire entendre, à expliquer, à donner sa version des faits. Il n'a pas droit à la parole, il a juste le droit de la fermer et de se prendre une gifle. C'est une injustice que l'on a du mal à encaisser à cet âge et Alan trop inquiet pour Charlie, trop en colère contre Don, n'a vraiment pas su gérer la situation. Les parents ne mesurent pas toujours le poids des responsabilités qu'ils font parfois peser sur les épaules des plus grands vis à vis des plus jeunes.

Voilà à présent Alan bien mal dans sa peau de papa maintenant qu'il sait que Charlie a menti. Il a une injustice à réparer et des excuses à présenter. Mais Don, du haut de ses 13 ans, sera-t-il prêt à les accepter ? Probablement car rien n'est plus important pour lui que de retrouver la confiance de ce père aimant. Et Charlie, sa stupidité aurait pu avoir de graves conséquences sur sa santé, va-t-il prendre conscience de la portée des ses actes ? Comment ses parents vont-ils réagir face à ce petit démon, qui certes est blessé, mais qui mériterait une bonne punition ? Don ne va certainement pas lui pardonner aussi facilement tout ce que leur père a dit et fait à cause de lui...

J'ai hâte de lire la suite... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1916874526 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1916874526


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 16:35

De son père amant, hein BlackCatouchka rire démoniaque rire démoniaque

J'adore ce chapitre, où il est dur d'assumer son rôle de fils et de frère lorsqu'on a un frère qui n'a pas hésité à vous accuser. Une discussion qui va s'avérer dur pour Alan


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 16:51

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2921550616 Grrrr Louz... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059 Bon je l'ai rectifié ce lapsus parce que ça fait mauvais genre quand même Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 16:53

surtout dans une fic de Cissy rire démoniaque rire démoniaque


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 18:10

je n'ai pas tout de suite vu que c'était toi cissy qui avait écrit l'histoire mais maintenant je comprend mieux...

super ton histoire: don va-t-il survivre ?
est ce qu'il vont ce réconcilier ?

au que j'ai d'interrogation. a quand la suite. pas dans trois jours rassure moi. je la veux tout de suite.

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3543406167 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3543406167 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1311766368

:j\'adore: :j\'adore:

en tout cas c'est bien que le petit génie ce soit dénoncé, je n'imagine même les représailles du père contre son fils, innocent qui plus est.

ouf ouf
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 23:05

Merci à vous trois...
Je vois le genre de lapsus que tu as fait Cat'... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 1990061059 m'enfin... quelle mouche t'a piquée hein? Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 384165100
T'inquiète Chinou, la suite arrive.


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Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage (S. Guitry)
La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence. L'intelligence, elle, a des limites, tandis que la bêtise n'en a pas (C. Chabrol)
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Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Empty
MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeLun 20 Fév 2012 - 23:20

Avant dernière partie de ce flashback, le plus long de cette fiction.


Chapitre 10 : La déchirure – partie 3
Lorsqu’il avait entendu le moteur de la voiture partir, Don s’était laissé tomber sur son lit, pleurant sans fausse honte. Depuis près d’un an il détestait qu’on le voit pleurer et faisait en sorte de ne se laisser aller que seul dans sa chambre. Et là, il n’y avait personne… Il n’y aurait plus jamais personne… Les mots de son père résonnaient dans sa tête : « J’ai honte de toi ! » Il y avait bien longtemps qu’il savait que jamais ses parents ne seraient aussi fiers de lui qu’ils l’étaient de son petit frère, mais il se disait qu’avec le temps, peut-être, il réussirait à devenir digne d’eux, à s’attirer leurs louanges… Il s’apercevait que c’était mission impossible : ce n’était pas seulement qu’ils n’étaient pas fiers de lui, c’était qu’ils avaient honte de lui et contre ça il ne pouvait rien ! Rien !

Soudain il se leva et saisit son sac de base-ball. A la hâte il en sortit le contenu et le remplaça par quelques vêtements attrapés au hasard dans son armoire. Malgré lui les larmes coulaient sur ses joues : il allait quitter cette maison où il était le premier arrivé. Puisqu’il gênait, puisque jamais il ne serait considéré comme quelqu’un de bien, autant laisser la place à son envahissant petit frère. Tout le monde serait bien mieux sans lui. Il vida sa tirelire : trente-trois dollars et cinquante deux cents… ce n’était pas beaucoup, mais suffisant pour prendre un billet de car… pour… pour ailleurs ! Tout ce qu’il voulait c’était partir loin et qu’on ne le retrouve jamais. Peut-être qu’ainsi il leur manquerait un peu, peut-être qu’ils le regretteraient…

Mais non ! Sans doute seraient-ils plutôt soulagés de ne plus l’avoir dans les pattes. Ainsi ils pourraient se consacrer entièrement au petit génie, ne plus se « sacrifier » pour venir voir ses matchs de base-ball lorsqu’ils tombaient un jour où il y avait quelque chose d’important pour Charlie, entretien, conférence, cours, bilan et que savait-il d’autre encore qui rythmaient leurs vies à tous depuis bientôt cinq ans qu’on avait découvert que le petit frère qu’il adorait était « spécial ». Il se souvenait encore de ce jour où sa mère l’avait attiré contre elle et lui avait expliqué que Charlie était « spécial ». A l’époque, du haut de ses huit ans, il avait trouvé ça plutôt cool, d’avoir un frère « spécial », même si sa mère lui disait que ce ne serait pas toujours facile pour lui, parce que son père et elle allaient devoir passer beaucoup de temps avec Charlie, beaucoup s’occuper de lui, et que parfois peut-être il se sentirait négligé mais qu’il ne devait surtout pas oublier qu’on l’aimait très fort et que… blablabla…

Oui… Il n’avait pas tardé à déchanter et à retomber durement sur terre en s’apercevant que désormais il ne comptait plus pour grand-chose. Tout était tourné vers Charlie : il ne devait pas faire de bruit si le petit génie était en train d’étudier, il devait lui céder la place dans la salle de bain quand il l’exigeait parce qu’il avait toujours quelque chose de bien plus important à faire que lui, il devait accepter de n’avoir pas ses deux parents à ses matches parce que Charlie avait quelque chose de primordial le même jour, il devait renoncer à son nouveau gant de base-ball parce qu’on économisait pour prendre l’avion afin d’emmener Charlie voir un grand professeur d’une grande université, et tout à l’avenant.

Charlie par-ci, Charlie par-là… Et lui là-dedans ? Bien sûr il avait essayé de son mieux : son petit frère était « spécial », on devait s’occuper de lui. Mais parfois il aurait aussi aimé avoir ses parents pour lui tout seul, comme avant, avant que sa mère ne revienne avec le bébé braillard, avant qu’on ne découvre qu’il était plus intelligent que lui ne le serait jamais et qu’en tant que grand frère il ne ferait jamais le poids parce qu’il n’aurait jamais rien à lui apprendre ! Alors il avait appris à ne plus réclamer, à accepter, à s’effacer et à se prendre en charge tout seul pour ne pas déranger. Mais ça ne voulait pas dire que c’était facile. Et pourtant il aimait son frère, oui… il l’aimait vraiment ! C’est pour cela qu’il avait mal aussi à cet instant, parce qu’il était responsable de la douleur de celui-ci. Et s’il était gravement blessé ? Et s’il restait handicapé ? Comment porter le poids de cette culpabilité ? Ce n’était pas ce qu’il avait voulu… Il voulait juste le faire enrager, lui prouver que lui aussi était « spécial » pour quelqu’un et qu’on pouvait avoir envie de passer du temps rien qu’avec lui.

D’un geste rageur il essuya les larmes qui roulaient malgré lui sur ses joues. Il attrapa son sac, prêt à quitter la chambre où il ne reviendrait jamais, puis il se dit qu’il n’avait pas le droit de partir comme ça : ses parents devaient comprendre pourquoi il s’en allait et aussi que rien ne le ferait revenir. Et puis, il voulait aussi leur apprendre qu’il n’avait pas poussé Charlie, même s’il doutait qu’ils le croient. Au moins, il aurait essayé.

Il griffonna rapidement un petit mot qu’il décida d’aller poser sur le lit de ses parents : ainsi ils le trouveraient forcément en rentrant de l’hôpital et de nouveau son cœur se serra tandis qu’il priait de toutes ses forces pour que son petit frère soit avec eux à lors de ce retour. Il entra dans la chambre, traînant toujours son sac avec lui et se pencha pour poser la lettre. A ce moment-là, il accrocha avec l’arrière du sac la lampe de chevet sur la table de nuit de sa mère et elle tomba au sol où elle se brisa. Consterné il tomba à genoux et éclata en sanglots : sa mère adorait cette lampe ! Elle allait être furieuse ! Encore une fois ! Elle allait être triste à cause de lui !

Il ramassa le pied de lampe et le reposa sur la table de nuit, puis il tendit la main vers le globe brisé, se disant que, peut-être, il pourrait le réparer : au moins sa mère lui en voudrait moins. Un cri de douleur lui échappa et il porta son index profondément entaillé à sa bouche tandis que ses larmes redoublaient. Décidément il n’était vraiment bon à rien ! Même pas capable de ramasser des débris de verre sans se couper ! Ses parents avaient bien raison d’avoir honte de lui ! Il n’était qu’un minable ! Et tandis que cette pensée lui traversait l’esprit, ses yeux accrochèrent un petit flacon qui gisait sur la moquette. Il cligna des paupières pour chasser les larmes qui lui brouillaient la vue et reconnut les somnifères de sa mère. Que faisaient-ils là ? D’habitude elle les rangeait soigneusement dans l’armoire de la salle de bain, celle qui fermait à clé, afin que Charlie ne risque pas d’absorber les petites pilules. Il devait aller les ranger au plus vite ! C’était dangereux de laisser traîner de tels médicaments !

Il saisit le petit flacon et, tout à coup, il y vit comme un signe du destin ! Après tout, il voulait partir loin, débarrasser sa famille du fardeau qu’il représentait ! S’il partait, où qu’il aille on pourrait le retrouver et le ramener, et son père serait encore plus en colère contre lui à cause du temps perdu ! Et puis avec trente-trois dollars et cinquante-deux cents il ne pourrait sans doute pas aller bien loin ! Sans compter que ça pouvait être dangereux de voyager seul : bien sûr il était grand maintenant mais quand même…

Alors que là… On ne pourrait pas le faire revenir. Sa famille serait enfin tranquille et pourrait se consacrer au petit génie sans avoir à se préoccuper de lui. Une petite voix lui disait qu’ils auraient de la peine mais aussitôt une autre lui clamait l’inverse : bien sûr que non ! Ils seraient soulagés ! Ils seraient définitivement débarrassés de celui qui leur faisait honte ! Ils pourraient juste garder la fierté d’avoir un fils « spécial » et oublier qu’ils avaient eu aussi un vilain petit canard qui les avait toujours déçus !

Et puis d’abord, si ce n’était pas un signe du destin que cet enchaînement d’événement ayant conduit le petit flacon au creux de sa main, c’était quoi hein ? Quelles chances y avait-il qu’il se retrouve seul à la maison, qu’il décide de partir, qu’il entre dans la chambre de ses parents, qu’il casse la lampe et tout ça justement le seul jour où, en huit ans, sa mère avait oublié d’enfermer ses somnifères comme elle le faisait toujours ? Un sourire triste éclaira fugitivement ses traits en se disant que son petit frère aurait adoré résoudre ce problème… bah… il pourrait toujours le faire en rentrant : ça l’occuperait. Et les larmes se remirent à couler de plus belle en pensant qu’il ne reverrait plus jamais l’agaçant petit génie, qu’il ne pourrait plus jamais embrasser sa douce maman, qu’il n’entendrait plus son père l’encourager durant ses matchs… Son père… Une chose était certaine : il ne l’avait accompagné que par devoir, laissant à Margaret le soin de s’occuper de Charlie, mais il savait bien, au fond de son cœur, qu’il aurait mille fois préféré être avec son plus jeune. Et puis, de toute façon, maintenant il le détestait. Son bras lui faisait encore mal là où les doigts d’Alan l’avaient agrippé et sa joue le cuisait toujours de la gifle reçue. Oui, s’il y en avait un qui serait vraiment soulagé de sa disparition, c’était bien son père.

Sa décision prise, l’adolescent laissa tomber son sac et, tenant le petit flacon au creux de la main, il descendit l’escalier pour se rendre à la cuisine. Il attrapa une bouteille de coca-cola dans le frigo, hésita un dernier moment, puis, d’un geste décidé, il fit jouer la sécurité du flacon et fit tomber les petits cachets ronds dans le creux de sa main : une, deux, trois, quatre, cinq… Combien fallait-il en prendre pour s’endormir définitivement ? Six, sept, huit… Tiens, encore un truc que Charlie n’aurait eu aucun mal à calculer ! Neuf… Dix… C’est ça… Dix ! Il avait toujours aimé les comptes ronds. Dix petites pilules pour ne plus penser, dix petites pilules pour ne plus regretter, dix petites pilules pour soulager sa famille d’un poids morts…

Il avala rapidement, une a une, les gélules puis referma soigneusement le flacon avant de le poser sur le haut du frigo, hors de portée de Charlie : il ne manquerait plus que celui-ci s’avise, avec sa curiosité légendaire, de « goûter » le médicament. C’est pour le coup que ses parents ne pourraient plus jamais lui pardonner. Il rit doucement en pensant que c’était stupide : de toute façon il ne serait plus là pour le voir ! Mais quand même : s’il partait c’était pour que ses parents soient plus tranquilles, il ne voulait pas leur faire de la peine et il savait très bien qu’ils en auraient quand même un petit peu, mais pas trop longtemps parce qu’ils auraient Charlie. Alors que si quelque chose arrivait à leur dernier né, ils ne pourraient jamais se consoler !

La tête lui tournait un peu… C’était bizarre comme sensation…

Il décida d’aller voir le bassin de koï : pour une fois il pourrait en profiter sans que Charlie vienne l’y déranger. Il aimait regarder les poissons nager paresseusement, juste les regarder, sans se poser les mille questions qui venaient toujours au cerveau du petit génie. Encore une preuve qu’il n’était qu’un pauvre crétin dégénéré, tout juste capable de contempler de stupides poissons tourner en rond sans essayer de comprendre le pourquoi du comment ! Encore une preuve qu’il avait pris la bonne décision.

Il lui sembla mettre un temps infini à gagner le banc que son père avait posé quelques mois auparavant pour que Charlie, toujours lui, puisse profiter du bassin tout en faisant de savants calculs auxquels personne, sauf lui, ne comprenait rien. Il n’aurait jamais cru que le bassin soit si loin… La terre tanguait un peu sous ses pas : un tremblement de terre ? Ce serait assez drôle…

Il se laissa tomber sur le banc avec un soupir de soulagement ! C’est fou ce qu’il se sentait fatigué… Il aurait peut-être dû rentrer ! Non ! Il ne pouvait pas rentrer ! Il ne savait pas trop pourquoi… mais… non… Et puis la maison était trop loin, trop floue… Même les koï semblaient s’éloigner de lui…. Bizarre… Il y avait quelque chose… Charlie… Quelqu’un… Il ne savait plus…

Juste dormir… Oui… Dormir un petit peu… Après il y verrait plus clair…

Il se laissa tomber dans l’herbe, tendit une main vers l’eau, s’étonna qu’elle lui paraisse s’y peu froide… D’un seul coup il se sentait bien.

- Charlie…

Le mot franchit ses lèvres tandis qu’il plongeait dans un sommeil dont il ne se réveillerait peut-être jamais.

(à suivre)
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Douce immersion dans l'imaginaire…….
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 7:19

comment peut on oser couper ici.

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3543406167 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 3543406167 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 4132061953 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2152170178 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2152170178 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 2 2739894538
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