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 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G

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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 14:12

Très intéressant tout ça, j'aime l'idée que tu as eu. Vivement la suite.


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 15:22

Je peux taper sur le Charlie de JB et aussi sur le papa vue que si je le fais sur Donnie à l'agonie, on va me traiter de sadique rire démoniaque

Pauvre Don tellement au bord du gouffre qu'il en vient à souhaiter ardemment la mort pour qu'enfin ses parents puissent être heureux. Il se sacrifie à nouveau

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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 19:06

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 952962191Pauvre Don, vouloir en finir parce qu'il pense que ses parents ne l'aiment pas Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2921550616 maudit Charlie Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2190857471


Le silence est parfois plus éloquent que les mots

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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 19:19

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2250307123Oh mon dieu ! Bon sang, je suis en train de me dire que tu as vraiment pensé à tout dans cette histoire... J'adore ça...

Le mal être de Don est tellement insupportable, tout est tellement disproportionné à cet âge... Il se sent si seul, si inutile... C'est maintenant qu'il mériterait une gifle... Bon sang mais dans quel état il va être Alan quand il va trouver son fils ? Ce chapitre est incroyablement difficile et en même c'est énorme. Mais qu'est-ce qu'on peut avoir comme conneries dans la tête quand on a 13 ans. Et en même temps les blessures à cet âge là sont dévastatrices, elles laissent souvent les parents totalement désarmés et franchement il y a de quoi...

Bien sûr que Don ne veut pas mourir et qu'il aime son petit frère, tous ses gestes, toutes ses pensées tendent à le préserver. Il veut juste oublier la déception qu'il a causée à ses parents...

Je me régale Cissy... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 19:31

Merci à vous toutes, je suis ravie que vous aimiez cette histoire. Suite et fin de ce flashback...
Evidemment Donnie n'est pas mort sinon il n'y aurait pas eu de série... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100


Chapitre 11 : La déchirure – partie 4
Alan se gara devant la maison, coupa le moteur et inspira profondément pour se donner le courage de descendre de voiture. Il ne savait pas comment il allait aborder son aîné. Il ricana douloureusement : si ce n’était pas lamentable, un père qui avait peur d’affronter son garçon de pas tout à fait treize ans ! Décidément il n’avait pas la moindre chance de décrocher un jour le prix du meilleur père du monde !

Depuis que Charlie leur avait parlé, il se sentait mal : sa conscience le tourmentait et il avait peur d’avoir définitivement brisé le lien entre lui et son fils. Comment avait-il pu en arriver là ? Comment s’était-il ainsi laissé dominer par la colère ? Lui qui, depuis toujours, défendait le droit à l’expression, comment avait-il pu ne pas permettre à son propre enfant d’exercer ce droit ? Non ! Il s’était contenté de le condamner sans lui laisser aucune chance, sans chercher à comprendre quoi que ce soit !

Il finit par se secouer : rester là ne ferait pas avancer les choses. Il avait promis à Margaret de parler avec Donnie, de s’excuser et de ramener le garçon vers eux. Celui-ci devait être fou d’angoisse au sujet de son petit frère et ils l’avaient tous deux laissé se morfondre sans y songer un seul instant. Ils mériteraient bien, lui surtout, que le gamin ne leur adresse plus la parole pendant plusieurs semaines. Depuis qu’ils avaient découvert le don du plus jeune, ils avaient bien souvent négligé l’aîné et celui-ci ne s’était jamais plaint, n’avait jamais passé sa frustration sur son cadet. Au contraire, il semblait avoir tout fait pour les aider en leur en demandant le moins possible. Il était devenu autonome bien avant l’âge et s’était pris en charge tout seul sans rien exiger en retour. Alors bien sûr, parfois, il y avait des disputes avec Charlie : il était inévitable que sa frustration s’exprime de temps à autre, et, aussi difficiles ces querelles soient-elles à supporter pour les parents, ils les comprenaient et, le plus souvent, laissaient leurs deux garçons régler le problème entre eux. Mais là, ils s’étaient tous les deux spontanément dressés contre le plus âgé, sans se poser aucune question, sans lui laisser une chance…

Donnie… Bon sang ! Quand avaient-ils oublié qu’il n’avait pas encore treize ans et que, malgré ses airs bravaches, c’était encore un petit garçon qui avait besoin de la protection et de la compréhension de ses parents ?

- Je suis désolé fiston, ça ne se reproduira pas…

Il se répétait cette phrase comme un mantra tandis qu’il remontait l’allée vers l’entrée et ouvrait la porte.

- Donnie ? Donnie c’est papa… Tu veux bien descendre s’il te plaît ?

Rien de répondit à son appel. Bien sûr, qu’est-ce qu’il croyait ? Après la manière dont il l’avait traité, il était évident que le gosse n’allait pas descendre juste parce qu’il l’appelait. Il devait lui en vouloir, pire peut-être, il avait peur ! Son cœur se serra à l’idée que son fils puisse avoir peur de lui ! Non, ça ne pouvait pas, ça ne devait pas être ! Du jour où Margaret lui avait annoncé qu’elle attendait un bébé, il s’était réjoui de ce qu’il pourrait lui apprendre, de ce qu’ils partageraient ensemble. Il avait rêvé d’un garçon qu’il pourrait emmener au base-ball, au hockey, au basket… avec lequel, le temps venu, il aurait des conversations d’homme à homme… La providence avait exaucé la plupart de ses souhaits et il gâchait tout par colère, par peur ! Non… Rien n’était gâché. Donnie était un gamin gentil, compréhensif, aimant… il allait forcément comprendre son point de vue, la peur qu’il avait ressentie à la vue de Charlie prostré dans l’escalier, la colère lorsqu’il l’avait entendu accuser son frère ; il allait forcément pardonner les mots et ce geste, ce geste qui pesait si lourd sur sa conscience. Mais c’était à lui d’aller vers son garçon, pas l’inverse.

Il monta rapidement l’escalier et ouvrit la porte de la chambre :

- Donnie ?

Alan marqua un temps d’arrêt devant la pièce vide. Son cœur se serra en remarquant le petit tas au sol : les affaires de base-ball de son aîné. Et si elles étaient là… Où était le sac ? Soudain empli d’une appréhension grandissante, le père entra dans la chambre et regarda autour de lui : vit les placards ouverts, la tirelire fracassée sur le bureau…

- Oh mon Dieu… Donnie !

Ca ne pouvait pas être vrai, c’était forcément un mauvais rêve… Son garçon n’avait pas pu décider de quitter leur maison, de partir à l’aventure seul ! « J’ai honte de toi ! » La phrase jetée au paroxysme de la colère vint tinter dans sa tête. Bien sûr que si il avait pu ! Qu’est-ce qu’il croyait le super papa ? Qu’un gamin de treize ans pouvait accepter impunément d’être laissé pour compte, systématiquement écarté au profit de son cadet, injustement accusé, frappé, puni… et attendre gentiment que ses parents reviennent pour s’excuser de s’être laissés « un peu » emporter ? Et ce d’autant qu’il ne pouvait pas deviner que son frère allait dire la vérité et qu’il serait innocenté de ce qu’on lui reprochait !

- Mais qu’est-ce que j’ai fait ?

Le cœur au bord des lèvres, Alan dégringola plutôt qu’il ne descendit l’escalier et se précipita vers le téléphone. Il devait appeler la police, donner le signalement de son garçon ! Forcément il ne pouvait pas être très loin… Cela faisait, voyons… Seigneur ! Déjà quatre heures qu’ils avaient quitté la maison. Alors, s’il était parti juste après eux…

Non… Ne pas penser au pire… Juste se dire qu’il était temps, qu’il était toujours temps… Tant qu’il y a de la vie…

Son doigt se posait sur la touche 9 quand son regard se perdit par la fenêtre vers le bassin de koï. C’est là qu’il vit la silhouette étendue dans l’herbe. Un profond soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres tandis qu’il reposait le téléphone. Dieu merci ! Son petit garçon était toujours là, réfugié dans ce qui était leur coin favori à son frère et lui, perdu dans la contemplation des poissons… Il avait toujours adoré les regarder s’ébattre, sans se poser les mille questions que se posait Charlie à chaque fois. Pourtant il se souvenait de l’époque où il s’intéressait tellement aux petites créatures qu’il l’avait retrouvé immergé jusqu’à la taille dans le bassin d’un de leurs amis, riant comme un bienheureux en essayant d’attraper les poissons rouges affolés… Il se souvenait encore de sa frayeur alors… Il n’avait pas fallu plus de dix minutes d’inattention pour que le gamin d’à peine deux ans décide d’approfondir sa connaissance sur les êtres qui peuplait le trou d’eau… C’était tout Donnie ça : l’esprit toujours en éveil, curieux de comprendre, sans pourtant chercher à analyser… Il leur avait bien souvent fait peur à vouloir voir de plus près les oiseaux, les voitures, les gouttières d’où jaillissait l’eau et tout ce qui était hors de sa portée et l’amenait à grimper, escalader, sauter, plonger… Bien sûr ces premières expériences avaient laissé place à une manière plus intellectuelle d’appréhender le monde, mais il n’avait jamais renoncé à son engouement pour le petit coin de jardin où s’ébattaient les koïs qu’il avait choisi dès leur emménagement dans cette maison, et, très logiquement, Charlie avait à son tour opté pour cet endroit lorsqu’il voulait s’isoler, même si les questions qu’il se posait étaient à des lieux de celles que s’était, en son temps, posées Don.

Il s’approcha du gamin qui gisait à plat ventre, le visage tourné vers le bassin, la main droite nonchalamment plongée dans l’eau. Visiblement Don ne l’avait pas entendu venir :

- Donnie… Donnie chéri, il faut que je te parle mon ange…

Mon ange… Depuis combien de temps ne l’avait-il plus appelé ainsi ? Sans doute depuis ce jour où le gosse de onze ans l’avait fusillé du regard pour avoir utilisé ce surnom « de bébé » devant ses copains de l’équipe de base-ball. Il avait parfaitement compris le message et s’était depuis abstenu de l’appeler ainsi, même si Margaret se le permettait encore dans l’intimité de leur cellule familiale.

Le gamin ne broncha pas à l’interpellation. Bon… il n’avait visiblement aucunement l’intention de lui faciliter la tâche, c’était de bonne guerre…

- Donnie… Je suis désolé… Charlie nous a avoué qu’il avait menti. J’aurais dû te croire… Chéri… Il faut qu’on parle…

Toujours cette immobilité. Le jeune garçon n’avait pas frémit d’un pouce. Son corps restait totalement détendu comme si… Un mauvais pressentiment commençait à se glisser dans le cœur d’Alan qui reprit d’une voix plus sévère :

- Don… Donald Alan Eppes ! Je veux te parler !

Certes ce n’était pas la meilleure manière de faire comprendre à son garçon qu’il ne lui en voulait plus, mais la peur qui s’emparait de lui l’incitait à prendre cette voix à laquelle jamais son fils n’avait résisté : il savait que lorsqu’il lui donnait son nom de baptême complet il valait mieux obtempérer sur le champ.

Rien… pas la moindre contraction du corps… Ou Don était le meilleur comédien que la Terre ait jamais porté ou…

- Donnie !

Il se précipita en avant, les jambes rendues molles par la panique qui l’envahissait. Il se laissa tomber à genoux près de son fils et le secoua :

- Donnie ! Donnie, réponds-moi ! Qu’est-ce que tu as ? Chéri !!! Oh Seigneur !!!

Et dire qu’il avait juste pensé qu’il faisait un mauvais rêve, qu’il ne devait surtout pas imaginer le pire !!! Serrant le corps inerte dans ses bras, titubant sous l’effet conjugué du poids et de l’effroi qui glaçait son corps, il retourna à la maison, étendit son fils sur le canapé, cherchant un pouls. Il poussa un soupir de soulagement en trouvant une pulsation, mais elle semblait si faible et le visage de Don était si pâle ! Sa poitrine se soulevait mais il lui sembla qu’il avait du mal à respirer… Que s’était-il passé ? Que lui arrivait-il ? Est-ce qu’il était tombé lui aussi dans l’escalier ? Il ne s’en était même pas inquiété ! Puis soudain une autre idée horrible lui traversa l’esprit : et si c’était le coup qu’il lui avait donné ? Si la gifle avait provoqué une hémorragie interne ? Comment pourrait-il jamais se pardonner ? Et Margaret… Comment lui expliquer ? Et Charlie… Et… Non… Il n’avait pas frappé si fort… Ce n’était pas possible…

- Donnie…

Il ne savait plus ce qu’il devait faire, vers qui se tourner… Et puis soudain un peu de sang-froid lui revint : les secours ! Bon sang ! Combien de temps avait-il perdu à se lamenter au lieu d’appeler les secours ?

Fébrilement il composa le 911 et, d’une voix hachée, guidé par l’opératrice qui réussit à lui rendre son calme, il parvint à expliquer la situation… Très vite les ambulanciers furent là, agenouillés près de Don qui ne bougeait toujours pas. Leurs visages figés lui apprirent mieux que des mots que la situation était peut-être encore plus grave qu’il ne l’avait crue.

- Est-ce qu’il a pu prendre quelque chose ?

La question de l’un des hommes qui s’afférait auprès de son garçon l’arracha à son hébétude.

- Pardon ?

- Est-ce qu’il a pu prendre quelque chose ?

- Comment ça ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Le regard de l’homme lui en racontait bien plus que les mots et l’horreur qu’il pensait avoir atteinte déjà, culmina en réalisant qu’il n’était pas impossible que Don, Donnie… son fils… son bébé… son amour… Non ! Non ! Ca ne pouvait pas être la réalité !

- Non… Je… Je…

- Monsieur ! Si on veut pouvoir aider votre fils…

- Donnie… Son nom est Donnie…

- Si on veut pouvoir aider Donnie, il faut que vous repreniez votre sang froid ! Comment est-ce arrivé ? Est-ce qu’il est tombé ? Est-ce qu’il a pu avaler quelque chose ?

- Je ne sais pas… J’étais… Avec sa mère nous étions à l’hôpital auprès de notre plus jeune fils qui s’est cassé le bras en début d’après-midi.

- Vous l’avez laissé seul ici ? Il allait bien ?

- Je… Nous nous sommes disputés… Je croyais… Charlie nous avait dit…

Les pièces du puzzle monstrueux prenaient soudain place dans la tête du père effondré. « J’ai honte de toi ! » Comment n’avait-il pas pensé que son enfant réagirait à ces mots ? Comment avait-il pu les prononcer ?

- Détresse respiratoire ! Il faut l’intuber !

L’intervention du second secouriste coupa court à l’explication embarrassée d’Alan. Tout en se tournant vers lui, le premier jeta à l’homme hagard :

- Il faut absolument qu’on sache ce qu’il a pris monsieur ! Sinon nous risquons d’aggraver son état !

Les mots le fouettèrent mieux que des coups. Il n’était plus temps de se défendre, plus temps de se lamenter ! Son garçon avait besoin de lui comme jamais ! Il l’avait poussé à commettre un geste peut-être irréparable ! Parce que visiblement, pour les infirmiers, le doute n’était plus permis comme il le constata en entendant le rapport que faisait son interlocuteur dans son talkie-walkie en demandant les conseils d’un médecin pour stabiliser son patient.

- Je vais trouver ! dit-il en s’élançant vers la salle de bain.

Si Don avait avalé quelque chose, ça ne pouvait être que là ! L’armoire aux médicaments était fermée soigneusement et la clé pendue à l’endroit habituel, hors de portée de leur plus jeune. Par acquit de conscience il l’ouvrit quand même mais visiblement rien n’avait bougé. Pourtant, au moment où il allait refermer, son regard accrocha la petite place vide où Margaret mettait ses somnifères. L’étau qui comprimait sa poitrine se resserra d’un cran. Non… Son épouse avait juste oublié de ranger les comprimés…

Il se rua dans leur chambre : le sac de Don gisait sur le tapis, une enveloppe était posée en évidence sur l’oreiller de Margaret, le globe de la lampe de chevet était brisée sur le sol et quelques marques rouges prouvaient que quelqu’un s‘était coupé sur les tessons de verre. Tout apparut net, comme s’il voyait la scène se dérouler sous ses yeux : son fils déterminé à partir qui venait poser un mot d’adieu sur leur lit, son sac qui heurtait la lampe, ses doigts qui se coupaient sur les débris avant de trouver le flacon abandonné sur la table de chevet. Un petit flacon, aller direct pour une destination inconnue pour l’enfant qui voulait quitter sa famille. Mais où étaient ces maudites pilules ? Il devait les retrouver, savoir combien son fils en avait pris… Réfléchir, penser… se mettre à sa place…

Bien sûr ! Il ne les avait pas avalées comme ça… Il dévala l’escalier, croisant le regard mi-inquiet, mi-impatienté des secouristes :

- Je pense que je sais ! leur lança-t-il avant de disparaître dans la cuisine.

Des traces de sang sur le plan de travail, une bouteille de coca abandonnée… C’était là ! C’était forcément là… Mais où avait-il posé le flacon ? La petite tache rouge sur le haut de la porte du frigo attira son attention : enfin !

Il saisit le médicament et le rapporta aux hommes qui sanglaient Don sur une civière. Il ne manqua pas la grimace de l’infirmier à la lecture de l’étiquette :

- Vous savez combien il en a pris ?

- Non… Ce sont les somnifères de ma femme… Elle devrait pouvoir nous le dire…

- Où est-elle ?

- A l’hôpital, auprès de Charlie, notre fils cadet…

- Quel hôpital ?

- L’UCLA…

- Parfait, c’est là-bas que nous allons. Aussitôt que nous y serons vous montez voir votre épouse et vous lui demandez si elle sait combien il restait de pilules… Vous montez avec nous ?

- Bien sûr !

Bien sûr qu’il allait monter, rien n’aurait pu l’en empêcher ! Et tout le long du trajet, tenant la petite main inerte, le cœur crucifié de voir son fils branché à tous ces appareils, Alan se fit la promesse que si le destin lui rendait son garçon, il deviendrait pour lui le meilleur des pères.
Fin du flashback

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 19:41

Pauvre Donald, heureusement que son père est arrivé à temps, mais te connaissant, il était improbable que le Donnie nous quitte si tôt Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100, bon lavage d'estomac et câlin de ses parents pour l'ainé et une punition pour le cadet Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2152170178


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 19:45

ouf, tout est bien qui fini bien, enfin presque. mais c'est vraie comment on aurait pu croire que Don réagirait comme sa ?

a quand la suite. est ce qu'il vont sortir du ravin ? parce que le passé c'est bien mais le présent est tout aussi important car plus Charlie ressasse le passé plus il perd du temps pour son frère.

reflechir reflechir clin d\'oeil
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMar 21 Fév 2012 - 21:54

Bon, vont lui vider l'estomac est tout rentrera dans l'ordre.. Pour un temps..;Vivement la suite.


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMer 22 Fév 2012 - 19:59

Alan se sent mal, Alan ne sait pas comment affronter son fils, mais le découvrir là, inanimé, presque mourant est une épreuve à laquelle il ne s'attendait pas... Il fait le parcours de son fils dans cette maison, il suit pas à pas sa détresse, sa douleur jusqu'à l'inimaginable...

Pour l'instant seul compte la vie de son fils mais j'imagine très bien toutes les pensées qui doivent l'assaillir de toutes parts. Comment vont réagir les parents de Don face au geste insensé de leur fils ? Et Charlie ?

J'ai adoré... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMer 22 Fév 2012 - 21:48

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2293482636 Il est difficile d'imaginer ce que Alan a pu ressentir en réalisant qu'il a failli perdre son fils ainé.
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeMer 22 Fév 2012 - 22:41

Merci à vous toutes... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2371081705
Je vois que j'ai des spécialistes... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1990061059 Même pas pensé au lavage d'estomac moi... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100
Evidemment Don ne pouvait pas mourir à 13 ans... il n'y aurait pas eu de série, donc pas de Donnie, donc cet épisode n'existerait pas... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3350550132
Ma pauvre Chinou, tu n'as pas fini d'avoir des retours en arrière, c'est là-dessus que l'épisode est contruit... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1283079067 Mais il y aura tout de même des passages par le présent! Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1916874526


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 8:16

chouiner et moi qui pensais qu'il y aurait une suite pleurer à chaude lar


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 20:13

Ben oui, il y en a une, il faut juste me laisser le temps de la poster... clin d\'oeil


Chapitre 12 : La conférence
Avril 2006 – 18 h 25 : Big Bear Montain

Charlie frémit en se souvenant des jours d’angoisse qui avaient suivi tandis que Don se débattait contre la mort. Bien évidemment, dans un premier temps, ses parents avaient refusé de lui dire la vérité. Mais il avait vite compris, au visage bouleversé de sa mère, à la nervosité de son père… Ils avaient fini par lui dire que quelque chose était arrivé à Donnie et qu’il était dans un état grave. Il n’avait pas pu le voir parce qu’il était trop jeune. De toute façon jamais Alan et Margaret ne lui auraient laissé voir son frère branché à toutes ces machines. Et puis, après l’angoisse, lorsque Don était revenu enfin, il y avait eu les tracas administratifs : un médecin avait signalé l’hématome sur le bras, la rougeur sur la joue… Il y avait eu une enquête : police, services sociaux. Pour que les enfants ne soient pas placés, Alan avait dû accepter de s’éloigner de leur domicile le temps que les psychologues et les assistants sociaux rendent leur verdict. Finalement, après trois semaines d’horreur, les choses s’étaient apaisées. On avait fini par écouter les frères qui clamaient qu’ils n’étaient pas maltraités, admettre que les fractures, entorses et autres contusions qui avaient amené Don aux urgences dans les années précédentes étaient provoqués par des accidents, le plus souvent durant les activités sportives, que sa tentative de suicide n’était pas due à une volonté d’échapper à de mauvais traitements.

Mais Charlie n’avait jamais oublié les conséquences terribles de son petit mensonge, même s’il n’avait compris que beaucoup plus tard les causes de la « maladie » de son frère. Plus jamais il n’avait menti sur quoi que ce soit en ce qui concernait leur relation. Mais quelque chose déjà s’était déchiré à l’époque, quelque chose qu’il n’avait jamais pu réparer et que son attitude, deux mois plus tard, lors de l’anniversaire de Don avait définitivement brisé.

Et de nouveau par son égoïsme, ses caprices, il venait de mettre la vie de son frère en danger ! Mais quel démon l’habitait qui le poussait à faire ainsi du mal à celui qui l’aimait tant ?

- Charlie…

La voix faible de son frère le ramena, une fois de plus, au présent.

- Charlie, tu dois y aller. Je vais tenir le coup, je te le promets.

Retenant ses larmes, le mathématicien serra la main valide de son frère, comprenant qu’il n’était plus temps d’atermoyer.

- D’accord… Je reviens vite.

- C’est ça…

Mais, parmi tous les arguments qu’il avait alignés pour rester auprès de son aîné, Charlie avait tout simplement oublié celui qui serait imparable : la trahison de son propre corps.

Alors qu’il se relevait pour aller chercher du secours, il poussa un grand cri et s’abattit auprès de son aîné.

- Charlie ! Charlie ! Qu’est-ce que tu as ? Tu es blessé ? Charlie !!!

La voix affolée de Don l’arracha à la demi-inconscience ou l’avait plongé la douleur. Il sentit que son frère s’agitait, au risque d’aggraver ses blessures et il se glissa près de lui pour le rassurer :

- Non… Je vais bien… T’inquiète.

- Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce que tu as ?

- C’est ma cheville…

- Ta cheville ?

- Quand je suis descendu pour… pour…

Il ne pouvait pas, même sachant ce qu’il savait maintenant, se replonger dans le cauchemar qu’il avait vécu lorsqu’il avait dégringolé la pente, terrifié, certain que son frère était mort. Ce dernier comprit ce qu’il ne disait pas et lui serra la main pour le rassurer :

- Ca va mon pote… Je suis là…

- Oui… Oui…, tu es là…

Cette fois-ci les larmes lui débordèrent des yeux et il les essuya d’un geste rageur : comme si c’était le moment de pleurnicher !

- Hé… Tu pleures ? s’inquiéta l’aîné.

-Non ! C’est cette foutue pluie qui me dégringole dans les yeux, se défendit-il dans une tentative fort peu convaincante.

- Si tu le dis…, répliqua son frère qui n’était certes pas dupe mais savait combien Charlie détestait être surpris en flagrant délit de faiblesse.

Puis l’agent revint à sa préoccupation première :

- Que s’est-il passé ? Où as-tu mal frangin ?

- C’est ma cheville : une entorse, une fracture, je ne sais pas mais… je serai incapable de remonter, c’est sûr.

Don poussa un soupir de résignation sous lequel Charlie décela aussi une forme de soulagement, comme si, finalement, son aîné n’était pas si mécontent qu’il doive rester près de lui : appréhension de rester seul démuni comme il l’était ou instinct de mère poule envers son cadet qui le rendait inquiet de le savoir isolé dans une nature hostile ? Le mathématicien savait qu’il n’aurait jamais la réponse et devrait se contenter de probabilités, la seconde ayant les plus fortes chances d’être la bonne, mais selon toute vraisemblance un peu des deux dans une proportion qu’il pourrait peut-être…

- Hé… Reste avec moi mon pote !

La voix de Don le coupa sur la route de calculs inutiles et il se focalisa de nouveau sur leur situation :

- Qu’est-ce qu’on va faire ?

Pitoyable ! Il était pitoyable ! Son frère était gravement blessé, incapable de bouger, et c’était lui qui devait trouver des solutions ! Ah il était beau le génie !

- Et bien, je présume que lorsqu’il ne nous verra pas renter papa va déclencher une alerte internationale…

L’humour dans le ton du plus vieux lui échappa quand il songea à l’inquiétude qu’allait éprouver Alan. Et ce ne serait rien à côté de la colère qui serait la sienne lorsqu’il apprendrait l’enchaînement des événements ! Mais tant qu’il était seulement en colère et pas en deuil, songea le professeur, ce ne serait que demi-mal.

- C’est vrai… Il va donner l’alerte.

- Et le shérif sait par quelle route nous comptions redescendre, donc ils lanceront des recherches très vite.

- A condition que le temps le permette.

Il se détestait d’être aussi défaitiste, mais il ne pouvait pas s’en empêcher.

- D’après ce que j’ai vu de ce type, ce n’est pas quelques gouttes de pluie et deux ou trois éclairs qui devraient l’arrêter, tenta de le rassurer Don.

- Sans doute… Donnie…

Au son de sa voix, l’agent sut ce que son frère voulait dire et il lui coupa aussitôt la parole :

- Non Charlie ! Pas de ça ! Tu n’es pas responsable de ce qui vient d’arriver !

- Pourtant… C’est moi qui aie insisté pour qu’on prenne la route malgré la météo.

- Et j’ai accepté ! Tu me connais assez pour savoir que si j’avais vraiment pensé qu’on courait le moindre risque j’aurais refusé. Tu peux me dire la dernière fois où tu as réussi à me faire changer d’avis quand je voulais vraiment quelque chose ?

- Et bien…

Le mathématicien avait bien des exemples à lui donner, mais effectivement, ils étaient tous concentrés dans leur enfance. Lorsque l’adolescence les avait séparés, il n’avait plus eu ce pouvoir de réussir à obtenir ce qu’il voulait de son aîné, enfin, la plupart du temps.

- Tu te souviens de la conférence ?

- La conférence ?

- Oui, tu sais bien… J’avais douze ans. Les parents devaient m’emmener et…

Don sourit : oh oui il s’en souvenait. L’espace d’un instant, les deux frères oublièrent leur position précaire pour se replonger dans ce souvenir commun.

Flashback

Septembre 1987 : Pasadena


- Charlie, Charlie, qu’est-ce que tu fiches bon sang ? On va être en retard ! Charlie !!

Excédé, Don monta quatre à quatre les escaliers et fit irruption dans la chambre de son jeune frère. En le voyant entrer comme une furie, Charlie sursauta violemment :

- Alors ! Magne-toi un peu mon vieux ! Tracy m’attend ! Déjà que je dois me taper la corvée de te déposer, alors au moins tu pourrais t’arranger pour être à l’heure !

Subitement, il prit conscience de ses paroles en voyant le front de son frère se rembrunir et des larmes lui monter aux yeux.

- Oh Charlie ! Excuse-moi, je ne voulais pas dire ça.

- Bien sûr que tu voulais dire ça. Mais tu sais, tu n’es pas obligé de m’emmener. Je peux très bien rester là.

- Alors ça, pas question ! Les parents m’étriperaient figure-toi !

Et intérieurement, pour la énième fois de la journée, Don se mit à pester contre ses parents. Ils étaient partis le matin même pour rendre visite à une de leur relation et devaient rentrer à temps pour emmener Charlie à un séminaire durant lequel il devait faire une conférence devant une assemblée d’étudiants de troisième année à Calsci, l’université de Los Angeles. Et puis ils avaient téléphoné, deux heures plus tôt, pour dire à Don qu’il y avait eu un accident sur la voie rapide et qu’en conséquence ils ne seraient pas là avant trois bonnes heures. A lui de se charger de son petit frère. Et quand il avait tenté de protester, disant qu’il avait rendez-vous avec Tracy et autre chose à faire que de s’occuper du petit génie, son père avait pris un tel ton qu’il avait compris que toute discussion était inutile. Et voilà, il se retrouvait avec le fardeau sur les bras ! Une fois encore ! Mais Charlie n’y était pour rien lui, il n’avait pas à s’en prendre à lui.

- Allez, dépêche-toi, dit-il radouci. On t’attend au séminaire et moi, si je suis en retard, je prends un carton rouge avec Tracy alors…

A ce moment-là, il aperçut l’accoutrement de son frère et ses yeux s’arrondirent.

- Attends, tu ne comptes tout de même pas y aller comme ça ?

- Comment ça, comme ça ? s’étonna le gamin.

- Enfin ! Regarde ta cravate ! Elle est dans un état !

En effet, sa cravate ressemblait plus à un vieux chiffon sale qu’à l’accessoire d’élégance qu’elle était censée être.

- Mais qu’est-ce que tu as fait avec cette cravate ? Tu l’as traînée dans la boue ou quoi ?

- Non, j’ai oublié de demander à maman de la laver après ma dernière conférence.

- Et bien mets-en une autre ! Tu ne peux pas sortir avec ce… truc autour du cou.

- Mais c’est ma cravate porte-bonheur !

- Et bien prends en une autre tout de même. Tu n’imagines pas que je vais te laisser t’exhiber en public avec ça !

Charlie était indécis. Bien sûr il s’était rendu compte que sa cravate n’était pas très présentable, mais de là à dire… Et puis un coup d’œil à son frère, suprêmement élégant avec son complet gris, sa chemise blanche immaculée et sa cravate bleue finement rayée de bordeaux, lui fit prendre conscience du négligé de sa tenue par rapport à celle de son frère aîné.

Seulement, c’était sa cravate porte-bonheur. Quoi mettre d’autre ?

- Bon, on ne va pas y passer la nuit. Tiens, mets donc celle-ci !

Don, fouillant dans les tiroirs de son frère, venait de lui jeter une cravate verte qui s’harmonisait tout à fait avec ses vêtements. Charlie obtempéra, comprenant que la patience de Don commençait à s’épuiser. A dix-sept ans, celui-ci avait horreur qu’on lui colle la garde de son jeune frère sur les bras, et encore plus si, comme c’était le cas ce soir-là, il avait un rendez-vous galant. Depuis le temps qu’il parlait de sortir avec Tracy Larson !

- Allez, dépêche-toi. Bon sang, que tu peux être empoté !

Ignorant le visage contrit de son petit frère, Don le poussa rudement devant lui. Le gamin descendit rapidement les marches et se rua dans la cuisine.

- Charlie ! C’est pas vrai ! Il faut qu’on y aille maintenant !

- Oui, juste le temps de prendre un jus de fruits !

Don poussa un soupir d’exaspération : décidément, son frère était irrécupérable. Au moment où il pénétrait à son tour dans la cuisine, il entendit Charlie pousser une exclamation de désespoir.

- Quoi ? Qu’est-ce qui se passe encore ?

Il s’aperçut alors que Charlie regardait sa cravate d’un air piteux : celle-ci dégoulinait de jus de fruits rouge, bien épais et bien salissant ! Don eut un geste de résignation : d’accord ! Heureusement qu’il avait prévu de partir en avance !

- Ce que tu peux être maladroit ! Bon, et bien file te changer idiot !

Comme son frère restait planté au milieu de la cuisine, il se précipita vers lui, l’attrapa par le poignet et le tira vers les escaliers. En moins de cinq minutes, le gamin se retrouva nanti d’une nouvelle chemise et d’une cravate propre que son frère noua rapidement avant de l’entraîner à nouveau en bas.

- Allez, on fonce.

- Attends !

- Quoi encore ?

- Mes papiers ! Mes notes pour la conférence !

- Tu es incroyable ! Ce n’est pas encore prêt ?

- Si, sur la table du salon ! Je vais les prendre. Deux minutes ! Tiens : une et…

- NOON !!! hurla Don.

En prenant un peu trop vivement son stylo plume qu’il avait laissé ouvert, Charlie venait, une nouvelle fois de tacher sa cravate, au désespoir de son aîné qui commençait à se demander s’il n’y avait pas une malédiction sur lui ce soir-là.

- Mais tu veux me rendre dingue ou quoi ? File te changer, et dépêche-toi un peu !

Le gamin restait là, bras ballants, à regarder les éclaboussures noires qui déparaient le rouge vif de la jolie cravate que son frère lui avait donnée.

- Mais…

- Mais quoi ?

- Je n’ai plus de cravate maintenant ! C’était la dernière qui était propre !

- Tu veux dire que tu n’as que trois cravates ?

- Non, j’en ai cinq, mais il y en avait déjà deux de sales.

- Tu veux dire qu’il y en a cinq sales oui ! Il faudrait que tu arrêtes de confondre cravate et bavoir frangin !

Avec un soupir d’exaspération, Don se rua dans la chambre de leurs parents et en rapporta trois cravates appartenant à Alan. Puis il saisit son frère par le coude et le propulsa dans la voiture.

- C’est bon : avec ça on devrait être parés ! En route !

Sur le chemin, du coin de l’œil, il regardait son jeune frère se débattre avec son nœud de cravate. Très vite, la première ressembla à une vieille serpillière et Don se dépêcha de s’arrêter sur le bas côté avant que son frère ne gâche aussi les deux autres qu’il avait prises.

- Arrête un peu ça ! Bon sang ! Pourquoi est-ce que tu n’es pas capable de faire tes nœuds de cravate ? Bien la peine d’être un génie tiens !

Et puis il s’aperçut que les yeux de son petit frère s’emplissaient de larmes et il dit plus doucement :

- Je plaisantais Charlie. Allez, tiens, tu es beau comme un dieu avec cette cravate. Tu vas tous les scotcher !

Ils repartirent et, sans plus s’occuper de son cadet, Don se concentra sur sa conduite.

Arrivés au centre de conférence, il se gara soigneusement et les deux garçons descendirent de voiture.

- Bon, je t’accompagne jusqu’à la salle de conférence, je te confie au responsable et je file !

- Don…

- Quoi ?

- Tu ne veux pas rester avec moi ?

C’est seulement à ce moment-là que Don s’aperçut combien son petit frère était pâle et tendu.

- Qu’est-ce qui t’arrive frangin ?

Les yeux de Charlie se remplirent de larmes.

- Je ne veux pas y aller tout seul !

- Quoi ? Ah non ! Ne me fais pas ce coup là hein ? Les parents m’ont demandé de te déposer. Ils vont arriver, ils te ramèneront. Alors tu ne joues pas les bébés, c’est clair ?

Il vit le teint de son frère passer au vert et il comprit soudain ce qui allait se produire.

- Non Charlie ! Noonn !

Trop tard ! Sous l’effet de l’angoisse, l’enfant venait de vomir le jus de fruits qu’il avait avalé avant le départ.

- Mais c’est pas vrai !

Charlie se redressait, piteux, s’essuyant la bouche avec… sa cravate !

Les yeux exorbités, Don le regardait faire en ne voulant pas croire ce qu’il voyait.

- Charlie !

Mais Charlie n’avait que faire de la belle cravate de son père qu’il venait de gâcher irrémédiablement. Tout ce qu’il savait, c’est que son frère avait l’intention de le laisser seul en face de plusieurs centaines de jeunes gens, qui se feraient un plaisir de se moquer de lui s’il commettait la plus petite des erreurs. Cette conférence, il n’y tenait déjà pas avant, alors là…

- Je ne veux pas y aller Don ! C’est trop dur !

- Charlie ! Ecoute, tu n’as pas à avoir peur. Tu vas faire sensation, comme toujours !

- Mais je serai tout seul ! Je ne veux pas y aller tout seul !

Et soudain Don oublia Donald Eppes, l’adolescent qui rêvait d’un rendez-vous avec Tracy Larson et qui était prêt à tout pour l’obtenir pour redevenir Donnie Eppes, le grand frère de Charlie, Charlie qui avait besoin de lui en cet instant. Devant lui il y avait son petit frère, les larmes aux yeux : une cravate souillée pendouillait lamentablement autour de son cou et son menton tremblait tandis que deux grosses larmes roulaient sur ses joues.

- Bon d’accord. Ecoute, d’abord on va aller aux toilettes pour te nettoyer un peu…

- Ensuite ?

- Quoi ensuite ?

- Tu as dit : d’abord, donc, il y a nécessairement un ensuite…

- Dis donc, pour quelqu’un qui dit avoir peur, il me semble que tu raisonnes plutôt bien toi. Allez amène-toi petit génie !

Ils pénétrèrent dans le grand hall du centre de conférences et Don repéra très vite le panonceau indiquant les toilettes. Il y entraîna son frère, l’aida à se rincer la bouche puis à se débarbouiller et lui enleva la cravate devenue inutilisable. Il grimaça : c’était l’une des cravates préférées de son père. Il allait encore en prendre pour son grade !

Il fouilla dans sa poche à la recherche de la dernière des cravates qu’il avait saisies dans la penderie paternelle.

- Allez, viens-là massacreur de cravates ! Heureusement que j’avais prévu large !

Pas assez large apparemment pensa-t-il la seconde suivante en voyant l’effet qu’avait l’accessoire sur la chemise de son frère : cela jurait effroyablement. Et même Charlie, qui pourtant n’avait rien d’un génie en matière d’habillement et d’harmonisation des couleurs, eut une grimace en se regardant dans la glace. A nouveau ses yeux s’embuèrent.

- Je ne peux pas y aller comme ça

- Et bien ne mets pas de cravate !

- Pas de cravate ?

- Figure-toi que je n’en ai plus ! C’est la sixième en moins de deux heures ! Tu veux établir un record ou quoi ?

- Mais je ne peux pas y aller sans cravate ! Ca ne fait pas sérieux ! Maman dit toujours qu’il faut une cravate !

- Arrête ton char ! De toute façon, dès que tu auras ouvert la bouche, ils oublieront complètement comment tu es fringué mon petit père ! Ils ne sont pas venus entendre une conférence sur l’élégance masculine !

Charlie ne protesta plus, mais il baissa la tête et Don put voir à nouveau que ses lèvres tremblaient. C’était plus qu’il ne pouvait en supporter.

- D’accord, tu as gagné ! souffla-t-il.

Et il entreprit d’enlever sa propre cravate : cette cravate à laquelle il tenait tout particulièrement parce que c’était le dernier cadeau que lui avait fait leur grand-mère qui était morte six mois plus tôt.
Charlie le regardait faire, les yeux encore humides, pleins d’appréhension, mais aussi d’incompréhension.

- Bon, alors voilà : avec cette cravate-là, tu ne peux plus avoir peur, c’est clair ? Habillé comme ça, tu vas tous les laisser sur place !

- Tu me prêtes ta cravate, vraiment ? Tu me la prêtes ?

- On dirait bien oui. Je sens que je vais le regretter mais bon… Moi, de toute façon, on ne me regardera pas alors…

- Tu restes avec moi ?

Adieu Tracy Larson ! Mais la joie qu’il lisait dans les yeux de son petit frère le payait largement du petit pincement au cœur qu’il ressentait en cet instant. Il ébouriffa les cheveux bouclés du petit génie :

- Oui, je reste avec toi moustique ! Content ?

- Oh Donnie !

Et avant qu’il n’ait pu s’en défendre, Charlie se jeta dans ses bras. Contrairement à son habitude, Don ne se débattit pas contre l’étreinte, il serra gentiment son cadet contre lui et à cet instant, il se sentit bien mieux que s’il avait eu rendez-vous avec toutes les Tracy Larson du monde.

- Et tu me prêtes vraiment ta cravate ?

Le gamin n’en revenait pas.

- Non ! Finalement, je ne te la prête pas !

Puis, voyant à nouveau le visage de son frère se crisper, il éclata de rire :

- Je rigole petit génie ! Je ne te la prête pas je te la donne !

- Tu me la donnes ! Pour de vrai ?

- Pour de vrai !

- Alors, ce sera ma nouvelle cravate porte-bonheur !

- Oui, et bien avec la série qu’il te faut pour en avoir une propre au bout du compte, tu feras bien d’en avoir plus d’une de cravate porte-bonheur, crois-moi !

- Bon, on y va maintenant ?

- On y va, et tu vas tous les épater !

Main dans la main les deux frères se présentèrent au directeur du séminaire qui entraîna bien vite Charlie vers la tribune tandis que Don s’asseyait au fond du grand amphithéâtre.

Charlie monta bientôt au pupitre : il était radieux, sûr de lui et, avec un sourire, Don vit qu’il gardait la main plaquée contre sa belle cravate !

A quoi ça tenait le bonheur…

Fin du flashback

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 21:10

que de tendresse et d'amour. pleurer à chaude lar pleurer à chaude lar je n'en reviens pas.

j'adore ce chapitre. bravo bravo

mais j'ai quand même une question : ils vont être sauvé ou pas. j'ai quand même ma petite idée mais une certitude c'est mieux. il y a encore beaucoup de chapitre ? interogation interogation
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 22:31

Merci Chinou...
Oui, il y a encore un certain nombre de chapitres... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1990061059


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 22:41

Charlie est toujours égal à lui-même, plus maladroit que lui cela ne peutt pas exister (euh si moi sadique sadique )

Nos deux frères Eppes se rappellent leur souvenir


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 22:46

Toi aussi tu collectionnes les cravates sales? Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 22:54

Non, moi c'est les gamelles en tout genre rire démoniaque rire démoniaque


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeJeu 23 Fév 2012 - 23:21

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 que c'est mignon, Don qui cède encore une fois à son cadet le massacreur de cravate Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100, Bon ce n'est pas tout, comment vont-ils faire pour sortir de là si Charlie ne peut pas aller chercher les secours Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3421360609


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeVen 24 Fév 2012 - 15:30

Merci Aragone Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3322882179 Comment vont-ils sortir de là: bonne question... Faut que j'y réfléchisses avant que Louzanes ne passe par là et n'en profite pour me les kidnapper et leur faire subir les derniers outrages... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3350550132
Louzanes a écrit:
Non, moi c'est les gamelles en tout genre
Tu veux que je t'apporte mon déambulateur pour te stabiliser? Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1990061059


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeVen 24 Fév 2012 - 15:35

Euh se serait pire

Je t'ai déjà dit, je n'en prends pas à ceux qui sont à terre Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3690441360 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 3690441360


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeVen 24 Fév 2012 - 16:24

Mais bien sûr... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 1990061059


Chapitre 13 : La varicelle – partie 1

Avril 2006 – 18 h 30 : Big Bear Montain


- D’accord… Mais Tracy était nettement moins dangereuse qu’un orage mon pote, conclut Don en souriant encore à ce souvenir.

- Pourtant dans la voiture…

Intérieurement, Don se morigéna de son emportement d’alors. Même s’il avait été largement feint pour obliger Charlie à sortir, il avait cependant ressenti un certain agacement, dû à la peur et à la douleur, et il s’en voulait.

- Charlie… Je voulais que tu sortes de la voiture. Il fallait qu’au moins l’un de nous ait une chance de s’en tirer et il n’y avait aucun moyen que je sorte avant toi.

- Tu t’es sacrifié pour moi…

- Sacrifié ! Tout de suite les grands mots ! J’ai agi logiquement : je ne pouvais pas sortir tant que tu me bouchais le passage !

- Je te bouchais le passage ! Dis tout de suite que je suis obèse ! s’indigna le plus jeune.

- Loin de moi cette idée frérot ! Mais… Tu sais bien que je n’aurais pas pu sortir sans toi, finit-il.

Et Charlie comprit tout ce que son si pudique aîné ne disait pas. Il avait toujours été là pour lui, toujours, y compris au péril de sa propre sécurité.

Flashback

novembre 1977 : Pasadena

- Comment va Charlie ?

Margaret jeta un regard mi-agacé, mi attendri sur son aîné qui l’attendait derrière la porte, une fois de plus :

- Donnie… Combien de fois dois-je te dire de ne pas traîner par ici ?

- Mais je veux voir Charlie !

Margeret soupira et, refermant soigneusement la porte, elle se dirigea vers la salle de bain pour s’y laver les mains. Ensuite, elle se retourna vers le garçonnet qui l’avait suivie jusque là et la regardait d’un air plein de reproche et de tristesse mêlés. Elle s’agenouilla pour être au niveau de l’enfant de sept ans à peine et l’entoura de son bras :

- Chéri… On t’a expliqué que ton petit frère a la varicelle, tu ne peux pas le voir.

- Pourquoi ?

Le ton de Margaret se fit plus sévère : elle pensait que Don avait compris pourquoi il était séparé de Charlie et percevait l’insistance de son fils aîné comme une sorte de caprice auquel elle n’avait pas envie de céder. Elle était fatiguée, énervée et, même si elle se le reprochait, elle manquait de patience avec Don. Il y avait maintenant une semaine que Charlie, de retour de la crèche, avait montré les premiers symptômes de la maladie. Dans un premier temps, Alan et elle avaient pensé à un gros rhume : un petit peu de fièvre, le nez qui coulait, la fatigue qui rendait leur bébé de deux ans grincheux… Jusqu’à ce que, cinq jours plus tôt, les premières vésicules fassent leur apparition. Les parents avaient alors compris que la maladie infantile venait de frapper chez eux et pris leurs dispositions en conséquence : Don, qui n’avait toujours pas été exposé au virus, avait été fermement prié de ne pas se rendre auprès de son petit frère.

Ce dernier n’était pas un malade facile : il était capricieux, exigeant, se plaignait de ses maux de tête, pleurait parce qu’on l’empêchait de se gratter, et sa mère s’épuisait à rester à ses côtés tant qu’il était éveillé, ce qui représentait la grande majorité du temps. Elle alternait les bains tièdes additionnés de farine d’avoine, pour l’empêcher de se gratter jusqu’au sang, le badigeonnage des lésions pour les désinfecter, les câlins pour obliger le bambin à penser à autre chose, l’inciter à manger et s’épuisait de lui consacrer tant de temps. Alan ne pouvait pas l’assister : le cabinet d’architecte où il travaillait était actuellement en pourparlers pour un grand chantier et il était hors de question qu’il prenne le moindre congé. Il partait à l’aube pour revenir tard dans la nuit, se contentant de prendre des nouvelles de son fils à intervalles irréguliers, persuadé que, de toute façon, son épouse ferait face au problème bien mieux que lui.

Aussi la jeune femme devait-elle tout gérer et tenter de passer un peu de temps avec son aîné qui s’inquiétait de son petit frère. Autant elle pouvait, d’habitude, s’attendrir de ce dévouement du plus grand envers le plus jeune, autant, en l’occurrence, elle commençait à s’agacer de l’insistance de Don à voir Charlie alors qu’elle avait pris le temps de lui expliquer pourquoi ce n’était pas possible. Lorsqu’elle sortait pour quelques minutes de la chambre du petit malade, elle trouvait généralement le plus âgé à l’attendre derrière la porte et devait alors répondre à toutes ses questions sur l’état de son frère.

- Donnie ! Je t’ai déjà expliqué pourquoi tu ne devais pas voir Charlie. Tu n’as pas eu la varicelle et je ne veux pas que tu l’attrapes.

- Pourquoi ?

- Parce que ça te rendra malade !

- C’est grave ?

Margaret se mordit les lèvres. Sa lassitude l’empêchant d’être aussi patiente que d’habitude, elle répondit d’un ton un peu plus sec qu’elle l’aurait voulu :

- Ca peut l’être oui !

- Alors Charlie est très malade…

A ce moment-là elle nota la lèvre tremblante et les larmes qui mouillaient les grands yeux bruns. Son cœur chavira et elle reprit son fils contre elle, se reprochant d’oublier qu’il venait tout juste d’avoir sept ans et que ce n’était, somme toute, encore qu’un très petit garçon, même si, depuis la naissance de son frère, il lui semblait tellement grand par rapport à ce dernier.

- Non mon ange… Ton petit frère va aller bien. Ce n’est pas grave pour lui… Il va déjà beaucoup mieux. Il n’a presque plus de fièvre.

- Alors pourquoi je ne peux pas le voir ?

Cette fois-ci le sang de la mère ne fit qu’un tour : mais qu’avait-elle fait au bon dieu pour avoir deux fils aussi têtus l’un que l’autre et qui ne lâchaient jamais rien !

- Donald Alan Eppes ! Tu as vraiment décidé de poser cette question encore et encore ? Tu veux que je parle de ton attitude à ton père ?

Elle savait que ce n’était pas une façon de répondre à l’insistance de son garçon qui n’était due qu’à son affection pour son frère, mais, lorsque Charlie s’était enfin endormi, elle avait pensé pouvoir prendre une ou deux heures pour elle : un bon bain, une sieste, un thé accompagné de petits muffins rapportés la veille au soir par Alan qui était passé chez son pâtissier préféré… bref… un petit moment pour se détendre avant de retourner auprès du petit tyran domestique qu’était devenu son dernier né depuis le début de sa maladie. Et voilà qu’elle devait perdre de précieuses minutes à expliquer encore et encore les mêmes choses à l’aîné qui était loin d’être stupide et avait pourtant démontré, les jours précédents, qu’il avait parfaitement compris les notions de contagion et d’isolement. Alors non, elle n’avait pas envie de perdre du temps en parlottes inutiles.

Le gosse lui jeta un regard de reproche tout en s’éloignant d’elle :

- Non…, répondit-il en baissant la tête. C’est pas la peine… Vous avez peur que j’attrape la maladie de Charlie, c’est pour ça que je ne dois pas le voir.

- Alors puisque tu le sais, pourquoi insistes-tu tellement ?

Le gamin se contenta de hausser les épaules et de rentrer dans sa chambre dont il claqua la porte pour faire comprendre son désaccord avec sa mère. Celle-ci balança quelques instants : devait-elle aller le retrouver pour tenter de lui parler, une fois de plus, ou le laisser réfléchir un peu tout seul et prendre, comme elle en avait eu l’intention, un petit moment pour se ressourcer ?

Elle finit par opter pour la seconde possibilité. De toute façon, dans l’état d’énervement où elle se trouvait, elle risquait simplement de dire à son garçon des choses qu’elle regretterait ensuite. Soupirant de nouveau, elle se pencha sur la baignoire et fit couler l’eau, puis, tandis que le bac se remplissait, elle alla préparer un plateau sur lequel elle disposa le thé dont elle rêvait depuis le matin. Elle revint avec le tout et, après un détour par la chambre de Charlie pour voir s’il dormait encore, elle s’enferma dans la pièce, se dévêtit et se glissa dans l’eau mousseuse à température idéale, calant le plateau devant elle. Avec un soupir d’aise elle se laissa aller en arrière, jouissant de ce moment de calme, le premier depuis une semaine.

Dans sa chambre, Don s’était jeté sur son lit. Il réfléchissait à tout ce que ses parents, sa mère surtout, lui avaient expliqué sur la varicelle. Il avait fait des recherches dans les livres, avait demandé à ses copains, à la maîtresse… Il ne voyait pas ce qui pouvait justifier qu’on le tienne à l’écart de son frère : la varicelle ce n’était qu’une maladie qui donnait des boutons. Bien sûr, les boutons ce n’était pas très joli, mais ça disparaissait un jour. Il aurait bien aimé voir Charlie avec des boutons : quelle tête ça lui faisait ? Tout le monde disait qu’il était mignon comme un cœur… Peut-être qu’il était moins mignon comme ça ! Mais non, il n’avait pas le droit de penser ça ! Charlie était son petit frère… Lorsque maman était rentrée de la maternité, papa lui avait dit que c’était à lui de veiller sur le bébé, qu’il était le grand frère, qu’il devrait faire attention à lui, que, quand il serait plus grand, il pourrait lui apprendre plein de trucs : jouer au base-ball, lire, compter… ça, ça lui plairait bien d’apprendre à compter à Charlie. D’ailleurs ils avaient déjà commencé et il trouvait que son petit frère s’en sortait drôlement bien ! Il savait déjà compter jusqu’à cinquante ! Même que papa et maman ne le croyaient pas quand il leur disait ça… Ils riaient en prétextant que c’était la chance qui faisait que Charlie trouvait le bon nombre à chaque fois. Mais lui, il savait que ce n’était pas la chance. Même que déjà Charlie additionnait et soustrayait des petits nombres… mais il ne l’avait pas dit, parce que ses parents ne l’auraient pas cru. Pas grave, c’était leur secret à eux, des moments qu’ils adoraient où il devenait le professeur et Charlie un élève très amusant. Bon, par contre, pour lire ou pour jouer au base-ball, il ne semblait pas aussi doué et d’ailleurs il s’énervait vite et réclamait qu’on joue « aux nombres »… au point que parfois Don en avait marre. Mais pendant qu’ils jouaient, Charlie laissait un peu maman tranquille et Don savait qu’elle aimait bien avoir du temps pour elle.

C’est pour cela qu’il ne comprenait pas qu’elle refuse de le laisser aller tenir un peu compagnie à son petit frère : il savait bien s’en occuper, il l’avait déjà montré. Même si parfois il en avait un peu assez de l’avoir toujours sur ses talons, c’était quand même chouette la plupart du temps : Charlie faisait tout ce qu’il lui demandait et ses parents étaient toujours contents de lui quand il arrivait à calmer ses colères. Et depuis une semaine, il savait bien qu’il en avait fait : il l’avait entendu ! Et il savait qu’il aurait réussi à le faire manger aussi ce que maman, hier, se plaignait à papa d’avoir du mal à faire…
Les parents étaient bizarres parfois : si la varicelle n’était pas dangereuse pour un enfant de deux ans, alors forcément, elle ne pouvait pas l’être pour un grand de sept ans, comme lui ! Il était bien plus fort que Charlie ! Il avait regardé des photos : à deux ans il était déjà bien plus costaud que celui-ci au même âge, alors maintenant…

D’un autre côté, s’il désobéissait à l’ordre strict, il savait qu’il allait s’attirer de gros ennuis. Papa et maman n’étaient pas trop sévères, mais lorsqu’ils donnaient un ordre sur un certain ton, il savait qu’il valait mieux obéir sans discuter, sinon ils l’appelaient Donald Alan Eppes et il détestait ça ! Lui, plus tard, tout le monde l’appellerait Don, comme l’acteur qui jouait le policier dans « L’homme de fer ». Maman n’aimait pas trop qu’il regarde cette série, mais lui il l’adorait : c’était chouette de voir comment Robert Dacier attrapait les méchants. Et lui un jour il serait comme Ed Brown, son assistant : parce qu’il ne voulait pas être en fauteuil roulant, il voulait pouvoir courir après les voleurs et leur sauter dessus et se battre ! Il avait déjà le pistolet : un beau pistolet que lui avait rapporté tonton. Même que maman n’aimait pas trop qu’il joue avec… il croyait que c’était pour ça qu’on l’avait inscrit au base-ball. Il aimait bien aussi le base-ball. En fait, un jour il serait policier et joueur de base-ball ! C’est ça qui serait chouette ! Et Charlie était d’accord : il lui avait dit son secret et le petit frère avait rigolé en répétant :

- Licier béball…

Alors il lui avait promis qu’il le prendrait comme assistant : il serait son Ed Brown à lui… Ca c’est sûr ! Ils feraient une équipe du tonnerre tout les deux ! Mais si Charlie était son assistant, il devait s’occuper de lui, c’était normal. Robert Dacier s’était occupé de Ed quand il était tombé par la fenêtre ! Parce que sans lui, peut-être que Ed aussi aurait été en fauteuil roulant… Et peut-être que s’il ne s’occupait pas de Charlie, Charlie n’allait pas aller mieux…

A ce moment-là, il lui sembla entendre un appel. Il se raidit, prêtant l’oreille. C’était bien ça : Charlie appelait… Il hésita un instant : devait-il appeler maman pour lui dire que Charlie était réveillé ? Il savait qu’elle prenait un bain et qu’elle en avait envie depuis longtemps, ça aussi il l’avait entendu le dire à papa hier, quand ils se disputaient parce qu’elle lui reprochait de la laisser toute seule avec les enfants à gérer et qu’il répondait qu’il était désolé mais qu’il ne pouvait pas faire autrement et qu’il avait eu l’impression qu’elle pleurait presque quand elle avait dit qu’elle rêvait d’un bon bain et d’un bon thé et d’un peu de temps pour elle et qu’elle n’en pouvait plus et que… Puis ils n’avaient plus parlé et, en regardant par-dessus la balustrade de l’escalier, il avait vu papa qui la prenait dans ses bras et qui l’embrassait et il avait souri : il aimait bien quand ses parents s’embrassaient, il détestait quand ils se disputaient. Il avait regardé encore, voyant la main de papa se glisser sous le peignoir de maman et elle s’était accroché un peu plus à son cou, puis elle avait murmuré quelque chose et il l’avait prise dans ses bras pour monter l’escalier : alors il s’était sauvé dans sa chambre parce que si ils le trouvaient là au milieu de la nuit il allait se faire gronder !

Donc, maman était dans le bain. Et si elle ne pouvait pas le prendre assez longtemps, ce soir ils allaient encore se chamailler avec papa… Et puis il était bien assez grand pour s’occuper cinq minutes de Charlie. Ce n’était pas en cinq minutes qu’il risquait d’attraper la varicelle d’abord !

Sa décision prise, le gamin ne fit ni une ni deux et se dirigea vers la chambre où l’appel venait de retentir une fois de plus :

- Maman !

Il ouvrit la porte :

- Chut Charlie… Maman prend son bain… Laisse-là un peu…

- Donnie ?

Il ne pouvait pas s’y méprendre : il y avait une joie intense dans la voix de son petit frère et son cœur se gonfla instantanément de fierté.

- Ben oui banane ! Qui tu crois que ça pourrait être ?

- Je suis pas banane ! rétorqua le gamin boudeur…

- Non… Tu es un asticot… Un horrible asticot…, rigola Don, selon le code de leur dernier jeu, en se précipitant vers son petit frère pour le chatouiller.

Le gamin éclata de rire, se tortillant sous les chatouilles avant d’implorer :

- Aête ! Aête ! Ca gatte !!!

L’aîné cessa aussitôt de le tourmenter pour le regarder de plus près :

- Ben bon vieux, t’es pas jojo…, fit-il remarquer en voyant le visage envahit de pustules de son frère.

Aussitôt les lèvres de celui-ci se mirent à trembler :

- Je veux pas ête pas jojo, pleurnicha-t-il.

Don sentit le danger : à tous les coups il allait se mettre à brailler, sa mère allait rappliquer et il serait puni pour être entré dans la chambre alors qu’il ne l’avait fait que pour qu’elle ait un peu plus de temps pour elle ; il ne fallait pas chercher avec les adultes : ils étaient étranges.

- Hé mon pote ! Si tu cries maman va me jeter dehors, et je ne pourrai plus venir te voir.

La menace fit son effet et le gamin ravala aussitôt le cri qui s’apprêtait à fuser avant de répéter tout bas :

- Je veux pas ête pas jojo…

- Mais c’est pas grave… Ca va passer, l’encouragea alors son frère. Et puis c’est rigolo comme ça, c’est vrai… On dirait un vrai dur de dur ! Comme dans L’homme de fer !

Aussitôt le bambin se redressa, l’œil fier ! L’homme de fer, il en avait vu quelques extraits en cachette parce que maman pensait qu’il était trop petit pour le regarder, mais Donnie lui racontait les histoires et de pouvoir être comparé à un personnage de la série qui passionnait tant son grand frère, c’était flatteur. Cependant il ne tarda pas à faire de nouveau la moue en se plaignant :

- Ca gatte !

- Ben oui, c’est normal. Ca va passer aussi. Faut juste ne pas y penser.

- Et comment on fait pou pas penser ?

A ce moment là, le gamin de sept ans ne pouvait pas savoir que parfois, au cours des années à venir, il se poserait encore et encore cette question : comment empêcher son petit frère de penser ?

- Ben… Tu veux qu’on joue aux nombres ?

La réaction enthousiaste du petit lui fit comprendre qu’il était sur la bonne voie. C’est sûr que depuis une semaine ça devait lui manquer à Charlie ! Alors les deux frères se perdirent dans l’une de leur partie et bientôt des rires retentirent dans la chambre, rires que Don, l’oreille aux aguets, essayaient de rendre moins sonores, ne réussissant, à cause de ses mimiques, qu’à les faire redoubler. A la décharge du plus jeune, il s’efforçait de manière louable d’étouffer ses manifestations de joie, ce qui le conduisait à s’étouffer à demi… Mais il était si heureux d’avoir enfin son grand frère près de lui ! Ca faisait tellement longtemps qu’il l’attendait. Il le réclamait sans arrêt mais maman lui avait dit que Don ne pouvait pas venir. Et soudain, le souvenir de ce qu’il avait pensé l’attrista. Don s’aperçut aussitôt de son changement d’humeur :

- Qu’est-ce qu’il y a Charlie ?

- Tu m’aimes plus ?

Il le regarda, éberlué :

- Qu’est-ce que tu racontes ? Pourquoi je t’aimerais plus ?

- T’es pas venu… Je voulais voi toi… Tu venais pas…

Don soupira : c’était un peu ce qu’il craignait. Lui il était grand, il avait bien compris les histoires de conta… consta… consti… bref, qu’il pouvait attraper la maladie de Charlie… Mais Charlie était trop petit pour comprendre. Il s’adossa aux oreillers et prit le petit dans ses bras :

- Bien sûr que je t’aime affreux crapaud ! Mais je ne pouvais pas venir.

- Pou’quoi ?

- Pour ne pas attraper ta maladie.

- Pou’quoi ?

- Ben… Parce que papa et maman ne voulaient pas.

- Pouq’uoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pou’quoi ils voulaient pas ?

- Beuh… Ben… Parce qu’ils ont déjà assez de travail avec toi. Alors ils n’ont pas le temps de s’occuper de moi.

- Oh…

Le gamin sembla plonger dans ses pensées et, comme cela lui arrivait parfois, Don se demanda ce qui se passait dans la petite tête bouclée. Puis les yeux bruns du petit se focalisèrent sur lui :

- Tu vas êt’e malade aussi ?

- Non… Je suis costaud moi, fanfaronna-t-il. Je suis pas une demi-portion !

- Je suis pas une demi-potion non plus ! protesta le petit.

A ce moment-là, Don avisa le bol de bouillie abandonné intact sur la table de nuit :

- Tu n’as pas mangé ?

- J’ai pas faim !

- Tu as toujours faim !

- J’ai pas faim de ça ! insista le petit.

- Mais si tu ne manges pas, tu vas rester malade longtemps, longtemps…

- C’est quoi longtemps ?

- Encore plus longtemps que tu as déjà été. Et je ne pourrai pas venir te voir tant que tu seras malade.

- Mais tu es venu…

- Oui, mais je ne vais pas rester…

- Pou’quoi ?

- Parce que si maman me voit je vais me faire gronder.

- Pouq’uoi ?

Parfois il se demandait comment faisaient ses parents pour être toujours aussi patients avec les « pourquoi » incessant du bébé de la famille. D’un autre côté, s’il ne répondait pas, il allait déclencher des larmes et ça il ne le voulait pas.

- Charlie… Je t’ai expliqué : ils ont peur que je sois malade aussi.

- Pou’quoi ?

- A cause de la conta.. la conti… euh… à cause des microbes.

- C’est quoi un cobe ?

- C’est une petite bête que tu as dans toi et qui te rend malade.

- Je veux pas avoi’ de bête en moi ! protesta Charlie affolé.

- Alors il faut manger pour les chasser ! lança Don, saisit d’une idée lumineuse.

Le gamin jeta un regard mi-figue mi-raisin au bol abandonné : Don pouvait lire le combat qui l’animait.

- C’est f’oid…, finit-il par dire, ne voulant pas avoir l’air de céder trop vite.

- Si je te le réchauffe, tu le mangeras ?

- Mais tu me donnes, imposa l’apprenti maître chanteur.

Don hésita : sa mère n’allait pas rester dans la salle de bain des heures et si elle le trouvait là, ça aller drôlement chauffer pour son matricule. D’un autre côté, s’il réussissait à faire manger Charlie, ça serait des points en sa faveur… Et puis son petit frère avait besoin de se nourrir : déjà qu’il n’était pas joli-joli avec ces boutons partout, alors si en plus il devenait tout maigre ce ne serait plus son Charlie à lui… Sa décision prise, Don se leva et saisit le bol :

- D’accord, je vais réchauffer ton bol, mais après tu manges promis ?

- P’omis…

(à suivre)
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Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100 Charlie sait y faire pour que Don fasse ses 4 volontés, mais il risque de se faire gronder si sa mère le surprend au chevet du bambin Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 384165100.


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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeVen 24 Fév 2012 - 22:46

Il est si mignon Charlie Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019 quand il ne cherche pas à casser les pieds de son frêre.
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Le rêve devient ta réalité….
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MessageSujet: Re: Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G   Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Icon_minitimeSam 25 Fév 2012 - 7:46

Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019J'adore les deux derniers flashbacks... Charlie en massacreur de cravates m'a fait bien rire. Petit génie mais bien maladroit. Don ne peut pas résister à la détresse de son petit frère, il prend son rôle très au sérieux mettant entre parenthèses ses projets pour rester avec Charlie. Capricieux Charlie, mais vraiment touchant.

Le deuxième flashback est une merveille tout en tendresse. Du haut de ses 7 ans, Don est vraiment à croquer et le petit Charlie avec tous ses "pourquoi" est adorable. C'est une très belle scène fraternelle.

En attendant, les deux hommes ne sont pas sortis d'affaire. Blessés et seuls, ils ne pourront sans sortir sans une aide extérieure. Espérons que les secours ne tardent pas trop...

Deux très beaux chapitres Cissy... Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019 Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 2652155019


Numb3rs - L'accident - Don & Charlie - G - Page 3 Catouc10
Rien n'est plus fort et plus intimidant que l'intensité d'un regard posé sur soi...
Rien n'est plus émouvant que la douceur d'un regard que l'on devine mais que l'on ne voit pas...
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